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Estelle Coppens | Studio Erick Saillet

MAISON AMPHIBIE Il était une maison bercée par les flots d’un lac, observatoire impérial et contemporain, grand ouvert sur la nature sauvage environnante. Tout le confort moderne, le calme absolu en plus… Au départ, Pierre Minassian a été sollicité par l’heureux propriétaire d’un lac enserré dans 80 hectares de forêt croate, afin de réhabiliter l’ancienne maison bourgeoise de la propriété. Mais en découvrant la beauté de ce coin de pays, l’architecte lyonnais et son équipe songent immédiatement à une construction qui entretiendrait une plus grande intimité avec les éléments. Pour eux, il faut bâtir sur l’eau. Après plusieurs maquettes, qui, au fil des scénarios, avancent progressivement sur l’eau, le propriétaire valide l’idée d’une maison entièrement posée sur les flots. C’est le panorama qui a dicté la forme ondulante de l’habitation contemporaine, toute en verre et en béton blanc. Baptisée en l’honneur d’une couleuvre très rare qui a élu domicile sur place, la Snake House se déploie sur 350 mètres carrés. Pour les concepteurs, le bâtiment se devait de prendre pleinement la mesure du site, d’être à son écoute. Plutôt que d’élever des étages, ils choisissent de garder le contact avec l’eau : « Il fallait adopter un très grand développé, s’étaler pour épouser les contours naturels et faire preuve d’une certaine générosité vis-à-vis du paysage, analyse l’architecte. Les lignes courbes de la façade font ainsi écho à l’arrondi des berges qui bordent le lac. Ce partis-pris architectural a permis de créer un point de vue depuis l’intérieur qui n’existait pas, tout en instaurant une tension entre la puissance de la structure en béton et la délicatesse des oscillations de la façade ». La construction, également audacieuse sur le plan technique – il a fallu retirer temporairement l’eau d’une partie du lac pour bâtir les fondations – se range, comme les ponts, dans la catégorie des « ouvrages d’art ». Le chantier d’un an et 8 mois s’est avéré particulièrement ardu, les travaux de maçonnerie ayant démarré au cours d’un hiver très rigoureux. La complexité des travaux a notamment débouché sur le dépôt de brevets pour ce qui relève de l’accrochage des vitrages, de formats non homologués, et de l’habillage en acier de l’entrée.

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EGO STYLE n°7  

Si palabrer des caprices de la météo n’est pas notre spécialité, on ne va pas se priver de louer l’arrivée d’un printemps pour une fois ench...

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