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L'image du mois

La pensée du mois

« Fût un temps, le bouffon amusait le roi... ...aujourd'hui, il porte la couronne. »


NAWAK Nous allons tenter de répondre aujourd’hui à une question que tous, sans exception, vous vous êtes sûrement un jour posée. Une question qui a plus d’une fois hanté vos nuits et vos rêves les plus fous. C’est le genre de question à laquelle, j’en suis sûr, vous avez toujours souhaité trouver une réponse… Cette question, c’est : C'est quand le bonheur ? Aujourd’hui, je vous donne la réponse… Depuis que le monde est monde et depuis, surtout, que ce monde est pourri par le fric et le pouvoir, on nous casse les oreilles en nous disant qu'un jour, ça ira mieux, qu'un jour, les choses changeront et que le bonheur sera au rendez-vous. On nous balance qu'un jour, les hommes changeront et qu'ils cesseront de se faire la guerre. Un jour, tout ira bien. Un jour, les gens apprendront à vivre ensemble. Foutaises... ça fait trente ans que j'attends et ce jour n'est jamais venu. C'est quand le bonheur ? chantait Cali et il le chante encore, le con et il pourra le chanter longtemps car le bonheur sait bien se faire attendre. En fait, si le bonheur c'est pour demain, alors mieux vaut aller se coucher directos et attendre que le soleil se lève. Mais combien de nuits avons-nous passé dans cet espoir que demain sera le bon jour... des centaines ? des milliers ? Combien de fois ai-je pu dire à ma petite femme (honte à moi) que bientôt tout allait s'arranger ? Non, le bonheur, ce n'est pas pour demain, ni pour après-demain, ni même pour le jour de la saint Glinglin. Certains on trouvé la parade et jugent que le bonheur se trouve dans l'auto-satisfaction. En quelque sorte, ils ont raison. Tant que je me


trouve beau, je suis heureux... tant que je me trouve fort, je suis heureux... personne ne me fait de compliments, soit, je m'en ferai tout seul... ces gens sont en fait à la fois créateurs et acteurs de leur propre bonheur. Mais leur ego doit prendre une place monstrueuse dans leur valise...

Personnellement, je pense un peu autrement. Je sais que le bonheur, ce n'était pas hier et que ce ne sera probablement pas demain. Je sais que l'on ne peut compter que sur soit-même pour le trouver. En fait, je vous le dit, le bonheur, c'est aujourdhui. Le bonheur, à mon sens, c'est toutes ces petites choses de la vie qui nous font sourire, qui nous font aimer, qui nous font pleurer de joie. Le bonheur, c'est quand je me lève le matin aux côtés de la femme que j'aime. Le bonheur, c'est quand j'entends sa voix, celle de mes enfants. Le bonheur, c'est un petit bout de ciel bleu, juste là, derrière les nuages. Le bonheur, c'est quand je retrouve ceux qui me sont chers. Le bonheur, c'est l'espoir que demain soit encore plus beau qu'aujourd'hui. Oui, le bonheur, c'est aujourd'hui car c'est ce qui me donne envie de vivre un jour de plus.

Sid

Contact : Sid70pm@hotmail.fr


Le chapitre du mois

VI

Il était 13h47. Nous buvions en silence, accoudés à la table. Je repensais au visage de cette jeune femme, dans la banque, pleurant son mari et se faisant piétiner par les gens affolés. Elle avait dû se lever, ce matin là, de bonne humeur, avait pris son petit déjeuner, bien au chaud dans ses petits chaussons fourrés. Elle avait regardé à la fenêtre, se disant qu’une merveilleuse journée pleine de soleil commençait. Sur les coups de onze heures trente, elle avait préparé un gentil petit plat qu’elle savourerait en compagnie de son conjoint. Elle s’était sûrement dite qu’ils iraient peut-être faire un petit tour au parc, dans l’après-midi, mais il fallait d’abord qu’ils passent à la banque, pour faire une demande de prêt, pour se trouver une petite maison, dans un coin tranquille, où ils pourraient couler des jours heureux, tous les deux. Je repensais aussi à ce vieil homme, accroché aux pieds de Geoffrey, implorant sa clémence. Il avait sûrement quatre fois notre age. Sans doute avait-il grandit dans le froid de l’entre deux guerres, puis avait donné de sa personne dans la deuxième, que sais-je ? Avait-il survécu aux camps ? Avait-il collaboré ? Avait-il perdu des membres de sa famille dans cette boucherie territoriale, ce mélange immonde de haine et de sang qui s’étendit sur les vingt premières années de sa vie. Peu importe. Tout ce que nous avions vécu depuis notre naissance n’équivalait pas à un millième de son existence. Il avait survécu à tant d’épreuves que nous ne connaîtrions jamais. Et nous, branleurs que nous étions, nous l’avions tué.


Nous en étions à notre troisième bière, quand nous entendîmes un bruit de moteur, dans la petite cour qui longeait le hangar. Nous regardâmes à la fenêtre et vîmes deux personnes, qui courraient en direction du squat. C’étaient Jacques et Lisa. Ils avaient l’air complètement paniqués. Je me précipitais vers la porte. Quand ils furent entrés, je vis qu’ils avaient emmené un sac à dos avec eux. Ils étaient carrément essoufflés. Ce fut Jacques qui parla le premier. « Mais qu’est-ce que vous avez foutu, bordel !! Il y a des flics partout. − Ils sont là. On a faillit ne pas arriver jusqu’ici. Rajouta Lisa. − Ça a merdé, on a tué des gens. Beaucoup de gens, dis-je. − Où sont Chris et Geoffrey ? demanda Jacques. » Un voile s’abattit sur nos visages. Ce fut Karl qui leur annonça la nouvelle. « Ils sont morts. » Le silence se fit. Jacques restait là, impassible, remuant les lèvres comme s’il mâchouillait quelque chewinggum au goût de vengeance. Son visage n’exprimait plus rien. Chris et lui se connaissaient depuis des années. Ils avaient commencé à zoner et avaient ouvert leurs premiers squats ensembles. Ils avaient vécu pas mal de galères et leur amitié avait toujours été la plus forte. Les premières euphories, les premiers shoots, aussi. Ils n’étaient pas des potes, ils étaient des frères. Non pas de sang, mais d’âme. Lisa s’alluma une clope et balança son briquet à travers la pièce. Une larme coula doucement le long de sa joue et vint se perdre dans le col de son blouson. « Et Ju. Comment il va ? demanda-t-elle enfin. » Je me retournai et m'aperçus qu’il dormait. Il avait l’air d’un ange. Il avait sur son visage un sourire imperceptible et semblait si loin de tout ce qui nous arrivait. Je m’approchai lentement et m’accroupis près de lui. « Il a pris une balle dans la jambe. On a fait ce qu’on a pu, mais il va de plus en plus mal. » Puis Ju tomba de sa chaise, inerte. Je me précipitais pour le retenir. « Et ben alors, reste avec nous !! » Je fus étonné de voir qu’il ne se réveillait pas. « Ju…Ju !! » Je lui donnais une grosse claque, espérant que cela le fasse réagir, mais il ne bougeait plus. Je relevai la tête, affolé et regardai autour de moi. J’aurais voulu crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche. Je ne pouvais rien dire. D’ailleurs, personne ne disait rien.


Karl et Jacques regardaient par terre, silencieux. Lisa fumait de grosses taffes sur sa cigarette, pendant que ses larmes, dans une course folle, glissaient sur ses pommettes, le contour de son nez, la commissure de ses lèvres, et finissaient inéluctablement dans son col. Logan, lui, s’était dirigé vers la fenêtre. Il regardait dehors, comme le chat guettant sa proie, l’oiseau, qui arriverait tôt ou tard et qu’il tuerait sans pitié. Logan était comme ça. C’était un rêveur. S’il y avait un problème, il se murait dans le silence et regardait au loin, quelque chose que nous ne pouvions pas voir. Quelque chose d’autre, ou peutêtre rien, ailleurs, peut-être nulle part. Jacques s’approcha de la table et y posa son sac, qui me paru extrêmement lourd. Il avait toujours le même air sombre et l’ouvrit lentement, le regard vague, sans même regarder ses mains. On aurait dit qu’il agissait sous hypnose, ou comme un robot, programmé pour une tache précise, ouvrir ce foutu sac. Puis il changea du tout au tout. Son visage se ranima, et il pris une voix enjouée, presque gaie. « J’avais prévu le coup. J’ai apporté quelques trucs. − On a pensé que vous auriez peut-être besoin d’un coup de main. Rajouta Lisa. » Effectivement, ce n’était pas du luxe. Nous n’étions plus que trois et ceux d’en face n’allaient sûrement pas venir pour prendre le café. Même à cinq, on avait que très peu de chances de s’en sortir vivant. Mais bon. C’était mieux que rien. « Merci, c’est cool, dit Karl. On ne sera pas trop de cinq. - Barrez-vous, dit Logan, d’un ton menaçant. » Je me retournais, ainsi que les autres et nous le regardâmes, interloqués. Il se tenait toujours à la fenêtre, dos à nous. « Cassez-vous, je vous dis. On va crever, c’est sûr. Vous, vous pouvez encore vous sauver. » Sur ces mots, Lisa avança vers lui d’un pas assuré. Arrivée à sa hauteur, elle l’attrapa par l’épaule, le tira vivement vers lui et lui décocha un direct du droit. Il alla s’écraser sur le mur et s’affala par terre. Je n’avais jamais vu une fille frapper aussi fort. Puis elle s’accroupit sur lui et le prit par le col. « Écoute moi bien, Logan, parce que je ne te le répéterai pas deux fois. Je ne sais pas si tu as vu, mais les keufs ont buté trois de nos potes. J’ai la rage. Et que tu le veuilles ou non, je suis bien décidée à faire tout ce que je peux pour qu’ils n’en plombent pas trois autres. Alors maintenant, on va tous prendre nos flingues et on va se barrer d’ici, parce que je veux pas vous perdre, tu comprends ? » Elle se remit à pleurer et le prit dans ses bras. « Je veux pas vous perdre. » Logan la regardait, d’un air bête, comme un enfant qui se fait gronder après avoir fait une grosse bêtise. « Tu as raison. On va se barrer. Ok. Excuse-moi. Dit-il. − Excuse-moi pour le coup de poing, dit-elle, en se frottant la main. J’ai déliré. − Non, c’est rien. Ce n’est pas grave. » Elle l’aida à se relever et il prit son flingue dans la main. « On va se barrer d’ici, dit-il, résolu. » Nous prîmes tous nos armes, et nous préparâmes à sortir. En passant, je relevai Ju et l’assis


sur sa chaise. Je posai un revolver sur ses genoux. « Garde bien la maison, mon pote. » Puis Jacques ouvrit la porte. Un coup de feu retentit et la balle vint décrocher un morceau de mur, projetant du plâtre dans la figure de Jacques, qui referma directement. « Bordel, ils sont déjà là. » Je risquais un œil par la fenêtre et j’eus à peine le temps de regarder que la vitre m’explosa à la gueule. Ils tiraient maintenant sans s’arrêter, criblant de balles ce pauvre squatt qui ne serait, j’en étais sûr, plus jamais ma maison. Le tonnerre grondait. Lisa se colla à moi, sur le sol et, passant son bras par la fenêtre, balança une rafale, de gauche à droite, sans vraiment savoir où se trouvaient les flics. Je sentais son corps chaud contre le miens. Elle était si près que je pouvais sentir l’odeur de sueur qui sortait de son Tshirt. Puis ils arrêtèrent de tirer. « Il faut qu’on sorte en force, dit Karl. Sans la voiture, on est foutu. − Ils vont nous tirer comme des lapins ! Répliquais-je. − On a pas le choix ! − Karl, c’est toi qui conduit le mieux de nous tous, dit Lisa. Il faudrait que tu sorte avec deux autres, pendant que les deux derniers vous couvrent. − Je sort avec lui, dit Logan. − J’y vais aussi, rajouta Jacques. − Bon. Lisa et moi, on sort en premier et on vous couvre pendant que vous speedez dans la caisse. Ça vous va ? proposais-je. Il faudra faire vite, ils vont nous canarder comme des porcs. » Ils acquiescèrent tous, d’un signe unanime de la tête. Les flics n’avaient pas encore recommencé à tirer. Nous devions vraiment faire vite. Nous étions tous près de la porte, près à bondir. Ju était là, sur sa chaise, son flingue sur les cuisses. Ça me faisait mal au cœur de le laisser là. Mais le fait de le voir ainsi, les yeux fermés, la jambe toute détrempée par le sang qui coulait jusque sur ses gueudasses me donnait bizarrement un espoir. Je me sentais plus fort. C’était comme s’il veillait sur moi. « On y va ! Cria Jacques. Lisa ouvrit la porte, et nous nous précipitâmes dehors. Ils recommencèrent à tirer. Nous ouvrîmes le feu, bien calés, elle à gauche, et moi à droite de la porte, pendant que les autres courraient vers la bagnole. Tout me semblait se dérouler au ralentit. Karl se pressait, le dos courbé vers l’avant, le pas lourd et si lent. Jacques était à ses côtés, tirant vers une cible invisible. Je voyais des éclairs de feu qui sortaient à intervalles réguliers du canon de son fusil, produisant de longues fumées blanches. Logan courrait, lui, en direction du côté droit de la voiture. Il arrivait à la hauteur de la portière passagère. Je vis sa veste en jean se déchirer, par endroits, faisant voler des morceaux de matière, bleus, et rouges. Nous nous élançâmes vers le véhicule, tirant toujours. Logan se retournait lentement, secoué par les impacts incessants. Il me jeta un regard, je cru en tout cas qu’il me regardait et s’effondra sur


le sol noirâtre. Les autres avaient démarré la voiture et Lisa rentra à l’intérieur. Je m’apprêtais à le faire aussi, quand une balle me traversa l’épaule de part en part. Je m’effondrai à mon tour, presque sur le corps de Logan. Je sentais mon être tomber lentement, comme en apesanteur, quand une main me tira vivement dans ce que je pris sur le moment pour un carrosse. J’eus à peine le temps de savoir où j’étais que tout se mit à bouger. Puis je perdis connaissance.

... la suite dans le prochain NAWAK


Musique Ce mois-ci, à l'honneur, un groupe de PowerMetalPunk'n'Roll

The last fucking delight

En gros...trois musiciens un peu tarés qui adorent faire du bruit,faire plaisir,se faire plaisir,vénérant la distortion,la sueur,les filles et la bière!!! combattant la connerie inhumaine du fascisme et du capitalisme à coups de riffs sanglants... Il faut venir les voir en concert pour se faire une idée !!!! Groupe aux idées certes révolutionnaires mais ô combien alarmantes du genre vive le rock'n'roll et toi cher public!!!! et... qu'ils arrêtent de se foutre de nos gueules!!! On est tous d'accord ladessus, n'est-pas.... à la base......... Les influences de la premiére époque : System of a down, Motörhead, Nirvana, Snot, Lofofora, Danko jones,Slayer,The Stoogies,L7,Queen of the stone age,Obituary,Pantera,Napalm Death,Sepultura,Treponem Pal,Les Vilains Clowns,Hell's Crack,Les Berus,...et pleins d'autres groupes punk-metal-hardcore-rock'n'roll et autres!!! ...et maintenant, bah pareil mais en pire, plus de garage et encore plus de punk, de rock'n'roll, de bière, de sueur, etc....... Leur myspace :

http://www.myspace.com/thelastfuckindelight


Merci d'avoir lu NAWAK, le webzine pas sérieux qui ne sert à rien, qui ne rapporte rien, qui ne change rien, mais qui ne coûte rien...

POILS AU CUL !!!


N°18Déc2009