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Nous discutâmes une bonne demi-heure, et finîmes par décider de se séparer en petits groupes pour trouver l’équipement adéquat. Karl et Geoffrey s’occuperaient de piquer une caisse, et de la planquer dans un endroit proche de la banque, pour que l’on puisse filer vite fait, aussitôt que nous aurions fait le coup. Julien et Chris se chargeraient de trouver quelques flingues, au cas où. Chris savait toujours où dégotter ce genre de trucs gratos. C’était un peu notre roi des combines, notre dénicheur de matos. Il était très doué pour ça. Enfin, Logan et moi partîmes en direction du magasin de farces et attrapes, pour chouraver des masques. C’était un petit magasin, dans une petite rue, tenu par un petit homme, ainsi que son énorme épouse. On y trouvait toutes sortes de gadgets, pétards, fausses crottes de chiens, ou coussins péteurs. Mais le rayon qui nous intéressait était celui des déguisements. Il nous fallait des masques. Des masques délirants, avait précisé Chris. Des masques dont ce souviendraient longtemps ces paysans coincés, ces pedzouilles, qui se prenaient pour des gens bien, simplement parce que leur patelin pourri possédait une station de tram. Ceux-là même qui se donnaient bonne conscience en priant le dimanche pour le salut de leur âme et dévisageaient en sortant le pauvre clochard qui leur demandait une pièce, comme s’il eut été indigne de se trouver dans leur champs de vision. Ces espèces de connards se souviendraient de nous, ça c’est sûr. En entrant, nous fûmes directement calculés par le vieil homme, qui laissa tomber son journal pour nous observer de loin. A côté de lui, sa femme tapotait sur un ordinateur bardé de post-it et lui glissa quelque chose à l’oreille. Peut-être quelque chose comme « qu’est-ce qu’ils viennent chaparder, encore, ces deux là… » Ou peut-être « regarde moi cette racaille, faut les tenir à l’oeil » Je me dirigeai de suite vers le rayon des pétards, pendant que Logan avançait vers celui des sacs fantaisie. Il y avait devant moi un éventail impressionnant d’explosifs en tous genres. Feux d’artifices de toutes tailles et de toutes formes, mitraillettes. Je m’arrêtai devant un lot de pétards mammouths, qui me paru convenir pour notre petit projet. Logan, lui, avait déjà enfilé trois ou quatre sacs les uns dans les autres, et se faufilait discrètement vers les déguisements, où je le rejoignai dans les trente secondes qui suivirent, avec mon paquet de pétards dans les mains. « C’est bon pour toi ? lui demandais-je tout bas. − C’est bon, et toi ? − Regarde moi ce paquet de pétards. − Bon, on prends les masques et on se barre. − Ça marche. »

Nawak 16 Octobre 2009  

toujours aussi intelligent

Nawak 16 Octobre 2009  

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