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No 1 Mars 2011

NEWSLETTER Informations démographiques

Editorial «La mort, c’est tellement obligatoire que c’est presque une ­formalité» disait Marcel Pagnol. En effet, chaque vie sur terre est irrémédiablement liée à la mort. En démographie également, la vie ou la naissance et la mort sont des éléments constitutifs de l’évolution d’une population, la faisant augmenter ou décroître. Après avoir consacré l’un des précédents numéros de notre Newsletter à la fécondité et aux naissances, nous avons choisi d’aborder ici l’autre grande composante du mouvement naturel de la population: la mortalité et les décès. Le premier article de ce numéro traite de l’espérance de vie des hommes et des femmes dans les cantons et de son évolution entre 1981 et 2009. Cet indicateur, qui se calcule à partir de tables de mortalité, permet de suivre l’évolution de la mortalité au sein d’une population. L’espérance de vie des hommes et des femmes évolue-t-elle de la même manière? Y a-t-il des ­différences d’espérance de vie entre les cantons et quelles pistes d’explication peut-on donner à cela?

Sommaire La mortalité – L’évolution de l’espérance de vie dans les cantons depuis 1981

2

– La mortalité infantile

4

– La mortalité chez les jeunes

6

– Les veuvages

8

Dans le second article, l’auteur aborde la question de la mortalité infantile. On sait que la mortalité chez les tout-petits a fortement diminué depuis le début du 20e siècle et qu’elle est stable depuis quelques années dans notre pays. Combien de nourrissons décèdent encore en Suisse aujourd’hui et quelles en sont les causes? Quel rôle peut jouer le sexe du bébé, le poids à la naissance ou la prématurité sur la probabilité de décéder? Où se situe notre pays en comparaison internationale?

10

– Informations complémentaires

La troisième contribution met en lumière la mortalité des jeunes de moins de 25 ans. La mortalité des jeunes a-t-elle augmenté ou diminué durant les quatre dernières décennies? Les jeunes hommes et jeunes femmes sont-ils égaux face à la mort? Quelles sont les principales causes de mortalité?

Actualités – Données statistiques et publications

10

Le quatrième et dernier article aborde le thème des veuvages. Les hommes et les femmes sont-ils concernés de la même manière par le décès de leur conjoint? A quel âge devient-on le plus souvent veuf ou veuve? Ces personnes se remarient-elles après la disparition de leur conjoint ou préfèrent-elles rester seules?

2142 Il s’agit du nombre d’enfants mineurs devenus orphelins de père ou de mère en 2009. Parmi eux, on dénombre 1553 enfants mineurs devenus orphelins de père et 589 enfants mineurs devenus orphelins suite au décès de leur mère.

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Nous vous souhaitons une agréable lecture!

 Céline Schmid Botkine

No 1

MARS

2011

INFORMATIONS

DÉMOGRAPHIQU E S

1


Zoug est, en considérant les décès des années 2008 et 2009, le canton où les hommes vivent le plus longtemps. Les femmes ayant la durée de vie la plus longue résident, quant à elles, au Tessin. L’espérance de vie est la plus basse pour les hommes et les femmes domiciliés dans le canton de Glaris. Depuis 1981, on ne constate pas de convergence des espérances de vie entre les cantons. Les écarts observés, dus principalement à la mortalité après 65 ans, sont restés stables au cours des trois dernières décennies. En 2008/2009, l’espérance de vie à la naissance des hommes résidant en Suisse est de 79,7 ans et celle des femmes de 84,3 ans. Autrement dit, si les conditions de mortalité des années 2008 et 2009 demeuraient constantes à l’avenir, les hommes domiciliés en Suisse au moment de leur mort décèderaient en moyenne à 79,7 ans et les femmes à 84,3 ans. Zoug est actuellement le canton où la mortalité est la plus basse pour les hommes. Ceux qui finissent leurs jours dans ce canton bénéficient donc de la durée de vie moyenne la plus élevée: 81,4 ans. En 1981/1982, le canton d’Uri occupait la première place devant Zoug pour l’espérance de vie masculine, mais il est devancé désormais de 0,9 an par ce dernier. L’espérance de vie des hommes dépasse les 80 ans dans 9 cantons: Zoug, Uri, Bâle-Campagne, Tessin, Nidwald, Zurich, Argovie, Genève et Appenzell Rh.-Ext. Les Tessinoises sont les femmes qui meurent le plus tard en Suisse (85,8 ans), devant les Genevoises (85,2 ans). Les femmes qui résident dans ces deux cantons sont les seules qui enregistrent une espérance de vie de plus de 85,0 ans en 2008/2009. Le canton de Glaris occupe, quant à lui, la position la moins favorable avec des espérances de vie masculine de 77,7 ans et féminine de 82,5 ans. Bâle-Ville est le deuxième canton avec la plus forte mortalité pour les hommes et les femmes. L’espérance de vie des hommes qui résident dans ce canton est de 78,3 ans et celles des femmes de 83,3 ans. L’espérance de vie n’a pas toujours été maximale dans les mêmes cantons. Si on considère les 28 années d’observations, 8 cantons différents pour les hommes et 6 pour les femmes ont eu à leur tour les espérances de vie maximales. Il faut toutefois noter que pour les femmes, 13 fois sur 28, l’espérance de vie a été la plus élevée pour les Tessinoises et, au cours des 10 dernières années, celles-ci ont même toujours bénéficié de l’espérance de vie à la naissance la plus élevée. Pour les hommes, plusieurs cantons ont eu des valeurs maximales entre 1999 et 2008, Bâle-Campagne 3 fois, Zoug 2 fois, Uri 2 fois, Nidwald 2 fois et Obwald 1 fois. Alors que l’espérance de vie maximale des hommes a été observée entre 1981 et 2008 le plus fréquemment à Bâle-Campagne (7 fois), l’espérance de vie masculine minimale a été le plus souvent enregistrée, au cours de cette période, dans les cantons de Glaris, d’Appenzell Rh.-Int. et du Jura (6 fois chacun). Pour les femmes, les valeurs les plus basses ont été observées 9 fois à Bâle-Ville et 7 fois à Appenzell Rh.-Int., mais au cours de la dernière décennie, 4 fois dans le canton de Glaris contre 3 fois à Appenzell Rh.-Int et 2 fois à Bâle-Ville.

2

N E W S L E T T E R

No 1

MARS

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INFORMATIONS

Valeurs maximales et minimales des espérances de vie à la naissance des hommes et des femmes dans les cantons, de 1981 à 2008 G1 90 88 86 Age (en années)

L’évolution de l’espérance de vie dans les cantons depuis 1981

84 82 80 78 76 74 72 70 1981

1985

1990

EV maximale h EV maximale f

1995

2000

EV minimale h EV minimale f

2005

2008

EV Suisse h EV Suisse f

EV Suisse = espérance de vie de la Suisse EV maximale = espérance de vie maximale calculée dans les cantons EV minimale = espérance de vie minimale calculée dans les cantons Source: Tables de mortalité abrégées

© OFS

Les différences d’espérance de vie entre les cantons sont dues à de nombreux facteurs: composition socioprofessionnelle de la population, habitudes alimentaires régionales, proportion de fumeurs, religion, infrastructures hospitalières, etc. Il est difficile de déterminer quels sont exactement les facteurs qui provoquent de tels écarts. Il est cependant possible de dresser la liste des principales causes de décès expliquant ces différences (OFS, 2007). Pour les hommes, on constate que dans les cantons de Glaris et d’Appenzell Rh.-Int., les décès dus aux maladies cérébrovasculaires et cardiovasculaires sont plus fréquents que dans les autres cantons. Dans le canton du Jura, ce sont les décès dus aux cancers et aux accidents de la route qui sont plus fréquents qu’ailleurs. Pour les femmes, dans les cantons d’Appenzell Rh.Int. et de Glaris, la relative surmortalité est due aux maladies cardio-vasculaires, alors qu’à Bâle-Ville, elle est due principalement aux tumeurs et aux maladies de l’appareil respiratoire. Les faibles mortalités dues aux suicides et aux maladies cardio-vasculaires permettent aux Tessinoises d’avoir la mortalité la plus basse de Suisse. Les hommes résidant dans les cantons de Zoug et de Bâle-Campagne ont quant à eux des mortalités moins élevées en raison de niveaux relativement bas pour presque toutes les causes. En 2008/2009, l’écart entre les espérances de vie des deux sexes s’élève à 4,6 ans en Suisse, mais atteint 5,5 ans dans le canton du Jura. Zoug, avec un écart de 3,5 ans, est par contre le canton le plus égalitaire. 28 ans plus tôt, la différence entre l’espérance de vie des femmes et des hommes était de 6,7 ans pour toute la Suisse. Elle s’élevait jusqu’à 8,3 ans en Valais, tandis qu’elle n’était que de 3,4 ans à Uri. Cette grande dispersion des écarts entre les espérances de vie des hommes et des femmes dans les cantons est probablement due aux causes de décès qui les affectent différemment. Entre 1981/1982 et 2008/2009, l’espérance de vie a augmenté de 7,1 ans pour les hommes et de 5,0 ans pour les femmes. Elle s’est accrue dans tous les cantons d’au moins 5,9 ans pour les hommes et d’au moins 3,6 ans pour les femmes. Les progrès les plus notables pour les hommes ont eu lieu en Valais et au Tessin (+ 8,2 ans) et pour les femmes à Uri (+6,9 ans) et à Nidwald (+6,3 ans). L’espérance de vie des hommes a connu le progrès le moins important à Appenzell Rh.-Int. et celle des femmes à Glaris.

DÉMOGRAPHIQUES


Durant ces trois dernières décennies, l’écart d’espérance de vie entre les cantons les plus et les moins favorisés a toujours été moindre pour les femmes. Il était en 1981/1982 de 2,6 ans pour les femmes et de 3,4 ans pour les hommes. Il est en 2008/2009 de 3,3 ans pour les femmes et de 3,6 ans pour les hommes. L’amplitude entre l’espérance de vie du canton le plus et le moins favorisé a fluctué autour de 2,6 ans pour les femmes et 3,5 ans pour les hommes. Les différences de mortalité entre les cantons sont ainsi restées relativement stables depuis 1981/1982. L’écart-type des espérances de vie cantonales n’a ni augmenté, ni diminué, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. La stabilité de ces valeurs semble montrer qu’il n’y pas de convergence entre les cantons.

Espérance de vie des femmes, en 2008/09

C1

SH

BS JU

En 1981/1982, en Suisse, l’espérance de vie à 65 ans des hommes était de 14,5 ans et celle des femmes de 18,4 ans. En 2008/2009, les hommes et les femmes ayant atteint 65 ans peuvent espérer vivre encore respectivement 18,8 et 22,0 ans en moyenne. Au cours des trois dernières décennies, la mortalité après 65 ans est restée déterminante dans les écarts entre cantons. Si on ne considère, par exemple, que la mortalité avant 65 ans, les femmes résidant dans le canton de Genève ne se classent qu’au quatorzième rang des plus basses mortalités. Elles ne doivent leur second rang pour l’espérance de vie à la naissance qu’à leur mortalité après 65 ans, la plus basse du pays. Leur espérance de vie à 65 ans est en effet de 23,0 ans. Pour les hommes, c’est au Tessin que la mortalité est la plus basse après 65 ans. Les Tessinois ont encore en moyenne 19,4 ans à vivre au début de leur retraite. Enfin, si les espérances de vie à la naissance sont les moins élevées de Suisse à Glaris, c’est principalement en raison d’une mortalité plus forte après 65 ans. L’espérance de vie à 65 ans est dans ce canton de 17,5 ans pour les hommes et 20,6 ans pour les femmes.

TG BL

ZH

AG

AR

SO

SG

ZG NE

SZ

LU

BE FR

Tables de mortalité abrégées cantonales x/x+1 (pour les années x et x+1)

GL

NW

OW

AI

UR

VD

Chaque année, l’Office fédéral de la statistique (OFS) calcule les espérances de vie des hommes et des femmes résidant d’une manière permanente dans les cantons. Ces valeurs sont calculées à l’aide de tables de mortalité abrégées basées sur deux années d’observations des décès. En raison de la petite taille de la population de la plupart des cantons, il est en effet indispensable d’utiliser les événements d’au moins deux années pour calculer des taux de mortalité pour chaque groupe d’âge quinquennal et déterminer à partir de ces derniers des espérances de vie. Les données analysées dans cet article proviennent de ces tables de mortalité abrégées cantonales.

GR

TI GE

VS

0

25

50 km

Espérance de vie à la naissance, en années ≥ 85,0 84,5 – 84,9 84,0 – 84,4 83,5 – 83,9 < 83,5

 Raymond Kohli

Niveau géographique: Cantons

Sources: BEVNAT, ESPOP

Espérance de vie des hommes, en 2008/09

C2

SH

BS JU

Référence: OFS (2007), La mortalité par cause de décès selon les tables de mortalité pour la Suisse 1998/2003, Démos. Bulletin d’information démographique 3/2007, Neuchâtel.

© OFS, ThemaKart, Neuchâtel 2011

TG BL

ZH

AG

AR

SO

SG

ZG NE BE

LU OW

FR

SZ

AI

GL

NW UR

VD

GR

TI GE

VS

0

25

50 km

Espérance de vie à la naissance, en années ≥ 80,5 80,0 – 80,4 79,5 – 79,9 79,0 – 79,4 < 79,0 Sources: BEVNAT, ESPOP

Niveau géographique: Cantons © OFS, ThemaKart, Neuchâtel 2011

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No 1

MARS

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DÉMOGRAPHIQU E S

3


Le nombre de décès d’enfants de moins d’un an a considérablement diminué en Suisse depuis le début du 20e siècle. Cette diminution a ralenti ces dernières décennies et le taux de mortalité infantile reste pratiquement stable depuis quelques années. Certaines catégories de nouveau-nés sont particulièrement exposées, comme les très grands prématurés. En Suisse, au début du siècle dernier, la mortalité infantile était encore très importante: plus d’un enfant sur 10 décédait avant l’âge d’un an (cf. graphique G2). Les bébés âgés de 28 jours à un an étaient particulièrement touchés. La mortalité de ces bébés a fortement diminué grâce à l’amélioration de l’alimentation des enfants en bas âge au tournant du siècle. Les progrès dans le domaine de l’hygiène et de la médecine ont aussi contribué à faire reculer les décès d’enfants en bas âge. Actuellement, moins de cinq enfants sur 1000 décèdent avant leur premier anniversaire.

Décès pour 1000 naissances vivantes

Mortalité infantile, de 1900 à 2009

G2

160

Durant les vingt dernières années, le taux de mortalité infantile a diminué d’un peu plus d’un tiers. Cette diminution est particulièrement nette parmi les enfants âgés de 28 jours à un an (cf. graphique G4). Chez les enfants âgés de 1 à 27 jours, la mortalité a diminué de moitié durant la même période. Cependant, on constate une tendance à la hausse pour les décès durant les 24 heures suivant la naissance.

Taux de mortalité selon la durée de vie de l’enfant, de 1990 à 2009 Décès pour 1000 naissances vivantes

La mortalité infantile

3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 1990

1995 Moins d’un jour

140

2000

2009

2005

1 à 27 jours

28 jours à un an

Source: BEVNAT

120

G4

© OFS

100 80 60 40 20 0 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2009

Source: Deux siècles, BEVNAT

© OFS

Il est connu que les garçons sont un peu plus nombreux que les filles parmi les nouveau-nés (environ 106 garçons pour 100 filles), mais que leur mortalité est plus élevée. Bien que la différence de mortalité infantile entre les sexes fluctue fortement d’une année à l’autre en raison des petits nombres, on peut observer une évolution marquée de la surmortalité des garçons. Alors qu’elle était de 23% en 1900, elle a continuellement augmenté jusqu’à plus de 35% dans les années 1970, pour ensuite diminuer à nouveau et se situer actuellement à environ 20% (cf. graphique G3).

Cette évolution différenciée a entraîné un changement de la composition par âge des nourrissons décédés. Les décès dans les 24 heures suivant la naissance constituent une part de plus en plus importante des décès infantiles. Alors qu’ils représentaient environ un quart des cas de mortalité infantile en 1990, cette proportion est aujourd’hui d’environ 60% (cf. graphique G5).

Composition de la mortalité infantile selon la durée de vie de l’enfant, en 1990, 2000 et 2009

G5

100% 80% 60% 40% 20%

200

100%

180

90%

160

80%

140

70%

120

60%

100

50%

80

40%

60

30%

40

20%

20

10%

0% 1990

0 0% 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2009 Garçons

Filles

Surmortalité masculine

Source: Deux siècles, BEVNAT

4

G3

Surmortalité masculine

Décès pour 1000 naissances vivantes

Mortalité infantile selon le sexe, de 1900 à 2009

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© OFS

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INFORMATIONS

Moins d’un jour 1 à 6 jours Source: BEVNAT

2000

2009

7 à 27 jours 28 jours à un an © OFS

Si la baisse de la mortalité infantile a ralenti durant les dernières décennies, on constate que les naissances à risque ont augmenté durant la même période, notamment les naissances de très faibles poids et les naissances gémellaires. Depuis le début des années 1990, la proportion de bébés de moins de 1000g à la naissance a doublé, passant de 0,2 à 0,4% des naissances vivantes. Cette augmentation des naissances de poids extrê-

DÉMOGRAPHIQUES


mement faible ne s’explique pas uniquement par un plus grand nombre de naissances gémellaires1, car elle s’observe aussi bien parmi les naissances simples que parmi les naissances multiples. Les poids de naissance de moins de 1000g concernent actuellement environ 0,3% des naissances simples et 3% des naissances multiples.

Répartition des naissances vivantes et des décès infantiles G7 selon l’âge gestationnel, en 2007–2008 100% 90% 80% 70%

Durant la même période, le poids moyen de naissance des enfants décédés avant un an a également diminué, passant de 2500g à 1500g environ. Les décès d’enfants de moins de 1000g représentent actuellement près de la moitié des cas de mortalité infantile. Près d’un enfant sur trois de moins de 1000g à la naissance décède avant un an, le plus souvent dans les heures qui suivent la naissance. A titre de comparaison, ce risque est d’un pour mille pour les enfants pesant au moins 2500g à la naissance.

60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Naissances vivantes

Un faible poids de naissance est très souvent lié à un accouchement prématuré. Plus de trois quarts des enfants de moins de 1000g sont des prématurés nés avant 28 semaines de gestation, un quart des prématurés nés entre 28 et 31 semaines et quelques-uns des prématurés nés entre 32 et 36 semaines. A l’inverse, plus de 95% des bébés nés à terme pèsent 2500g ou plus.

Répartition des naissances selon l’âge gestationnel, en 2009

G6

Nombre de naissances vivantes

Actuellement, plus de la moitié des décès avant un an font suite à une cause de décès directement liée à la grossesse et à la naissance. Il s’agit par exemple de la rupture prématurée des membranes, d’une infection de la cavité amniotique, d’un accouchement prématuré, d’une asphyxie obstétricale ou d’une détresse respiratoire du nouveau-né. Les malformations congénitales et anomalies chromosomiques sont à l’origine d’environ un quart à un tiers des décès. 4% des décès sont dus au syndrome de la mort subite du nourrisson et les autres se répartissent dans tous les autres types de cause (9%) ou une cause qui n’a pas pu être déterminée (3%, cf. graphique G8). Chez les prématurés nés avant 28 semaines, les causes de décès liées à la grossesse et à la naissance sont les plus fréquentes, alors que les enfants nés à terme décèdent plutôt en raison d’une malformation congénitale ou d’une anomalie chromosomique.

15 000 10 000 5 000 0 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43

Prématurés

Naissances à terme

Après terme

Semaines de grossesse Source: BEVNAT

© OFS

La prématurité représente clairement un risque en ce qui concerne la mortalité infantile. En Suisse, environ 7,5% des enfants naissent prématurément (cf. graphique G6), mais 70% des décès d’enfants de moins d’un an nés en 2007 et 2008 concernaient des prématurés. Plus la prématurité est importante et plus la mortalité est forte. C’est en particulier le cas des naissances prématurées avant 28 semaines qui ne représentent que 0,3% des naissances, mais 45% des cas de mortalité infantile (cf. graphique G7).

20 000

Grands prématurés

28 à 31 semaines 22 à 27 semaines

Source: BEVNAT

25 000

Très grands prématurés

Décès infantiles

Plus de 41 semaines 37 à 41 semaines 32 à 36 semaines

© OFS

En raison du lien étroit entre le poids de naissance et la durée de la grossesse, il est probable que l’augmentation des naissances de bébés avec un poids extrêmement faible enregistrée ces dernières décennies se soit accompagnée d’un accroissement des naissances prématurées avant 28 semaines. Cependant, comme l’âge gestationnel n’est relevé que depuis 2007, aucun chiffre n’est disponible à ce sujet.

Causes de mortalité infantile, en 2007–2008

9%

3%

4%

56% 28%

1

Sur l’augmentation du nombre de jumeaux: Démos. Informations démographiques. N°3, septembre 2009 NEWSLETTER

Causes de mortalité périnatales Malformations congénitales et anomalies chromosomiques Syndrome de la mort subite du nourrisson Autres causes de décès Cause inconnue de mortalité

Source: Statistique des causes de décès

No 1

MARS

2011

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G8

© OFS

DÉMOGRAPHIQU E S

5


Après avoir constamment augmenté jusqu’au début des années 1990, les cas de mort subite du nourrisson (ou SIDS, pour Sudden Infant Death Syndrome en anglais) ont ensuite diminué de manière spectaculaire (cf. graphique G9). On compte actuellement une douzaine de cas de SIDS par an contre une centaine il y a une vingtaine d’années. Ce recul a été observé dans de nombreux pays. Il est lié au changement des recommandations pour le couchage des bébés: position dorsale, literie, température de la chambre, etc. Le SIDS concerne surtout des enfants de un à six mois, les garçons étant plus touchés que les filles.

Remarques méthodologiques La mortalité infantile est le nombre de décès d’enfants de moins d’un an divisé par le nombre de naissances vivantes de la même année civile. Elle peut aussi être calculée sur une cohorte de naissance. Dans ce cas, on relève les décès infantiles concernant les naissances vivantes d’une année civile, que ces décès aient lieu la même année ou l’année suivante. C’est cette méthode qui est employée lorsque l’on calcule les taux de mortalité en fonction d’une caractéristique de naissances comme le poids ou l’âge gestationnel.

G9

1,4

  Sylvie Berrut

1,2

Référence: OFS (2010), Santé des nouveau-nés 2008: prématurité, grossesses multiples et retard de croissance, Neuchâtel.

1,0 0,8 0,6 0,4 0,2 0,0 1969

1975

1980

1985

1990

1995

Source: Statistique des causes de décès

2000

2005 2008 © OFS

La Suisse enregistre un taux de mortalité infantile relativement faible en comparaison internationale. Cependant, plusieurs pays européens comme la Suède, la Norvège ou la Finlande enregistrent des taux encore plus bas. C’est aussi le cas pour Singapour, Hong Kong et le Japon. En comparant la mortalité infantile en Suède, Norvège et Finlande avec les données suisses 2, on constate que si la mortalité chez les enfants âgés de moins d‘une semaine est supérieure en Suisse, elle est au contraire plus faible parmi les enfants plus âgés. En comparaison, la mortalité infantile observée en Suisse se concentre beaucoup plus fortement parmi les naissances avant 28 semaines ou avec un poids de naissance de moins de 1000g. On constate également que la Suisse compte plus de naissances à risque que ces pays, par exemple plus de naissances de moins de 2500g et ceci aussi bien parmi les naissances simples que parmi les naissances multiples. Le pourcentage de naissances prématurées est aussi plus élevé dans notre pays. La Suède et la Finlande enregistrent une proportion plus faible de naissances multiples que la Suisse, alors que cette proportion est plus élevée au Danemark. Enfin, il est à relever que la Suisse présente un âge moyen des mères à la naissance de leur premier enfant le plus élevé d’Europe3. En conclusion, on peut dire que si la baisse de la mortalité infantile en Suisse a tendance à ralentir, voire à stagner ces dernières années, on observe simultanément une augmentation des naissances à risque. Les décès de bébés de moins d’un an se concentrent de plus en plus dans les premiers jours, voire les premières heures qui suivent la naissance. Une majorité de ces décès est

La mortalité chez les jeunes Les décès chez les jeunes âgés entre 1 et 24 ans sont de moins en moins nombreux. La mortalité concerne davantage les jeunes hommes que les jeunes femmes et c’est dans le groupe d’âges des 15 à 24 ans qu’elle est la plus fréquente. En quarante ans, le nombre de décès chez les jeunes âgés de 1 à 24 ans4 a diminué (cf. graphique G10). En effet, les décès de jeunes hommes sont passés de moins de 1200 cas en 1969 à près de 300 en 2009, alors que ceux des jeunes femmes sont passés de plus de 600 cas à moins de 200. Sachant que la part des effectifs âgés entre 1 et 24 ans a diminué en 40 ans, passant de 37,3% à 26,1% de la population totale, on peut admettre que la baisse du nombre de décès chez les jeunes soit partiellement due à ce changement structurel de population. Mais on peut également se demander en quoi le comportement des hommes et des femmes face à certains risques a changé et comment ce changement interagit avec l’évolution des décès. En fin d’article, l’étude des causes de décès mettra en lumière certains aspects explicatifs.

Décès des 1–24 ans selon le sexe, de 1969 à 2009

2 000 1 500 1 000 500 0 1969

1975 Hommes

2

Données européennes 2004: EURO-PERISTAT project, European Perinatal Health Report, 2008 (www.europeristat.com)

3

European Demographic Data Sheet 2010, Vienna Institut of Demography (www.oeaw.ac.at/vid/datasheet/)

6

N E W S L E T T E R

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MARS

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INFORMATIONS

G 10

2 500

Nombre de décès

Décès pour 1000 naissances vivantes

Mort subite du nourrisson (SIDS), de 1969 à 2008

actuellement directement liée à des causes de mortalité périnatales et ils concernent surtout des bébés présentant une grande vulnérabilité en raison de leur prématurité.

Source: BEVNAT

4

1980

1985

1990

1995

2000

2005 2009

Femmes © OFS

Les décès dans la première année de vie (0–1 an) ont été volontairement laissés de côté et sont traités séparément dans un autre article.

DÉMOGRAPHIQUES


Le graphique G10 montre en outre que la mortalité aux jeunes âges touche plus les garçons que les filles. Malgré la diminution des décès, la part de jeunes hommes qui meurent continue à être plus importante que celle des jeunes femmes (193 décès de garçons pour 100 décès de filles en 1969, 200 décès de garçons pour 100 décès de filles en 2009).

Taux de mortalité selon le sexe et la classe d’âges, de 1971 à 2009

La statistique des causes de décès apporte un éclairage supplémentaire à l’étude des décès chez les jeunes. Chez les enfants de 1 à 14 ans, la majorité des cas de décès sont consécutifs à des blessures, à des intoxications ou à d’autres causes externes, à des tumeurs et à des malformations. C’est dans cette classe d’âges que les décès sont les moins nombreux et ce, autant chez les filles que chez les garçons. Dans le groupe des 15 à 24 ans, les décès sont dus à des blessures, à des intoxications ou à d’autres causes externes, notamment les accidents de la route et les suicides. Le nombre d’accidents automobiles mortels et de suicides est cependant en baisse ces dernières années. Le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) publie des statistiques similaires concernant les décès consécutifs à des accidents liés à la circulation routière, le sport, l’habitat et les loisirs. Concernant les suicides, près d’une centaine de personnes de 15 à 24 ans mettent intentionnellement fin à leurs jours chaque année.

G 11

Taux pour 100’000 personnes

160 140 120 100 80 60 40

L’évolution des décès chez les jeunes se profile à la baisse, notamment grâce aux nombreux progrès accomplis en médecine et dans la prévention des accidents. Dans cette perspective, on relève toutefois que les jeunes hommes de 15 à 24 ans constituent toujours et depuis de nombreuses années le groupe le plus exposé aux décès.

20 0 1971 1975

1980

1985

1990

Hommes 1–14 ans Hommes 15–24 ans

1995

2000

2005 2009

Femmes 1–14 ans Femmes 15–24 ans

Source: BEVNAT

© OFS

 Fabienne Rausa Le risque de décéder varie fortement en fonction du sexe et de l’âge (cf. graphique G11). Les taux de mortalité décroissent dans toutes les classes d’âges. Seule évolution particulière, celle des jeunes hommes entre 15 et 24 ans, qui suit un tracé légèrement différent des autres. La mortalité de ces derniers commence, en effet, à diminuer seulement à partir de 1991. Cette différence, qui peut probablement être rapportée à certains comportements à risque, s’atténue cependant au fil du temps.

Références: BPA (2010), STATUS 2010: statistique des accidents non professionnels et du niveau de sécurité en Suisse; circulation routière, sport, habitat et loisirs, Berne. OFS (2007), La mortalité par cause de décès selon les tables de mortalité pour la Suisse 1998/2003, Démos. Bulletin d’information démographique 3/2007, Neuchâtel.

Toutefois, on retrouve à certains âges des rapports de masculinité au décès très marqués. En effet, entre 2005 et 2009, la moyenne des décès selon l’âge offre un contraste éloquent, surtout chez les jeunes de 22 ans. Dans cette tranche d’âges, les jeunes hommes sont quatre fois plus nombreux à décéder que les jeunes filles.

Pyramide des âges au décès selon le sexe, moyenne de 2005 à 2009

OFS (2008), Statistique des causes de décès. Causes de mortalité en 2005 et 2006, Neuchâtel. Statistique Canada (1998), Comportement à risque multiple chez les adolescents et les jeunes adultes, dans Rapports sur la santé, vol. 10, n° 2.

G 12

Age 24 20 15 10 5 1 40 35 30 25 20 15 10 Hommes Source: BEVNAT

0 5 10 15 20 25 30 35 40 5 0 Nombre de personnes

Femmes © OFS

NEWSLETTER

No 1

MARS

2011

INFORMATIONS

DÉMOGRAPHIQU E S

7


Les veuvages

Age moyen au moment du veuvage, de 1987 à 2009 G 14

En Suisse, en 2009, on dénombre 43’700 mariages dissous. 56% de ces dissolutions de mariage font suite au décès de l’un des conjoints, les 44% restantes sont dues à un divorce. Dans la majorité des cas de dissolution de mariage par décès du conjoint, ce sont les hommes qui décèdent avant leur épouse. On observe deux types de dissolutions de mariage distincts: le divorce et le décès de l’un des conjoints. En Suisse, en 2009, 43’700 mariages ont été dissous, soit 19’300 par divorce et 24’400 suite au décès de l’un des époux. Les dissolutions de mariage par décès de l’homme ou de la femme restent relativement stables entre 1980 et 1990. Leur nombre annuel est en moyenne de 25’600 durant cette période. Dès 1990 et jusqu’en 2009, leur nombre tend à baisser, bien qu’on observe quelques soubresauts de la courbe (cf. graphique G13). Cette diminution depuis le début des années 1990 est difficile à expliquer. On peut toutefois se demander si certains couples ne divorcent pas avant que le veuvage ne les touche. En effet, à l’arrivée de l’âge de la retraite, beaucoup de questions ou dissensions peuvent apparaître au sein du couple – peur de vieillir, maladie, changement identitaire suite à l’arrêt de l’activité professionnelle, solitude, envahissement du conjoint, syndrome du nid vide, etc. – et donc pousser l’un ou l’autre des partenaires à préférer la séparation, voire le divorce.

Evolution des dissolutions de mariage suite au décès de l’un des conjoints, de 1980 à 2009 G 13 27 000 Nombre de dissolutions

26 500 26 000 25 500 25 000 24 500 24 000 23 500 23 000 22 500 1980

1985

1990

1995

Source: BEVNAT

2000

2005

N E W S L E T T E R

© OFS

No 1

MARS

2011

74 72 70 68 66 64 62 1987

1990

1995

Hommes

2000

2005

2009

Femmes

Source: BEVNAT

© OFS

Si l’on regarde d’un peu plus près les classes d’âges des personnes concernées par le veuvage, on observe un report des décès aussi bien chez les hommes que chez les femmes entre 1980 et 2009 (cf. graphiques G15 et G16). En 1980, la grande majorité des dissolutions par décès de l’homme se produisaient lorsque la femme était âgée de 55 à 84 ans et les dissolutions par décès de la femme lorsque l’homme avait entre 65 et 84 ans. En 2009, les dissolutions interviennent plus tardivement. Le décès de l’époux survient majoritairement lorsque la femme est âgée de 65 ans à plus de 85 ans, le décès de l’épouse lorsque l’homme est âgé de 75 ans à plus de 85 ans. La progression la plus spectaculaire est celle de la classe d’âges des plus de 85 ans. En effet, pour cette classe d’âges, entre 1980 et 2009, les dissolutions de mariage suite au décès de l’époux sont passées de 3% à 13%, celles suite au décès de l’épouse de 8% à 23%. Ce report ou décalage est principalement dû à la progression de l’espérance de vie des deux sexes, donc à une mortalité intervenant plus tardivement. Toutefois, les décès d’hommes ou de femmes dont le conjoint survivant est âgé de moins de 45 ans ou de 45 à 54 ans n’ont pas totalement disparu. Ils se sont certes stabilisés à un niveau relativement bas, mais ils existent et constituent entre 8 et 11% du total des dissolutions de mariage par décès enregistrées en 2009.

2009

Dans 70% des cas de dissolutions du mariage par décès du conjoint, c’est l’épouse qui se retrouve seule. En 2009, 17’200 femmes sont devenues veuves contre 7200 veufs. Si l’on regarde d’un peu plus près l’âge moyen auquel les personnes deviennent veuves, on constate que les femmes le sont plus rapidement que les hommes. La probabilité de décéder après le conjoint est toujours nettement plus grande pour les femmes, en raison de leur plus longue espérance de vie, de la plus forte mortalité des hommes et du fait que ceuxci se marient plus tardivement. En 2009, une femme devient veuve en moyenne à 71,5 ans, alors qu’un homme le devient à 74,6 ans (cf. graphique G14). Au début de la période considérée, soit en 1987, une femme devenait veuve en moyenne à 66,9 ans et un homme à 70,8 ans. La différence d’âge entre les hommes et les femmes au moment du veuvage est plus ou moins constante depuis 1987 et est d’environ 3 ans. Les âges moyens des hommes et des femmes au veuvage ne cessent de croître linéairement et progressent parallèlement depuis plus de deux décennies. 8

Age moyen (en années)

76

INFORMATIONS

Dissolutions de mariage par décès de l’époux, selon l’âge de la femme, de 1980 à 2009 100% 90% 80%

3% 22%

4% 26%

6%

8%

28%

28%

70% 60%

34%

50%

31%

31%

31%

40% 30%

22%

0%

31%

30%

11%

34%

27%

13%

35%

26%

22%

20%

18%

17%

16%

12%

15%

10%

9%

9%

7%

6%

6%

6%

8% 5%

8% 5%

7% 4%

1980

1985

1990

1995

2000

2005

20% 10%

9%

G 15

Moins de 45 ans 45–54 ans Source: BEVNAT

DÉMOGRAPHIQUES

55–64 ans 65–74 ans

2009

75–84 ans Plus de 85 ans © OFS


Dissolutions de mariage par décès de l’épouse, selon l’âge de l’homme, de 1980 à 2009 8%

90% 80%

32%

70%

10%

34%

13%

17%

35%

31%

60% 50%

30%

40%

27%

25%

25%

30%

20%

21%

23%

32%

35%

34%

22%

22%

13%

13%

23%

20%

16%

16%

14%

14%

14%

10%

9% 5%

8% 5%

8% 5%

8% 5%

7% 4%

1980

1985

1990

1995

2000

0%

Moins de 45 ans 45–54 ans

55–64 ans 65–74 ans

6%

Durée moyenne entre le veuvage et le remariage, de 1987 à 2009

5%

3%

3%

2005

2009

Durée moyenne (en années)

100%

Si les hommes veufs se remarient plus souvent que les femmes veuves, ils le font également dans un délai plus court après la perte de leur conjoint (cf. graphique G18). En effet, entre 1987 et 2009, la durée moyenne entre le veuvage et le remariage était comprise, pour un homme, entre 4,8 et 6,6 ans, alors qu’elle l’était, pour une femme, entre 7,5 et 10,2 ans. Les veufs paraissent ainsi plus prompts à recommencer leur vie avec une nouvelle partenaire et à l’épouser que les veuves.

G 16

75–84 ans Plus de 85 ans © OFS

Source: BEVNAT

Que deviennent ces personnes veuves? Une partie d’entre elles se remarient quelques années après le décès de leur conjoint. On observe, en général, plus de remariages d’hommes veufs que de femmes veuves (cf. graphique G17). En 2009, par exemple, 559 hommes veufs se sont remariés contre seulement 342 femmes veuves. Cela peut s’expliquer par le fait qu’aux âges relativement élevés, la population est surféminisée – en 2009, dans notre pays, à l’âge de 65 ans ou plus, on compte en effet 1,3 femmes pour 1 homme et à 80 ans ou plus, 1,9 femme pour 1 homme – et les hommes ont tendance à se remettre en couple avec des femmes plus jeunes5. De ce fait, les femmes veuves ont d’autant plus de peine à retrouver un partenaire. On peut également se demander dans quelles proportions l’union libre est fréquente chez les personnes veuves6.

Remariages d’hommes veufs et de femmes veuves, de 1980 à 2009

10 8 6 4 2 0 1987

1990

1995

2000

2005

2009

Femmes

Source: BEVNAT

© OFS

Aujourd’hui, perdre son épouse ou son mari n’est plus synonyme de fin de vie de couple. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, en particulier de l’espérance de vie en bonne santé, les hommes et les femmes ont de grandes probabilités de retrouver un conjoint afin de poursuivre leur chemin de vie, et se remarier ou non. Toutefois, les hommes et les femmes sont inégaux face au décès de leur partenaire. La surmortalité des hommes ajoutée à la différence d’âge entre les conjoints – les hommes ont généralement une épouse plus jeune qu’eux (2,3 ans en moyenne, en 2009, en Suisse au premier mariage) – voue les femmes au veuvage.

G 17  Céline Schmid Botkine

800 Nombre de remariages

12

Hommes

900

Références: Delbès, C., Gaymu, J., «Passé 60 ans: de plus en plus souvent en couple?», in Population et Sociétés, Paris, n°389, avril 2003.

700 600 500

Delbès, C., Gaymu, J., Springer, S., «Les femmes vieillissent seules, les hommes vieillissent à deux. Un bilan européen», in Population et Sociétés, Paris, n°419, janvier 2006.

400 300 200 100 0 1980

G 18

1985

1990

Hommes veufs Source: BEVNAT

1995

2000

2005

OFS (2009), Portrait démographique de la Suisse – Edition 2009, Neuchâtel.

2009

Femmes veuves © OFS

5

Delbès, C., Gaymu, J. (2003), p. 2

6

Nous ne disposons pas de données récentes sur les unions libres. Ce manque sera comblé grâce à l’enquête structurelle réalisée annuellement dès 2010 et dont les premiers résultats seront disponibles à partir de 2012. NEWSLETTER

No 1

MARS

2011

INFORMATIONS

DÉMOGRAPHIQU E S

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Informations complémentaires

– EUROSTAT a également fait paraître, en janvier 2011, les deux nouvelles publications suivantes (uniquement disponibles en anglais):

Voici une liste non exhaustive de liens Internet portant sur la thématique de la mortalité, sur le portail statistique de l’OFS:

– Immigrations et émigrations en 2008

– Décès et mortalité

– Asile au 3e trimestre 2010

– Mortalité infantile – Mortalité et causes de décès

– L’Organisation internationale pour les migrations (IOM) vient de faire paraître une publication qui traite de l’état de la migration dans le monde et s’intitule «World Migration Report 2010 – The future of migration: building capacities for change». Cette publication, uniquement disponible en anglais, peut être téléchargée ici.

– Table de mortalité – Espérance de vie

Actualités

– L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a publié dernièrement son Bilan démographique 2010. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter cette page.

Données statistiques et publications – L’Office fédéral de la statistique (OFS) a publié, le 16 décembre 2010, les modifications annoncées dans le répertoire officiel des communes de Suisse pour l’année 2011. L’information est disponible ici. – L’OFS a également publié, le 21 décembre 2010, de plus amples informations sur le nouveau recensement de la population. Elles sont disponibles ici. – L’Office fédéral des migrations (ODM) a fait paraître, en décembre 2010, son Bulletin Immigration pour le mois de novembre 2010. Cette publication est disponible ici. Tous les Bulletins Immigration mensuels peuvent être consultés sur cette page. – L’Office fédéral des migrations (ODM) a publié, à la mi-janvier 2011, sa Statistique en matière d’asile 2010. La publication peut être consultée ici. – L’Institut national d’études démographiques (INED) a publié, en novembre 2010, un nouveau numéro de sa revue Population et Société intitulé «Le nombre et la part des immigrés dans la population: comparaisons internationales». Ce numéro est disponible ici. – L’Institut national d’études démographiques (INED) a publié, en décembre 2010, un nouveau numéro de sa revue Population et Société intitulé «Espérance de vie: peut-on gagner trois mois par an indéfiniment?». Ce numéro est disponible ici. – L’Institut national d’études démographiques (INED) a publié, en janvier 2011, un nouveau numéro de sa revue Population et Société intitulé «Y a-t-il une saison pour faire des enfants?». Ce numéro est disponible ici. – EUROSTAT a publié, en novembre 2010, l’Annuaire régional d’Eurostat 2010. Il décrit en détail un grand nombre de domaines statistiques dans les 27 Etats membres de l’UE, mais également dans les pays candidats et les pays de l’AELE. La publication est disponible ici. – E UROSTAT a fait paraître, le 10 décembre 2010, une publication contenant les communications présentées au cours de la dernière conférence d’Eurostat et de la Commission Economique pour l’Europe de Nations Unies sur les projections démographiques. Cette publication est disponible ici (uniquement en anglais).

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Impressum En 2011, la Newsletter Démos paraît semestriellement. Elle présente des informations concernant l’actualité statistique suisse récente, en particulier celle de la démographie de notre pays. Vous pouvez vous y abonner gratuitement ou la télécharger depuis le portail statistique. http://www.statistique.admin.ch  Thèmes  01 Population  Newsletter Numéro de commande: 239-1101-05 Réalisation et complément d’information: Office fédéral de la statistique, Section Démographie et migration, Tél. 032 713 67 11 E-mail: info.dem@bfs.admin.ch Rédacteur responsable: Céline Schmid Botkine, OFS Rédaction: Sylvie Berrut, Marcel Heiniger, Raymond Kohli, Fabienne Rausa, Céline Schmid Botkine, OFS. Graphiques et Layout: Service Prepress / Print de l’OFS Texte original: allemand, français Traduction: Services linguistiques de l’OFS Page de couverture: OFS; concept: Netthoevel & Gaberthüel, Bienne; photo: © Chancellerie fédérale – Béatrice Devènes, Dominic Büttner

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Démos. Informations démographiques