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ValeurS Loisirs

Un magazine d’information de l’Office fédéral de la statistique – Numéro 1/2012


Les loisirs caracolent en tĂŞte des motifs de dĂŠplacement de la population suisse. 2

OFS ValeurS


Editorial

Des loisirs sans compter? Jürg Marti Directeur de l’Office fédéral de la statistique, Neuchâtel/Suisse

Dans la société du travail, comme la connaissent les pays occidentaux, les loisirs revêtent une importance croissante. Synonymes de temps libre, ils favorisent la détente et l’épanouissement personnel. Contrairement au temps de travail, le temps libre ne fait pas l’objet de relevés statistiques de la part de l’Office fédéral de la statistique. Des enquêtes portent bien entendu sur le travail bénévole, rémunéré et non rémunéré. Le travail non rémunéré se définit à l’aide du critère de la tierce personne: c’est un travail qui pourrait être effectué par un tiers contre rémunération. Les activités de loisirs, qu’elles soient sportives, culturelles, sociales ou de formation, ne peuvent par contre pas se déléguer. Qui le voudrait d’ailleurs? Il existe néanmoins des statistiques qui éclairent certains aspects des loisirs. Elles sont aussi diverses que ces derniers. L’enquête suisse sur la population active (ESPA), par exemple, montre que la durée moyenne du travail pour un emploi à plein temps a diminué de 35 minutes ces vingt dernières années et que le taux d’occupation des hommes, jusque-là élevé, s’est un peu réduit. Deux évolutions qui ­engendrent plus de temps libre. Les activités de loisirs ont parfois un lien direct avec le travail. C’est le cas, en particulier, de la ­formation continue, avec les cours de langue qui sont les grands favoris. Parler de loisirs revient bien souvent à évoquer les vacances. D’après le Panel suisse des ménages (PSM), les vacances balnéaires arrivent en tête, suivies des séjours à la montagne et des visites de villes. Le compte satellite du tourisme met en évidence l’importance économique de cette branche. Les loisirs sont aussi l’occasion de s’intéresser à la culture, que ce soit en fréquentant des institutions culturelles, dont certaines sont cofinancées par les pouvoirs publics, ou en pratiquant soi-même une activité en amateur, comme la photo ou la musique. Le microrecensement 2010 sur la mobilité et les transports montre encore que les loisirs constituent de loin la raison principale de mobilité de la ­population suisse. De plus en plus, les nouveaux médias électroniques sont présents dans les loisirs. Tous les groupes d’âges les utilisent et de manière intensive. Les jeunes sont toutefois plus nombreux à regarder des films ou à écouter de la musique sur Internet. Enfin, la statistique des accidents du bpa fait apparaître de manière saisissante que les loisirs ne sont pas toujours sans risques. A travers un choix d’articles, le présent numéro de la revue ValeurS montre divers aspects des ­loisirs sous l’angle statistique.

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Temps de travail versus temps libre La vie professionnelle au cours des 20 dernières années a subi de profondes modifications structurelles. La participation des femmes au marché du travail a fortement augmenté alors que celle des hommes ­diminuait et les formes de travail ont changé, notamment avec le développement du temps partiel. Les ­salariés à plein temps ont vu leur durée hebdomadaire de travail baisser de près d’une demi-heure en deux décennies. Ils ont également obtenu un peu plus d’un jour et demi de vacances annuelles supplémentaires depuis 15 ans. Rongfang Reutter

35 minutes de travail hebdomadaire de moins… et 1,7 jour de vacances de plus Le temps de travail en Suisse est réglementé par la législation suisse, qui fixe la durée maximale de la semaine de travail et le nombre minimal de semaines de vacances annuelles des travailleurs, et par les contrats-types ou conventions collectives de travail négociées par les partenaires sociaux. Celles-ci prévoient parfois des dispositions plus généreuses pour les travailleurs. Ainsi, de nombreuses entreprises et conventions collectives de travail accordent cinq semaines de vacances ou plus aux salariés dès 50 ans. La statistique de la durée normale de travail dans les entreprises (DNT) fait état d’une légère baisse de la durée de travail des salariés à plein temps: celle-ci est passée de 42,2 à 41,6 heures par semaine (-35 minutes) entre 1991 et 2010. Quant aux vacances des salariés à plein temps, elles ont augmenté de 4,6

à 5,0 semaines en moyenne annuelle entre 1996 et 2010, ce qui représente 1,7 jour de vacances de plus, selon l’enquête suisse sur la population active (ESPA). A noter que les indépendants se démarquent des salariés en ce qui concerne les semaines de vacances et les heures de travail. Une analyse réalisée en 2006 1 montre que les indépendants travaillent en moyenne dix heures de plus par semaine et s’accordent six jours de vacances en moins par an que les salariés. Augmentation du travail à temps partiel Le marché du travail suisse se distingue par une part élevée de personnes travaillant à temps partiel. Au cours des 20 dernières années, la part de personnes à temps partiel a fortement augmenté, aussi bien chez les femmes (de 49,1% en 1991 à 58,3% en 2010) que chez les hommes (de 7,8% en 1991 à 13,4% en 2010).

Durée normale du travail des salariés à plein temps En heures par semaine 42,4 42,2 42,0 41,8 41,6 41,4 41,2 41,0

1991

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1995

2000

2005

2010

Le développement du temps partiel permet aux actifs occupés de consacrer plus de temps aux activités non professionnelles. D’un autre côté, il facilite le maintien ou la reprise d’une activité professionnelle à des personnes qui, sans cette possibilité, renonceraient à un emploi (par exemple personnes ayant des enfants ou parents à charge, personnes en formation, personnes désirant se retirer progressivement de la vie active). Si cette évolution présente des avantages certains, il ne faut pas négliger qu’environ 6% des personnes à temps partiel souhaiteraient travailler davantage et sont disponibles à court terme pour ­augmenter leur taux d’occupation. Augmentation de la participation à la vie active Pour les hommes comme pour les femmes, l’entrée sur le marché du travail s’effectue plus tardivement, en raison de l’allongement de la durée moyenne de la formation; en conséquence, le taux d’activité des 15–24 ans a baissé. Dans les âges supérieurs, l’arrivée de générations de femmes présentant une plus forte attache à l’emploi se traduit par une hausse du taux d’activité féminine, alors que ­celui des hommes diminue légèrement. Ces tendances sont accentuées chez les 55–64 ans: le relèvement, à deux reprises, de l’âge légal de la retraite des femmes (en 2001 puis en 2005) a favorisé l’augmentation de leur taux d’activité, même si on note tant chez les hommes que chez les femmes une augmentation des taux de retraite anticipée.


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Globalement, la participation au marché du travail des femmes s’est accrue, alors que celle des hommes diminuait légèrement. En 2010, 76% des femmes et 88% des hommes âgés de 15 à 64 ans étaient actifs. L’écart entre les sexes s’est considérablement réduit au cours des 20 dernières années puisqu’en 1991, ces taux s’élevaient à 68% et 91%. Sur la même période, la durée effective de travail par tête au sein de la population résidante permanente de 15 à 64 ans a diminué de 4,1%. De manière générale, la population bénéficie donc de plus de temps à consacrer aux activités non professionnelles qu’il y a 20 ans.

Nombre moyen de semaines de vacances par année des salariés à plein temps selon les groupes d’âges 6

1996 2010

5 4 3 2 1 0 15–19 ans

Total

20–49 ans

50–64 ans

Part des personnes actives occupées à temps partiel selon le sexe Rongfang Reutter est collaboratrice scientifique, section Travail et vie active, OFS

60% 50% 40% 30% 20%

1 L’activité indépendante en Suisse. Une étude basée sur les résultats de l’enquête suisse sur la population active. OFS, Neuchâtel 2006.

10% Hommes 0% 1991

1995

Femmes 2000

2005

2010

1995

2000

2005

2010

Taux d’activité selon le sexe et les groupes d’âges 100%

Hommes

Femmes 1991

90%

2010

80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 15–24 ans

25–39 ans

40–54 ans

55–64 ans

65 ans et plus

15–24 ans

25–39 ans

40–54 ans

55–64 ans

65 ans et plus

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Se former durant son temps libre: quelques chiffres Si l’attention se porte généralement sur son rôle économique et occulte parfois le rôle qu’elle tient dans la sphère privée, la formation continue n’en demeure pas moins un phénomène qui dépasse le cadre professionnel. Les chiffres nous le montrent, elle occupe bel et bien une place dans notre temps libre et nous sommes nombreux en Suisse à y consacrer une partie de nos loisirs. Brice Quiquerez

A

ujourd’hui, la formation ne s’arrête pas avec l’entrée dans la vie active. Cette vision statique de la formation ne correspond pas aux réalités de notre société. De plus en plus, se former devient un processus permanent qui accompagne les individus tout au long de leur existence. Selon l’Office fédéral de la statistique, une personne sur deux participe à des activités de formation continue durant l’année et ce taux monte même à 80%1 si l’on prend en considération les personnes qui se forment de manière individuelle. Loin d’être un phénomène marginal, la formation continue est aujourd’hui devenue une réalité bien présente non seulement dans la vie professionnelle, mais aussi durant les loisirs. La formation continue Dans ce texte, l’expression formation continue réfère aux activités de formation non formelle. On entend par formation non formelle les activités de formation qui se déroulent dans un cadre organisé, mais qui ne font pas partie du système de formation institutionnel. Il s’agit généralement de formations de courte durée qui ne donnent pas accès à un diplôme reconnu par l’Etat. Elles peuvent prendre la forme de cours collectifs ou privés, de séminaires, de conférences, de congrès ou de workshops. La formation non formelle s’oppose à deux autres grands types d’apprentissage: d’une part, aux formations formelles – c’est-à-dire les formations qui débouchent sur des titres reconnus par le système de formation institutionnel (certificat fédéral de capacité, diplômes des hautes écoles, etc.) – et, d’autre part, aux différentes activités d’apprentissage informel (formation sur le tas, lecture d’ouvrages spécialisés, etc.) grâce auxquelles un individu cherche à s’approprier des connaissances hors de tout cadre organisé et sans accompagnement pédagogique.

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La moitié des heures de formation continue sont suivies en dehors du temps de travail La formation continue, qui joue un rôle important dans la préservation et le développement du capital humain des entreprises, est fortement liée à la vie professionnelle. D’ailleurs, lorsque l’on interroge les participants sur la raison principale qui les a poussés à entreprendre une formation continue, ce sont les motifs professionnels qui arrivent en tête et cela, largement (77% des heures de formation continue dispensées sont suivies pour ce motif). Cela ne signifie pas pour autant que la formation continue se cantonne à la sphère professionnelle: 42% des activités de formation continue se déroulent exclusivement en dehors du temps de travail et celles-ci représentent quasiment la moitié (48%) des heures que la population suisse consacre chaque année à ses activités de formation continue. On se forme donc presque autant durant les heures de travail que durant le temps libre. Même parmi les personnes actives occupées, les activités de formation continue qui se déroulent durant les loisirs occupent une place conséquente. Ainsi, si l’on ne considère que les personnes de cette population, les activités de formation entreprises durant le temps libre représentent 38% du nombre total d’activités et 44% du volume horaire total consacré à la formation continue. Profil des participants Nous l’avons mentionné plus haut, une personne sur deux participe à au moins une activité de formation continue durant l’année. 25% des personnes se forment uniquement durant leurs heures de travail (29 heures en moyenne). Les personnes qui se forment pendant leurs loisirs sont certes moins nombreuses (17%) mais plus assidues. Elles consacrent en moyenne 36 heures


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par année à leur formation. 8% des personnes se forment à la fois durant leur temps de travail et durant leurs loisirs. Hommes et femmes affichent des comportements différents en matière de formation continue. Les femmes sont ainsi proportionnellement nettement plus nombreuses que les hommes à consacrer du temps libre à leur formation (respectivement, 29% contre 18%). Ces différences entre les hommes et les femmes subsistent même en tenant compte du fait que l’intégration des deux sexes sur le marché du travail n’est pas la même (statut et taux d’occupation). De plus, contrairement aux hommes, les femmes sont plus nombreuses à se former durant leurs loisirs que durant leurs heures de travail 2. D’autres caractéristiques viennent compléter le profil-type des personnes qui se consacrent à leur formation durant leurs loisirs. Elles sont actives sur le marché du travail, mais à un taux d’occupation relativement faible (moins de 50%), sont en général au bénéfice d’une formation élevée (diplôme du degré tertiaire) et résident plutôt en Suisse alémanique que dans les régions latines. Diversité de la demande La formation continue répond à des besoins très divers qui peuvent relever tant de la sphère privée que de la sphère professionnelle: maintenir sa compétitivité sur le marché du travail, se préparer à une réorientation professionnelle, contribuer à l’épanouissement personnel, participer à une meilleure intégration sociale ou même améliorer l’état de santé ou la condition physique. A cette multiplicité des besoins correspondent une large palette de ressources éducatives très variées au niveau de leur contenu. Les différents thèmes des activités de formation continue reflètent cette diversité et leur poids respectif donne un aperçu des principaux domaines d’intérêt des participants. Pour ce qui est des personnes qui se forment durant leurs loisirs,

Thèmes des activités de formation continue en 2009 Part des heures de formation continue Langues Informatique Finances et ventes Cours pour cadres Activités artistiques et créatrices Développement personnel Santé et médecine Sports et jeux Ménage et famille Services et sécurité Production industrielle Pédagogie suivies durant les loisirs suivies durant les heures de travail

Sciences Agriculture Autres thèmes 0%

5%

10%

plus de la moitié des heures de formation continue suivies se répartissent dans les quatre thèmes suivants: «Langues», «Activités artistiques et créatrices», «Santé et médecine» et «Développement personnel». Les cours de langue, qui représentent à eux seuls le quart des heures, se taillent la part du lion. A noter aussi que les motivations professionnelles restent la principale raison d’entreprendre une formation, qu’on le fasse durant ses heures de travail ou durant son temps libre. Elles ont ­toutefois un poids nettement moindre dans le second cas puisqu’elles ne représentent que 57% des heures suivies contre 96% dans le premier cas.

Brice Quiquerez est collaborateur scientifique, section Système de formation, OFS

15%

20%

25%

1 Les chiffres présentés ici se réfèrent tous à la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans. Les données sont issues de l’enquête suisse sur la population active (ESPA) de 2009. 2 A l’exception toutefois des femmes travaillant à plein temps qui se forment davantage durant leurs heures de travail.

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Jouer c’est parfois aussi travailler Les Suisses ne rechignent pas à la tâche, même lorsqu‘ils ne sont pas payés: il s‘effectue dans notre pays ­davantage de travail non rémunéré que de travail rémunéré. L‘Office fédéral de la statistique estime à environ 8,2 milliards le nombre d‘heures de travail accomplies bénévolement en 2010 en Suisse par la population ­résidante permanente de 15 ans ou plus. Le travail rémunéré a totalisé cette année-là 7,5 milliards d‘heures environ. Jacqueline Schön-Bühlmann

E

n Suisse, chaque personne de 15 ans ou plus appartenant à la ­population résidante permanente effectue chaque semaine environ 23 heures de travail non rémunéré. Voilà qui peut paraître beaucoup. Mais que recouvre donc le terme «travail non rémunéré»? Et en quoi cette activité se distingue-t-elle d‘autres types d‘activités, comme les activités de loisirs? Le travail non rémunéré désigne les prestations non rétribuées qui, en théorie, pourraient être fournies contre rémunération par des tiers (critère de la «tierce personne»). N‘en font pas partie des activités comme la formation ou les loisirs, ni celles visant à satisfaire des besoins élémentaires (manger, dormir, etc.), qui ne peuvent être déléguées à quelqu‘un d‘autre. Le travail non rémunéré inclut en revanche le travail domestique et familial, la prise en charge des enfants et des personnes nécessitant des soins, les engagements bénévoles en faveur d‘associations ou encore l‘aide apportée aux amis ou aux voisins, autant d‘activités pouvant être qualifiées de productives, au même titre que les prestations rémunérées.

Ce qui prend le plus de temps: le ménage, les enfants et les soins Pour la population dans son ensemble, les tâches domestiques constituent l‘essentiel du travail non rémunéré. Parmi celles-ci, la préparation des repas est la plus chronophage. Les femmes consacrent nettement plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et familiales, sauf pour les tâches administratives et les travaux manuels. Dans les ménages où vivent des enfants de moins de 15 ans, la prise en charge de ces derniers prend beaucoup plus de temps que d’autres activités (cuisiner, faire le ménage, etc.). Les mères consacrent aux enfants en bas âge 9,5 heures par semaine en moyenne pour des activités «pratiques» (donner à manger, habiller, laver, mettre au lit), contre 4,5 heures pour les pères. L’encadrement «pédagogique» des enfants (jouer ou ­discuter avec eux, aider à faire les devoirs, etc.) leur prend environ dix heures, contre sept pour les pères. A l’instar des ménages ayant des enfants, ceux qui comptent des adultes nécessitant des soins consacrent beaucoup de temps à la prise en charge.

La répartition du temps consacré aux différentes activités non rémunérées peut varier quelque peu, en fonction des besoins et des préférences individuelles: tout le monde ne passe pas le même temps devant les fourneaux. En revanche, on n‘est pas toujours libre de décider du temps consacré à s‘occuper des enfants ou des personnes nécessitant des soins. La part importante du temps dédié aux tâches de prise en charge montre indirectement la haute estime que la population voue à ces dernières: en 2010, les prestations non rémunérées de prise en charge et de soins dans son propre ménage ont représenté quelque 1,3 milliard d‘heures, soit nettement plus que le volume total d‘heures de travail rémunérées dans le secteur de la santé et des activités sociales (0,8 milliard d’heures environ).1 Jacqueline Schön-Bühlmann est collaboratrice scientifique à la section Travail et vie active de l’OFS 1 Vous trouverez d’autres informations sur le travail non rémunéré sur le site de l’OFS, sous Thèmes 20 > Travail non ­rémunéré.

Temps moyen consacré aux tâches domestiques et familiales en 2010, par type d’activités, en heures par semaine 1 Femmes

Hommes

7,0

3,1

Nourrir les petits enfants, les laver

Tous les ménages Préparer les repas

1

Femmes

Hommes

Seulement les ménages avec des enfants ou des personnes nécessitant des soins 9,5

4,5

Jouer avec les enfants, faire les devoirs

9,7

6,8 0,9 3,2

Mettre la table, laver et ranger la vaisselle

2,6

1,6

Faire les achats

2,5

1,8

Nettoyer, ranger

4,5

1,6

Accompagner les enfants, les emmener quelque part

1,3

Laver, repasser

2,3

0,5

Soins et assistance aux adultes

7,1

Travaux manuels

0,9

1,8

Animaux de compagnie, plantes, jardinage

2,2

1,7

Tâches administratives

1,1

1,3

Population résidante permanente de 15 ans et plus

Source: Office fédéral de la statistique, Enquête suisse sur la population active, module «Travail non rémunéré»

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Les loisirs: pas toujours sans risques Quelque 2000 personnes meurent chaque année en Suisse des suites d’un accident survenu durant leurs loisirs et 3000 personnes restent durablement invalides. Les accidents causent beaucoup de souffrances aux milliers de blessés qui en sont victimes, mais aussi à leurs proches. Le bureau de prévention des accidents (bpa) a pour but de prévenir cette peine et s’efforce, de concert avec des partenaires, de réduire nettement l’accidentalité. Roland Allenbach

L’accidentalité en Suisse Malgré d’intenses efforts de prévention, le nombre des accidents durant les loisirs ne cesse d’augmenter en Suisse depuis des années. Environ un million d’individus se blessent chaque année dans le cadre d’un accident non professionnel: quelque 100’000 dans la circulation routière, 300’000 dans la pratique d’un sport et 600’000 dans des activités à la maison ou dans l’exercice d’un hobby.1 Chaque année, environ 80’000 personnes sont victimes, durant leurs loisirs, de blessures graves ou moyennement graves, 3000 deviennent invalides durablement et près de 2000 perdent la vie. Parmi les accidents mortels non professionnels, à peu près 1500 se produisent à domicile ou pendant les loisirs, environ 330 dans la circulation routière et 130 dans la pratique d’un sport. L’évolution du nombre d’accidents de la circulation routière est réjouissante. Depuis la triste année record de 1971 (1773 morts, 18’785 blessés graves), le nombre des accidents graves a reculé de manière constante. Rien qu’entre 1998 et 2008, le nombre de personnes tuées a baissé de quelque 40%, celui des blessés graves de 23%. Dans la même période, le nombre d’accidents de sport graves a augmenté d’environ 8%, celui des accidents graves à domicile/pendant les loisirs de 11%. En interprétant ces chiffres, il faut considérer que la population s’est

parallèlement accrue de 7% et que les individus deviennent toujours plus âgés et donc toujours plus sujets à des chutes. Coûts occasionnés par les accidents Les assureurs-accidents doivent indemniser chaque année 7,3 millions de jours de perte de travail suite à des accidents non professionnels. Cela correspond à une moyenne de 1,9 jour par personne employée à plein temps. Les coûts économiques sont conséquemment élevés. Les coûts matériels à eux seuls atteignent 12 milliards de francs; environ 45% de ces coûts sont occasionnés par les accidents de la circulation routière, 15% par les accidents de sport et quelque 40% par les accidents à domicile et pendant les loisirs1. Si l’on tient compte des coûts immatériels, les dommages économiques annuels se chiffrent à 55 milliards de francs, 13 milliards de francs relevant des accidents de la circulation routière, 12 milliards de francs des accidents de sport et 30 milliards de francs des accidents à la maison et durant les loisirs. Conditions générales politiques et sociétales La conscience de la population à la problématique des accidents est heureusement élevée en Suisse. Des sondages montrent régulièrement que même des thèmes aussi médiatisés que le chômage, la santé, etc. sont perçus comme

des dangers moins menaçants que les accidents. Cette sensibilisation s’exprime dans l’approbation idéologique de nombreuses mesures de sécurité, même celles de nature répressive. Le comportement individuel en matière de sécurité n’est malgré tout pas toujours suffisant. Il arrive souvent que l’on sous-estime les risques individuels et surestime ses propres capacités à éviter un accident.

Roland Allenbach est responsable du domaine ­Recherche, bpa – Bureau de prévention des accidents

1 STATUS 2011: Statistique des accidents non professionnels et du niveau de sécurité en Suisse. Circulation routière, sport, habitat et loisirs. Bpa, Berne 2011. 2 Vous trouverez d’autres informations détaillées concernant le bpa et ses activités sur le site Internet de cette institution: www.bfu.ch.

Le bpa est une institution de droit privé, qui a pour mandat public de gérer la prévention des accidents dans les domaines de la circulation routière, du sport, de l’habitat et des loisirs, et de coordonner les activités de même nature (art. 88 LAA et art. 59 OAA). Le bpa a pour but de créer des systèmes sûrs, mais aussi d’influencer les comportements de la population, par une combinaison adéquate de mesures éducatives, techniques et législatives.

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La totalité ou presque de la population résidante de la Suisse (93%) a fréquenté au moins une institution culturelle en 2008. 10

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La détente est souvent et spontanément citée comme motif principal pour prendre des vacances. OFS ValeurS

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Dossier: Loisirs

Où et comment les personnes vivant en Suisse ­passent-elles leurs vacances? Le Panel suisse de ménages, une enquête menée annuellement auprès d’un échantillon de ménages par le Centre de compétences suisse en sciences sociales (FORS)1 à Lausanne, s’est intéressé en 2010 au comportement de la population dans le domaine des vacances. Les 7546 personnes faisant partie de l’échantillon ont été interrogées sur leurs destinations de vacances, sur le motif de ces dernières ou sur les raisons pour lesquelles elles ne sont pas parties en vacances. Comme ces personnes participent à l’enquête de manière répétée, il est possible d’évaluer l’évolution de leur comportement au cours des dix dernières années. Flurina Schmid

E

n 2000, 86% des ménages interrogés2 sont partis en vacances (tous les membres du ménage ensemble) au moins pendant une semaine 3. Ce pourcentage, pour les mêmes ­ménages, n’était plus que de 79% en 2010. Plus les membres d’un ménage sont âgés, moins ils vont ensemble en vacances.4 Sur les 469 ménages restés à la maison en 2000, 45% ont invoqué des raisons financières. En 2010, 27% des 688 ménages interrogés restés à la maison n’ont pas pu se permettre financièrement de partir en vacances ensemble. Les ménages n’ayant pu aller en vacances ­sont-ils toujours les mêmes au fil du temps? Oui, en partie: 30% des 469 ménages ayant dû ­renoncer à des vacances en commun en 2000 pour des raisons financières ont également été dans ce cas dix ans plus tard. La santé est aussi souvent avancée comme raison de ne pas partir en vacances. Diversité des préférences

En plus du ménage dans son ensemble, les membres ont été interrogés individuellement de manière détaillée sur leurs vacances. Les pays voisins de la Suisse mais aussi l’Espagne, la Grèce, la Grande-Bretagne, les EtatsUnis, le Portugal, l’Egypte et la Turquie 5 font ­partie des destinations étrangères les plus souvent citées pour les vacances. En 2010, ce sont notamment les personnes vivant en Suisse alémanique qui ont le plus souvent passé des vacances en Suisse (42%), la part correspondante étant de seulement 26% dans la population de Suisse romande et de 19% dans celle du Tessin.

En Suisse romande et au Tessin, c’est le pays voisin qui est la destination de vacances privilégiée: 42% de la population romande a passé au moins une semaine de vacances en France, alors que pas moins de 67% de la population ­tessinoise a fait de même en Italie. Si la population alémanique s’est rendue plus souvent en ­Allemagne et en Autriche que les personnes des autres régions linguistiques, sa destination de ­vacances préférée est toutefois l’Italie (25%). Les vacances balnéaires au premier rang En 2010, les vacances à la plage arrivent en tête, suivies des vacances à la montagne, des vacances en ville et des vacances sur l‘eau 6. Dans le graphique ci-après, on voit en outre que les personnes de 25 ans au maximum privilégient les vacances balnéaires et les vacances en ville, alors que celles de plus de 25 ans passent en ­premier lieu leurs vacances à la montagne. Types de vacances selon les groupes d’âges en 2010 100%

Vacances sur l’eau Vacances à la campagne Vacances à la montagne

80%

Vacances en ville Vacances balnéaires

60%

40%

20%

0% 14–25

12

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26–35

36–45

46–55

56–65

66+


Dossier: Loisirs

Se détendre: la raison la plus fréquemment citée de prendre des vacances La détente est notoirement souvent et spontanément citée comme motif principal de prendre des vacances. Viennent ensuite les visites à la famille, chez des parents ou des amis. Le sport (y compris les excursions à pied) et la culture sont d’autres motifs souvent mentionnés. Parmi les motifs beaucoup plus rarement avancés, on trouve les voyages d’études ou de formation, les voyages dont le but premier est de sortir dans des bars et discothèques, les voyages pour faire du shopping, les visites de parcs d’attraction et de loisirs, les pèlerinages, les voyages professionnels en tant qu’accompagnant et les séjours pour des traitements médicaux. Degré de satisfaction avec la durée du temps libre

La satisfaction dépend de l‘âge Depuis plus de dix ans, les participants au Panel suisse de ménages sont en outre interrogés sur leur degré de satisfaction quant à la durée de leur temps libre. Sur une échelle de 0 à 10, 0 signifiant «pas du tout satisfait» et 10 «tout à fait satisfait», la moyenne se situait tant en 2000 qu’en 2010 à un peu plus de sept points.7 Si l’on considère son évolution au fil des groupes d’âges, la satisfaction suit une courbe en U (voir le graphique). La satisfaction quant à la durée du temps libre est la plus faible chez les personnes de 36 à 45 ans. Les données des années 2000 et 2010 sont semblables, sauf en ce qui concerne les personnes de 46 à 65 ans, qui étaient davantage satisfaites de la durée de leur temps libre en 2000. Cette différence est certes petite, mais statistiquement significative.

10

8 7 6 5 4 3 2 1

Flurina Schmid travaille comme collaboratrice scientifique pour le Panel suisse de ménages (PSM), FORS

2000

0 = pas du tout satisfait, 10 = tout à fait satisfait

9

2010

1 Swiss Foundation for Research in Social Science, FORS.

0 14–25

26–35

36–45 46–55 Groupes d’âges

56–65

66+

Le PSM (www.swisspanel.ch) est une enquête de panel menée annuellement auprès d’un échantillon aléatoire de ménages résidant en Suisse. Tous les membres d’un ménage sont interrogés individuellement. L’objectif principal du PSM est d’observer le changement social, notamment la dynamique de l’évolution des conditions de vie de la population en Suisse. La collecte des données a débuté en 1999 avec un premier échantillon composé de 5074 ménages et de 12’931 individus. A partir de 2004, un deuxième échantillon, composé de 2538 ménages et de 6569 individus, est interrogé en parallèle. Actuellement, les données disponibles portent sur les années 1999 à 2010.

2 Une personne adulte répond au nom de tout le ménage. 3 Les vacances passées à la maison ne sont pas considérées ici. 4 En 2000, l’âge moyen des membres d’un ménage était de 36 ans. 5 Chaque personne pouvait ­indiquer cinq destinations au maximum. 6 Catégorie de réponse précise: vacances sur la mer ou un fleuve (par ex. bateau de croisière, yacht ou voilier). 7 La médiane des années 2000 et 2010 se monte à huit points.

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Dossier: Loisirs

Les pratiques culturelles pendant les loisirs: motivations, souhaits et obstacles Qui fréquente quelles institutions culturelles et pour quelles raisons? Y a-t-il un lien entre les activités pratiquées en amateur et les institutions fréquentées? Les Suisses souhaitent-ils être plus actifs dans le domaine culturel et quels obstacles les en empêchent? Une étude nationale de l’OFS répond à ces questions et à d’autres ­encore.1 Olivier Moeschler

L

a totalité ou presque de la population résidante de la Suisse (93%) a fréquenté au moins une institution culturelle au cours de l’année et une grande partie des personnes pratiquent elles-mêmes une activité culturelle en amateur pendant leurs loisirs (62%). Les différences selon les domaines cul­ turels sont néanmoins considérables: dans presque tous les cas, les taux de fréquentation et de pratique augmentent avec le revenu du ménage et, de façon très marquée, avec le niveau de formation. Ainsi, 82% des personnes ayant une formation tertiaire ont visité un musée ou une exposition, tous genres confondus, et 24% ont fait de la musique, contre respectivement 32% et 9% de celles ayant une formation secondaire I. L’âge joue également un rôle important: les concerts, les cinémas, les festivals mais aussi les bibliothèques sont prisés des plus jeunes, tandis que le théâtre et les concerts classiques attirent davantage les personnes d’un certain âge. Les médias sont utilisés par presque toute la population: journaux et télévision (97%), radio (92%), livres et magazines (environ 80%). Avec des parts respectives de 60% et 20%, les films DVD, VHS ou VoD et les bandes dessinées enregistrent des taux un peu plus modestes. Enfin, Internet, qui offre un accès à une foule de médias et de contenus culturels, est utilisé par environ 80% de la population. 2 Des motivations variées Les théâtres, cinémas, concerts ou les monuments et sites sont fréquentés principalement pour apprendre quelque chose ou s‘informer («intérêt actif»: 14

OFS ValeurS

68%), puis par envie de se distraire (passer le temps, se changer les idées: 60%). Le style de vie, les relations sociales ou le besoin d’être dans le vent (31%) ou des circonstances extérieures comme accepter une invitation (19%) sont moins souvent indiqués. Les motivations varient beaucoup en fonction du niveau de formation et du revenu du ménage: les personnes ayant une formation tertiaire et celles vivant dans un ménage au revenu élevé mentionnent plus souvent un intérêt actif. Il est cependant intéressant de noter que tout le monde invoque presque aussi souvent l’envie de se distraire (cf. graphique). Les motivations varient aussi en fonction de l’âge: les 15–29 ans indiquent plus souvent la distraction que les personnes plus âgées, qui mentionnent plus fréquemment un intérêt actif. Le style de vie et les relations sociales jouent un rôle de moins en moins important à mesure que l’âge des personnes interrogées augmente. Pratique en amateur et consommation culturelle vont souvent de pair Les artistes amateurs fréquentent plus souvent des institutions culturelles dans le domaine où ils exercent leur art que les personnes qui ne pratiquent pas l’activité en question. 58% des personnes qui dessinent ou qui font de la peinture ou de la sculpture ont, par exemple, ­visité un musée, une exposition ou une galerie, contre 39% des personnes qui n’exercent aucune activité relevant des beauxarts. Il en va ainsi des autres ­domaines culturels. Pratiquer soi-même une activité encourage donc la consommation,

et inversement. Mais dans les deux cas, les personnes en question ont un certain profil sociodémographique: leur niveau de formation et le revenu de leur ménage ont tendance à être élevés. Les Suisses souhaitent-ils être plus actifs sur le plan culturel? Environ 60% des personnes souhaiteraient aller plus souvent au concert ou à d’autres événement musicaux, 40% plus souvent au cinéma et à peine un tiers plus souvent au musée, alors même qu’il s’agit d’activités déjà largement pratiquées. Mais 42% souhaiteraient aussi voir plus souvent des pièces de théâtre et des spectacles de danse, activités qui sont un peu plus rares. Seulement une personne sur sept aimerait se rendre plus souvent dans une bibliothèque ou une médiathèque. Une grande partie des personnes qui fréquentent déjà un type d’institution culturelle souhaiteraient le faire davantage. De toute évidence, l’adage selon lequel l’appétit vient en mangeant s’applique aussi à la culture. Les concerts et autres événements musicaux en sont un bon exemple: 64% des personnes qui s’y rendent souhaiteraient le faire plus souvent, contre 49% des personnes qui ne vont pas au concert. Le souhait de profiter davantage de l’offre culturelle augmente, comme la fréquentation elle-même, avec le revenu du ménage et le niveau de formation. Il en va ainsi des concerts et des événements musicaux (cf. graphique), mais aussi du cinéma: 47% des personnes de formation tertiaire souhaitent y aller plus souvent, contre 34% des personnes ayant une formation secondaire I.


Dossier: Loisirs

Principaux obstacles Environ six personnes sur dix qui souhaiteraient fréquenter plus souvent une manifestation culturelle invoquent comme obstacles le manque de temps ou des horaires défavorables. Le coût est par contre beaucoup moins mis en avant (environ 20%). L’entourage familial ou social et l’offre culturelle sont indiqués chaque fois par quelque 15% des personnes. Des raisons personnelles, comme la maladie, ou des facteurs logistiques (difficultés d’accès, etc.), sont moins souvent avancés. Ces obstacles varient selon le domaine culturel, mais aussi en fonction de caractères sociodémographiques comme l‘âge ou la formation. Le facteur coût, qui est négligeable comme on pouvait s’y attendre dans le cas des bibliothèques, a de l’importance pour les concerts et les événements ­musicaux. De manière assez typique, les hommes invoquent plutôt le manque de

temps et les femmes, l’entourage familial et social, ainsi que le coût. Le manque de temps est un obstacle d’autant plus grand que le niveau de formation et le revenu du ménage sont élevés. Chez les personnes dont le niveau de formation et le revenu sont plus faibles, le coût joue un plus grand rôle. Les jeunes se plaignent des prix d’entrée élevés, tandis que les adultes d’âge moyen sont souvent empêchés de se rendre à une manifestation culturelle à cause de l’entourage familial et social, enfin les personnes plus âgées mentionnent plus souvent des raisons personnelles ou logistiques.

Olivier Moeschler est chef du domaine «statistique culturelle», section Politique, culture et médias, OFS

2 L’utilisation d’Internet pendant les loisirs est traitée dans cette revue dans l’article d’Yves Froidevaux (pages 18–19).

Motivations pour la fréquentation d’institutions culturelles

Souhait de se rendre plus souvent à un concert ou à un événement musical part de oui

Divertissement 71

15–29 ans 30–44 ans 45–59 ans 60+ ans

59 55 61

Oui Non

Intérêt actif 69 72 68

49

Femmes

62

Hommes

49

Secondaire I Secondaire II Tertiaire

57

71 77 Style de vie, relations sociales 36 32 30 26

Secondaire I Secondaire II Tertiaire 15–29 ans 30–44 ans 45–59 ans 60+ ans

64

61

15–29 ans 30–44 ans 45–59 ans 60+ ans

15–29 ans 30–44 ans 45–59 ans 60+ ans

59

Total

59 57 54

Secondaire I Secondaire II Tertiaire

1 Enquête de l’OFS sur les pratiques culturelles en Suisse (2008). Un échantillon de 4346 personnes de 15 ans et plus a été interrogé sur les activités ­p ratiquées durant les 12 mois précédents. Cette ­e nquête sera reconduite en 2014, puis tous les cinq ans, afin de permettre des comparaisons dans le temps et de suivre les évolutions. Les résultats et analyses sont accessibles sur le site Internet de l’OFS > Thèmes > 16 - Culture, médias, société de l’information, sport > Culture > Pratiques culturelles.

Secondaire I Secondaire II

Circonstances extérieures 21 19 18 17

0%

58

Tertiaire

31 30 30

Secondaire I Secondaire II Tertiaire

46

67

15–29 ans

63

30–44 ans

68

45–59 ans

16 18 18

61

60+ ans 20%

40%

60%

80%

45 0%

20%

40%

60%

80%

Pour le niveau de formation, seules sont considérées les personnes de 25 ans et plus, dont la formation est en général achevée. Source: OFS, Pratiques culturelles en Suisse, 2008

OFS ValeurS

15


Dossier: Loisirs

Le financement de la culture par les pouvoirs publics La population suisse est friande de culture. La Suisse dispose ainsi d’une vaste offre d’événements culturels, financés en grande partie par les pouvoirs publics. Cet article présente les principaux acteurs et leur contri­ bution à la promotion de la vie culturelle en Suisse.1 David Vitali

L

a culture fait partie intégrante de notre vie. Deux tiers de la population suisse en consomment régulièrement en se rendant au concert et au cinéma, en visitant des monuments et des sites historiques, des musées et des expositions. Les bibliothèques, les théâtres et les festivals sont également largement fréquentés. Or pour pouvoir proposer une offre culturelle variée, il faut pouvoir compter sur le soutien des collectivités publiques. L’encouragement de la culture est incontestablement une tâche incombant à l’Etat. Et le fait que la culture ait des retombées positives sur l’économie en est un effet secondaire bienvenu: la culture est un secteur économique dynamique et porteur d’image, avec les avantages que cela induit entre autres pour les loisirs, le tourisme, l’emploi et le développement urbain. En 2005, l’économie culturelle et créative de la Suisse a contribué à 4,5% du produit intérieur brut (19,5 milliards de francs de valeur ajoutée brute), avec 40’600 entreprises indépendantes et quelque 200’000 personnes pour 41’600 emplois à plein temps environ.2 En Suisse, l’encouragement de la culture par les pouvoirs publics repose sur le principe de ­subsidiarité. Ce principe veut que les échelons étatiques supérieurs se concentrent sur des tâches qui ne peuvent pas être accomplies par les échelons inférieurs et se limitent à celles-ci. Il se traduit par la répartition des dépenses pour la culture: en 2007, les dépenses des collectivités publiques pour la culture totalisaient 2,24 milliards de francs. Les communes ont assumé 45,8% de cette somme (1,03 milliard de francs.), les cantons 39,3% (881,4 millions de francs) et la Confédération 14,9% (334,4 millions de francs). Cette répartition est comparable à la situation dans d’autres Etats fédéraux (valeurs correspondantes pour l’Allemagne en 2005: Fédération 11,1%, Länder 36,6%, communes 52,3%). L’encouragement de la culture en Suisse se caractérise dès lors par ses diverses structures de promotion. Le large éventail de services étatiques (et privés) de promotion est un garant de la variété de la vie culturelle en Suisse. 16

OFS ValeurS

Les dépenses publiques pour la culture en Suisse représentaient environ 0,43% du produit intérieur brut en 2007. Cet indicateur du développement des dépenses pour la culture est en recul depuis 2001 (part de tout temps inégalée de 0,54%, en raison de l’Expo 02). La hausse des dépenses pour la culture a donc été moins marquée que la croissance de l’économie suisse en général. La part de ces dépenses est plus faible en Suisse que dans les pays suivants: Danemark 0,94% (2002), Autriche 0,88% (2002), Suède 0,88% (2002), Italie 0,57% (2000). Le financement de la culture par les villes et les communes Les villes et les communes sont prédestinées à la promotion de la culture du fait aussi bien de leur proximité avec les acteurs de la culture que de leur participation au financement des institutions culturelles (bibliothèques, musées, salles de concert, orchestres, etc.). Elles consacrent la majeure partie de leurs dépenses pour la culture aux théâtres et aux concerts (30%), aux musées (17,9%) et aux bibliothèques (16,5%). Les centres urbains participent considérablement aux dépenses publiques pour la culture. Ainsi, Berne, Genève, Lausanne et Zurich assument ensemble 43,5% (445 millions de francs) des dépenses culturelles de toutes les communes de Suisse. Ces villes représentent ainsi les points centraux de l’activité culturelle de la Suisse. La ville de Zurich, qui s’est donné en 2001 une nouvelle image culturelle, constitue un modèle exemplaire de la promotion culturelle à l’échelon communal. Elle encourage la création culturelle en subventionnant la production, en offrant des garanties de déficit et des prix, en octroyant des contributions à la création d’œuvres et en finançant des années de création. Elle dirige ses propres institutions (Museum Rietberg, Theater am Hechtplatz, Helmhaus Zürich, Filmpodium, etc.) et organise ses manifestations culturelles (Zürcher Theaterspektakel, Tage für Neue Musik, Literaturpodium, etc.). Quelque 100 millions


Dossier: Loisirs

de francs seront consacrés annuellement à la promotion de la culture pour les années 2012 à 2015. Le financement de la culture par les cantons La plupart des cantons disposent de leurs propres lois sur la culture, qui règlent le domaine, les critères, les mesures, les responsabilités et les procédures de la promotion culturelle. Comme les villes et les communes, les cantons financent avant tout les domaines du théâtre et des concerts (30,8%), des musées (19,4%) et des bibliothèques (8,2%). Le domaine de la conservation des monuments historiques et de la protection du patrimoine représente ici une part plus importante des dépenses culturelles (18,1%) que dans les villes et les communes. Les dépenses engagées pour la culture varient considérablement d’une région à l’autre. Elles sont les plus élevées dans les cantons qui comptent les plus grandes villes et infrastructures culturelles. Ainsi, quatre cantons, Zurich, Genève, Vaud et Berne, assument à eux seuls (avec leurs communes) plus de 50% des dépenses pour la culture, et même plus de 60% si l’on prend en compte Bâle-Ville. Ces résultats mettent également en évidence le rôle déterminant des centres urbains. En plus du budget ordinaire de la culture, les cantons investissent dans les loteries. La loi sur les loteries stipule que les recettes tirées des loteries doivent être utilisées à des fins d’utilité publique ou de bienfaisance. La décision concernant l‘utilisation des ressources incombe généralement au gouvernement cantonal (exceptionnellement au parlement, à l’office responsable ou à une commission). Le financement de la culture par la Confédération Les dépenses de la Confédération pour la culture sont comparativement modestes, compte tenu de son rôle limité (principe de subsidiarité). La Confédération soutient principalement des projets et des institutions d’importance nationale. Si l’on considère les différents domaines, elle investit la plupart de ses ressources pour la culture dans les mass médias, c’est-à-dire le cinéma et la télévision (55,5%), et dans la conservation des monuments historiques et la protection du patrimoine (12,8%). L’encouragement de la culture par la Confédération repose essentiellement sur la collaboration entre la Fondation suisse pour la culture, Pro Helvetia, et l’Office fédéral de la culture (OFC):

– Pro Helvetia soutient la relève, la médiation et la création artistiques dans toutes les disciplines, de même que les échanges culturels en Suisse et avec l’étranger. Les principaux instruments de la fondation sont les requêtes (environ 70% des ressources), ses propres programmes (environ 10%) ainsi que les centres culturels et les bureaux de liaison avec l’étranger (environ 17%). La fondation est entièrement financée par la Confédération. – L’Office fédéral de la culture (OFC) assume d’une part des tâches dans lesquelles est engagée la souveraineté de l’Etat (élaboration de textes de loi, négociation d’accords, représentation de la Suisse dans des organisations multilatérales, entretien de relations internationales). D’autre part, l’OFC œuvre quotidiennement pour le patrimoine culturel (protection du patrimoine et des monuments historiques, transfert des biens culturels, musées et collections, bibliothèque nationale), la création culturelle (cinéma, prix et distinctions, soutien aux organisations culturelles) et la promotion des éléments de base de l’activité culturelle (politique des langues et de la compréhension confédérale, formation musicale, promotion de la lecture, minorités culturelles, écoles suisses à l’étranger). Les tâches et les responsabilités de l’OFC et de Pro Helvetia sont au moins en partie réglées dans la Loi sur l’encouragement de la culture (LEC), qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Le pilotage financier de l’encouragement de la culture par la Confédération se base sur un budget fixé pour quatre ans. Le message culture 2012–2015 définit les cinq buts principaux de la politique culturelle de la Confédération: entretenir la diversité culturelle, améliorer l’accès à la culture, promouvoir les échanges culturels dans le pays et avec l’étranger, renforcer la collaboration et créer de bonnes conditions-cadre. L’ensemble des crédits approuvés avec le message culture se monte à 669,5 millions de francs pour les années 2012 à 2015 selon l’arrêté du Parlement.

David Vitali est responsable de la section Culture et société à l’Office fédéral de la culture, OFC

1 Les indications statistiques sur le financement de la culture sont tirées du site Web de l’Office fédéral de la statistique: Office fédéral de la statistique > Thèmes > 16 - Culture, médias, société de l’information, sport. Sans autre indication, les données se réfèrent aux chiffres de l’année 2007. Les données des années 2008–2009 (non exhaustives) sont disponibles sous: Office fédéral de la statistique > Thèmes > 16 - Culture, médias, société de l’information, sport > Culture > Financement de la culture > données détaillées. 2 Voir la publication en allemand ou anglais: Christoph Weckerle, Manfred Gerig et Michael ­Söndermann: Kreativwirtschaft Schweiz. Daten, Modelle, Szene/Creative Industries Switzerland: Facts, Models, Culture. Birkhäuser, Basel 2008.

OFS ValeurS

17


Dossier: Loisirs

Loisirs en ligne: les jeunes mènent le bal Pour une majorité de la population, Internet s’impose progressivement dans tous les domaines de la vie quotidienne, que cela soit pour s’informer, communiquer ou se divertir. Les résultats de l’enquête «Internet dans les ménages en Suisse» 1 montrent que les activités de loisirs en ligne sont différemment pratiquées selon le genre et le niveau de formation, mais qu’elles se démarquent essentiellement selon l’âge. Yves Froidevaux

E

n Suisse, en 2010, Internet est présent dans 77% des ménages. Il est utilisé par plus de 5,1 millions de personnes âgées de 15 ans et plus. En 2004, le nombre d’internautes atteignait trois millions. Le rôle grandissant d’Internet se manifeste également par l’augmentation de la fréquence, de la durée et de la mobilité d’utilisation. En matière de loisirs, l’importance d’Internet peut être illustrée par la proportion d’internautes effectuant certaines activités spécifiques. Ainsi, la lecture ou la consultation des actualités, sur des sites de journaux ou d’autres médias, est pratiquée par près des trois quarts des internautes (73%). Avec la généralisation des connexions à haut débit et le développement consécutif de l’offre, notamment d’images et de vidéos, le nombre de personnes s’informant sur Internet a presque quadruplé depuis 2004, passant de 1 à 3,7 millions.

Des profils contrastés En 2010, toutes les générations utilisent largement Internet pour lire ou consulter les actualités (voir graphique), y compris les internautes les plus âgés. La proportion d’internautes est encore de 66% pour la classe des 65–74 ans. Les différences selon les autres dimensions ne sont pas très fortes. Les plus marquées apparaissent selon le niveau de formation et le type d’utilisation. Les internautes de formation tertiaire et ceux utilisant le téléphone mobile (smartphone) pour se connecter sont les plus assidus. L’utilisation mobile d’Internet, à la pointe des développements du web, va systématiquement de pair avec une ­pratique supérieure à la moyenne pour toutes les activités effectuées à but privé. Créer ou actualiser son profil sur un site de réseau social est une activité plus récente et moins répandue. Les réseaux sociaux, tout juste

Activités de loisirs sur Internet, part des internautes Lire ou consulter les nouvelles 77

Femmes

69 75

25–34 ans

78 76

45–54 ans

70

55–64 ans

71

(56)

Niveau de formation1

Sans formation post-obligatoire Secondaire II

57 70

Tertiaire

OFS ValeurS

(17) (10) ( ) ( ) (24) 25

81

Internautes avec téléphone mobile Internautes non mobiles

25 ans et plus

55 27

66

75 ans et plus

Mobilité

78

35–44 ans

65–74 ans

18

34

Ensemble des internautes: 73%

Groupe d’âge

15–24 ans

1

37

0%

Explication des signes ( ) donnée non publiée: moins de 30 cas ou coefficient de variation trop élevé (cv ≥ 30%)

29

87

57

66 20%

Ensemble des internautes: 36%

Sexe

Hommes

Créer/actualiser son profil sur un réseau social

25 40%

60%

80%

0%

20%

40%

60%

80%

100%

(n) donnée peu fiable: coefficient de variation élevé (entre 10% et 30%)


Dossier: Loisirs

d’âge 25–34 ans, la proportion d’internautes consommateurs d’audio-visuel en ligne chute et ne cesse de diminuer pour les classes d’âges plus élevées. Ecouter la radio ou regarder la TV sur Internet est un usage moins répandu, pratiqué par 37% des internautes. Les différences selon l’âge, quoique significatives, sont nettement moins marquées. La proportion d’ensemble n’était que de 13% en 2004. Les fréquences relativement élevées d’internautes de 45 ans et plus indiquent dans ce cas une diffusion dans toutes les classes d’âges. La mise en ligne de contenus créés personnellement, intimement liée aux réseaux sociaux, est moins fréquente (22%) mais se caractérise par une forte différenciation selon l’âge. Enfin, jouer en ligne ou télécharger des jeux reste une pratique minoritaire (16%), y compris pour les classes d’âges les plus jeunes (28%). Dans l’ensemble, l’âge apparaît comme un ­critère décisif de différenciation des activités de loisirs pratiquées en ligne. Pour les activités dont la croissance a été fulgurante ces dernières années, en lien avec les réseaux sociaux et les contenus audiovisuels, l’âge différencie fondamentalement les utilisations. En revanche, une activité plus traditionnelle sur Internet, telle que la consultation des actualités, est aussi clairement marquée par d’autres caractéristiques individuelles, en particulier par le niveau de formation.

émergents en 2004, n’ont pas été considérés dans l’enquête cette année-là. En 2010, 36% des internautes ont créé ou actualisé leur profil sur un réseau social, soit 1,8 million de personnes. Cette pratique est très contrastée selon l’âge et la mobilité d’utilisation d’Internet, tandis que les différences selon le sexe et le niveau de formation sont moins marquées. Plus des trois quarts des internautes de 15 à 24 ans ont un profil sur un site de réseau social (78%). La proportion chute rapidement pour les classes d’âges supérieures. A partir de 45 ans, moins de 20% d’entre eux communiquent par ce biais. Etre actif sur les réseaux sociaux va également de pair avec la mobilité d’utilisation d’Internet: 57% des internautes avec smartphone pratiquent les réseaux sociaux contre 25% des internautes utilisant exclusivement un ordinateur fixe. Sur l’ensemble des utilisateurs de réseaux sociaux, la différence selon le sexe est faible. L’âge différencie l’usage Le développement d’Internet, l’évolution des applications, l’extension de l’offre de contenus et la diffusion de nouvelles activités en ligne se déroulent à un rythme soutenu. L’âge différencie fondamentalement les usages, de manière d’autant plus marquée que l’activité est récente. C’est le cas notamment de l’usage des réseaux sociaux et de la consommation en ligne de contenus audio-visuels. En 2010, 44% des internautes, soit 2,2 millions de personnes, indiquent télécharger ou regarder des films ou des vidéos; 40% téléchargent ou écoutent de la musique. Les proportions sont presque deux fois plus importantes pour les internautes de 15 à 24 ans. Dès la classe

Yves Froidevaux, collaborateur scientifique, est responsable des indicateurs de la société de l’information 2, section Structure et conjoncture, OFS

1 L’enquête a été réalisée au printemps 2010. Voir la publication, Internet dans les ménages en Suisse. Résultats de l’enquête Omnibus TIC 2010. OFS, Neuchâtel 2012. 2 Les données et informations actuelles sur la société de l’information sont disponibles dans la publication sur Internet à l’adresse www.infosocietystat.admin.ch

Activités de loisirs sur Internet, part des internautes 100%

Télécharger ou regarder des films ou des vidéos

Télécharger ou écouter de la musique

Ecouter la radio ou regarder la TV

Mettre en ligne du contenu créé personnellement

Jouer en ligne ou télécharger des jeux

15–24 ans 25–34 ans 35–44 ans 45–54 ans

50%

44

83 59

37

50

42 27 0%

55–64 ans

40

78

36 18

(13)

48 45 28

19 (15)

37 32

65–74 ans 22

46 26 (27)

30 (18) (11)(10) ( )

16 (28) (19)(14) (12)(10) ( )

Total

OFS ValeurS

19


On compte en moyenne onze voyages d’une journÊe, par personne et par an. 20

OFS ValeurS


Plus de 40% des excursions et des circuits touristiques impliquent un dÊplacement de plus de 20 kilomètres. OFS ValeurS

21


Dossier: Loisirs

En route pour les loisirs Les loisirs représentent le principal motif de déplacement. 40% des distances journalières moyennes parcourues par la population résidante de six ans et plus (37 kilomètres) concernent les loisirs, 24% le travail et 13% les achats. La durée journalière des déplacements à des fins de loisirs est en conséquence aussi la plus importante: elle se monte à environ 43 minutes, soit 47% de la durée journalière moyenne des déplacements dans leur ­ensemble. Marc Gindraux interviewé par Verena Hirsch

Les déplacements liés aux activités de loisirs représentent 40% des distances journalières. S’agit-il de la part la plus importante? Les loisirs caracolent en tête des motifs de déplacement de la population suisse et ce, depuis de nombreuses années maintenant. Le maximum a été relevé lors de l’enquête de 1994 avec une proportion de 50% de la distance journalière totale, ce qui correspondait à 15,8 kilomètres par jour et par personne pour ce seul motif. Depuis, cette part est en léger recul (40%) mais la distance parcourue pour les loisirs représente en 2010 encore 14,7 kilomètres par jour et par personne.

première étape, le train pour une deuxième étape et le taxi pour la dernière étape d’un déplacement. En moyenne nationale, la mobilité douce (à pied / à vélo) représente 7 à 8% des distances journalières mais son importance s’exprime principalement grâce au nombre élevé d’étapes pour divers motifs de déplacement, en particulier pour la formation (69%), les loisirs (53%) et les achats (52%). Les transports publics (train, tram, trolley, autobus) couvrent en moyenne 23% des distances journalières, avec une part aux étapes prépondérantes pour la formation (23%) et le travail (17%) mais effectivement moins importante pour les loisirs (11%).

Une grande part des distances parcourues à pied ou à vélo sont liées aux ­activités de loisirs, est-ce à dire que la mobilité douce est réservée aux loisirs?

Les distances parcourues pour les loisirs sont-elles identiques tout au long de la semaine?

Les différents moyens de transport sont complémentaires et souvent combinés entre eux pour un même déplacement. Ainsi, on peut utiliser le vélo pour une

Le weekend constitue bien sûr la période de prédilection pour les loisirs. La distance parcourue pour ce motif, tous moyens de transport confondus, est maximale

Distance journalière selon le motif de déplacement en %1 5,7% 4,8% 24,3%

5,4% 40,2%

le dimanche avec 24,4 kilomètres en moyenne par personne. Le samedi n’est pas en reste avec 23,7 kilomètres par personne pour les loisirs alors que cette distance n’est que de 11,0 kilomètres en semaine, soit moins de la moitié. A titre comparatif, la distance parcourue pour se rendre au travail est légèrement supérieure, avec 11,8 kilomètres les jours ouvrables (lundi à vendredi). Quels types d’activités de loisirs ­nécessitent des déplacements? Les raisons qui justifient un déplacement pour les loisirs sont très nombreuses et des plus variées. L’enquête «microrecensement mobilité et transports» en recense une vingtaine dont, par ordre d’importance, les repas au restaurant (22%), les activités extérieures non sportives telles les promenades (20%), les visites aux amis ou connaissances (19%) ou la pratique d’un sport (12%). Viennent ensuite des activités liées à des manifestations culturelles et parcs

Durée de déplacement journalière selon le motif en %1

Travail Formation Achats Activité prof., voyage de service

3,6%

Travail Formation Achats Activité prof., voyage de service

4,7% 18,5%

Loisirs Services et accompagnement Autres

6,4%

47,3%

Loisirs Services et accompagnement Autres

14,5%

12,8%

6,8%

1

Base: 62 868 personnes cible, étapes en Suisse

22

OFS ValeurS

4,9%

Source: OFS, ARE


Dossier: Loisirs

Les voyages d’un jour sont-ils avant tout dédiés aux activités sportives?

Choix du moyen de transport pour les loisirs en % 48,7

A pied Vélo Vélomoteur, motocycle léger, motocycle

8,0 4,5 2,7 1,1 1,5 33,4

Voiture Train Tram, bus, car postal Autres moyens de transport 0%

65,3 4,1 16,2 6,7 3,3 1,5 3,0

10%

20%

Part aux étapes Base: 114 932 étapes en Suisse pour les loisirs

de loisirs (5%) ou la randonnée (3%). Le bénévolat, le shopping, les activités religieuses ou associatives représentent chacune environ 2% des déplacements. Notons que nous ne mentionnons ici que les activités de loisirs habituelles en Suisse sans les vacances ou les voyages à l’étranger par exemple. Pour quels types d’activités de loisirs se déplace-t-on le plus loin? Dans la mesure où nous ne parlons jusqu’ici que des déplacements de loisirs en Suisse, ce sont des activités relative­ ment peu fréquentes qui portent sur les distances les plus longues. Ainsi par exemple, plus de 40% des excursions et des circuits touristiques font plus de 20 kilomètres par déplacement. En revanche, les repas au restaurant, les promenades, les activités religieuses ou le bénévolat mentionnés précédemment sont des déplacements courts, 50% d’entre eux portant sur moins de deux kilomètres. Constate-t-on des différences de comportement en matière de mobilité de loisirs entre les femmes et les hommes? Oui, les différences sont en règle générale assez nettes entre hommes et femmes. Ainsi, les femmes sont encore moins nombreuses à posséder un permis de conduire (75% des femmes contre 90% des hommes) ou à avoir toujours

30%

40%

50%

60%

70%

Part à la distance journalière Source: OFS, ARE

une voiture à disposition (74% contre 88%). Elles sont en revanche plus nombreuses à posséder un abonnement des transports publics (60% contre 52%). Ces différences se retrouvent en termes de mobilité: la distance journalière totale parcourue par les femmes (31 km) est de 30% inférieure à celle des hommes (près de 43 km). La différence est cependant moins marquée dans le cas des loisirs pour lesquels les femmes ne parcourent qu’environ 15% de distances en moins que les hommes. Y a-t-il des différences de comportement de loisirs liées à l���âge? Il est évident que les distances journalières parcourues pour les loisirs se modifient au cours de notre vie. Les jeunes (6 à 17 ans) parcourent déjà quelque 12 kilomètres par jour en moyenne pour leurs loisirs alors que les jeunes adultes (18 à 24 ans) sont ceux qui en font le plus (env. 19 kilomètres). Il est intéressant de noter que la distance journalière pour les loisirs reste relativement stable entre 25 et 79 ans (env. 15 kilomètres) et que ce n’est qu’à partir de 80 ans que cette distance passe en dessous des 10 kilomètres par jour. Les activités de loisirs tout comme les moyens de transport utilisés se modifient aussi en fonction de l’âge.

On compte en moyenne 11 voyages d’une journée, par personne et par an. Il s’agit ici d’excursions ou de voyages professionnels qui ont lieu hors de l’environnement habituel et qui sont occasionnels. La plupart de ces voyages ont des motifs privés, la part des déplacements professionnels n’étant que de 8 %. Les visites à des amis ou à la famille figurent en tête des activités de loisirs lors de tels voyages (33%) alors que la pratique d’un sport n’arrive qu’en quatrième position avec 12%. Que peut-on dire des déplacements en avion: loisirs ou affaires? Près de 80% des voyages en avion sont effectués pour des raisons privées, la plupart d’entre eux étant des voyages liés aux vacances (58% des voyages en avion). La part des voyages d’affaires n’est que de 19%. Si le nombre de voyages en avion par personne est relativement modeste, les distances parcourues sont considérables. Ainsi, en moyenne, chacune ou chacun d’entre nous parcourt plus de 5200 kilomètres par an en avion, soit un quart de la somme de tous nos déplacements en Suisse et à l’étranger (20’500 km par an). L’avion est ainsi le deuxième moyen de transport en termes de distances parcourues après la voiture (10’000 km/an) et avant le train (3200 km/an).1

Marc Gindraux, chef de la section Mobilité, OFS Verena Hirsch, cheffe de la section Communication, OFS

1 Les données et informations actuelles sur le comportement de la population en matière de transports sont disponibles dans la publication La mobilité en Suisse – Résultats du microrecensement Mobilité et Transports 2010. OFS, Neuchâtel 2012 ou sur Internet à l’adresse www.mobilita2010.ch.

OFS ValeurS

23


Dossier: Loisirs

Mesurer l’importance économique du tourisme: le compte satellite du tourisme rend la chose possible Le tourisme est l’une des branches les plus importantes de l’économie suisse. Il a un gros impact sur l’emploi, la production et la valeur ajoutée. Du fait de l’hétérogénéité de la production touristique, il est toutefois difficile de mesurer tous les effets économiques du tourisme et de les rendre visibles dans une statistique économique. Il faut extraire de différentes branches les composantes relatives au tourisme et les synthétiser dans un compte spécifique, appelé «compte satellite du tourisme». Ueli Schiess

L

e compte satellite du tourisme (Tourism Satellite Account TSA) est la statistique de synthèse qui permet de mesurer les effets économiques du tourisme. Il a pour but de déterminer avec précision l’importance du tourisme pour plusieurs branches économiques et la part qu’il représente dans la valeur ajoutée et dans l‘emploi de l’économie tout entière. Les comptes nationaux servent de cadre de référence pour analyser les données au niveau macroéconomique. Il est donc important que les concepts utilisés dans ce compte satellite correspondent largement à ceux des comptes nationaux. Le principal défi Le défi essentiel réside dans le fait que les statistiques économiques sont en général orientées sur l‘offre. La Nomenclature générale des activités économiques (NOGA) classe ainsi les entreprises et les établissements d’après leur activité économique principale, en considérant les biens et les services qu’ils produisent. Il est dès lors relativement simple de procéder à des analyses des revenus et de l’emploi pour une branche définie à partir de l’offre (par exemple, l’industrie chimique ou les activités financières) à l’aide de ratios comme la valeur de la production, la valeur ajoutée ou l’emploi. Le tourisme, secteur transversal, regroupe quant à lui plusieurs branches définies en fonction de l’offre: l’hébergement, la restauration, les entreprises de transport ou les agences de voyages et les voyagistes. Les services de la restauration ne sont, par exemple, pas fondamentalement de nature touristique. Ils ne le sont que dans la mesure où ils sont effectivement consommés par des touristes. Un bien ne devient ainsi touristique que s’il est consommé par des touristes. Le tourisme se définit par conséquent en fonction de la demande.

24

OFS ValeurS

Les «voyages de visiteurs» Le compte satellite du tourisme porte sur les voyages de visiteurs1. Les visiteurs sont des voyageurs qui séjournent en dehors de leur environnement habituel. Celui-ci inclut le domicile principal, le lieu de travail ou d’étude et tous les lieux se situant à proximité, même si la personne ne s’y rend que rarement, voire jamais. Sont par ailleurs considérés comme environnement habituel tous les autres lieux où les voyageurs séjournent sans interruption pendant plus de 12 mois. La définition de l’environnement habituel n’est pas uniforme au plan international. En règle générale, un ou plusieurs des trois critères fréquence, distance et durée sont cependant utilisés. S’agissant de la fréquence, un critère souvent utilisé est, par exemple, le fait qu’un lieu soit visité en moyenne annuelle moins d‘une fois par semaine. Un critère habituel pour la distance est une distance minimum de 15 ou 30 kilomètres du lieu de domicile, de travail ou d’étude. En règle générale, un voyage doit avoir une durée minimale de trois ou quatre heures pour être qualifié de touristique. Dans les deux statistiques de base Comportement en matière de voyages de la population suisse et Microrecensement sur le comportement de la population en matière de transports, qui sont utilisées pour établir le compte satellite du tourisme, on combine les critères de la fréquence et de la durée: pour qu’un voyage soit qualifié de touristique, le lieu de destination doit être visité moins d’une fois par semaine en moyenne annuelle et la durée du voyage doit être d’au moins trois heures. Les principaux résultats Les statistiques de base du compte satellite du tourisme n’étant pas toutes annuelles, ce compte ne peut pas être calculé chaque année. Il est


Dossier: Loisirs

Valeur ajoutée touristique brute, demande et emploi en 20101 Demande

à prix courants, en millions de francs

à prix courants, en millions de francs

croissance en %

Emploi croissance en %

Total

14 898

2,0

35 510

2,2

A.

Produits spécifiques du tourisme

14 458

2,0

27 652

A.1 Produits caractéristiques du tourisme

11 027

1,6

22 423

3 792

1,5

2 091

2 – Services de restauration 3 – Services de transport de voyageurs

434

1 – Services d'hébergement dont hôtels

dont services de transport par téléphérique, funiculaire, remontée mécanique dont services de transport aérien 4 – Services d’agences de voyages, de voyagistes et de guides de tourisme

en équivalents plein temps

croissance en %

144 838

-0,4

2,8

142 715

-0,4

2,7

108 984

-0,9

5 185

-0,5

35 333

-2,5

0,6

4 333

0,6

31 689

-2,1

2 533

2,6

5 193

2,6

38 833

-0,3

2 296

1,8

7 612

5,8

16 112

0,1

0,5

1 079

2,1

3 381

-2,3

857

3,3

4 349

9,1

4 365

1,1

1 546

0,2

2 597

1,8

11 935

0,0

5 – Services culturels

118

4,5

307

7,1

1 940

-0,5

6 – Services de loisirs et de divertissements

461

3,4

1 034

2,2

3 753

-0,5

7 – Services touristiques divers

281

-2,2

495

-2,5

1 076

0,3

A.2 Produits connexes au tourisme

3 431

3,4

5 229

3,2

33 731

1,1

440

0,3

7 858

0,3

2 123

3,2

B. 1

Valeur ajoutée brute

Produits non spécifiques du tourisme

Valeurs provisoires

cependant possible de calculer les indicateurs du TSA pour les années intermédiaires, car on dispose de données annuelles sur la valeur ajoutée touristique brute. Il est de la sorte possible de publier dans un délai raisonnable et sous une forme simplifiée de premières estimations des trois principaux agrégats du compte satellite du tourisme, soit la valeur ajoutée brute, la demande et l’emploi. Le tableau ci-après montre un aperçu des principaux résultats de 2010. Après le net recul enregistré par tous les agrégats en 2009, le secteur du tourisme a connu une évolution favorable en 2010. La hausse de 2,3% de la demande a entraîné un accroissement de la valeur ajoutée de 2%. L’emploi a enregistré une baisse pour la deuxième fois consécutive (-0,4%) et se situe au niveau de 2007 avec 144’838 équivalents plein temps. Malgré le fléchissement de la demande dans l’hébergement (-0,5%), la demande de produits typiquement touristiques a augmenté dans des proportions supérieures à la moyenne (+2,7%). Cette évolution est imputable à la demande ­croissante que connaissent les services de restauration (+2,6%), ainsi qu’à la hausse de la demande de produits touristiques de la branche des transports (+5,8%), en particulier des transports aériens (+9,1%).

OFS, Comptes nationaux

L’accroissement de la valeur ajoutée dans le secteur du tourisme en 2010 ­provient principale­ ment de l’hébergement (+1,5%), des services de restauration (+2,6%) et du transport de voyageurs (+1,8%). La part du secteur du tourisme dans le PIB reste néanmoins constante à 2,9%. En dépit d’une hausse de la valeur ajoutée, ­l’emploi affiche une nouvelle baisse dans le ­secteur du tourisme. Cette tendance négative se confirme en particulier dans l’hébergement (-2,5%) et dans les services de restauration (-0,3%). Le niveau de l’emploi est en revanche resté presque inchangé (+0,1%) dans le transport de voyageurs.

Ueli Schiess est suppléant du chef de la section Comptes ­nationaux de l’OFS et chef du domaine non financier des comptes nationaux de cette même section

1 Dans le langage courant, les visiteurs sont souvent ­désignés comme touristes. ­Selon la terminologie scientifique employée ici, le terme de touriste ne s’applique qu’aux visiteurs qui passent la nuit sur place.

BFS ValeurS OFS ValeurS

1 25


Dossier: Loisirs

Quel prix attachons-nous aux loisirs? Dépenses pour les loisirs dans le budget du ménage, montant en francs par mois et par ménage (moyenne) Ensemble des ménages Revenu brut

8915,64

Type de ménage Personnes seules a

5630,50

Couples sans enfants b

10254,00

b

Couples avec enfants 10934,00

b

Produits alimentaires et boissons non alcoolisées

640,68

a

355,91

b

686,36

a

907,39

b

Boissons alcoolisées et tabacs

102,79

c

67,27

c

136,31

c

102,35

c

Restauration et services d’hébergement

523,21

b

347,33

c

628,08

b

617,08

b

Vêtements et chaussures

231,33

b

129,05

c

246,43

c

346,06

c

1428,47

a

1194,70

b

1490,09

b

1658,10

b

Ameublement, équipement et entretien du ménage

277,10

b

162,72

c

315,89

c

381,34

c

Dépenses de santé

258,59

b

178,75

c

327,23

c

285,10

c c

Logement et énergie

Transports

728,16

b

431,19

c

836,22

c

942,52

Communications

173,32

a

120,07

b

167,24

b

217,74

b

Autres biens et services

275,03

b

170,29

c

281,81

c

408,26

c

Loisirs et culture

639,57

b

397,31

c

725,90

b

836,74

c

Equipements et accessoires audiovisuels, photographiques et informatiques

98,80

c

72,99

d

101,87

d

124,69

c

Equipements de sport et loisirs durables

18,00

e

12,08

e

16,18

e

28,74

e

Jeux, jouets et passe-temps

23,67

c

10,06

e

16,23

e

56,48

c

Articles et accessoires de sport et de camping

20,74

c

8,29

e

19,85

e

39,31

d

Plantes et produits non durables pour le jardinage

31,59

c

20,60

c

40,26

c

34,97

c

Achats et entretien d’animaux domestiques

29,45

c

19,03

d

34,38

d

34,97

d

3,38

e

1,55

e

3,62

e

4,25

e

Entrées dans établissements de sport et loisirs, sans remontées mécaniques

27,95

c

18,42

d

28,34

d

37,82

d

Billets et abonnements pour remontées mécaniques, y c. téléskis

11,58

d

4,15

e

9,65

e

25,03

d

Entrées à des manifestations sportives

Location d’articles de sport et de loisirs

3,71

d

1,05

e

2,97

e

7,90

d

Cours de sport et de bricolage

9,87

d

3,09

e

6,92

e

24,90

d

Cours de musique et de danse

11,08

c

3,79

e

4,62

e

30,34

d d

Contributions à des clubs ou associations de sport

6,61

c

2,91

e

7,20

e

10,71

Contributions à des associations de loisirs

1,57

c

1,10

d

1,98

d

1,77

d

Autres cours extrascolaires de loisirs

12,74

d

9,94

d

10,76

d

18,40

e

Théâtre et concerts

d

16,41

c

11,19

d

21,98

d

15,08

Cinéma

5,18

c

3,52

d

5,04

d

6,72

d

Musées, expositions, bibliothèques, zoos et similaires

4,75

c

2,46

d

5,41

d

7,68

d

33,62

a

30,77

a

35,36

a

34,94

a

Abonnements à des chaînes de télévision privées

Redevance pour réception radio et télévision

3,04

d

1,98

e

3,19

e

3,97

d

Abonnements à des réseaux câblés de TV

8,90

b

6,55

c

10,25

c

10,56

c

Location d’appareils et de DVD et de CD

0,93

e

1,06

e

0,62

e

1,03

e

Contributions à des associations ou organisations à vocation culturelle

1,83

d

1,34

e

2,55

e

1,75

e

Autres services culturels et de loisirs

6,45

d

3,77

e

6,73

e

8,58

d

Mises en jeu (loto et autres jeux)

9,86

c

6,55

d

13,77

d

8,49

d

Livres et brochures

20,89

c

14,58

d

20,73

d

29,49

c

Journaux, revues et périodiques

34,60

b

26,79

c

44,11

c

33,23

c

Imprimés divers

14,43

c

8,94

d

14,18

d

22,84

c

Voyages à forfait

167,96

c

88,76

d

237,15

d

172,11

c

Qualité des estimateurs:

26

OFS ValeurS

a: Très bon (coefficient de variation < 1%.) b: Bon (coefficient de variation de ≥ 1% à < 2%) c: Moyen (coefficient de variation de ≥ 2% à < 5%) d: Suffisant (coefficient de variation de ≥ 5% à < 10%) e: Mauvais (coefficient de variation ≥ 10%)

Source: OFS, Enquête sur le budget des ménages 2006 –2008


Portrait statistique: Les statisticiennes et les statisticiens suisses à Luxembourg

La Suisse n’est pas une tache blanche sur la carte statistique de l’Europe Avec la globalisation des marchés, les acteurs économiques suisses ont toujours plus besoin de données ­statistiques comparables au niveau international, et comparables en particulier avec les données de l’UE, ­principal partenaire économique de la Suisse. L’accord de coopération statistique entre la Suisse et l’UE ­permet depuis 2007 de progresser sur la voie de l’harmonisation dans le domaine de la production et de la publication des données statistiques. Cinq collaboratrices et collaborateurs de l’OFS travaillent dans ce but à Luxembourg. Caroline Schnellmann

T

ravailler à Eurostat ou au bureau statistique de l’Association européenne de libre-échange (AELE), c’est s’immerger dans un véritable microcosme international et multiculturel. On y côtoie, outre les employés de la Commission et les délégués des 27 Etats membres de l’UE, des collaborateurs des pays de l’AELE – actuellement de la Suisse et de la Norvège – et des stagiaires provenant des pays candidats à l’adhésion à l’UE. Aux réunions les plus importantes participent souvent des statisticiennes et des statisticiens venus d’Amérique du Nord, du Sud-Est asiatique ou de la Chine. Des délégations et des étudiants du monde entier visitent Luxembourg et suivent les travaux des deux institutions. Les statisticiennes et les statisticiens suisses à Luxembourg Conformément à l’accord statistique, l’OFS envoie trois experts nationaux à l’Office statistique de l’Union européenne et deux au bureau statistique de l’AELE. Claude Macchi a débuté en 2007, peu après l’entrée en vigueur de l’accord bilatéral, auprès de la Commission européenne, dans la division «Business statistics – coordination and registers». David Biddle travaille depuis 2011 comme «expert national détaché» dans la division «Environmental accounts and climate change», et Martin Teichgräber depuis le mois de février de cette année dans la division «Labour Market». La durée d’un détachement auprès d’Eurostat est de deux à quatre ans, dans des cas spéciaux de six ans. Pendant le temps

qu’ils passent à Luxembourg, les experts détachés deviennent des employés d’Eurostat et représentent exclusivement les intérêts de la Commission européenne. Le bureau luxembourgeois du Secrétariat de l’AELE emploie actuellement la Suissesse Andrea Scheller et le Suisse Patrick Lemp. Andrea Scheller, qui a travaillé de 2008 à 2010 comme experte détachée auprès d’Eurostat, dirige le bureau statistique. Celui-ci a été dirigé deux fois par des Suisses au cours des dernières années: par Heinrich Brüngger d’abord, puis par Gabriel Gamez. Comparabilité des données et visibilité de la Suisse L’accord statistique bilatéral pose les fondements d’une production statistique harmonisée et d’une diffusion coordonnée des résultats. Les statistiques suisses sont dès lors comparables avec celles de ses partenaires de l’Espace économique européen (les 27 Etats membres de l’UE plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein). La Suisse, dont les statistiques eurocompatibles paraissent dans les publications de l’UE, gagne ainsi en visibilité internationale, notamment comme pôle économique. Le système statistique européen – deux institutions Eurostat et le bureau statistique de l’AELE sont deux entités distinctes, même si leurs bureaux se trouvent dans le même bâtiment. La tâche d’Eurostat consiste principalement à harmoniser les données au niveau européen pour assurer leur

comparabilité, à collecter les données statistiques européennes et à les publier. Le bureau statistique de l’AELE, créé en 1991 après une collaboration informelle de plusieurs années entre les pays de l’AELE et l’UE, s’occupe des statistiques des pays de l’AELE. Institution partenaire du «système statistique européen», il joue un rôle important pour la Suisse dans le cadre de l’accord bilatéral. Le monde ne s’arrête pas à Chiasso ou à Bâle Pour Claude Macchi, le doyen des Suisses à Luxembourg, c’est une expérience fascinante de pouvoir travailler comme statisticien dans un espace de plus de 500 millions d’habitants où les réalités culturelles et économiques sont très diverses. Il a posé sa candidature à un poste de détaché juste au moment où le deuxième paquet de l’accord bilatéral entre l’UE et la Suisse a été signé. Il travaille depuis sur le projet de répertoire EuroGroups (ERG), qui vise à construire à l’échelle de l’Europe un réseau de registres contenant des données sur les entreprises multinationales actives en Europe. Ces registres sont appelés à devenir une source de données fondamentale pour les statistiques relatives à la globalisation. Des données pour les années 2008 à 2010 ont d’ores et déjà pu être livrées aux offices statistiques et aux banques centrales. L’EGR sera ­entièrement opérationnel à partir de 2013. Caroline Schnellmann est journaliste libre OFS ValeurS

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Impressum Editeur: Office fédéral de la statistique (OFS), Neuchâtel, www.statistique.ch Rédaction: Verena Hirsch, Cornelia Neubacher et Ulrich Sieber, Communication et diffusion, OFS Information: Section communication, Tél. 032 713 60 13, e-mail: kom@bfs.admin.ch Auteurs: Roland Allenbach, Yves Froidevaux, Marc Gindraux, Verena Hirsch, Jürg Marti, Olivier Moeschler, Ueli Oetliker, Brice Quiquerez, Rongfang Reutter, Ueli Schiess, Flurina Schmid, Caroline Schnellmann, Jacqueline Schön-Bühlmann et David Vitali Réalisation: Netthoevel & Gaberthüel, Bienne Mise en page: Nicole Frischknecht, Section DIAM, Prepress / Print, OFS Graphisme: Daniel von Burg, Section DIAM, OFS Photographie: Hans Schürmann, Zurich Traduction: Service linguistique OFS Numéro de commande: 1042-1201 (gratuit) ISBN: 978-3-303-00469-2 Diffusion: Office fédéral de la statistique, CH-2010 Neuchâtel, tél. 032 713 60 60 Fax 032 713 60 61, e-mail: order@bfs.admin.ch Copyright: OFS, Neuchâtel 2012 La reproduction des textes et des graphiques autorisée, sauf à des fins commerciales, si la source est mentionnée


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