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Percé,

le rocher de la tentation TEXTES : SÉVERINE GALUS PHOTOS : ÉRIC ST-PIERRE

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Que l’on arrive par la route ou par la voie de chemin de fer, après avoir fait connaissance avec les flots bleus qui scintillent ici à perte de vue, vient enfin le moment où s’érige devant vous l’une des icônes du Québec : le fameux Rocher-Percé. Symbole d’une nature grandiose et généreuse, celui qui contribua à faire de Percé une station balnéaire renommée demeure le témoin d’histoires douces et parfois mouvementées.

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Fous de Bassan, île de Bonaventure oboooboooo bboo bo obo bo obo obo bo obo obo boo bbo obo obo obo bo o bo lbo obobo lbo boo bo boo

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Homards bo boo bo oboooboooo bboo bo obo bo obo obo bo obo obo boo bbo obo obo obo bo o bo lbo obobo lbo boo bo boo 20 ❚ Québec

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SOLIDE

COMME UN ROC

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Certains disent qu’à l’origine le rocher avait quatre arches, d’autres trois… Ce qui est certain, c’est que ce bloc de calcaire comptait deux trous jusqu’à ce que, dans un terrible fracas, l’une des deux arches s’effondre, le 17 juin 1845. Les vagues et les marées, le gel et le dégel, continuent de grignoter cette falaise calcaire hautede 90 mètres à son point le plus élevé et de la délester de 300 tonnes de roches chaque année. À ce rythme, l’icônede 450 de long sur 90 de large aura disparu dans 20 000 ans. 22 ❚ Québec

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éambulant dans le village de Percé, il est presque impossible de ne pas avoir le regard attiré par son indissociable joyau qui offre ses plus belles féeries à la lumière ocre des levers et couchers du soleil. « Quand on voit la splendeur d’un lieu comme celui-ci, ce n’est pas étonnant qu’il ait pu donner naissance à autant d’œuvres d’art », en convient Jean-Louis Lebreux en regardant le rocher par une fenêtre du musée Le Chafaud, dont il est le directeur. « Ce sont les cartographes qui accompagnaient les premiers explorateurs qui ont été les premiers à reproduire le Rocher », précise-t-il.

« Quand on voit la splendeur d’un lieu comme celui-ci, ce n’est pas étonnant qu’il ait pu donner naissance à autant d’œuvres d’art »

Voué à la pêche et au tourisme Depuis l’arrivée des premiers pêcheurs basques et bretons au XVIe siècle et jusqu’au tournant du XXe siècle, l’activité de Percé est entièrement consacrée à la pêche à la morue salée séchée pour l’exportation (voir encadré), activité diri-

REPÈRES

Sources : Statcan et Statistiques Québec

■ SUPERFICIE : 432 km2. ■ SITUATION : Percé, située à la pointe de la péninsule gaspésienne, est à 1046 Km de Montréal en passant par le Sud et 1090 Km par le Nord. ■ DENSITÉ DE POPULATION AU KILOMÈTRE CARRÉ : 8,4 ■ POPULATION : 3 615 habitants (- 9,5% entre 1996 et 2001), 715 habitants sont anglophones, 2895 francophones. ■ Taux de CHÔMAGE EN 2005 : 16,5% (8 % pour l’ensemble du Québec) ■ REVENU PERSONNEL PAR HABITANT : 17 600 $ (28 600$ en moyenne pour l’ensemble de la Province du Québec)

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gée de main de maître par les compagnies jersiaises. Charles Robin avait fait de Percé son principale poste de pêche, alors que la compagnie LeBoutiller installait ses bâtiments sur l’île Bonaventure face à Percé. Après avoir été capitale de la pêche à la morue au Canada à la fin du XIXe siècle, Percé subit de plein fouet le déclin qui s’amorce dans cette industrie. Cependant, avec l’amélioration des liaisons maritimes, l’avènement du chemin de fer et de la route qui ceinture la péninsule gaspésienne, Percé accueille ses premiers visiteurs d’agrément à l’aise financièrement. Son caractère historique et pittoresque ainsi que ses paysages majestueux inspirent de nombreux artistes peintres, poètes et romanciers, qui viennent à Percé durant l’été. Montréalaise, Lise Deguire vit à Percé depuis plus 35 ans. En 1969, elle vient passer des vacances sur l’île Bonaventure – ce qui était encore possible avant que l’île ne devienne zone de conservation et propriété de l’État en 1971 – et tombe à la fois sous le charme des lieux et de l’Aubergiste de l’île, Sydney Maloney. « Il y avait à l’époque une quinzaine de maisons occupées sur l’île. La plupart étaient des insulaires, mais beaucoup d’artistes y séjournaient. L’artiste peintre Kitty Bruneau y avait créé une mouvance artistique. Puis il y avait des gens qui faisaient dans les fleurs, se souvient-elle avec nostalgie. C’était les années hippies, il y avait une belle liberté. Ça stimulait la création ! » Comme l’ensemble des insulaires, Sydney Maloney a été exproprié par le gouvernement québécois et a dû abandonner son auberge sur l’île Bonaventure. Lise et Sydney ont alors racheté une grande maison ancestrale sur la plage du Coin du banc pour y refai-

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« La Cie Robin à l’Anse à Beaufils a aidé beaucoup de monde quand il y avait dix enfants à nourrir au mois de janvier. Tout était noté, mais à payer plus tard. Ce que j’en retiens, c’est que les gens étaient sûrs de manger. » … re une auberge. « Mais quitter son île aura été la plus grande peine de sa vie », affirme Lise Deguire, qui a perdu son époux en 2000. « Sidney était Jersiais par sa mère et Irlandais par son père. Sa mère était née sur l’île, lui aussi. Son cœur était là-bas. » Résident à Cap-d’Espoir, à quelques kilomètres du village de Percé, Jean-Hugues Caron, 59 ans, a lui aussi de bons souvenirs de ses escapades de jeunesse sur l’île Bonaventure. «À l’école, au primaire, on allait pique-niquer sur l’Ile, c’était comme une récompense. Enfant, c’était toute une aventure ! On y allait aussi en famille à l’occasion de fêtes, on marchait librement, on se trouvait un coin avec son amoureuse, c’était notre île. Maintenant c’est devenu commercial, Percé… », dit-il avec un soupçon de regret.

Un peuple exploité Né à l’Anse-à-Beaufils en 1946, Jean-Hugues Caron n’a pas travaillé dans la pêche mais dans la foresterie, après avoir failli faire carrière dans les… ordres. « À l’époque, ils avaient besoin de curés. Je suis allé au séminaire à Gaspé, mais moi, mon principal intérêt c’était le hockey. J’ai quitté le séminaire et j’ai commencé à travailler dans la foresterie. Mon père travaillait pour la compagnie Gaspésia et de mai à décembre, j’y étais commis. Je connais la forêt de A à Z. » Jean Hugues Caron se souvient d’une époque où l’activité à l’Anse-à-Beaufils était bien plus florissante. Dans les années 50, une centaine de personnes gagnaient alors leur vie avec la pêche à la morue. « À la Vieille Usine, où l’on transformait le poissons salé et séché, des employés s’activaient dès le printemps pour stocker la neige dans la glacière, la bâtisse qui servirait à garder le poisson frais. Dans une autre bâtisse, on fabriquait de l’huile de foie de morue. La compagnie Robin s’occupait du bois aussi, qu’elle expédiait en goélette, et la majorité des familles avait une terre à bois qui permettait d’aller chercher un 20 ou 30 $ de revenu supplémentaire. C’était de l’argent en ce temps-là ! » La compagnie jersiaise Charles Robin est devenue un mythe en Gaspésie. Arrivée en 1766, Charles Robin contrôle rapidement la chaîne de production, de transformation et de commercialisation du poisson (principalement de la morue), mais il prendra aussi le contrôle de la ville.Tout lui appartient : les bâtiments et le magasin général. Le pêcheur gaspésien n’a alors d’autre choix que de vendre ses prises à l’entreprise anglo-normande qui a éclipsé toute concurrence. La compagnie Jersiaise fixe le prix de la morue achetée (le plus bas possible) et accorde des crédits au pêcheur pour l’achat de marchandises nécessaires à la pêche et à la subsistance de sa famille. Les besoins du pêcheur dépassant très souvent la valeur accordée à ses … 26 ❚ Québec

Mont-joli, cap Canon, lbo boo bo oboooboooo bboo bo obo bo obo obo boobo obo boo bboobo obo bo lbo obobo lbo boobooboooboooo bboo bo obo bo obo obo bo obo obo boo bbo Québec ❚ 27


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prises, la dette gonfle graduellement, le pêcheur est alors lié à la compagnie Robin qui elle, s’assure ainsi d’avoir une main-d’œuvre bon marché, Ce système d’exploitation perdura jusqu’au milieu du XXe siècle. « Moi, j’ai connu ça, se rappelle Jean-Hugues Caron. Au magasin général, on échangeait une corde de bois contre de la nourriture. Les Robin en profitaient parce que les gens n’étaient pas instruits. Mais aujourd’hui aussi il y a des gens qui continuent de faire de l’argent sur notre dos ! La Cie Robin à l’Anse à Beaufils a aidé beaucoup de monde quand il y avait dix enfants à nourrir au mois de janvier. Tout était noté, mais à payer plus tard. Ce que j’en retiens, c’est que les gens étaient sûrs de manger. »

Le pillage des chalutiers Avec l’effondrement des stocks de poissons de fond ainsi que le moratoire imposé sur la pêche à la morue en 1993, les pêcheurs ont dû se tourner vers d’autres produits de la mer : homard, crabe, crevette… Régis Bujold est ancien pêcheur de morue, aujourd’hui reconverti à la pêche au homard dont la saison s’étire d’avril à juillet. L’été, il emmène les touristes à la pêche au maquereau sur son bateau, Le Rorqual.Tout en préparant la « bouette » qui servira d’apGEORGES MALMONET, pât, Régis Bujold et deux MAIRE DE LA VILLE DE PERCÉ comparses qui ont pris place à bord, racontent fièrement Bobo obo oboo o o agriculteurs du sud et nous leurs plus savoureuses anecautres, c’est qu’on est là dotes. « On a vu un requin depuis seulement trois ou pèlerin cet été. Il mesurait 35 quatre génération au lieu pieds (11 mètres) et pesait 10 de dix. bo lbo obo obo tonnes. On a vu aussi un requin bo obo obo obo obo obo baleine. Pas méchant du tout, il obo obo obo bo mange du plancton ! On a déjà

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pêché une morue de de 2 mètres pesant 45 kilos, il y a une dizaine d’année, avec une ligne… » On sent la fierté dans la voix, mais aussi de la nostalgie. « On prenait régulièrement des morues de 7 à 10 kilos avant. Mais les chalutiers ont tout détruit dans le fond. Ce sont des bateaux usines où travaillent 250 personnes, ils prennent tout, ils « scrapent » tout. Ils existent encore ! Ils pêchent dans les eaux internationales et saisissent tout le poisson avant qu’il n’arrive ici ! C’est celui qui pêche des millions de litres par jour qui a tout détruit. Nous on avait des bateaux de 15 mètres, avec à bord juste trois personnes et le capitaine. » Pendant ce temps, le maquereau mord à l’hameçon et chacun repartira avec ses filets fraîchement découpées, la tête et les arêtes seront offerts aux fous de Bassan qui plongeront des airs droit sur les carcasses, pour notre plus grand plaisir.

Percé : destination quatre saisons Quand on arrive dans le village de Percé, motels et boutiques souvenirs font largement ombrage aux quelques bâtiments traditionnels qui demeurent comme le dernier

reflet de l’histoire de ce village de pêcheurs. « Percé a été le plus gros port de pêche jusqu’en 1930, et pourtant, quand on rentre dans le village, ça ne se voit pas. » En convient Georges Malmonet, maire de la ville de Percé qui regroupe depuis 1970 les anciennes municipalités de Barachois, Bridgeville, Cap-d'Espoir, Saint-Georges-de-la-Malbaie, Saint-Pierre-dela-Malbaie et Val-d'Espoir. « Jusqu’à 7 000 personnes travaillaient dans l’industrie de la pêche. Aujourd’hui, ne vivent à Percé que 3 500 personnes. Dans le village, il n’y a même pas 200 habitants en hiver, mais on a une capacité d’accueil de 5 000 personnes. » Chef cuisinier et restaurateur (il est propriétaire de la Maison du Pêcheur), plongeur professionnel (il a développé la plongée à Percé avec le Club Nautique dont il est également propriétaire), ce français d’origine est venu en vacances à Percé en 1979. Ce fut pour y rester. Aujourd’hui très impliqué dans les activités économiques et sociales de la ville, il dit avoir voulu briguer la mairie pour changer les choses. « À cause de la baisse démographique, les grandes universités sont en ville et les enfants ne reviennent plus… Pourtant il y a des choses à faire à Percé. Au niveau du tourisme, les activités développés sont pour des séjours d’une journée seulement, comme dans les années 70, alors qu’il y a une demande pour des séjours en villégiature, même durant la période hivernale. J’ai des chalets à louer et on commence à avoir de la demande pour des séjours à Noël, en février. Les paysages sont encore plus impressionnants l’hiver. » Georges Malmonet en impose, à la fois par son allure robuste et son franc-parler. Des idées, il en a en masse. « J’ai le projet d’aménager un parc récréo-touristique dans la montagne qui surplombe Percé afin de pouvoir y faire de la randonnée, de la raquette, de la planche à neige horspiste. Il y a également la possibilité de développer le kayak d’hiver et de faire fonctionner le club nautique toute l’année. L’une de mes priorités est également la réingénireie du paysage visuel

LISE DEGUIRE

JEAN-HUGUES CARON

JEN-LOUIS LEBREUX, MUSÉE LE CHAFAUD

Bbo obo obo obo obo obo obu sud et nous autres, c’est qu’on est là depuis seulement trois ou quatre génération au lieu de dix. bo lbo obo obo bo obo obo obo obo obo obo obo obo bo

Bolbob oobo bobo griculteurs du sud et nous autres, c’est qu’on est là depuis seulement trois ou quatre génération au lieu de dix. bbo lbo obo bo obo obo obo obo obo bo obo obo ob

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figures libres

« Aujourd’hui, ne vivent à Percé que 3 500 personnes. Dans le village, il n’y a même pas 200 habitants en hiver, mais on a une capacité d’accueil de 5 000 personnes. »

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« Il y a du potentiel en Gaspésie. On a la mer, de fabuleux paysages, de l’air pur, le tout est de proposer des activités pour inviter les touristes à rester plus longtemps dans la région, et ne pas seulement y passer… » …

de Percé, avec en premier lieu l’enfouissement des fils électriques et l’élimination des parcs de stationnement du bord de l’eau pour y développer des activités piétonnières. » Autres idées de développement ébaucher par le maire : profiter du marché des croisières avec les paquebots qui viennent dans le golfe Saint-laurent pour remonter le fleuve jusque Québec. « Bien sûr, il faut pouvoir accueillir 2 500 personnes qui descendent d’un paquebot, il faut des boutiques, des restaurants, des excursions. On aura à innover pour leur offrir des choses exceptionnelles. » Georges Malmonnet mesure également le potentiel en terme d’infrastructure existante, comme le train, puisque tous les petits villages de la côte sont connectés au chemin de fer. « On aurait les moyens de faire quelques choses. Les lignes ferroviaires ne sont pas rentables, mais elles pourraient attirer plus de monde à l’avenir ! »

Éole et la jeunesse : de nouvelles énergies Georges Malmonnet souhaite réellement redorée l’image de Percé, ternie par une économie régionale plutôt morose depuis quelques années et l’exode des jeunes vers les grands centres. « Les Gaspésiens sont des gens tranquilles qui ont l’habitude d’être pauvres, explique-t-il. Il y a une espèce

UN SITE UNIQUE pour la plongée sous-marine image sous-marine à venir

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Les jardins sous-marins du Parc de l'Île-Bonaventure-et-duRocher-Percé est l’un des plus beaux sites de plonger au Québec. Et ici, la plongée n’est pas uniquement réservée aux plongeurs expérimentés. Le Club Nautique de Percé y emmène aussi les novices pour découvrir la faune et la flore subaquatique : éponge, anémones, oursins, étoiles de mer, homards et phoques gris, qui assurément viendront vous voir et jouer avec vous si l’humeur leur en dit. Moment intense et mémorable que de se retrouver nez à nez avec ces veaux marins. Sensations et émotions garanties!

d’inertie, ils se laissent faire par résignation. Le parc éolien par exemple, c’est un créneau en plein développement dans la région. On installe des éoliennes en Gaspésie, mais l’argent s’en va ailleurs. La Gaspésie ne perçoit que 0.5 % de l’argent généré par les tours éoliennes. C’est ridicule ! Donc on a démarré un mouvement pour développer des parcs éoliens régionaux et municipaux. Les “ gros ” ne cherchent pas à développer nos régions, ils viennent prendre nos richesses et ils s’en vont. Il faut qu’on ait un réel contrôle sur l’économie. » Comme nombre de jeunes de la région,Tania, la fille unique de Jean-Hugues Caron, a quitté sa Gaspésie natale pour mener une belle carrière en droit international en Suisse. « J’ai fait une maîtrise sur le travail des enfants, je pensais travailler à Gaspé, mais j’ai eu l’opportunité d’aller travailler au BIT (Bureau Internationale du Travail) à Genève. Cela fait six ans maintenant que je vis en Europe. » En vacances chez ses parents à Cap d’Espoir,Tania est heureuse de retrouver ses

racines et de pouvoir s’oxygéner de l’air marin qui lui manque tant. « J’ai des amis qui comme moi sont partis et qui sont revenus. Beaucoup reviennent en Gaspésie parce que la qualité de vie est meilleure. C’est vrai que la vie est différente ici. Mais moi, j’ai besoin aussi de la ville. Peut-être que si j’avais une famille, ce serait différent… » À l’inverse, Marc-André Collin, 18 ans, ne voit son avenir nulle part ailleurs qu’en Gaspésie. Jeune guide de kayak à Percé durant l’été, Marc-André suit une formation à Gaspé en tourisme d’aventure, et comme Georges Malmonnet, Marc-André ne manque pas d’idées. « Après mon diplôme je veux aller prendre un peu d’expérience comme guide de haute montagne en Europe ou ailleurs. Puis après, je voudrais lancer mon entreprise de tourisme d’aventure ici, en Gaspésie. Il y a du potentiel en Gaspésie. On a la mer, de fabuleux paysages, de l’air pur, le tout est de proposer des activités pour inviter les touristes à rester plus longtemps dans la région, et ne pas seulement y passer… » ■

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Percé, le rocher de la tentation  

Reportage à Percé et ses environs