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Loire

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Rhône

édition 2016 Loire

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Supplément du 22/04/2016 n° 3626 GÉNÉRATION SENIORS

Loire

Isère Rhône

Supplément du 22/04/2016 n° 3626

GÉNÉRATION SENIORS Loire Isère Rhône


Format senior.indd 1

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G É N É R AT I O N

SENIORS connectée

plus nombreuse

prévoyante active loisirs


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Isère

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Directeur de la Publication : Guillaume Riccobono Directeur général : Alain Milliat Directeur délégué chargé du développement : Fabrice Audouard Siège Social : 37-39, avenue de la Libération - BP 80 186 42005 Saint-Etienne Cedex 1 Tél. 04 77 37 60 60 - Fax 04 77 38 58 38 Rédaction Loire - Rhône - Isère : Tél. : 04 77 42 65 81 - Fax : 04 77 42 65 80 Rédacteur en chef régional : Laurent Odouard Rédacteur en chef : Mathieu Ozanam Société Éditrice : L’ESSOR - S.A.R.L. au capital de 22 500 € Gérant : Guillaume Riccobono Associé : Groupe Tout Lyon Commission paritaire Loire n° 0320C88269 - ISSN 2266-2839 Commission paritaire Isère n° 0221C88268 - ISSN 2430-9087 Commission paritaire Rhône n° 0221C88270 - ISSN 1287-7360 Membre du Syndicat de la Presse Hebdomadaire Régionale Publicité commerciale Loire : Carole Durozat - Tél. : 04 77 42 65 87 Christophe Kristidès - Tél. 04 77 42 15 91 Publicité commerciale Rhône : Mirella Launay - Tél. 04 78 29 76 24 Publicité commerciale Isère : Marie Abadi - Tél. 04 74 48 31 88 www.lessor.fr

HEBDOMADAIRE D’INFORMATIONS LOCALES

Directeur de la publication : Guillaume Riccobono Directeur délégué de publication : Elisabeth Thomas Siège social : 126 rue de la sous-préfecture CS 40135 - 69655 Villefranche Cedex Tél. 04 74 60 69 97 - Fax 04 74 60 69 98 Société Éditrice : Société nouvelle Le Patriote Beaujolais SARL au capital de 23 250 € - Durée : 99 ans Gérant : Guillaume Riccobono Actionnaire : Groupe Tout Lyon Commission paritaire : N° 1017C82682 - ISSN 1279-6352 Publicité commerciale : Frédéric Bataille - Tél.04 74 60 49 94 Romain du Verne - Tél. 04 74 60 49 95 www.lepatriote.fr Rédaction supplément : Xavier Alix, Florence Barnola, Daniel Brignon, Marine Graille, Laurent Marchandiau, Émilie Massard, Mathieu Ozanam, Fabien Rivier, Eric Séveyrat, Sévim Somnez, Caroline Thermoz-Liaudy, Aline Vincent, Agence AEPI-Actualités Composition graphique : Nadine Beillonnet, Sylvie Fressinet Photographies : Destination santé, D.R. sauf mention, Fotolia, Phovoir, Stocklib Couverture : Stocklib

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Achevé d’imprimer sur les presses de l’imprimerie Chirat en 2016


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édito

Nous en serons tous un

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lle est enfin là. Attendue et débattue depuis des années, la loi d’adaptation de la société au vieillissement a été adoptée par le Parlement puis promulguée le 28 décembre dernier. Forcément contestée sur tel ou tel point par des experts de ceci et autres spécialistes de cela, elle n’apportera pas, on s’en doute, des solutions miracles à la problématique. Notamment sur le financement permettant de résister à un Tsunami gris que l’on attend plus mais qui a commencé. Quel autre objectif que de limiter les dégâts ? Car, répétons le encore, les baby-boomers basculent désormais en masse dans la catégorie « seniors. » Dans 10, 15 ans tout au plus, ils en feront tous partie. Les plus de 65 ans représenteront ainsi au moins 21,5 % de la population de Rhône-Alpes en 2028, soit 1,5 million de ses habitants, selon un scénario moyen de l’Insee dans l’une des régions qui n’est pas la plus vieillissante de France. Ils étaient 980 000 (15,9 % des Rhônalpins) en 2009 et seulement 690 000 (12,9 % des Rhônalpins) en 1990. Et toujours selon l’Insee, le taux de dépendance au sens de l’Apa, qui explose à partir de 85 ans (il fait largement plus que doubler) a encore progressé de quelques points de 2007 à 2012… La nouvelle loi, au-delà du mérite d’enfin exister, permet de faire avancer les choses, sur l’aide aux aidants

et en particulier sur la coordination des acteurs impliqués autour du défi de l’autonomie. Elle mise sur la prévention pour réduire au maximum une fin de vie difficile et coûteuse certes pour la société mais aussi pour les intéressés et leurs proches. Dans cette perspective, collectivités, laboratoires de recherche, bailleurs sociaux et entreprises n’ont pas attendu la législation pour lancer leurs initiatives. Elles tournent souvent autour du développement d’une technologie de plus en adaptée à prévenir le vieillissement, au maintien à domicile, plus largement de l’autonomie. Dans ce même supplément il y a un an, Ralph Hababou, auteur de S comme Seniors, invitait les entreprises à profiter davantage de ce marché. En RhôneAlpes, cette fameuse « silver économie » semble pourtant bien lancée. Il suffit de se pencher sur le flot grossissant de courriels que nos rédactions reçoivent de ce secteur. Bonne nouvelle. Car vue l’espérance de vie à la naissance dans notre pays, malgré son premier recul en 2015 depuis 1968, derrière chaque jeune se cache plus que souvent un futur vieux. Si nous ne le sommes pas déjà, nous devenons tous un jour senior. Xavier Alix

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SoMMAiRE

Édito

p. 3

GÉNÉRATION SENIORS

Partie III p. 62-89

connectée Partie I p. 6-29

plus nombreuse

Partie IV p. 90-119

prévoyante Partie II p. 30-61

active 4

Partie V p. 120-142

loisirs


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plus nombreuse GÉNÉRATION SENIORS

Partie I p. 6-29

8-10

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LOI D’ADAP TATIO N

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Génération plus nombreuse

Loi d’adaptation de la société au vieillissement : mieux vaut tard que jamais

Ministère des Affaires sociales et de la Santé (dossier de presse)

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement a été longuement attendue. Discutée depuis plusieurs années elle refonde la solidarité de la nation vis-à-vis du vieillissement. Décryptage.

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doptée par le Parlement le 14 décembre et promulguée le 28 décembre 2015, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement engage d’emblée dans ses dispositions d’orientation « l’ensemble des politiques de la nation ». Rapprocher les acteurs de la prévention et de l’accompagnement de la perte d’autonomie fait l’objet du premier article qui instaure une « Conférence départementale des financeurs de la prévention et de la perte d’autonomie », assurant les prestations mais aussi « la coordination et l’appui de prévention mises en œuvre », enfin « le soutien et l’accompagnement des proches aidants ». •••/•••


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PRÉVEN TION

INNOVATION

10 0 1 0 1 notinnoetivnéervP Colloque éercPaepcsaEp-snESalon o-ln aSol-aeEspace Su-qeoulq looC Prévention lloC Lundi 5 décembre 2016 après-midi Mardi 6 décembre 2016 journée Centre de Congrès - 23, rue Ponchardier SAINT-ETIENNE Vous voulez conserver votre autonomie physique et psychique, rejoignez les ateliers dans l’Espace Prévention. Vous êtes une association œuvrant dans le domaine de la dépendance, vous pouvez exposer gratuitement. Vous êtes un industriel, un fabricant, un revendeur d’aides techniques, vous pouvez réserver un espace dans le Hall dédié. Vous êtes un professionnel de la santé, du social, un utilisateur, un particulier…

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Génération plus nombreuse

Reconnaissance de l’aidant

Une mesure phare de la loi consiste en effet en la reconnaissance d’un statut de « proche aidant », par un « droit au répit », à travers un module spécifique créé dans l’Apa (Allocation personnalisée autonomie) à domicile. « Ce droit, prévoit le texte, constitue une enveloppe d’aide pour l’année et par aidé. D’un montant qui pourra aller jusqu’à 500 € annuels, au-delà du plafond de l’Apa, il permettra par exemple de financer sept jours de séjour dans un hébergement temporaire. » Cette révolution qui consiste à élargir les prestations aux aidants, pour un montant évalué à 78 M€ annuels, s’accompagne dans la loi d’une revalorisation de l’Apa qui progresse de 375 M€. La loi prévoit une adaptation du Code de la construction et de l’habitation pour encourager « une politique volontariste d’aménagement et de construction de logements adaptés et développer des formes de logements intermédiaires. » « Audelà du logement, précise le rapport annexe à la loi, il s’agit d’inciter les collectivités territoriales à intégrer dans leurs politiques urbaines l’enjeu de l’avancée en âge », soit « améliorer l’offre de transports, adapter l’urbanisme et accompagner les

modes d’habiter et de vivre ensemble. » La politique du logement est certes le levier majeur de mobilisation de la société dans son adaptation au vieillissement. Il y en a d’autres : l’économie, aussi sollicitée par le « développement d’une nouvelle filière industrielle, avec la “silver économie “, et le renforcement de l’effort de recherche et d’innovation. »

Un coup de pouce de 700 M€

En matière de logement la loi prévoit un financement spécifique, crédité de 84 M€, en faveur de l’aide à l’adaptation du logement. Et si l’on ajoute un montant estimé de 185 M€ de crédits dédiés à la prévention de la perte d’autonomie, on obtient une addition, toutes aides cumulées, de 700 M€ annuels de financements publics nouveaux, bâtis sur la recette de la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa). Enfin, ce n’est pas à négliger, la loi comporte un volet d’affirmation des droits et libertés des personnes âgées avec notamment la création d’une instance chargée de rendre des avis, visant à renforcer la participation des personnes âgées à la construction des politiques publiques. Daniel Brignon

Taux de dépendance par âge au sens de l’APA taux de dépendance, en %

Lecture : parmi l’ensemble des personnes âgées de 80 à 84 ans résidant en France métropolitaine, 14,3 % bénéficient de l’APA au 1er janvier 2012. Champ : France métropolitaine. Sources : drees. insee. 10


Génération plus nombreuse

Une « Bulle d’Air » pour les aidants Cette association offre une bouffée d’oxygène à tous les aidants qui veillent sur un proche en situation de fragilité. C’est un service de répit à domicile qui propose de remplacer l’aidant pour une durée à sa convenance. Zoom sur cet exemple parmi d’autres basé en Isère.

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réée en 2011, l’association Bulle d’Air basée à Bourgoin-Jallieu intervient sur le département de l’Isère mais également en Savoie et Haute-Savoie grâce à une centaine de « Baluchonneuses » qu’elle mandate. Une dénomination empruntée à un concept originaire du Québec qui a été adapté à un modèle à la française. « Nos intervenants se rendent à domicile et discutent avec l’aidant sur ses habitudes afin de le remplacer au mieux auprès de son proche et remplir ses tâches quotidiennes. Si la personne a recours à d’autres services à domicile, ils seront maintenus car la baluchonneuse ne se substituera pas à la femme de ménage par exemple, explique Naïs Matheron, chargée de projets à Bulle d’Air. La durée de ce remplacement varie de 3 heures consécutives à 17 jours, en fonction du besoin de temps libre de l’aidant. Une durée à la carte pour un service auquel ont eu recours 118 utilisateurs en 2015 pour un total de 32 000 heures, contre 74 utilisateurs en 2014 (18 000 heures). Les missions d’accompagnement sont à 58 % ponctuelles et 42 % régulières. Quant aux profils des baluchonneuses ce sont des professionnelles avec plus de 2 ans d’expérience (auxiliaires de vie, infirmières, aides-soignantes) dont 45 % sont diplômés. « 54 % sont des non diplômées mais possèdent une solide expérience et font preuve d’initiative et d’autonomie. Quant au 1 % restant, ce sont des personnes en formation. Par ailleurs, le savoir-être est aussi important que l’expérience professionnelle », conclut Naïs Matheron. Ce type de service de répit à domicile peut être pris en charge par le conseil départemental dans le cadre de la perte d’autonomie ou par certaines mutuelles et faire également l’objet d’une déduction fiscale. Sevim Sonmez


Kléber Valéry, aidant : « il faut admettre de se faire aider » « Mon épouse a été diagnostiquée Alzheimer et il me semblait normal de m’occuper d’elle comme elle s’était occupé de moi pendant nos 50 ans de mariage. Je ne voyais pas la nécessité de faire appel à une aide extérieure, me sentant capable d’assumer la charge. Mais les semaines passant, j’ai pris conscience de la complexité de faire le ménage, la toilette et la cuisine : des tâches énergivores. Depuis 2015, la maladie s’est aggravée et ma femme échappait à ma vigilance et donc je ne pouvais plus à pratiquer mes activités de voile. Et comme je voulais faire une régate, j’ai appelé Bulle d’Air au secours. J’avais eu leurs coordonnées par une assistante sociale de l’hôpital. L’intervenante a été disponible et s’est occupée de tout. Et lorsque j’ai dû faire à nouveau faire appel à leurs services, une autre personne m’a été envoyée, ce qui ne m’a pas rassuré. Mais à mon retour, j’ai été agréablement surpris car ma femme avait appris à s’assoir, chose qu’elle ne faisait jamais avec moi. Ces personnes sont autonomes et très compétentes : je partais l’esprit serein et en confiance pour pratiquer mes loisirs qui me redonnaient moral et tonus pour la journée. Etre aidant c’est difficile car les choses évoluent très lentement, de façon insidieuse et nous ne prenons pas conscience que le monde se rétrécit autour de vous. On glisse vers la solitude, alors le plus dur est d’admettre qu’il faut se faire aider. »

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Génération plus nombreuse

Vieillissement : le coup de pouce des collectivités En Isère, la Communauté de communes de la Vallée de l’Hien (CCVH) s’est engagée auprès du centre de soins de Virieu dans le cadre de la création d’un pôle gérontologique avec la perspective que la vallée devienne territoire expérimental.

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n pôle gérontologique qui entend favoriser le maintien à domicile des personnes âgées fragilisées et aider les aidants afin qu’ils s’épuisent moins. C’est au travers de sa commission « réflexions sociales » que la CCVH présidée par Daniel Vitte a porté ses travaux avec la volonté d’identifier dans chaque village les personnes fragilisées. Ce qui représente sur ce territoire entre 120 et 140 personnes souvent seules et plus rarement en couple. Comme le souligne Daniel Vitte, « pour améliorer le maintien

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à domicile il faut aller à la rencontre des habitants concernés. L’objectif a donc ��té fixé de sensibiliser, informer, voire former celles et ceux qui sont prêts à engager le dialogue avec les personnes âgées fragilisées et les aidants. La réponse proposée par le centre de soins de Virieu d’organiser des séances d’information dans les villages sous l’intitulé « bien vieillir dans la vallée de l’Hien » a séduit avec une première début 2016 au cours de laquelle intervenaient des médecins, psychologues, pharmaciens et rééducateurs du centre

Le centre de soins de Virieu organise des séances d’information dans les villages sous l’intitulé « bien vieillir dans la vallée de l’Hien


de soins. Le centre de Virieu n’a cependant pas attendu pour proposer dans ses murs des consultations mémoire et depuis octobre 2015 celles-ci permettent de diagnostiquer et d’orienter les personnes atteintes de troubles de désorientation, de troubles de la mémoire ou de la maladie d’Alzheimer tout comme sont prévues des « consultations douleur ». Afin de maintenir la personne dans son milieu de vie, le centre de soins élabore également un programme d’ateliers, une façon d’utiliser toutes les opportunités qui permettront de maintenir des formes de lien social en intégrant les aidants. Si la fréquentation de ces ateliers reste à assurer, pour Daniel Vitte, « c’est la tâche des élus de la vallée de l’Hien. » P.P.T

A Mornant, la commune propose des rencontres aidants-aidés Cette municipalité des Monts du Lyonnais dans le Rhône, a mis en place depuis février dernier des rencontres « aidants-aidés » en partenariat avec les maisons de retraite de Mornant et de taluyers, de l’équipe spécialisée Alzheimer à domicile (Esad) de Givors, de la Copamo et du centre communal d’action sociale de Mornant. La première de ce cycle de six rencontres était consacrée à la danse de salon. Une proposition d’abord ludique, l’objectif étant d’abord de faire sortir de leur isolement des personnes âgées seules, malades ou handicapées assistées d’un aidant qui les accompagne, qu’elles viennent d’une maison de retraite ou de leur propre maison ou appartement. La prochaine séance poursuivait dans le ludique avec au menu : la cuisine avec la participation d’un cuisinier de la maison de retraite, et l’intervention d’une diététicienne pour sensibiliser les participants sur les questions d’alimentation.

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Génération plus nombreuse

L’aide à domicile face Accompagnant le vieillissement de la population, le marché de l’aide à domicile devrait connaître une croissance exponentielle dans les prochaines décennies. Offrant de nombreuses opportunités de développement, il fait cependant face à des difficultés importantes en matière de recrutement, de précarité de l’emploi ou de financement des familles.

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vec une croissance annuelle de plus de 10 % par an dans la dernière décennie, le secteur de l’aide à domicile atteignait en 2013 plus de 11 Md€ de chiffre d’affaires. Au vu du vieillissement de la population qui se poursuit, cette croissance n’est pas prête de s’arrêter. En 2015, les plus de 60 ans représentent plus de 25 % de la population française. Leur nombre devrait connaître une croissance exponentielle d’ici à 2040, où le nombre de personnes dépendantes pourrait avoir augmenté de 30 %. D’ici là, la population des plus de 85 ans pourrait être multipliée par quatre. Aujourd’hui déjà, l’aide à domicile pour les personnes âgées représente 63 % des services à la personne. Un phénomène qui s’explique par l’augmentation de l’espérance de vie, et le vieillissement des générations babyboom. Les progrès de la médecine, qui font augmenter l’espérance de vie, ont aussi pour conséquence de conserver les personnes âgées en bonne santé plus longtemps, et donc d’augmenter leur durée de vie à domicile. Au-delà de ces évolutions démographiques, il existe également des facteurs culturels qui expliquent cette forte croissance de la demande pour des services

d’aide à domicile. La plupart des personnes âgées, quel que soient leur état de santé et leur autonomie, aspirent ainsi de plus en plus à vivre chez elles. Les enfants des personnes âgées ne sont bien souvent plus en mesure de prendre en charge leur parent du fait de l’éloignement géographique ou de leur activité professionnelle.

Un marché, trois types d’acteurs

Le marché de l’aide à domicile est occupé par trois types d’acteurs : l’emploi direct particulier d’aide à domicile, qui représente environ 70 % du secteur, les associations, acteurs historiques, qui représentent environ 20 % du marché, et les entreprises de services à la personne, spécialisées ou non dans les services d’aide à domicile pour les personnes en perte d’autonomie, et qui représentent environ 10 % du secteur. La part de marché des entreprises dans le secteur de l’aide à domicile est cependant en progression constante, du fait de leur développement important. Continuer à vivre chez soi en ayant recours à des services d’aide à domicile reste souvent plus économique que le placement en maison de retraite. Il n’est plus à prouver aujourd’hui


à des défis importants que le maintien à domicile évite des situations de rupture ou de perte de repères, permettant aux personnes âgées de vieillir plus rapidement. L’utilisation de l’aide à domicile est aujourd’hui parfois freinée par le nombre de dispositifs existants, leur complexité et la multiplicité d’acteurs qui gravitent autour du secteur d’aide à la personne. Le financement est en effet un élément clé du développement du marché, notamment pour les associations. « Le métier du maintien à domicile a énormément évolué au cours de ces cinq dernières années, note Jocelyne Labouré, directrice de l’association ligérienne AIMV. Une évolution due au désengagement des caisses de retraite sur les catégories de personnes âgées les plus autonomes, et à la diminution du budget des financeurs publics ». Les salariés sont donc désormais de plus en plus formés à l’accompagnement de personnes en grande difficulté, en situation de handicap, souffrant de pathologies lourdes ou en rupture de vie. Isolement social, risque de chute, mauvaise alimentation sont autant de facteurs de risques que les aides à domicile doivent de plus en plus prendre en compte. « Nous devons professionnaliser nos salariés sur un métier qui se complexifie, ce que nous faisons à travers notre centre de formation

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Génération plus nombreuse interne, ajoute Jocelyne Labouré, et en même temps travailler avec des budgets de plus en plus restreints ».

Difficultés de recrutement

Les associations entrevoient une lueur d’espoir avec la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV), qui devrait permettre d’encourager le maintien à domicile en diminuant notamment le reste à charge pour les familles, en travaillant davantage avec les aidants et en favorisant l’habitat intermédiaire. La loi, qui devrait être mise en œuvre courant 2016, devrait notamment permettre de recalculer les plans d’aide pour l’usager afin de réduire son reste à charge, mais aussi accompagner la mise en place de services polyvalents d’aide et de soins à domicile (SPASAD), approche pluridisciplinaire qui apportera une prise en charge unique pour l’usager. Le secteur de l’aide à domicile est également parfois confronté à des difficultés de

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recrutement. Un métier de plus en plus complexe, les relations humaines, la grande autonomie, et parfois la précarité de certains statuts peuvent parfois faire peur. « Le grand public doit prendre conscience de la valeur de notre métier, aujourd’hui nous accompagnons au quotidien les personnes âgées en grande difficulté », résume Jocelyne Labouré. La richesse des relations humaines, la liberté de l’emploi du temps peuvent pourtant être des avantages intéressants à ce métier. « Nous essayons de professionnaliser le métier grâce à des formations spécifiques, explique Franck Pegon, dirigeant de la société Azur Senior, basée à Villefranche-sur-Saône. Le métier peut être contraignant, mais les contacts humains y sont très importants. Il souffre aujourd’hui d’un déficit d’image, il faudra du temps pour qu’il soit reconnu socialement et financièrement ». Emilie Massard


Roanne

Beaujolais Val-de-Saône

Loire-centre

Lyon

Des services à la personne surtout en zone rurale

▼ 5,4 à 10,8 ▼ 4,9 à 5,4 ▼ 3,8 à 4,9

Bourgoin

▼ 3 à 3,8

La Tour-du-Pin

Saint-Etienne

%

Vienne Roussillon Voiron

Grenoble Source : Insee

Part des services à la personne dans l’emploi salarié des territoires de Rhône-Alpes

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Génération plus nombreuse

Pyramides des âges en Rhône-Alpes © Statistisches Bundesamt 2009, Insee 2011 (Hypothèses : Scénario central)

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Evolution en France de l’espérance de vie à la naissance de 2004 à 2015 en années

p : données provisoires arrêtées à fin 2015 Champ : France hors Mayotte Source : Insee, estimations de population et statistiques de l’état-civil.

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Choisir une mutuelle de proximité avec un interlocuteur privilégié qui saura vous guider en fonction de vos attentes. 22


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Génération plus nombreuse

Le système de retraite a sorti les Français de la misère Rattaché au Premier ministre, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) livre chaque année un état des lieux de la situation des retraités et offre un regard prospectif.

L

es actifs d’aujourd’hui voient les réformes de l’assurance chômage se multiplier et se demandent si eux-mêmes pourront en bénéficier. Dans cette ambiance alarmiste entretenue par les présidents et premiers ministres qui se succèdent, le rapport du Conseil d’orientation des retraites apporte tout d’abord une réponse importante sur le système de retraite à la française : il est efficace. Démonstration.

Le niveau de vie ne diminue plus à la retraite

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Derrière cette expression de « petits vieux », il y a l’image de ces anciens au dos cassé, qui avaient travaillé toute une vie, dès le plus jeune âge, pour la finir dans la misère. Or, alors que le niveau de vie entre les retraités était inférieur à celui de l’ensemble de la population jusqu’au milieu des années 1990, il est aujourd’hui légèrement supérieur (105 % sur la moyenne des années 2012-2013). La France garantit le niveau de vie des plus de 65 ans le plus élevé des pays de l’OCDE. Cette situation pourrait cependant s’inverser à partir du milieu des années 2020 en repassant sous la barre des 100 % pour diminuer jusqu’en 2060. « Il s’établirait alors entre 74 % et 94 % selon les scenarios,

la valeur de 74 % étant proche de celle observée vers la fin des années 1970 ». Des projections réalisées à législation inchangée et qui conduirait à des excédents du système de retraite.

Moins de pauvreté

Autre aspect positif : les inégalités entre retraités sont plus faibles que parmi l’ensemble de la population. Les moins favorisés sont les personnes vivant seules, suite à un décès, un divorce ou qu’elles soient demeurées célibataires. Les retraités vivant en zone rurale sont également moins favorisés que ceux résidant dans de grandes agglomérations. Et les « jeunes » retraités ont un meilleur niveau de vie qui se dégrade en avançant en âge. « Le taux de pauvreté des retraités est assez stable depuis 20 ans (entre 8 et 10 %), et il est inférieur à celui de l’ensemble de la population (entre 13 et 15 %) », indique le rapport.

Des comportements de consommation différents

Une fois à la retraite, les habitudes de consommation évoluent. Elles se concentrent davantage sur le foyer, avec ses charges incompressibles, son équipement et l’alimentation. Les plus âgés, appartenant aux génération nées avant 1920-1930,


© Fotolia

La France garantit le niveau de vie des plus de 65 ans le plus élevé des pays de l’OCDE

sous-consomment, sans doute un effet de génération pour ceux qui étaient déjà adultes quand la société de consommation s’est imposée comme un modèle de société. Il faut cependant noter un différentiel de consommation entre les retraités et le reste de la population qui s’est réduit en passant

de 10 points avant l’an 2000 à seulement 3 à 4 points depuis 2011. Le rapport du Cor souligne que la satisfaction des retraités dans la vie est « relativement élevé chez les retraités », mais diminue à partir de 75 ans. Mathieu Ozanam

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Génération plus nombreuse

Nombre de retraités du régime général (2013) Isère

225 263 soit 18,3 % de la population

Part des plus de 60 ans bénéficiaires du minimum vieillesse (2013)

2,5 % soit 6 758 personnes

Loire

171 560 soit 22,7 % de la population

2,7 % soit 5 345 personnes

Rhône

313 136 soit 17,6 % de la population Source : Insee, Drus, Cnav

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3,3 % soit 12 359 personnes


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Génération plus nombreuse

C’est à SaintÉtienne, qui avait anticipé en créant dès 2012 une association de préfiguration d’un gérontopôle, qu’ont été jetées les bases d’un Gérontopôle Auvergne-RhôneAlpes le 1er octobre 2015, créant l’association éponyme.

G 28

© Émilie Massard

Naissance d’un Gérontopôle Auvergne-Rhône-Alpes

Les membres fondateurs du Gérontopôle Auvergne RhôneAlpes réunis pour son lancement en octobre dernier

aël Perdriau président de droit en tant que maire de Saint-Étienne de l’association de préfiguration du gérontopôle de Saint-Étienne, créée par son prédécesseur Maurice Vincent en 2012, a voulu dès son arrivée à la mairie en 2014 élargir le cercle de ses adhérents fondateurs, le CHU, la Mutualité et la Caisse de retraite des mines, à d’autres partenaires du territoire, en l’occurrence l’université Jean-Monnet, l’École nationale supérieure de la Sécurité sociale (EN3S) basée à Saint-Étienne, afin de l’asseoir sur « l’ensemble des compétences principales que nous avons à Saint-Étienne », rappelle Gaël Perdriau. Briguant un rayonnement régional, l’association Gérontopôle Auvergne-Rhône-Alpes., fondée en octobre 2015, a été d’emblée dimensionnée à cette aire et recueilli le soutien de l’Agence

régionale de santé (ARS). De quoi lui confèrer une validation nationale, se hissant dès lors comme quatrième gérontopôle régional après ceux de Nantes, Dijon et Toulouse.

L’adhésion des universités et CHU de Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble

La dimension régionale devra se confirmer par l’adhésion des universités de ClermontFerrand, Lyon et Grenoble ainsi que des CHU de ces métropoles démarchés aujourd’hui par leurs homologues stéphanois. Outre le Département de la Loire qui est venu s’associer à la démarche, « nous sommes en discussion avec la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail, Ndlr) qui souhaite s’impliquer dans le gérontopôle ainsi qu’un groupe


national, tourné vers l’autonomie, Coallia, de même que le groupe Orpéa, souhaitant aussi participer et apporter son expertise », annonce Gaël Perdriau pour compléter le tour de table qui constituera le groupement, auquel il faut ajouter les pôles de recherche et développement collaboratifs tels que le Campus santé innovation stéphanois, les pôles de compétitivité...

Un gérontopôle pour faire quoi ?

Le gérontopôle a vocation en effet de rapprocher et coordonner des acteurs publics et privés dans des actions ou projets ciblées de recherche et d’expérimentation. Plusieurs actions sont ainsi mises en œuvre : un laboratoire d’innovation collaboratif, le « living lab du bien vieillir » à la Cité du Design de Saint-Étienne ; la constitution d’une chaire d’enseignement

et de recherche Santé des aînés, partagé entre l’EN3S, l’université Jean-Monnet et le CHU de Saint-Étienne. Gaël Perdriau cite encore le projet de création d’un incubateur d’entreprises créatrices de produits et services liées au vieillissement, qui prendrait place dans les locaux pressentis du Gérontopôle Auvergne Rhône-Alpes, sur le site de l’hôpital de Bellevue à SaintÉtienne. Un bâtiment du CHU qui devrait être aménagé avant l’été pour accueillir l’équipe opérationnelle en partie constituée qui devrait s’élargir avec le recrutement en cours d’un directeur. Pour la viabilité de ses actions son le fonctionnement, le Gérontopole a recueilli déjà des financements publics de l’ARS à hauteur de 150 000 €, de la Région pour 175 000 € ainsi que de Saint-Étienne Métropole : 150 000 €. Daniel Brignon

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GÉNÉRATION SENIORS

Partie II p. 30-61

active

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Génération active

Joël de Rouville : « Toujours avoir un projet en tête »

© Fabien Rivier

Joël de Rouville poursuit ses activités à un rythme soutenu

«

La tête et les jambes » : pour reprendre le nom d’un célèbre jeu télévisé des années 60 et 70, c’est ainsi que l’on pourrait surnommer Joël de Rouville, l’un des correspondants de presse local « de choc » de L’ Essor Rhône, fidèle parmi les fidèles depuis presque 20 ans. Ce cadre supérieur à la retraite a toujours été et est encore dans l’action en permanence, qu’elle soit physique ou intellectuelle. Son principe de vie : « Toujours avoir un projet en tête, quel que soit son âge et les circonstances ». Un mur de sa propriété à reconstruire, une conférence sur l’histoire locale ou l’héraldique à préparer, un reportage à effectuer à la maison de retraite du village voisin ? Toujours prêt, et avec une même passion.

Rouletabille dans l’âme

Notre journal L’ Essor Rhône, Joël de Rouville le découvre un an après sa retraite, en 1997 : il reprend la correspondance pour faire connaître le syndicat d’initiative qu’il préside… Toujours pragmatique, Joël… Et Rouletabille dans l’âme : « Dans ma tête, j’ai toujours été journaliste. Lorsque j’étais jeune, j’allais voir le rédacteur-en-chef de L’ Echo-Liberté à Lyon, pour lui proposer des comptes rendus des compétitions d’escrime auxquelles je participais ». Car Joël a goûté à de multiples sports, de la boxe au rugby, en passant par le ski, le karaté et le bowling… Et à 82 ans, il continue à randonner, à un rythme soutenu bien sûr… Fabien Rivier 32


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Génération active

Maurice Veyssière : « Je préfère voir le temps qui passe plutôt que de le subir »

Maurice Veyssière, 64 ans, toujours consultant RH

I

l a derrière lui et devant lui 1 001 vies. À 64 ans, Maurice Veyssière a un parcours professionnel des plus riches. Et ce n’est pas fini. Son domaine de compétence : le management des ressources. Après avoir débuté en région parisienne, Maurice Veyssière a passé toute sa carrière à France Télécom entre Lyon et Saint-Etienne. Fin des années 1990, le Ligérien devient responsable des ressources humaines de la région. Jusqu’en 2004 où Maurice Veyssière est « invité » à prendre ses congés de fin de carrière. Un moment difficile pour le jeune senior. « Je ne me sentais ni has been, ni retraité. »

Bénévole puis à nouveau consultant

La nouvelle digérée, Maurice Veyssière rebondit avec une mission de consultant en Algérie. « J’étais une sorte de coach RH sur l’aspect managérial. » Pendant deux ans, il découvre un pays et une culture qui lui était inconnu. « J’avais la merveilleuse sensation de voir une nouvelle partie du monde. Cela a été, pour moi, un élargissement géographique mais aussi social. » A son retour, il prend du temps pour lui, pour sa maison. En 2008, il devient adhérent d’Ecti Loire une association qui permet à des seniors professionnels d’apporter un soutien dans le domaine économique à des entreprises, collectivités… Il en deviendra président. Mais deux nouvelles opportunités s’offrent au Ligérien en 2015 : aller à Djibouti en tant que consultant RH et en parallèle une mission au Bénin. Si Maurice Veyssière a, pour l’instant, le besoin et l’envie de poursuivre une activité professionnelle, il sait trouver le temps pour ses petits-enfants et pour apprendre des notions de guitare électrique. « Je préfère voir le temps qui passe plutôt que de le subir. » Marine Graille 34


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ARCHéologie du présent

5 MARS 2016 JAnvier 2017

nouvelle exploration des collections du musée

Boltanski | Calder | César | Duchamp | Klein Léger | LEVÊQUE | PicAbia | Picasso | Poirier Niki de Saint Phalle | Villeglé | Warhol … 35


Génération active

Colette Jean : « Je ne suis pas hyperactive, je vis »

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© Stocklib / Yang Jun

Colette Jean n’a jamais renoncé à enseigner

olette pourrait rester chez elle et en profiter pour jardiner ou méditer, mais elle ne conçoit pas sa vie sans échanges. Plus intéressée par le don et la transmission que par la pure activité, elle est engagée dans de multiples actions dans le but de partager sa philosophie : l’optimisme. Car elle n’a aucun problème avec son âge. Avec ses 72 printemps, elle ne se sent « pas vieille du tout », et profite du temps libéré par la retraite pour remplir ses journées de choses qui lui tiennent à cœur. « Je ne suis pas hyperactive, je vis », nous explique-t-elle.

« Il faut que je donne et que je transmette »

Cette ancienne professeure de mathématiques n’a jamais renoncé à l’éducation. Depuis qu’elle a fait valoir ses droits à la retraite, elle fait du soutien scolaire à la MJC de Voiron (Isère) une fois par semaine. Elle est aussi directrice adjointe de l’école Primevère, (établissement « hors contrat » qui travaille avec différentes approches pédagogiques : Montessori, Stainer, Freinet) où elle se rend également une fois par semaine. Quitte à enseigner, cette sportive qui pratique la randonnée est également professeur de yoga. Enfin, engagée pour l’écologie, elle est trésorière du Centre écologique Voiron-Chartreuse, et membres de diverses associations, (Pic-vert, Mapic…) « Ça ne m’occupe pas beaucoup, une ou deux fois par mois, plus des actions ponctuelles. » « J’aime le calme, j’aime jardiner, je fais de la méditation, je n’ai pas peur de m’ennuyer chez moi. Mais j’estime que dans ma vie j’ai eu beaucoup de chance, et j’ai beaucoup reçu. Il faut que je donne et que je transmette. De plus quand on donne on reçoit beaucoup. Mais tout ça n’a pas de lien avec la retraite, c’est une façon de voir la vie. J’ai choisi d’être optimiste ». Histoire d’enrichir un peu plus sa vie, Colette est aussi marraine d’une jeune fille indienne à qui elle permet de faire des études supérieures. Jeune fille rencontrée par le biais de l’association Alpes-Himalaya, dont elle est membre, et avec laquelle elle a déjà fait deux voyages en Inde. Caroline Thermoz-Liaudy 36


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Génération active

Jean-Paul Fau : « A la retraite, il faut avoir l’esprit ouvert et aller vers les autres »

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Jean-Paul Fau, 74 ans, ne compte pas les heures passées à diriger l’association de yoga

orsqu’en 2002, il prend sa retraite à 60 ans après une carrière bien remplie en tant que directeur commercial, Jean-Paul Fau a fait le choix de rester actif. Et comment aurait-il pu en être autrement ? Ce Viennois débute le rugby à 10 ans, alors que les écoles de rugby sont encore rares dans l’Hexagone et décide de quitter le terrain à 60 ans, à contrecœur.

« Encore beaucoup de projets à réaliser »

Cependant, il continue de pratiquer le hatha-yoga, au sein d’une association qu’il préside depuis 2003, succédant à son père qui l’avait fondée. « En l’espace d’une décennie, nous avons doublé le nombre d’adhérents avec à présent quatre cours par semaine. C’est un sport complet, jadis qualifié de sport pour seniors, qui s’est rajeuni, souligne Jean-Paul Fau. Nous organisons même des stages à destination des enfants. » Alors, même s’il ne compte pas les heures passées à diriger l’association de yoga, Jean-Paul Fau a également pris la présidence du centre social de l’Isle en 2010. Après des hauts et des bas, il tient tant bien que mal, la barre du conseil d’administration. « S’occuper des autres c’est bien, mais il faut aussi s’occuper des siens ! », lance le retraité actif qui accompagne ses quatre petits-enfants à leurs activités sportives tous les mercredis. Certes, le sport est son oxygène le moteur de sa santé mais à l’instar de tous les seniors, à 74 ans, Jean-Paul Fau a encore beaucoup de projets de voyages à réaliser. « A la retraite, il faut avoir l’esprit ouvert et aller vers les autres pour rester actif, sinon on ne viendra pas vous chercher », conclut celui qui n’est pas prêt de s’arrêter de courir. Sévim Sonmez 38


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Génération active

Le contrat de génération : pas encore le succès escompté Ce dispositif a été créé par le ministère du Travail pour favoriser le recrutement d’un jeune en CDI avec le maintien en poste et/ou - l’embauche d’un senior. Il a été hélas peu appliqué jusqu’ici. Didier Berger, président de l’Ordre des experts-comptables de la Loire

L

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e contrat de génération1 est un dispositif visant à favoriser le maintien en emploi des seniors, l’insertion durable de jeunes dans l’emploi et la transmission de compétences dans l’entreprise. Il comprend deux volets : la négociation d’accords collectifs (ou l’élaboration de plans d’actions) dans les entreprises de plus de 50 salariés et une aide financière pour les entreprises de moins de 300 salariés qui recrutent un jeune en CDI et maintiennent ou recrutent un salarié « âgé ». Ce dernier doit avoir au moins 57 ans à la date d’embauche du « jeune » salarié et 55 ans au moment de sa propre embauche. Le « salarié jeune » doit lui avoir moins de 26 ans à la date de l’embauche en CDI (au moins 16 ans pour un apprenti). Les

entreprises du secteur public sont exclues. La mesure est aussi applicable dans deux autres cas : lors de la transformation d’un contrat d’apprentissage en CDI dans la même entreprise, et lorsque le dirigeant est lui même âgé d’au moins 57 ans et qu’il recrute un jeune en vue de lui transmettre sa société. Dans ce cas, l’âge limite du jeune est porté à 30 ans. Les deux salariés doivent être en poste au sein de la société lorsque celle-ci formalise la demande d’aide. L’enveloppe est de 4 000 € par an. Elle est portée à 8 000 € si l’embauche est simultanée ou a lieu au plus tard 6 mois après celle du salarié âgé. L’aide est fixée au prorata de la durée d’exécution du contrat de travail de chaque salarié du binôme (arrivée ou départ en cours de trimestre).


La durée de l’aide est au maximum de 3 ans. Toutefois, l’entreprise ne doit pas avoir procédé dans les 6 mois qui précèdent à un licenciement dans la même catégorie professionnelle, autre que pour faute grave ou inaptitude au poste.

Un dispositif inadapté ?

© Stocklib

L’effet contrat de génération est au plan national encore loin de l’effet escompté par le gouvernement. Seulement un peu plus de 58 000 contrats avaient été signés en France à fin 2015. « Nous sommes dans un pays où le législateur ne vit pas avec nous, regrette Didier Berger, président de l’Ordre des experts-comptables de la Loire. « Les gens n’attendent pas une loi pour embaucher. Ils le font quand ils en ont besoin. Si l’entreprise entre dans le dispositif, elle bénéficie d’un effet d’aubaine, mais une grande majorité d’entre elles a moins de 10 salariés. Elles ont donc peu de probabilités de faire coïncider l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans

avec la présence en interne d’un salarié d’au moins 57 ans, et elles ne vont pas attendre qu’un de leur salarié ait au moins cet âgelà pour embaucher un jeune ! Ce sont les entreprises importantes qui ont le plus de chances d’avoir la ou les bonnes personnes dans leurs effectifs. » Or, seules les entreprises de moins de 300 salariés peuvent bénéficier de l’aide. « A noter aussi que les sociétés de grande taille sont mieux armées pour avoir connaissance des différents dispositifs existants grâce à leurs services internes mieux structurés. Si les petites entreprises n’interrogent pas leurs conseils, elles ne sont pas informées. A nous professionnels de leur adresser régulièrement des glossaires pour régulièrement porter à leur connaissance les mesures susceptibles de les intéresser. » Aline Vincent 1 www.contrat-generation.gouv.fr

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RHÔNE ET MÉTROPOLE Construire, Innover, Ensemble

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Valeurs d’entrepreneurs Visions croisées autour de l’entrepreneuriat avec Bruno Rousset

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Génération active

Quelle perception a-t-on de l’âge des seniors dans l’accès à l’emploi ? Pour sa troisième enquête sur « Les seniors et l’accès à l’emploi », A Compétence Egale interroge de nouveau les trois parties prenantes du recrutement : candidats de tous âges, recruteurs en entreprise et consultants en cabinet. L’agence donne la parole chaque année sur un ou plusieurs sujets touchant une problématique d’employabilité à cette population potentiellement discriminée. En 2016 : Quelle perception a-t-on de l’âge des seniors dans l’accès à l’emploi ?

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omprendre la différence de perception pour dépasser les clivages L’ambiguïté demeure sur la perception du mot « senior ». Pour les répondants, 50 ans est un tournant pour entrer dans la catégorie des seniors. Mais ce qualificatif est tantôt employé comme terme pudique pour une personne en fin de parcours professionnel, tantôt pour un salarié dont l’expertise est reconnue. D’ailleurs 70 % des entreprises et consultants en cabinet interrogés et 80 % des seniors considèrent que recruteurs et candidats n’ont pas la même conception de la « seniorité ». Pour les trois parties, on devient senior dès lors que l’on passe 15 ans sur le même poste ou dans le même secteur d’activité comme de dire qu’en dehiors des années d’expérience, on devient senior à partir de 50 ans.

L’âge, critère de sélection ? 90 % des seniors interrogés estiment que leur âge est considéré dans la prise de décision concernant l’issue de leur candidature. Alors que 81,5 % des recruteurs déclarent ne pas en tenir compte dans leur processus de sélection, ils déclarent pour autant (64 %) rencontrer des résistances de la part des managers opérationnels ou des clients. Il semble nécessaire de faire preuve de pédagogie et de transparence sur les méthodes d’identification et d’évaluation des compétences à l’égard des populations qui pourrait développer un sentiment d’injustice à tort. Les seniors toujours plus mobiles Quelle que soit la tranche d’âge des candidats interrogés en recherche d’emploi (45 ans +), 93,3 % de ceux-ci accepteraient de changer de fonction. Preuve que l’intérêt du travail prime sur la rémunération, 79 %


© Stocklib Katarzyna BiaÅasiewicz

des seniors concéderaient une diminution de leur salaire. 89,3 % des répondants consentiraient à une mobilité géographique pour décrocher un travail. Conclusion : être senior n’entame pas leur volonté d’accéder à de nouveaux défis. La possibilité de mobilité est en forte progression par rapport à une précédente enquête de 2014 : + 49 %.

Des freins persistants Les candidats projettent que le coût, la difficulté à être managé et le temps restant à travailler sont des obstacles persistants. Les recruteurs quant à eux rejoignent les seniors sur le coût et considèrent que les freins sont liés au surdimensionnement et la résistance aux changements, la difficulté d’intégration dans une équipe plus jeune accompagnée par une faible adaptation aux NTIC. Des actions de sensibilisation et de formation sont capitales pour combattre les stéréotypes et optimiser la performance des recrutements. En revanche, expérience, autonomie et expertise sont considérés comme les meilleurs atouts des seniors par les trois parties.

Produire des outils pour un recrutement plus juste Les résultats de ces enquêtes servent de base de travail à A Compétence Egale afin de réfléchir et produire des outils en faveur de l’ouverture de l’accès à l’emploi. Ils permettent non seulement de rendre les perceptions plus tangibles, mais aussi d’agir pour un recrutement plus juste. A Compétence égale (association de cabinets de recrutement) avec le soutien de Regionsjob Enquête réalisée entre octobre et février 2016 sur 688 candidats, 136 cabinets de recrutement et 119 entreprises de toute la France

+ 8,4 % de chômage en un an

Les candidats à l’emploi de 50 ans et + sont les plus touchés par le chômage en France : + 8,4 % sur 1 an. Les femmes sont encore plus défavorisées face au chômage + 9,2 %. Chiffres Dares- Pôle emploi sur la période allant de décembre 2014 à décembre 2015 45


Génération active

L’encadrement de ces retraités est très « pro »

© Stocklib / Luca Bertolli

Les professionnels seniors de l’association « Ecti » continuent à faire pro�iter aux projets de petites entreprises et collectivités de leurs expériences d’anciens cadres. Ils sont ainsi 320 bénévoles, rien qu’en RhôneAlpes. Et ils recrutent.

50 % des missions concernent le monde de l’entreprise

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ls ont une expérience considérable à faire valoir. Mais sûrement pas à revendre. Les seules notes qu’envoie l’association Ecti (Entreprises, collectivités territoriales insertion professionnelle) pour ses interventions, correspondent aux frais engagés dans le cadre d’une mission. Et cela s’arrête là. « Nous n’avons aucun but lucratif mais nous ne touchons aucune subvention », précise André Palatre, 65 ans, à la tête de la délégation Rhône-Alpes/Auvergne, issue de la fusion des deux anciennes délégations régionales. Sur 2 500 bénévoles que compte Ecti en France, environ 320 adhérent depuis Rhône-Alpes dont une soixantaine dans le Rhône, une cinquantaine en Isère et une trentaine dans la Loire.

Un réseau national

L’association Ecti fut à l’origine constituée par d’anciens cadres de grands groupes « soucieux d’aider les pays sortant de la colonisation ». Contexte lointain : malgré 300 à 400 missions à l’étranger, Ecti agit avant tout sur l’Hexagone avec 1 200 missions annuelles en France (dont 100 à 150 en Rhône-Alpes). 50 % des celles-ci concernent des entreprises, le plus souvent des PME et TPE ne pouvant pas se payer le luxe de consultants ou en panne sèche sur leur R&D. Anciens chefs d’entreprises, cadres dirigeants, ingénieurs… les membres d’Ecti sont à 90 % issus du monde de l’entreprise et souvent sortis de grandes


écoles où ils ont commencé à forger leur réseau. Ils se disent « reconnus dans plus de 50 spécialités (marketing, productique, finance, management, export...) ». Car « c’est la compétence qui compte avant tout, insiste A. Palatre. Nous avons vécu, expérimenté une multitude de situations, connu le succès ou l’échec. Nous pouvons transmettre ce qu’il convient de faire ou pas. » Une compétence que ces seniors professionnels mettent donc au service d’une entreprise dépourvue de moyens, par exemple, pour mener à bien une stratégie commerciale, des innovations technologiques ou même des techniques de gestion, de ressources humaines. Une société de Saint-Priest, distributrice de produits industriels a des problèmes pour faire évoluer l’ergonomie des postes par rapport à une nouvelle chaîne de production ? Ecti l’aide à trouver une solution. Une jeune pousse informatique de Grenoble connaît un développement radical mais ne sait pas comment s’y prendre côté ressources humaines ? Ecti les initie. Une entreprise du Beaujolais veut développer un moteur mais peine à trouver

© Stocklib

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Les membres d’Ecti se disent « reconnus dans plus de 50 spécialités : marketing, productique, �inance, management, export...

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Génération active l’aide d’un spécialiste ? Ecti le déniche dans les Vosges. Car c’est aussi là l’une des forces de l’association : peu importe le lieu de la demande, les intervenants peuvent venir de toutes la France. Comme en 2014, lorsque trois petites entreprises métallurgiques de Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire, souhaitant se lancer ensemble dans le démantèlement nucléaire ont pu profiter d’un rapport d’Ecti sur le marché et des conseils d’un ancien « crack » de Total.

Une mission sociale

Un savoir-faire dont peuvent aussi bénéficier les petites communes de moins de 2 500 habitants quand il s’agit, désarmés, d’élaborer un plan de sauvegarde ou d’accessibilité. L’investissement de l’association porte aussi sur le monde de l’enseignement. « En attendant de pouvoir toucher les universités difficile à pénétrer, nous intervenons fréquemment sur la sensibilisation au monde de l’entreprise

« Aujourd’hui je renvoie l’ascenseur »

Ex élève d’HEC puis notamment directeur commercial et directeur général de filiale au sein de Limagrain, n°1 européen des semences, André Palatre, 80 ans tient à « rester dans le coup, être actif vis à vis de ce qui se passe ». Car pour le délégué RhôneAlpes/Auvergne d’Ecti qui n’a pas hésité à créer sa propre petite société une fois à la retraite il y a 15 ans, « plus on est dans le coup et actif, plus on garde la santé. Et puis la transmission d’expériences, des connaissances, c’est passionnant tout simplement. J’ai eu la chance de connaître les bonnes années, aujourd’hui j’ai envie de renvoyer l’ascenseur. » 48

Pas là pour prendre le travail des autres « Nous analysons prudemment les demandes, nous ne devons pas prendre un marché potentiel ou la place d’un salarié, avertit A. Palatre. Aussi, nous refusons toutes missions répétitives demandées par une entreprise ou quand elle a les moyens de se payer un consultant. D’ailleurs, si nous sommes sollicités sur un projet alors qu’un cabinet de consultants l’est aussi dans le même temps nous nous retirons. Parfois ce sont des consultants qui faisant chou blanc, nous font appel à nous ! » au sein des collèges, des lycées, voire parmi des BTS, précise A. Palatre. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur il s’agit plus d’aider les élèves de grandes écoles à réaliser leurs projets sous forme de coaching, de corrections de copie, de jury… » A Lyon, CPE, 3 A, Esdes ; à Grenoble, l’INPG et à Saint-Etienne, l’Ecole des mines de Saint-Etienne, font régulièrement appel à Ecti. Quatrième volet d’activité, une mission sociale et d’insertion, quand il s’agit d’aider un changement de carrière, lancer son entreprise. Sans oublier enfin des interventions dans les prisons auprès des détenus libérables pour leur réinsertion professionnelle. « Notre association évolue vers plus d’organisation, de rationalisation, de rigueur de gestion pour faire face aux missions que nous nous sommes fixés, note A. Palatre, On a tendance à se professionnaliser. Maintenant, il n’est pas aisé de recruter et restons ouverts aux propositions, notamment des représentants de professions libérales peu nombreux chez nous. » Xavier Alix


Génération active

Les métiers manuels enseignés aux enfants Quoi de plus beau que de transmettre son savoirfaire lorsque l’on a fait son temps dans la vie professionnelle, que l’on a encore la passion et bon pied bon œil ? C’est le cœur de l’activité bénévole de « L’Outil en main », association créée il y a plus de 20 ans à Troyes dans l’Aube, et qui maintenant, compte 137 antennes partout en France.

D’

scolaires. Le but ? Découvrir des métiers tels que menuisier, plombier, ferronnier, plâtrier, peintre… Lors d’ateliers de trois heures, qui se soldent généralement par un bon goûter. Les enfants et jeunes ados se passionnent

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© Outil en main

anciens professionnels de tous les métiers ayant trait au patrimoine encadrent tous les mercredis aprèsmidis, des enfants de 9 à 14 ans tout au long de l’année, hors périodes de vacances

D’anciens professionnels de tous les métiers ayant trait au patrimoine encadrent tous les mercredis après-midis, des enfants de 9 à 14 ans

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© Outil en main

Génération active

En Auvergne-Rhône-Alpes, on trouve deux antennes en Isère (La Flachère et Viennois-Roussillonnais) deux dans le Rhône (Saint-Symphorien-sur-Coise, Val-de-Saône), deux dans la Loire (Roannais et SaintEtienne)

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à apprendre le travail du bois, du métal, de la peinture, de la pierre et autres, avec, en point d’orgue, la fabrication d’un objet qu’ils emportent. « A Saint-Etienne, l’association compte 32 enfants et 36 formateurs papys et mamies (trois dames seulement), expliquent le président Mario Lorenzet, pour un coût moyen de 125 € l’année (3 € à 3,50 € environ par mercredi). Le but n’est pas de faire des apprentis à tout prix, d’ailleurs, très peu se dirigent vers l’apprentissage, beaucoup font des études supérieures et cette expérience est souvent un « plus » sur leur CV lorsqu’ils vont, plus tard postuler sur un emploi. » Si les

formateurs sont bénévoles, l’organisation et les matériaux coûtent cher.

« Nous avons pléthore de demandes »

Pour réunir d’excellentes conditions d’accueil et d’enseignement, c’est grâce aux sponsors et subventions que les associations s’en sortent. « La Fédération du bâtiment est notre principal financeur dans la Loire, explique le responsable de LoireSud. » Anciennement hébergé par le CFAMiche Cluzel, L’Outil en main ligérien prend ses quartiers dans les locaux même de la Fédération du bâtiment, avec un atelier


Regroupée en fédération nationale, L’Outil en Main a toujours été fortement soutenue par le groupe d’assurances AG2R. En Auvergne-Rhône-Alpes, on trouve deux antennes en Isère (La Flachère et ViennoisRoussillonnais) deux antennes dans le Rhône (Saint-Symphorien-sur-Coise, Val-deSaône) et une deuxième antenne ligérienne en Pays roannais. « Devant le succès rencontré, une antenne à Montbrison et une au Puy-en-Velay pourraient suivre », conclut le président ligérien. Eric Séveyrat www.loutilenmain.fr

© Outil en main

de 250 m2. Le budget d’une association telle que celle de Loire-Sud, qui est l’une des plus importantes en France, avoisine les 100 000 € annuels dont les deux tiers proviennent de la Fédération du bâtiment. « Nous avons pléthore de demandes, reprend Mario Lorenzet, et une liste d’attente pour l’année prochaine, chaque année, les enfants font un voyage de fin d’année, on organise un barbecue, on leur décerne un diplôme… Nous avons 17 métiers à notre actif que les enfants abordent tous en deux ans. Un 18e métier, le jardinage, pourrait venir allonger la liste si nous trouvons un formateur… »

Les enfants et jeunes ados se passionnent à apprendre le travail du bois, du métal, de la peinture, de la pierre 51


Génération active

Le bénévolat, bien plus qu’un passe-temps « Girl power ! » proclament les féministes. Alors que les milieux associatifs voient leurs rangs se grossir de « têtes argentées » au �il des ans, les retraités pourront-ils bientôt scander à leur tour « Silver power » ?

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es seniors occupent une place importante dans le bénévolat. Sur 12,7 millions de bénévoles engagés dans des associations, 3,9 millions ont plus de 65 ans, soit un tiers. France Bénévolat estime même que le potentiel pourrait être de 3 millions de retraités supplémentaires. Les enjeux sont

loin d’être négligeables, d’abord en termes économiques. La filiale assurantielle du groupe bancaire HSBC évalue que le travail bénévole des seniors en France représente l’équivalent de 7,5 Md€ par an. C’est également vrai en termes de santé. Le maintien dans la vie active en participant à des activités sociales génère des effets bénéfiques qui ont pu être mesurés. « L’enquête SHARE portant sur 22 000 Européens de plus de 50 ans, démontre que les personnes pratiquant une activité physique ou non professionnelle (bénévolat, aides aux personnes, participation à une formation, etc.) présentent des fonctions cognitives de 2 à 3 ans plus “jeunes“ que les autres », relatent deux jeunes polytechniciens et ingénieurs des Mines, Pierre-Etienne Girardot et Yann Song dans leur mémoire Ré-impliquer le troisième âge dans la sociétés. Le bénévolat serait donc un moyen pour « bien vieillir ».

Des niveaux d’engagements variés

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Joël Jourda : « Les seniors qui deviennent bénévoles veulent se donner une nouvelle identité après leur vie professionnelle »

Les médecins vont-ils se mettre à prescrire une activité associative en plus des conseils de nutrition ou de pratique physique régulière ? Ce n’est cependant pas parce


que l’emploi du temps s’allège ou tout du moins est moins soumis à des contraintes professionnelles que les jeunes retraités s’engagent tous dans des associations. « Ce n’est pas une démarche automatique », constate Joël Jourda, président de l’Asso 42, une fédération d’association de SaintEtienne et de la Loire. « C’est en règle générale parce qu’elles ont déjà une culture personnelle du bénévolat ou de la vie associative, que les seniors rejoignent une association à l’heure de la retraite. » Et encore faut-il distinguer le niveau d’engagement. Le statut de bénévole correspond à trois critères : l’adhésion à une association, l’exercice d’une activité non rétribuée en son sein et y consacrer au minimum 2 heures par semaine en moyenne annuelle. Une façon de mesurer la continuité de l’implication. Ce n’est donc pas tout à fait

la même chose de venir donner un coup de main pour une manifestation annuelle et d’être élu au conseil d’administration d’une association ou d’y jouer un rôle actif. Les motivations pour s’engager dans le bénévolat sont aussi diverses que les profils des « plus de 65 ans ». Une typologie qui ne recouvrent pas la multiplicité des parcours, des niveaux d’études, de revenus, etc. « Les seniors qui deviennent bénévoles veulent se donner une nouvelle identité après leur vie professionnelle, parfois en faisant bénéficier leur association de leurs compétences avec l’idée de transmettre son savoir-faire, mais c’est parfois aussi l’occasion de faire tout autre chose que ce que l’on a fait pendant toute sa vie », témoigne Joël Jourda. Le passage à la retraite est un tournant important de la vie qui amène en effet le senior à redéfinir sa place dans la société. La pyramide de Maslow est à reconstruire, •••/•••

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Génération active pour reprendre la note de Pierre-Etienne Girardot et Yann Song. Le psychologue américain Abraham Maslow a défini les besoins humains sur une échelle qui repose d’abord sur des besoins primaires de survie (se nourrir, se loger), puis de sécurité, d’appartenance ensuite pour s’élever vers les valeurs « nobles » d’estime de soi et de réalisation de soi. A la retraite, les seniors ont dans leur grande majorité satisfait leurs besoins primaires, il leur faut reconstruire ce qui fait leur estime et leur permet de se réaliser pour donner un sens à sa vie. Mathieu Ozanam

Malika, de Numidya : « Ce qui me fait avancer… »

© Georges Rivoire

C’est en juillet 2001 que Malika Sidous a créé l’association Numidya de promotion de la culture berbère, et plus largement d’ouverture aux autres. Une association, qui comme beaucoup d’autres a connu des fluctuations au fil de son histoire et compte aujourd’hui 130 adhérents. « Je voulais transmettre les valeurs que mes parents m’avaient inculquée », explique sa présidente qui n’en est pas à sa première association. « Je suis dans le milieu associatif depuis 1994. » Mais des divergences de point de vue la poussent à quitter cette première association. « Je m’étais dit que je ne recommencerai pas », se souvient-elle un peu échaudée. « Mais

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on est venu me chercher pour monter Numydia. » Sa motivation c’est le « besoin d’aller vers les gens, de donner. Ce qui me fait avancer c’est l’humain, le respect. Ce n’est même plus seulement la promotion de la culture berbère ! » Malika va au contact de collégiens en qualité d’intervenante psycho-sociale. « Je fais travailler les enfants sur l’appartenance, la responsabilité. Je les amène à prendre confiance en soi, à trouver sa place parmi les autres. » Des rapports pas toujours évidents, mais le proviseur voit des améliorations dans le comportement de ses élèves. L’engagement associatif n’est pas une mince affaire. « Ce n’est pas que les jeunes s’investissent moins, c’est qu’il y avait avant plus de militantisme. Aujourd’hui quand ils viennent, il faut que cela leur rapporte quelque chose. Ils viennent d’abord pour eux, pour se faire plaisir. » Le constat est connu et partagé par d’autres associations. Toujours enjouée et positive, Malika conclue : « mais on s’adapte et on fait attention à ne pas trop demander. » Malika Sidous est dans le milieu associatif depuis 1994


LES MAISONS FAMILIALES RURALES RÉVÈLENT LES TALENTS PA S S I O N

MÉTIERS

TERRITOIRE

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Génération active

Ces syndicalistes qui Certains retraités prolongent leurs activités dans le monde associatif, en mettant leurs compétences d’anciens cadres à disposition d’entreprises ou

René Ducarre : « Je ne me vois pas, abandonner le terrain de la vie syndicale »

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ené Ducarre, Ligérien, à la CFDT depuis 1972. Délégué syndical dans les années 1990, il a également siégé au CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de 1989 à 2014.

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« J’ai été objecteur en service civil dans les années 1970, j’ai fait partie d’un mouvement de jeunes équivalent à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) donc la continuité dans une forme de lutte me paraît évidente. J’ai vécu beaucoup de réalités sociales très différentes et complexes, je ne me vois pas, à part en cas de grave maladie, abandonner le terrain de la vie syndicale. En 1988, j’ai changé d’orientation professionnelle et je suis devenu éducateur technique à l’Adapei dans un ESAT à GrandCroix (Vallée du Gier, Ndlr). Avec des collègues on a fait grandir la section CFDT dans laquelle nous étions une quinzaine d’élus et une quarantaine d’adhérents au départ. Je suis à la retraite depuis le 1er juin 2014, je poursuis mon engagement syndical en assurant des permanences à la CFDT auprès de personnes sur le point de passer à la

retraite qui ont notamment des difficultés à constituer leur dossier à partir de leur relevé de carrière. Ce sont majoritairement des femmes qui viennent aux permanences car ce sont elles qui ont le plus de carrières hachées, déstructurées, du fait des enfants mais aussi d’une précarité souvent importante dans l’emploi dans les années 1970, 1980, 1990… Je n’ai pas l’impression que les choses aient beaucoup changé actuellement. »


prolongent le combat encore en transmettant leurs savoir-faire manuels aux jeunes. D’autres ont choisi de poursuivre le combat syndical… Exemples.

Jacques Perret : « Le syndicat m’a formé, je ne peux décemment pas dire “j’arrête“ »

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acques Perret, Stéphanois, ancien cheminot, est engagé dans le syndicalisme depuis 1961. Retraité de la SNCF depuis 1997, il est aujourd’hui notamment responsable de l’Union départementale des retraités FO de la Loire. « Continuer le syndicalisme après la retraite me paraît normal. Quand vous avez milité toute votre vie, que vous avez défendu de nombreux collègues et causes, vous continuez. Le syndicat m’a formé, instruit dans les démarches à faire etc., je ne peux décemment pas dire “j’arrête parce que j’ai envie de profiter tranquillement de ma retraite.“ Je suis rentré en 1960 à la SNCF, et j’ai pu me syndiquer l’année suivante une fois titularisé. J’ai pris conscience qu’il fallait que nous poursuivions la voie que nos anciens avait ouverte. Après avoir été adhérent à la CGT, j’ai été attiré par la ligne “libre et indépendant“ de FO. J’ai commencé sur le terrain en tant que simple adhérent et en 1983 j’ai pris la responsabilité du syndicat FO des cheminots de la Loire. Aujourd’hui je suis responsable de l’Union départementale des retraités FO

de la Loire, il y a quelques temps encore j’étais responsable des cheminots en Rhône-Alpes à la fédération nationale, je m’occupe actuellement d’une association de retraités à La Talaudière et aussi du syndicat départemental des personnels des entreprises de la propreté. Cette dernière occupation me prend beaucoup de temps, il s’agit d’aider ce personnel dont 99,9 % sont des femmes maghrébines, la plupart illettrées, qui se font truander par les boîtes. Je m’occupe aussi des protocoles électoraux pour les élections professionnelles. »

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Génération active

Marie de Hennezel : « La sexualité ne peut pas être mécanique à 60 ans »

D’

Marie de Hennezel, psychologue native de Lyon, anime des séminaires sur l’art de bien vieillir et de rester « désirants ». Elle a publié en 2015 Sex&sixty chez Robert Laffont qui vient d’être publié chez Pocket, enrichi d’une postface et sous un titre nouveau : L’âge, le désir et l’amour. Entretien.

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où vous est venue l’idée de publier un ouvrage sur la sexualité après 60 ans ? D’abord parce que je suis concernée moi-même, et ensuite parce qu’animant des séminaires sur l’art de bien vieillir et de rester désirant pour Audiens, la mutuelle des journalistes, des gens du spectacle et de l’audiovisuel, je me suis rendue compte que les hommes et les femmes qui suivent mon séminaire souhaitent qu’on aborde cette question trop tabou. Justement, pourquoi le sexe chez les seniors est-il un sujet tabou ? Le sexe est associé à la jeunesse, au corps jeune, et quand j’aborde la question des amours de vieillesse, et que les gens réalisent que ce n’est pas du tout platonique, qu’il y a bien un plaisir charnel et sensuel à être au contact du corps d’une personne que l’on aime, une partie des gens est émue, l’autre est choquée. Vous expliquez que 70 % des seniors « tournent la page ». Comment expliquez vous ce chiffre ? Est-ce que vous pensez que ce chiffre puisse baisser dans les 20 ans à venir ? Ces chiffres sont donnés par l’étude Korian sur les sources de plaisir après 60 ans. Il y a plusieurs causes : 1) le fait que si l’on n’a pas été porté sur la chose, plus jeune, on ne le devient pas en


© Stocklib Huni

« Ceux qui ont toujours aimé faire l’amour, continueront à aimer le faire »

vieillissant. Question donc de tempérament. 2) le fait que le sexe soit associé à la jeunesse. C’est une image qui entrave certains sexagénaires. Ils se disent : « ce n’est plus de mon âge » Passons à autre chose ! 3) le vieillissement sexuel qui affecte les organes. Les hommes perdent leur érection, les femmes lubrifient moins. Il y a bien sûr des réponses médicales à ce vieillissement du corps, mais tous n’ont pas envie d’y recourir. 4) le sentiment qu’en prenant de l’âge on devient moins désirable. Moins aimable. C’est l’estime de soi qui est atteinte. Le fait que des gens célèbres comme Macha Méril qui a 76 ans, et qui soit-dit en passant n’a eu recours à aucun lifting, dise qu’elle continue à aimer faire l’amour et qu’elle est réconciliée avec son corps et son image,

montre que si l’estime de soi n’est plus au rendez-vous, on tourne la page. 5) la solitude, qui est un réel obstacle, surtout quand elle est subie après une séparation ou un veuvage. 6) l’ignorance dans laquelle on est à cet âge de la possibilité de vivre une sexualité « autre ». Nous sommes enfermés dans les normes sexuelles jeunistes qui semblent dire qu’en dehors du coït, pas de sexualité possible.

Quelles sont, selon vous, les clefs du bonheur sexuel et sentimental après 60 ans ? Ce bonheur ne concerne donc pas tout le monde. Ceux qui ont toujours aimé faire l’amour, continueront à aimer le faire. Ils feront ce qu’il faut pour cela : aller voir un

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Génération active médecin si nécessaire, aller sur des sites de rencontres quand on est seul, prendre soin de soi et de son image, se faire plaisir, et si l’on forme un couple nouveau après 60 ans, trouver une manière intelligente d’être bien ensemble, avec humour et bienveillance. Oublier le passé, et explorer une sexualité nouvelle, plus lente, moins performante Vous abordez dans votre ouvrage la pratique du Tantra. De quoi s’agit-il ? On peut aussi s’intéresser à ce qu’apporte le Tantra, c’est à dire une pratique sexuelle très ancienne, née en Inde, il y a 5 000 ans, consciente, presque méditative, de la sexualité. A cette époque, et dans ce pays reculé du monde, on avait une expérience spirituelle, mystique de la sexualité, comme voie d’accès au divin. Dans un texte très intéressant, Barry Long écrit : « les sexes savent faire l’amour. Il suffit de les laisser faire, de ne rien leur imposer d’appri ou de convenu. Ils s’aimantent et les amants n’ont qu’une chose à faire, habiter consciemment la partie du corps où ils éprouvent du plaisir ». C’est cette manière lente et consciente de faire l’amour pour atteindre une sorte de communion érotique qui est parfois recherchée par des sexagénaires qui en ont assez des normes réductrices de la sexualité.

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Les hommes et les femmes vieillissentils de la même manière sur le plan sexuel ? Si le beau vieillard aux tempes grisonnantes reste une preuve que l’Homme gagne peutêtre en séduction, il peut être très vite confronté aux défaillances de sa virilité, et perdre confiance en lui. La femme devra opérer une « révolution narcissique », ne plus être obsédée par les changements de son visage et de sa peau, et cultiver sa « beauté intérieure ». Etre la plus rayonnante possible. C’est le défi : « ridée ou radieuse ? »

Si la femme est sensuelle et amoureuse, elle peut aider un homme du même âge qu’elle à trouver le chemin d’une intimité érotique différente. Les femmes peuvent être alors des initiatrices.

Dans votre ouvrage vous expliquez que la sexualité et l’amour sont indissociables. A 60 ans on ne peut donc pas faire l’amour sans sentiment ? Cela semble difficile. La sexualité ne peut pas être mécanique à 60 ans. Elle peut l’être à 30 ans. Elle devient donc nécessairement relationnelle. Il faut de l’intimité et du plaisir à partager cette intimité des corps, et cela s’appuie forcément sur du sentiment. Tous les couples âgés ayant encore une intimité charnelle m’ont semblé être des couples amoureux. Vous parlez d’une forme de diktat du plaisir sexuel. En quoi, selon vous, cela peut-il expliquer certains couples une absence de désir ? Les normes sexuelles véhiculées par les médias - il faut jouir de telle ou telle manière, faire jouir comme ci ou comme ça - l’impression que l’on a que l’on n’est pas normal si on ne connaît pas l’orgasme, mais aussi toutes les images véhiculées par le porno et Internet, finissent par tuer le désir. On sait que le désir a besoin de mystère.

En quoi la vie amoureuse est-elle épanouissante pour les plus de 60 ans ? On se sent jeune quand on a une vie amoureuse. Toutes les études montrent que l’activité sexuelle retarde le vieillissement. Les Chinois avaient compris cela il y a très longtemps. Pour vivre longtemps et en bonne santé, le Tao de l’art d’aimer préconise de mettre tous les jours en contacts les sexes, sans chercher à atteindre quoi que ce soit. Juste mettre les énergies Yin et Yang en contact.


Certains couples mariés depuis plusieurs décennies se séparent, l’un des deux étant désireux de connaître une nouvelle histoire sentimentale. Comment analysez vous cela ? Ils veulent se donner une dernière chance de réussir un couple ou tout simplement préfèrent retrouver leur liberté, s’occuper d’eux, plutôt que de rester dans un couple qui a perdu sa substance amoureuse, où l’ennui et l’habitude se sont substitués à l’intimité, la vraie intimité. Propos recueillis par Marine Graille Cité dans la version pocket de Sex and Sixty, L’âge, le désir et l’amour p 147

L’âge, le désir et l’amour Sex and sixty paru en mars 2014 est désormais disponible en format de proche sous le nouveau titre : L’âge, le désir et l’amour. L’ouvrage revient donc sur l’un des sujets tabou de notre société : la sexualité des séniors. Marie de Hennezel a alors interrogé des spécialistes sur ces questions comme le sexologue et psychothérapeute François Parpaix. L’auteure s’est par ailleurs appuyée sur de nombreux témoignages de seniors. Au fil des pages, Marie de Hennezel, nous fait connaître des courants orientaux basée sur l’énergie sexuelle comme le tantrisme. Point par point, elle démonte toutes les idées reçues telles que la sexualité est le monopole de la jeunesse ou encore que la vie sexuelle s’arrête après 60 ans… Un livre qui rassurera autant les seniors que… les jeunes générations.

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GÉNÉRATION SENIORS

Partie III

connectée p. 62-89

TS HUMAINS CRIFIER NOS RAPPOR SA S PA E N « : ÉS 64-65 REGARDS CROIS MODERNITÉ » SUR L’AUTEL DE LA ATEURS ETTES ET DES ORDIN ILISATION DES TABL UT ’ L E IFI PL SIM OO 7 IDE

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CIAL TÉE AU MÉDICO-SO LA DOMOTIQUE ADAP

UNE BALISE

LES PERSONNES GPS POUR RETROUVER

ET OBJETS PERDUS

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76 SENIORS CONCEPT

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INNOVER NQUES POUSSENT À COLLECTIVITÉS ET BA

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TONOMIE AUTONOM@DOM® : L’AU

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DU FUTUR EN ISÈRE

LA TÉLÉMÉDECINE ACTEUR LIGÉRIEN DE


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© Laurent Marchandiau

Génération connectée

Regards croisés : « Ne pas sacrifier nos rapports humains sur l’autel de la modernité » Internet, la démocratisation de l’informatique dans les foyers, les smartphones et tablettes tactiles… L’usage des technologies d’information et de communication (TIC) modi�ie notre société et les rapports humains. Et peu importe l’âge. Marianne a 34 ans, Daniel et Hélène ont respectivement 70 et 84 ans. Regards croisés entre générations d’utilisateurs.

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omment les TIC ont modi�ié votre rapport à la société ? Marianne (34 ans, secrétaire indépendante) : « L’essor des TIC fait que l’on se parle moins. Internet s’avère un formidable outil de recherche, mais il faut savoir faire le tri dans les informations qui s’y trouvent. En parallèle, les moyens de communication se sont accrues avec une

faciliter d’échanger tout comme de dévoiler notre vie privée sur les réseaux sociaux. C’est pratique pour joindre des personnes distantes, mais cela devient parfois trop impersonnel, les rapports humains réels se font plus rares. » Daniel (70 ans, retraité) : « Aujourd’hui, c’est un peu difficile de se passer de ces outils. Rien qu’au niveau administratif,


l’État nous pousse à réaliser nos démarches en ligne telles que nos déclarations de revenus. » Hélène (84 ans, retraité) : « Internet est très pratique lorsque l’on veut avoir des renseignements. Avec les outils informatiques, il est possible de correspondre avec quelqu’un malgré la distance. Par contre, ce n’est pas naturel du tout, surtout lorsqu’on n’a pas eu l’habitude de s’en servir dans notre vie professionnelle. Il faut apprendre à manipuler un ordinateur et pratiquer au quotidien. J’ai dû prendre des cours d’informatique, car il devient difficile de se passer de ces outils aujourd’hui. » Quel usage en faites-vous au quotidien ? Marianne : « Au niveau professionnel, cela me permet de trouver des clients, de les tenir informer par mails… C’est pratique pour faire ses démarches administratives en ligne, de commander des produits, de réserver nos vacances… Nous avons accès à de multiples services ! » Daniel : « Avant, nous n’avions qu’un téléphone fixe à la maison pour passer des appels, voire des cabines téléphoniques, en disparition aujourd’hui. On appelait moins souvent. Maintenant, tout le monde à un smartphone et cela ne nous viendrait pas à l’idée de partir sans notre smartphone. Cela nous permet de garder le contact. De même avec Skype et nos enfants et petits-enfants. » Hélène : « Internet donne accès à un ensemble d’information. Je m’en sers pour effectuer quelques recherches techniques par exemple pour savoir comment monter un abri de jardin, mais aussi pour commander. Au niveau administratif comme ma déclaration d’impôt, j’ai toujours peur de me tromper, heureusement que mes enfants sont là pour m’aider. »

De quelle manière les TIC ont fait évoluer la société ? Marianne : « L’usage des TIC a accéléré l’information. Tout va trop vite et nous manquons parfois de recul. Cela a modifié nos comportements. Nous avons trop l’habitude d’avoir tout rapidement. Il faut réapprendre à prendre le temps de faire les choses. Idem avec les smartphones, nous les regardons tout le temps au point d’en devenir esclaves ! Il ne faut pas abuser des TIC. » Daniel : « Nous pouvons nous poser la question de la protection de la vie privée à l’heure où il existe de nombreux réseaux sociaux. Nous ne savons pas précisément quelles données et à quelles fins ces entreprises telles que Facebook, Twitter ou Instagram les utilisent : cela peut servir à établir des statistiques, à ficher des individus... Au XIIIe siècle, c’était l’Église qui récoltait les données et le savoir des personnes. Maintenant ce sont les réseaux sociaux qui s’en chargent. » Hélène : « L’usage d’Internet est à double tranchant. Cela simplifie notre quotidien, mais il faut se méfier des spams. D’autre part, cela a modifié les relations dans la population et il ne faut pas sacrifier nos rapports humains sur l’autel de la modernité. Nous sommes plus informés. Paradoxalement, il faut être très méfiant sur tout ce qui se raconte sur le web comme à la télé et prendre du recul. Ce qui n’est pas évident dans une société ou l’information est instantanée. » Propos recueillis par Laurent Marchandiau

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Génération connectée

Ideoo simplifie l’utilisation des tablettes et des ordinateurs

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ossier Systèmes n’est pas à son premier coup d’essai ! Après avoir lancé en 2008, Ordimemo, le premier ordinateur / tablette spécialement destiné aux séniors, la SSII basée à SaintMarcellin (Isère) élargit son offre avec ideoo, un service Internet dédié aux nontechnophiles. « Notre objectif consiste à simplifier l’usage de l’informatique en regroupant au sein d’une interface web, les services permettant de communiquer, de surfer sur la toile, de visualiser les photos, le tout d’une manière simple et intuitive », précise François Pernice, fondateur de Dossier Systèmes. Et de poursuivre : « pour tous les possesseurs de tablette ou d’ordinateur, ideoo permet de démarrer facilement dans le monde informatique grâce à des applications pensées et adaptées, et des textes et pictogrammes plus grands que sur une interface standard. »

© DR/Ideoo

Faciliter l’utilisation de l’informatique. Tel est l’objectif de l’application Ideoo. Développé par la société iséroise Dossier Systèmes, ce service destiné aux non-technophiles simpli�ie la communication avec ses proches tout comme la navigation sur le web.

François Pernice, fondateur de Dossier Systèmes

Faciliter l’usage de l’informatique La force d’ideoo repose sur sa conception multi-plateforme et sa simplicité. Car même si les seniors sont de plus en plus connectés, l’usage des nouvelles technologies ne leur paraît pas naturel et reste parfois difficile


à utiliser du fait de leur complexité. « Ce sont souvent des personnes qui n’ont pas vécu au travail avec un PC. Ils ne sont pas familiarisés avec cet outil qui leur fait même un peu peur. Et pourtant, ils ont envie d’y aller, mais veulent quelque chose de plus ludique et lisible. C’est ce que leur apporte ideoo. » Accessible directement à partir d’un navigateur Internet, l’application ne nécessite aucune installation, mais simplement une adhésion sans engagement de 4,99 €/mois (ou 50 €/an) au service. Une fois enregistré, l’utilisateur a accès à l’ensemble des services proposés. L’interface se veut épurée. L’ensemble des fonctionnalités (communiquer, surfer ou

© DR/Ideoo

Ideoo regroupe l’ensemble des fonctionnalités informatiques clés au sein d’une interface intuitive et lisible

acheter sur Internet, etc.) est regroupé au même endroit de manière claire et lisible. Les textes et les pictogrammes sont de grandes tailles, la taille de la fenêtre s’adapte automatiquement à tous les écrans. Lancée il y a un an, ideoo bénéficie dès à présent d’une application native fonctionnant hors-ligne disponible à la fois sur PC via un navigateur web, mais aussi sur les terminaux mobiles (tablettes, smartphone) fonctionnant sous iOS, Androïd et Windows Phone. En tout, la société comptant trois personnes, totalise plus de 1 000 licences entre Ordimemo et son service ideoo. Laurent Marchandiau

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Génération connectée

Naveco : la mobilité réduite connectée « Ma mère a eu un accident l’année dernière, elle s’est retrouvée en mobilité réduite, raconte le cofondateur de Naveco. Je me suis dit : j’ai une entreprise de transport de personnes et je ne peux pas transporter ma mère. C’est ainsi que l’idée m’est venue de développer un service dans le PMR (personnes à mobilité réduite). »

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lmansour Hassane-Diallo et Halim Amira ont créé leur entreprise Naveco en 2012, en pensant d’abord à apporter une alternative aux taxis sur la région lyonnaise, avec des offres forfaitaires où le client peut réserver en amont, et surtout connaît à l’avance le prix de sa course que ce soit en berline premium, vans... « Nous nous sommes aperçu qu’il y avait peu d’offre en matière de véhicules adaptés, poursuit Almansour Hassane-Diallo, ce type de transport est très cher, ou alors peu pratique... »

Un service PMR par téléphone et « appli »

Sur la métropole lyonnaise, les TCL ont une offre pour les handicapés, mais il est nécessaire de réserver plusieurs jours en amont. Naveco va mettre à disposition du public un service PMR par téléphone et « appli », sans délai de commande et surtout, 10 à 15 % moins cher que le marché privé existant : « à titre d’exemple : une course Lyon-aéroport Saint-Exupéry en véhicule adapté est tarifé 90 à 100 €. Nous travaillons à une offre moins chère avec nos chauffeurs prestataires… » Pour les personnes âgées et personnes handicapées qui maîtrisent un peu le numérique, l’application pour smartphone est en préparation d’ici à l’été.

La personne et le chauffeur trouvés par géolocalisation

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L’application Naveco doit être disponible pour l’été 2016

L’application va trouver la personne par géolocalisation et le chauffeur le plus proche : « nous avons commencé avec une petite


flotte de véhicules en interne, explique le co-gérant, puis très vite nous nous sommes aperçus des limites et difficultés de gérer des véhicules. Aujourd’hui, nous agissons comme des apporteurs d’affaires auprès d’un panel de 150 chauffeurs partenaires sur Lyon, en revanche ils doivent se plier à nos tarifs. En attendant l’application mobile que nous finalisons sur un plan contractuel avec les chauffeurs, les personnes peuvent réserver par téléphone ou par mail. Nous apportons des courses aux chauffeurs dans le cadre d’une charte qui contraint d’utiliser un véhicule de moins de 4 ans, avec accompagnement personnalisé, mise à disposition de bouteilles d’eau dans le véhicule, ouverture de portière par le chauffeur etc. L’application va permettre en saisissant la destination voulue d’obtenir immédiatement le tarif appliqué, la disponibilité chauffeur et véhicule. Naveco ne compte pas de forfait d’approche […] » Avec 500 000 € de chiffres d’affaires en

2015, neuf salariés, et une levée de fonds prévue avec la BPI (banque publique d’investissement), Naveco va pouvoir développer ses offres de transport à des coûts inférieurs au marché actuel, permettant peut-être à davantage de personnes d’avoir accès à un service jusquelà réputé inaccessible. C’est en tous cas l’un des objectifs de Naveco. Eric Séveyrat

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Génération connectée

« Link Life » : la domotique adaptée au médico-social Créée en 2003, Yumi Technology, entreprise éditrice de solutions informatiques dans le domaine du médico-social, basée à Vaulx-en-Velin, développe « Link Life », un bouquet de services à domicile sécurisé et personnalisable, pour toute personne qui, fragilisée par l’âge, un handicap ou la maladie, souhaite continuer à vivre chez elle.

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Le service se met en place dans une vingtaine d’établissements médico-sociaux pilotes

e l’enfance à la fin de vie, Yumi Technology s’est donnée comme objectif de mettre la technologie au service des personnes les plus vulnérables et de les aider dans leur parcours de vie. Dans un premier temps au sein des établissements et services médicosociaux : l’entreprise en a déjà équipés 3 000, dans toute la France mais aussi en Belgique, au Luxembourg et à la frontière suisse. Sa solution « Vision-Sociale », interface informatique entre l’usager, le professionnel, l’association et les familles, constitue aujourd’hui une référence face aux problématiques de gestion et de suivi du parcours des usagers. Aujourd’hui, Yumi Technology adapte ses solutions informatiques au maintien à domicile des personnes fragilisées par l’âge, le handicap ou la maladie. « Depuis


quelques années, nous avions une demande pour que notre travail ne s’arrête pas à la porte des établissements », explique son directeur général, Georges Obanos. Soutenue à hauteur de 600 000 € par la Banque publique d’investissement, Bpifrance, l’entreprise vaudaise a développé « Link Life », un dispositif mobile placé chez les personnes en perte d’autonomie. Ce terminal permet un suivi médical « 2.0 » : automatisé, à distance, partagé et sécurisé. Ceci grâce à une base de données contenant les informations administratives et médicosociales des personnes conformément à la loi du 2 janvier 2002 (dossier unique de l’usager). « Il s’agit d’un cahier de liaison avec accès au dossier médical en fonction du profil utilisateur, agrée dossier médical partagé (DMP) », précise Georges Aubanos. Link Life utilise la base de données de Vision Sociale afin de faire remonter des informations sécurisées via Internet/3G aux

« aidants » et aux proches de la personne fragilisée. Mais le terminal ne s’arrête pas là puisqu’il permet à l’usager d’accéder à un bouquet de services à domicile, au moyen d’un outil informatique simple à utiliser (interface tactile, synthèse vocale adaptée à l’état de la personne, à sa pathologie, ergonomie cognitive…) : portage de repas, intervention d’une aide ménagère, aide à l’entretien et réparation, accès à un service de transport, accès à la culture… Le service se met en place dans une vingtaine d’établissements médico-sociaux pilotes : ce sont eux qui assurent le montage et le SAV de « Link Life ». Il s’agira ensuite de l’« industrialiser », d’ici la fin de l’année, avec l’objectif que la prestation (à 1 € par jour) soit prise en charge par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Fabien Rivier

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Abeeway : une balise GPS pour retrouver les personnes et objets perdus Clés perdues, valises ou personnes égarées… C’en est �ini avec Abeeway ! La start-up de Meylan en Isère s’est mise en tête de lutter contre ses petits désagréments de la vie courante en élaborant « Apy », une balise GPS ultracompacte permettant de géolocaliser n’importe quel objet jusqu’aux animaux de compagnie et personnes perdues.

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e n’est pas la solution miracle à la maladie d’Alzheimer, mais ça peut aider à retrouver un proche égaré… en plus de ses clés de voiture et bagages malencontreusement perdus par une compagnie aérienne. Le produit développé par la start-up meylanaise Abeeway compte de multiples applications.

Une balise GPS longue durée

La balise GPS développée par Abeeway dispose d’une autonomie d’un an 72

Se présentant sous la forme d’une balise GPS de petite taille designée par l’agence KProject, ce géolocalisateur de poche mise sur la longévité avec une autonomie estimée à un an. « Les solutions existantes ne disposent que de quelques jours de longévité », indique Florian Sforza, co-fondateur d’Abeeway avec Mickaël Guenais. D’un diamètre de 6 cm au design épuré, ce produit baptisé « Apy » associe GPS, système de


radiofréquence, batterie au lithium et accéléromètre. Une technologie testée dernièrement dans Barcelone où la startup était présente lors du Mobile World Congress (MCW), le salon international de référence dédié aux smartphones, tablettes et objets connectés. « Notre solution, avec un test grandeur nature dans tout Barcelone, y était présentée par plusieurs partenaires tels que CISCO, Actility, et la LoRa Alliance qui regroupe des sociétés comme Bouygues, Orange et bien d’autres. » Grâce à une application disponible sous iOS et Androïd, l’utilisateur peut localiser la balise, savoir l’état de la batterie, etc.

Cibler les marchés

La technologie développée par la start-up s’adresse à de multiples secteurs d’activités notamment ceux qui ont besoin de gérer

un parc matériel, d’avoir des solutions de sécurité pour détecter un vol, déclencher des alertes. Le potentiel applicatif est gigantesque allant du BTP (localisation de matériel sur des chantiers) en passant par la logistique, les parcs d’attractions, l’élevage, les stations de ski et, bien sûr, la silver économie. La balise peut en effet servir à la géolocaliser les personnes atteintes d’Alzheimer ou de pathologies similaires. Abeeway propose un système de télé-alarme fonctionnant en dehors de la maison, utile pour la sécurité des personnes âgées isolées. En dehors des marchés ciblés, la société offre également au professionnel d’intégrer leur technologie dans d’autres produits. Créée en avril 2014, la société devrait compter entre 15 et 20 personnes d’ici la fin 2016. L.M.

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Génération connectée

Une canne connectée pour donner l’alerte Acteur de l’innovation grâce à une plateforme d’innovation participative, la start-up stéphanoise Nov’In développe actuellement un produit à destination des personnes âgées : une canne connectée pour avertir les proches en cas de chute.

E

n créant la plateforme d’innovation participative Nov’In, Ismaël Meïté et Vincent Gauchard souhaitaient créer des produits innovants inspirés des idées d’une communauté d’utilisateurs. La plateforme novin.fr, boîte à idées interactives, permet de faire émerger de nouveaux produits. L’équipe de Nov’In finance, conçoit et commercialise les meilleures opportunités. « Au départ, nous avons travaillé sur un système d’alerte pour les sportifs sur la plateforme. Au fur et à mesure des études d’usages, nous avons détecté que les personnes âgées sont également à la recherche d’un système d’alerte non contraignant et non stigmatisant », se souvient Vincent Gauchard.

Elle alerte l’entourage lorsque l’activité baisse anormalement

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Vincent Gauchard et Ismaël Meïté ont alors décidé de se concentrer sur le marché des personnes âgées, qui leur semblait porteur. « Pour apporter un service d’alerte sans contraintes et sans stigmatiser, nous avons souhaité intégrer la fonction d’alerte dans des objets déjà existants à l’inverse des bracelets de téléassistance qui existent déjà sur le marché. Ainsi, il n’y a plus de risque d’oubli ou de contraintes pour l’utilisateur».

Les dirigeants de Nov’In ont donc travaillé à l’intégration d’une technologie d’alerte dans une canne. « Nous avons pensé à la canne, car c’est un objet dont s’équipent les personnes qui ont un risque de chute élevé, et qui renforce donc l’utilité du système ». Au quotidien, la canne Dring quantifie l’activité de la personne âgée, d’une part pour qu’elle en retire de la motivation, et d’autre part pour alerter son entourage lorsque l’activité baisse anormalement. L’objet, en cours de prototypage, est muni d’un dispositif d’alerte qui, en cas de détection de chute ou appui volontaire de la personne sur un bouton, contacte les proches enregistrés au préalable, et leur envoie la géolocalisation de la personne. « Les personnes âgées ont une vraie appétence pour les objets connectés, aussi bien pour leur sécurité que pour le suivi de santé, note Vincent Gauchard. Mais, dans 9 cas sur 10, elles ont du mal à configurer les objets, c’est pourquoi nous avons fait le choix d’un système ne nécessitant aucune configuration, utilisant les réseaux existants et présentant une autonomie de plusieurs semaines. » Le projet a été lauréat, avec deux autres projets ligériens, de l’appel à projet Senior Concept lancé par l’Adel 42 et le conseil


Vincent Gauchard et Ismaël Meïté, dirigeants de Nov’In

départemental de la Loire qui leur a permis de bénéficier d’un financement et d’un réseau pour réaliser une étude d’usage et lever les doutes de faisabilité technique et les études de marché (ajouter la réalisation

du prototype). Les dirigeants de Nov’In espèrent pouvoir lancer le produit début 2017. Emilie Massard

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Génération connectée

Seniors concept : collectivités et banques poussent à innover Deux ans après le lancement dans la Loire de l’appel à projets Seniors concepts, les trois lauréats ont été dévoilés. Exemple parmi d’autres d’incitation aux entreprises à innover pour répondre aux besoins des seniors dans des domaines variés.

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artant du constat évident du vieillissement de la population, un appel à projets a été lancé début 2014 auprès de réseaux d’entreprises par l’Agence du développement économique de la Loire et le conseil départemental de la Loire. Dans un premier temps, 74 projets portés par des entreprises du territoire et répondant aux besoins de seniors dans des domaines divers ont répondu. Sur les 24 projets retenus, six ont été sélectionnés pour créer de nouveaux produits ou services innovants dédiés aux seniors. « Chacun de ces projets a alors reçu 40 000 € de la part du Département pour réaliser une analyse approfondie des besoins des usagers mais aussi des conditions nécessaires pour prendre de nouvelles parts de marchés », précise l’Adel 42. A l’issue de cette phase d’étude, ce sont trois projets qui ont été sélectionnés : Walking’ Cloud (semelle réalisée en impression 3D), Go safe (canne connectée) et Edra (l’étagère dynamique). Le conseil départemental attribue donc une subvention d’investissement à hauteur de 50 000 € pour chacun des trois projets. Le Crédit agricole Loire Haute-Loire est venu en aide pour la conception du prototype, la pré

Trois projets sélectionnés : Walking’ Cloud (semelle réalisée en impression 3D), Go safe (canne connectée) et Edra (l’étagère dynamique)

commercialisation à hauteur de 11 000 € supplémentaires. En parallèle de cet appel à projets, René Du Lac directeur Entreprises et patrimoine du Crédit agricole rappelle qu’en décembre dernier la banque locale a créé « une fondation d’entreprise pour l’innovation dotée 1 M€ mais également d’un fond d’investissement pour soutenir l’amorçage doté de 3 à 5 M€ ». L’Adel 42 est impliquée depuis 6 ans dans le marché de la « Silver économie » et a d’ailleurs été lauréate de l’appel à projets lancé par l’Etat : « les seniors : un marché de croissance pour les entreprises ». Cela avait permis notamment la constitution d’un réseau de partenaires. Marine Graille

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Comment prévenir l’AVC ? On l’appelle attaque ou congestion cérébrale, l’accident vasculaire, dit AVC, frappe chaque année 130 000 Français. Près de 50 000 victimes en meurent. Dès lors, prévenir ou traiter au plus tôt l’AVC devient une priorité pour le milieu médical. En Isère, le CHPB a opté pour la télémédecine.

L’AVC est la première cause de mortalité chez la femme et la première cause de handicap acquis chez l’adulte

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n France une personne toutes les 4 minutes est victime d’un accident vasculaire cérébral. L’AVC est la première cause de mortalité chez la femme, et la première cause de handicap acquis chez l’adulte. Il existe deux types d’AVC. Dans le premier cas, l’artère se bouche donnant un infarctus cérébral avec une zone du cerveau privée d’oxygène et des cellules qui petit à petit ne vont plus fonctionner. Dans le deuxième cas, l’artère éclate causant une hémorragie cérébrale qui va détruire une partie du cerveau.

« Un certain nombre de facteurs vont favoriser l’accident vasculaire cérébral : l’hypertension artérielle, mais aussi trop de cholestérol, trop de sucre dans le sang, le diabète, le tabac, la consommation excessive d’alcool, ainsi que la sédentarité », indique le docteur France Woimant, neurologue et vice-présidente de l’association France AVC. Agir sur ses facteurs va diminuer le risque d’accident vasculaire cérébral. Quand l’AVC surgit, sa prise en charge doit être immédiate. « Plus il est traité rapidement, moins importantes seront les séquelles ». •••/•••


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La télémédecine aide à prévenir l’AVC dans des territoires où il n’y a pas de neurologue

L’AVC traité à distance

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Pour gagner en temps et en expertise, le centre hospitalier Yves-Touraine de Pont-de-Beauvoisin (CHPB) a signé une convention de télémédecine en 2015 avec le CH Métropole Savoie de Chambéry pour la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux avec l’appui de l’Autorité régionale de santé (ARS). Depuis juillet dernier, des patients ont bénéficié de télé-expertises pour des suspicions d’AVC après avoir passé un bilan sanguin et un scanner effectués en moins de 30 minutes. Le neurologue de garde peut alors s’appuyer sur son examen à distance, ainsi que sur la transmission des résultats d’examens, pour effectuer son diagnostic. Le docteur Valérie Baudot, chef de pôle

urgences, médecine, imagerie médicale et consultations externes du CHPB est à l’initiative de ce projet : « dans le contexte actuel de rareté de certaines spécialités médicales et de contraintes économiques, il fallait pouvoir offrir les soins très pointus de CHU dans notre hôpital périphérique ». Pour la praticienne hospitalière, il était essentiel de garantir des soins de proximité de qualité. « Aujourd’hui, on est passé d’une offre de soin AVC limitée à la thrombolyse (traitement consistant à désagréger par médicament les caillots sanguins, N���), alors imaginez ce qu’on pourra accomplir demain. Le champ des possibilités est immense. » Florence Barnola


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Autonom@Dom® : l’autonomie du futur en Isère Améliorer la qualité de vie et favoriser le maintien à domicile en utilisant la technologie a�in de regrouper téléassistance, télésanté et télémédecine dans un seul bouquet de services adaptés : Autonom@Dom® est un projet d’envergure porté par le Département de l’Isère en partenariat avec l’Etat et les caisses de retraite complémentaires AG2R La Mondiale et Apicil.

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viterlepluspossiblel’hospitalisation. Retarder, voire éviter la rentrée en établissement. Tout faire, pour au contraire, faciliter le maintien à domicile. Et enfin, le cas échéant, faciliter un retour chez soit rapide. Voilà synthétisés les objectifs d’« Autonom@Dom® ». Le développement de ce gigantesque projet occupe en grande partie les journées de quatre membres de la Direction de la santé et de l’autonomie du Département de l’Isère ainsi que celles de salariés d’entreprises impliquées. Si le Département l’a concrètement lancée il y a 2 ans, l’idée est en gestation depuis la fin des années 2000. « La réflexion a débuté à cette époque face à cette problématique : le nombre de personnes âgées va tripler d’ici 20 ans. Il faut anticiper ce vieillissement, précise le Département. Or, les pouvoirs publics ne peuvent pas construire des résidences à l’infini (le Département cogère actuellement 160 Ephad en Isère) ». Parce que les financements publics sont toujours plus minces alors que la dépense

sociale est, elle, exponentielle. Parce qu’il s’agit aussi de la volonté des premiers intéressés. La vice-présidente du conseil départemental de l’Isère en charge de la dépendance et du handicap Laura Bonnefoy souligne en effet que c’est le souhait « de 85 % des personnes âgées de vouloir continuer à vivre à domicile selon les sondages nationaux et locaux. » D’autres projets plus ou moins similaires sont lancés en Moselle ou encore en Seine-Maritime, mais c’est bien celui isérois qui est le plus avancé. En sont partenaires la Caisse nationale d’assurance maladie, la Caisse de dépôt et de consignation, l’Agence régionale de santé (ARS), la Carsat Rhône-Alpes et les caisses de retraite complémentaires AG2R La Mondiale et Apicil.

Volet 1 : une plateforme téléphonique et web

Il comporte deux volets. Le plus avancé des deux consiste en une plateforme d’assistance téléphonique et web accessible aux 1,2 million d’Isérois proposant un


D’autres projets plus ou moins similaires sont lancés en Moselle ou encore en Seine-Maritime, mais c’est bien celui isérois qui est le plus avancé

bouquet de services adapté aux besoins de l’usager. A l’issue d’un dialogue compétitif engagé par le Département de l’Isère, le consortium regroupant les sociétés Altran, Inter mutuelle assistance (IMA) et Orange Healthcare s’est vu notifié le 20 juillet 2015, le marché de cette plateforme de services pour prévenir la perte d’autonomie et accompagner le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes et/ou porteuses de maladies chroniques. Inter mutuelle assistance située à Niort, travaille déjà pour les assureurs en France comme centrale d’appel. En cas de panne de voitures, c’est par exemple sur cette entreprise que vous tombez pour faire initialement part de votre problème. Mais avec Autonom@Dom®, il ne s’agit pas de répondre à une urgence. L’idée est de

répondre à des demandes tournant autour du « confort de vie ». Toutes ces choses de la vie quotidienne difficiles à appréhender pour une personne à l’autonomie désormais réduite et qui peuvent lui rendre la vie seule impossible. Par exemple où et comment trouver un coiffeur, un boucher près de chez moi ? Ou mieux, qui viendrait chez moi ? A qui m’adresser pour ma fuite d’eau ? Comment me faire rembourser par « la Sécu » ? Etc. Administratif, consommation, prévention, recommandations, sécurité : le champ des interrogations est immense. Ce sera à la plateforme d’y répondre systématiquement par téléphone ou par courriel de 8 h à 20 h par téléphone et à travers un site web accessible 24/24 h. Le développement est en cours. La version définitive devrait ouvrir en avril 2017. Pour y référencer des prestataires privés, le Département a sollicité CMA (Chambre des métiers et de l’artisanat) et la CCI (Chambre de commerces et d’industrie) afin de lancer un appel à manifester les intérêts. Les références, le serieux des candidats sont bien sûr vérifiés. « Et puis les usagers auront la possibilité de noter les prestations, précise le Département, donnant des notes moyennes comme on le voit sur Internet et qui seront communiquées aux autres demandeurs de prestations.» Ce service devrait être accessible gratuitement. Mais alors comment le financer ? « Par rapport à l’esprit de la prévention mis en avant par la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (lire p. 8 à 10), nous sommes là en plein dans le mille, répond Laura Bonnefoy, nous espérons donc des financements publiques en plus du notre (Carsat, CPAM…) parce que derrière l’investissement, les finances publiques seront gagnantes en s’épargnant le coût des intégrations en établissement, voire d’hospitalisations de personnes ne pouvant plus rester à domicile. » Dans la

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Génération connectée

Une expérience est actuellement menée auprès de 645 Isérois répartis en quatre « cohortes » sur quatre zones du département

même logique d’économie anticipée, le privé, notamment les mutuelles, pourrait aussi participer.

Volet 2 : un suivi individualisé

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C’est aussi ce qui justifie le développement de l’autre pan du projet Autonom@Dom®, en phase d’expérimentation. Début 2017, une offre inédite d’équipements, de prévention et de prise en charge coordonnée est en effet expérimentée auprès de 645 Isérois répartis en quatre « cohortes » sur quatre zones du département : agglomération grenobloise, porte de l’Isère, Bièvre Valloire et Vercors. Volontairement choisies pour des contextes de vie très différents. Respectivement : urbain, périurbain, rural et montagneux. Il s’agit notamment d’évaluer le bienfondé médico-économique des nouvelles solutions proposées auprès des éventuels financeurs publics afin, là aussi de favoriser le maintien à domicile. En plus de groupes témoins, les quatre groupes d’usagers ou

« cohortes » sont composés de 200 retraités sans perte d’autonomie avérée, 300 usagers en perte d’autonomie à risque de chutes, 100 patients en insuffisance cardiaques, 45 patients en oncologie. Objectif : utiliser au maximum la technologie afin de faire bénéficier aux usagers d’ateliers de prévention, d’appui à l’entrée et à la sortie de l’hôpital ou encore d’un « suivi sentinel » individualisé. Dans ce dernier cas par exemple, un cahier de liaison numérique est développé avec le médecin traitant ou l’hôpital. Cela passerait par des tablettes tactiles reliées. Celle de la personne suivie serait alimentée par les aidants ou les différents professionnels intervenants à son domicile. Perte d’un proche, ressenti psychique, sécurité du logement, difficulté à gérer son traitement, chute, perte de poids, d’appétit, fatigue brusque etc. : les annotations ainsi centralisées et croisées, il suffirait du côté du « suivi » unique à distance de les consulter pour prendre rapidement conscience d’un


problème (de santé, social, de logement, de confort de vie) et donc anticiper toute aggravation de ce dernier en déclenchant une intervention rapide. Un véritable décloisonnement des différents acteurs au bénéfice de tous. Ces tablettes connectées pourraient coûter au final moins chers aux pouvoirs publics puisqu’elles retarderont des entrées en établissements, d’éventuelles hospitalisations. « Il s’agit aussi de mieux programmer des sorties d’hôpitaux, ajoute le Département, par rapport aux besoins pas toujours bien appréhendés par les proches : nécessaire en pharmacie, déambulateurs, lits médicalisés, soins à domicile… Les industriels sont très intéressés par le développement des objets connectés. Le défi c’est de démontrer l’économie sanitaire. Rappelons qu’une journée d’hospitalisation coûte de 2000 à 3 000 €.

Beaucoup ne seraient pas nécessaires. Souvent l’hospitalisation casse le rythme de vie des personnes, devenant brusquement dépendantes pour toujours. » Au terme des expérimentations, dont 24 mois de démonstration sur le terrain avec la plateforme et les quatre cohortes équipées et suivies, il est attendu du consortium privé qui a obtenu le marché : une évaluation et des recommandations pour le déploiement du bouquet de services sur le département et sur d’autres territoires régionaux et nationaux. Et enfin une proposition d’organisation, de cadre juridique et de gouvernance de la structure d’intégration des offres de santé à domicile. Xavier Alix

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Génération connectée

H2AD, acteur ligérien de la télémédecine Depuis une dizaine d’années, la plateforme de service santé stéphanoise travaille pour la surveillance des patients atteints de maladies chroniques et œuvre pour favoriser le maintien à domicile. Grâce à ses ingénieurs et ses médecins salariés, la plateforme de régulation et de coordination permet de traiter, de partager et d’héberger des données de santé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

La plateforme H2AD est installée à Saint-Jean-Bonnefonds depuis une dizaine d’années

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I

nstallée à Saint-Jean-Bonnefonds, la plateforme de télémédecine H2AD propose un service de surveillance de patients atteints de maladies chroniques ou en perte d’autonomie. Ses missions s’articulent autour de trois pôles : une plateforme médicale d’une dizaine de médecins qui répondent aux sollicitations des patients au téléphone,

l’hébergement du dossier patient en ligne, et la transmission des informations, à partir du terrain, grâce à des objets connectés. « Nous avons le statut d’hébergeurs de données de santé », précise le Dr JeanMichel Souclier, médecin fondateur d’H2AD. « Les patients et personnels de santé peuvent se connecter à ces données pour les consulter, et nous pouvons par exemple


soumettre un questionnaire au patient à domicile, dont les résultats enregistrés sur son dossier nous permettent de faire ressortir des préconisations. De même, les objets connectés peuvent nous permettre de surveiller les constantes d’un patient à domicile et de gérer les alertes, définies par les équipes soignantes et médicales ».

Favoriser le maintien à domicile, éviter les hospitalisations

H2AD met en place la surveillance de patients à la demande de pharmacies, mutuelles, laboratoires, établissements d’hébergement ou encore directement des particuliers. « Nous pouvons par exemple réaliser la surveillance de nuit pour un établissement de santé, ou encore proposer un contrat un peu plus élaboré que la simple télésurveillance à un patient, précise

le Dr Souclier. Toutes les données étant dématérialisées, nous travaillons dans toute la France, mais également à l’international. » La télésurveillance et le suivi médical des données des patients sont assurés par la plateforme H2AD 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, qui contacte, selon les cas d’anomalies détectées, le patient, le médecin généraliste, ou le spécialiste concerné. 40 personnes, dont 10 médecins salariés, composent actuellement l’équipe d’H2AD. « Aujourd’hui, nous sommes la seule structure à proposer ces trois missions sur une même plateforme. Notre objectif principal est d’améliorer la surveillance des patients pour favoriser le maintien à domicile, faciliter le retour d’hospitalisation ou encore éviter les hospitalisations. » Emilie Massard

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GÉNÉRATION SENIORS

Partie IV

prévoyante p. 90-119

BO NS RÉ FL EX ES SE NIO RS , AY EZ LE S

92-94

SÉC UR ITÉ :

98-99

DYNAM ISE R L’AR GE NT

100-101

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TIO N FU TU RE MA NDAT DE PROT EC

102-104

LOG EM EN T : L’ÂG E

106-107

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108-109

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110-111

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Génération prévoyante

Sécurité : seniors, ayez les bons réflexes !

© Stocklib / Uwe Bauch

Avec l’âge, la vigilance s’atténue et les personnes fragiles deviennent bien souvent des proies faciles pour des agresseurs de plus en plus rusés et organisés dont les méthodes ne cessent d’évoluer. L’isolement est un facteur d’insécurité qu’il faut combattre en gardant le contact avec sa famille, ses amis ou ses voisins. Et en cas de détresse, d’urgence ou de doute, la police vous conseille de composer le 17… Voici déjà quatre conseils à suivre et faire suivre.

Se méfier de certains artisans ou représentants de passage qui proposent de réaliser des travaux de suite, en vous les facturant à des prix exorbitants

Faire face aux vols par ruse

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Ne jamais ouvrir la porte à un inconnu avant d’obtenir la certitude sur son identité, et ce document à l’appui. Généralement, ces individus ont des profils rassurants, âgés entre 30 et 40 ans, s’adressant poliment à leur futures victimes tout en en personnalisant leur discours afin

de les mettre en confiance. Ces faux fonctionnaires ou dépanneurs, une fois entrés dans l’appartement, ont 90 % de chance de réussir leur coup. C’est pourquoi, il faut vous équiper d’un entrebâilleur de porte et les faire patienter en disant que vous allez vérifier leur identité ou même appeler un proche.


Faire face aux abus de faiblesse Certains artisans ou représentants de passage à votre domicile vous propose de réaliser des travaux de suite, en vous les facturant à des prix exorbitants. Il ne faut rien décider ni signer le jour de la présentation. Attendez et demandez d’autres devis.

Faire face aux vols de cartes bancaires

Ce sont des équipes bien rodées qui agissent de préférence le samedi matin, souvent jour de marché où la foule est plus dense. Deux parfois à trois, ils entourent leur victime, l’un faisant la queue derrière elle, l’autre intervenant pour dérober la carte dans le distributeur alors qu’un troisième détourne son attention. Quelques conseils à suivre pour éviter de se faire voler sa carte bancaire :

• Pour les sommes importantes, prenez rendez-vous avec un conseiller dans un bureau pour plus de discrétion. • Si possible, optez pour des distributeurs situés dans un sas où la protection est renforcée. Le retrait effectué, placez les billets dans votre poche plutôt que le sac à main susceptible de faire l’objet d’un vol à l’arraché. C’est pourquoi, il faut toujours porter son sac en bandoulière et jamais du côté route.

• Autre recommandation pourtant évidente : ne jamais conserver son code dans l’étui de la carte bancaire. Notez-le sur votre agenda sous forme d’un numéro de téléphone pour ne pas éveiller les soupçons.

Faire face à la route

L’âge avançant, les performances et les réflexes diminuent et cela nécessite

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Génération prévoyante

Acte de sensibilisation des forces de l’ordre parmi tant d’autres, la police de Vienne intervient lors du « Salon des seniors » de la ville afin de transmettre les attitudes à adopter lors de « situations d’insécurité »

d’adapter son comportement à sa conduite afin de ne prendre aucun risque pour soi mais également pour les autres. Conséquence d’un phénomène naturel, les sens ainsi que les fonctions psychiques et motrices se détériorent : risque d’éblouissement de nuit, rétrécissement du champ visuel, détérioration de l’audition… Il ne faut donc pas hésiter à consulter des médecins spécialistes et adapter sa conduite. Quelques règles à appliquer pour rouler en sécurité : • Effectuer un stage de sensibilisation et de remise à niveau par rapport à la signalisation et au code de la route.

• Eviter l’alcool et les sucreries qui favorisent l’endormissement.

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• Ne pas prendre le volant lorsque la vigilance diminue : après le repas entre 13 h et 15 h et la nuit entre 2 h et 5 h. • Préparer son itinéraire afin d’éviter les

heures de pointe, la conduite de nuit et les carrefours trop complexes.

Raisonnables, les plus âgés abandonnent la voiture et se déplacent uniquement à pieds. Sauf que, la vigilance est toujours de mise quel que soit le mode de déplacement : un piéton tué sur deux est un senior. Vêtus de couleurs sombres, ils sont peu visibles et de nuit, il est donc conseillé de porter un vêtement ou un sac de couleur vive, ou encore s’équiper d’un gilet réfléchissant. Savoir bien traverser est également primordial : sur les passages piétons et au feu vert pour les piétons. Il faut être visibles aux automobilistes et donc ne pas traverser entre deux voitures ou dans un virage. Sévim Sonmez


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Génération prévoyante

Dynamiser l’argent des seniors

A

vec une espérance de vie dépassant les 20 ans en moyenne après la retraite, les seniors doivent repenser voir réorganiser leurs placements. Avec des taux de rendement peu attractifs voir quasiment nuls des placements à court terme qui sont déjà pénalisés par l’alourdissement de la fiscalité mise en place par la loi de finance 2013, les solutions d’optimisation existent bel et bien en passant par les cabinets spécialisés dans la gestion de patrimoine qui, contrairement aux idées reçues, s’adressent à tous les épargnants. « Nous proposons des solutions adaptées à tous les besoins en

© Laurent Marchand

Développer, gérer et organiser efficacement son patrimoine afin qu’il reste dynamique même après la retraite. C’est possible en faisant appel à un cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine proposant des solutions sur mesure.

Margaux Miraglia, conseillère patrimoniale et Marc Ramez, fondateur et gérant d’Abcylone Patrimoine 98


accompagnant et conseillant nos clients sur l’ensemble de leurs problématiques tout au long de leur vie », explique Marc Ramez, fondateur et gérant d’Abcylone Patrimoine, présent à Montbonnot-Saint-Martin depuis 23 ans.

Diversifier ses placements

C’est particulièrement vrai pour les jeunes et futurs retraités qui doivent à la fois préparer leur retraite, penser à la transmission future de leur patrimoine et à la protection de leur conjoint. Les placements traditionnels à court terme ne sont plus ce qu’ils étaient. Pour un senior de moins de 80 ans, mettre son patrimoine à l’abri dans des livrets d’épargne n’est plus une stratégie payante. Et l’assurance vie devient presque la solution à l’ensemble des problématiques posées : peu fiscalisée, déblocable à tout moment, en grande partie exonérée de droit de succession, elle reste de plus excessivement rentable. « Pour préparer sa retraite lorsqu’on est salarié, il existe également le PERP (Plan d’épargne retraite populaire) qu’il est possible de débloquer avant sa retraite ou encore le PERCO (Plan d’épargne pour la retraite collectif) mis en place par les entreprises », confie Margaux Miraglia, conseillère patrimoniale chez Abcylone Patrimoine. Des solutions qui peuvent être couplées avec un PEA (Plan d’épargne en actions) et des produits défiscalisant tels que des FIP (Fonds d’investissement de proximité), des FCPI (Fonds commun de placement dans l’innovation) ou encore des Sofica (Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel).

services de transactions immobilières en synergie avec leur cœur de métier. Une approche qui peut séduire les seniors. Plus d’enfants à charge, une maison qu’il devient difficile d’entretenir voir inadaptée à leur mobilité, ils n’hésitent pas à changer de lieu de vie pour se rapprocher des services des centres urbains et/ou de leurs enfants. « Nous établissons avec les acquéreurs potentiels un cahier des charges précis et notre activité de gestion de patrimoine permet de leur soumettre des solutions de financement et d’assurance emprunteur aux meilleurs taux. Pour le propriétaire, c’est une sécurité supplémentaire : le financement est systématiquement validé en amont, et la maîtrise globale du dossier nous permet de conclure plus rapidement et sereinement la vente », indique Dominique Ramez, la responsable de l’activité transactions immobilières d’Abcylone Patrimoine. Car la retraite n’est pas une fin en soi, mais souvent l’occasion de réaliser de nouveaux projets, d’où l’avantage de passer par un cabinet de gestion de patrimoine pour réorganiser sereinement son capital. Laurent Marchandiau

Transition immobilière

Certaines structures de gestion de patrimoine proposent également des

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Génération prévoyante

Le mandat de protection future

© halfpoint-fotolia

Désigner, grâce au mandat de protection future, ceux qui veilleront sur vous et vos biens, en cas d’incapacité physique ou mentale, vous évitera de laisser la justice choisir à votre place.

Tant que le mandat n’a pas pris effet, chaque partie peut le modifier

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E

n vigueur depuis six ans, le mandat de protection future évite au signataire, s’il devient dépendant, d’être placé sous tutelle ou curatelle. Celui-ci désigne lui-même, par avance, la ou les personnes qui s’occuperont de lui et de la gestion de son patrimoine. Des parents, qui souhaitent assurer l’avenir

d’un enfant mineur, malade ou handicapé, peuvent de la même façon choisir ceux qui le prendront en charge après leur décès.

Sous seing privé ou notarié ?

Pour établir un mandat sous seing privé, il suffit de remplir un formulaire administratif (cerfa n°13592*02), téléchargeable sur


Internet. Il doit être signé par le demandeur et par la personne désignée par lui pour l’assister, sa signature valant acceptation. Pour en certifier la date, il faut l’enregistrer au centre des impôts. Les frais s’élèvent à environ 125 €. Ce document peut être obtenu également auprès d’un avocat, qui devra le contresigner. Ce mandat se limite à la gestion administrative des biens du mandataire. Pour pouvoir vendre en son nom un bien immobilier ou effectuer des placements financiers, un mandat notarié est nécessaire. Le notaire veille à ce que les décisions du mandataire soient conformes aux intérêts du mandant, sinon il fait appel au juge des tutelles.

Quand et comment s’applique t-il ?

Tant que le mandat n’a pas pris effet, chaque partie peut le modifier. Seul un médecin expert figurant sur la liste établie chaque année par le procureur de la République peut délivrer un certificat d’altération des facultés corporelles ou mentales. Muni de ce certificat, le mandataire fait valider le mandat par le greffier du tribunal d’instance. Il est possible de prévoir une indemnisation de ce mandataire mais aussi un contrôle de ses interventions. Quiconque soupçonne des actes préjudiciables au bénéficiaire peut saisir le juge des tutelles. Le mandat prend fin au décès du mandataire ou s’il retrouve toutes ses facultés. APEI-Actualités. Nicole Ge

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Génération prévoyante

Logement : l’âge évolutif Vient un âge où il faut parfois envisager d’adapter son logement pour justement y rester. Il s’agit parfois d’équipements s’ajoutant à l’existant. Parfois, c’est même la maison toute entière qui est conçue pour. Deux exemples.

Les Maisons de Siméon : l’adaptation totale

Un habitat adapté aux problématiques de la vieillesse

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L

a construction des premières Maisons de Siméon, un habitat évolutif et attractif destiné à prolonger l’indépendance des seniors, débute ce printemps à Mably (Roanne). Soucieux de répondre au phénomène de vieillissement de la population, le Département de la Loire a lancé un appel à projet. Objectif : proposer un habitat adapté aux problématiques de la vieillesse ou du handicap, même temporaire, grâce à un habitat ultra-fonctionnel, évolutif,

facilement modulable dans un concept design. L’existant peut aussi être aménagé. Le but est de maintenir l’indépendance de la personne. Le designer ligérien Philippe Moine, l’architecte roannais Bernard Rivolier et des professionnels du bâtiment roannais se sont rapprochés d’Interforêt Bois 42 pour répondre à l’appel à projet.

Un produit non stigmatisant

En 2015, ils créaient la société Les Maisons de Siméon. Sébastien Cohas en est le gérant. •••/•••


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Génération prévoyante « Nous avons pris en compte le contexte sociétal, éloignement géographique des enfants, familles recomposées, et l’offre de services à la personne. L’idée est de faire évoluer les équipements facilement dans le temps pour que les gens puissent rester le plus longtemps possible chez eux, sans intégrer de structure collective, expliquent les protagonistes. « Aujourd’hui, les solutions intermédiaires n’existent pas. Nous avons aussi voulu

un produit non stigmatisant. Parmi les équipements : des mains courantes lumineuses reliées éventuellement à une alarme, une sonnette de porte, le téléphone, des rangements accessibles, de la place sous un évier ou un meuble pour permettre de s’asseoir devant, des salles de bain adaptées... Les cloisons des pièces peuvent aussi transformer un T2 en T3. Le marché visé est celui de la classe moyenne.

La demande d’ascenseurs pour le particulier en progression

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« On enregistre depuis un peu plus de 5 ans une demande grandissante pour l’installation de dispositifs, sièges monteescaliers ou ascenseurs », témoigne Nicolas Rampon, à la tête de la société Aratal. Nicolas Rampon a repris l’entreprise familiale fondée par son père il y a tout juste 40 ans, et dispose donc de ce recul. Car si la législation a évolué pour les établissements accueillant du public, notamment la loi sur l’égalité des chances, boostant l’activité, c’est bien aussi le marché du particulier qui devient de plus en plus porteur. La publicité sur les magazines ou la télévision est très présente sur les sièges monte-escaliers sur rampe, standards ou sur mesure. Mais les élévateurs de fauteuils roulants pour monter quelques marches et les ascenseurs privatifs, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’habitat, rentrent progressivement dans les mœurs. « On le constate nettement sur les salons. Nous n’attirons plus seulement les personnes âgées, mais une clientèle qui réfléchit à ces aménagements beaucoup plus tôt ».

La demande d’installation de dispositifs, sièges monte-escaliers ou ascenseurs est montante

Aratal, dont le siège est près de Mâcon (Charmay-les-Mâcon - 71) et qui dispose de deux agences à Limas (Villefranchesur-Saône) et Dijon, réalise une étude de faisabilité avant de proposer un prix pour l’installation et la maintenance du dispositif. « Le particulier est demandeur de plus en plus de confort. Parallèlement, les pouvoirs publics soutiennent la démarche visant à favoriser le maintien de la personne à domicile le plus longtemps possible. Des systèmes d’aides financières existent. Ils dépendent de critères médicaux et sociaux ». Le marché est visiblement entré dans une phase dynamique. Aline Vincent


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Génération prévoyante

Logement : les idées des bailleurs sociaux Les bailleurs sociaux développent de nouvelles idées pour faire cohabiter et entraider les générations. Deux exemples en Isère. A Echirolles et à Vienne.

C

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oncerné par le logement des seniors, le bailleur social isérois SDH a déjà lancé il y a quelques années le label HSS - Habitat seniors service - qui permet aux personnes âgées de vivre dans des appartements adaptés. Et comme d’autres, il s’était aussi lancé dans les immeubles intergénérationnels, mêlant étudiants et seniors. SDH vient désormais d’inaugurer à Echirolles ses appartements jumelés. Il s’agit de permettre la cohabitation intergénérationnelle. Autrement dit, de faire en sorte que les personnes âgées, seules et isolées, ne soient plus... ni seules, ni isolées. Pour cela, la SDH a inauguré en mars 2016 dans son immeuble du Verseau à Echirolles, deux appartements jumelés. Pour chaque « lot », il existe deux appartements : un T4, destiné à recevoir une famille, et un T1 destiné à recevoir une personne âgée vivant seule. Les deux appartements disposent d’une porte palière chacun, mais sont raccordés à l’intérieur par une double porte de service, à la façon de certaines chambres d’hôtel. L’objectif, évidemment : permettre l’autonomie le plus longtemps possible. Un dispositif ingénieux qui pourrait cependant poser à l’avenir quelques problèmes de gestion. En effet, pour bénéficier de ce type de logement, il faut que les deux familles soient éligibles au logement social, et qu’elles soient parentes. Il existe deux baux distincts, si bien que si

A Echirolles, l’immeuble Verseau qui compte deux appartements jumelés

un appartement se libère, il n’entraînera pas nécessairement la vacance du second. Dans ce cas, l’utilité de l’appartement jumelé est perdue. S’il a été assez simple de trouver les premiers locataires, rien n’est moins sûr pour les suivants ! Cet immeuble du Verseau est un programme de 32 logements locatifs sociaux (28 « Plus » et quatre « Plai »), dont six logements HSS, à la performance énergétique remarquable, et doté d’un appartement pédagogique qui doit enseigner aux habitants comment bien gérer les particularités (énergétiques surtout) de leur logement, et de suivre des ateliers pour se former aux économies d’énergie. Voisine de Vienne, la Ville de Pont-Evêque a elle missionné le bailleur social Advivo


afin de réaliser un projet de construction neuve dans le centre-ville. Construit en 2016 pour 4 M€, la résidence nommée « Ilôt Maniez » sera composée de trois bâtiments : 41 logements au total dont 31 seront en location, 10 en accession à la propriété. Différentes options qui offrent l’opportunité d’accès à une variété de population pour une meilleure dynamique du quartier. Et si un espace commercial sera intégré à l’« Ilôt Maniez », ce dernier se distinguera aussi par sa salle intergénérationnelle dont la construction sera elle financée grâce à un don. Habitante de Pont-Evêque, Madeleine Fantoni a en effet fait fait une donation pour la création de ce lieu de vie. Elle a passé toute sa vie à Pont-Evêque et était très attachée à la commune tout en étant particulièrement intéressée par cette idée d’une salle intergénérationnelle où se dérouleront des

temps de rencontre : loto, musique, goûter avec les enfants des écoles... Car elle pensait que c’était un moyen de sortir les aînés de leur isolement. Son vœu est en passe d’être exaucé.

Les deux appartements du Verseau à Echirolles disposent d’une porte palière chacun, mais sont raccordés à l’intérieur par une double porte de service

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Génération prévoyante

Alzheimer : des jardins qui soignent…

© Stocklib

Ces dernières années, les établissements de santé ainsi que les maisons de retraite ont développé des jardins thérapeutiques. Leurs bienfaits sont avérés aussi bien pour les patients, notamment atteints de la maladie d’Alzheimer, que pour les proches et le personnel soignant de l’hôpital.

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L

ieu de rencontre et de plaisir, le jardin thérapeutique facilite les échanges et les moments de partage1 entre le patient et sa famille, mais aussi avec le personnel de santé. A l’image du jardin du CHU de Nancy. Ce dernier rompt avec le cadre hospitalier habituel. Au cours d’une promenade, les sens sont stimulés : la vue (œuvres d’art,

coloris des végétaux), l’ouïe (grâce aux fontaines), le toucher (par les sculptures et les végétaux) et l’odorat (senteurs des plantations). Ainsi le jardin rétablira-t-il le lien entre le patient et le monde extérieur. Un certain nombre de végétaux permettent aussi d’évoquer des souvenirs et de faire « remonter » des images. C’est le cas du muguet bien sûr mais aussi des roses, des


violettes, des pensées ou des marguerites… Cela concourt à faire resurgir des souvenirs, car ces végétaux constituent autant de repères familiers. Les impacts positifs que peut avoir l’environnement naturel ont largement été démontrés ces dernières années. Les travaux scientifiques mettant en évidence l’intérêt de développer les jardins thérapeutiques dans les établissements de santé sont maintenant nombreux. C’est ainsi que l’Association France Alzheimer au travers de ses réseaux locaux a créé des jardins thérapeutiques. « Outre l’activité horticole, les participants sont souvent invités à enrichir leurs activités manuelles par des exercices complémentaires de reconnaissance olfactive des essences, de préparation des repas, etc, explique l’association. Proposer de retrouver les gestes du jardinage permet

de mobiliser les capacités de la personne, l’engage dans un projet à long terme avec des objectifs précis. C’est une activité qui responsabilise la personne malade et procure de nombreuses satisfactions ». Lieu d’apaisement et de bien-être, le jardin thérapeutique a des effets sur la qualité du sommeil et un réel impact sur la santé mentale et physique. Stimulation des sens, invitation à la découverte, appel à la mémoire, lieux d’activités physiques ou intergénérationnels, les jardins occupent une place de choix dans l’univers des maisons de retraite et des établissements de santé. Destination santé 1 Association Jardins et Santé, site consulté le 9 juin 2015

Des EPHAD misent sur le jeu A la tête du Centre national de formation aux métiers du jeu et du jouet (FM2J) à Lyon, Cédric Gueyraud accompagne les professionnels qui utilisent le jeu dans leur métier. Ceux de la petite enfance donc mais pas seulement. « Nous nous sommes rendus compte que le jeu avait toute sa place dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), et particulièrement auprès des résidants souffrant de la maladie d’Alzheimer ». Accompagné par le Centre de recherche clinique vieillissement-cerveau-fragilité (CRC-VCF) du CHU de Lyon et l’Institut du Bien-Vieillir Korian, il a réalisé une étude auprès de 54 résidants. Tous ont participé à des sessions ludiques à raison de deux séances par semaine durant 4 mois. Le protocole était le suivant : « nous avons utilisé la méthode du cadre ludique avec un choix d’objets adaptés aux compétences des résidants, un aménagement de l’espace spécifique et un rôle du professionnel observateur et disponible », explique Cédric Gueyraud. Il y avait là des jeux de société, d’assemblage, mais aussi des poupées, des balanciers etc. « Au terme de ce travail, nous nous sommes rendus compte que le cadre ludique permettait de diminuer les symptômes psychologiques et comportementaux des démences durant les séances de jeu. Les interactions sociales entre résidants ou avec les soignants étaient également améliorées. Et enfin, ces derniers ont aussi constaté que le bien-être immédiat des personnes âgées augmentait pendant et juste après la séance ». Des bénéfices réels donc, à condition toutefois que les équipes soient formées à cette pratique. Destination santé 109


Génération prévoyante

Bien et autant manger pour vieillir mieux

© Stocklib / Cathy Yeulet

Bien se nourrir et s’hydrater permet de ralentir le vieillissement naturel, de retarder l’apparition de maladies liées à l’âge et donc d’améliorer la qualité de vie du senior.

« Moins manger quand on est vieux est normal » : une idée reçue

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L’

OMS (Organisation mondiale de la santé) est formelle : les besoins énergétiques des personnes âgées sont au moins équivalents à ceux de l’adulte jeune. Soit 1 800 à 1 900 calories par jour pour les femmes, 2 000 à 2 100 calories par jour pour les hommes. Et ils peuvent être majorés en cas de maladie ou de suractivité. De quoi battre en brèche l’idée reçue que « moins manger quand on est vieux est normal ». A contrario, une restriction calorique (en dessous de 1 500 calories par jour) peut être dangereuse pour la santé des plus âgés, avec un risque de dénutrition protéino-énergétique


et pour conséquence l’affaiblissement de l’organisme, alors plus exposé aux pathologies liées au vieillissement. Et des phénomènes spécifiques risquent de réduire l’alimentation du senior : la lassitude de préparer les repas (notamment lorsque l’on se retrouve seul, après le décès du conjoint), des problèmes de dentition, une prise importante de médicaments avant les repas à l’origine d’une perte d’appétit, des modifications physiologiques liées à l’âge comme la diminution de la sensibilité aux goûts. D’où l’importance de manger suffisamment épicé et poivré, pour des saveurs bien marquées, différenciables les unes des autres, et de bien mâcher pour que le goût se développe dans la bouche. Comme pour le reste de la population, c’est la variété des aliments qui garantit un bon équilibre nutritionnel du senior : produits laitiers à tous les repas ; viandes, poissons, œufs à tour de rôle une à deux fois par jour ; fruits et légumes (au moins cinq par

jour) ; féculents une fois par jour et pain à chaque repas ; matières grasses (végétales si possible) et, pour le plaisir du palais, un peu de produits sucrés. Mais un danger guette spécialement la personne âgée : la déshydratation. « Les mécanismes du vieillissement des cellules, particulièrement celles du cerveau, déclenchent plus tardivement le signal de la soif chez les personnes âgées. Ainsi certaines d’entre elles n’éprouvent le besoin de se désaltérer qu’une fois sur la pente dangereuse de la déshydratation », explique le Pr François Blanchard, gériatre. Les aînés doivent boire un litre et demi de liquide (eau, lait, jus de fruits, sirops, boissons chaudes, potage) par petites quantités tout au long de la journée par jour, des quantités qui doivent rester constantes été comme hiver. Fabien Rivier Sources : www.harmonie-prévention.fr www.alimentation-et-santé.com

Grenoble : le bio et local pour les Ephad aussi

Comme dans d’autres villes, les cantines grenobloises proposent désormais aux élèves de primaire des repas végétariens tout en favorisent chaque jour des aliments bios et issus de circuits courts. De 50 % en janvier 2015, cette part est censée atteindre les 100 % en 2020. La majorité municipalité a souhaité faire bénéficier aussi aux plus âgés des bienfaits de ces produits réputés de meilleure qualité gustative comme environnementale. C’est pourquoi la démarche va se généraliser auprès des personnes âgées résidantes d’Ehpad (comme dans les crèches d’ailleurs), dans l’objectif d’atteindre là encore le 100 % bio et local pour 2020. « Dès cette année 2016, un travail est mené sur la commande publique

pour avoir un recours croissant au local sur le marché de la ville, précise la Ville de Grenoble. La proportion de repas bio et locaux servis par la mairie va être généralisée et élargies aux crèches et aux établissements de personnes âgées. Nous travaillons avec le CCAS pour l’élaboration d’une convention, pour être effectif le plus tôt possible, dans le courant de l’année ». Les démarches pour travailler avec les producteurs locaux ont débuté, « c’est déjà le cas pour les lentilles, les pâtes… Le plus compliqué c’est d’aider les producteurs à répondre aux appels d’offres. Et puis nous sommes soumis à des règles de marchés publics. » C.T.-L. 111


Génération prévoyante

Prévention buccodentaire : des seniors aident les seniors

À l’initiative de Seniors-Autonomie, association de cadres retraités de la Sécurité sociale, experte dans les solutions de prise en charge de l’autonomie des personnes âgées, l’association Prévention buccodentaire des seniors (PBDS) a été créée dans la Loire pour répondre à un besoin non satisfait de soins dentaires des résidants âgées des Ehpad1.

D

ans le bassin stéphanois et dans un objectif de prévention dans un premier temps, il s’agissait d’offrir aux résidants des Ehpad en perte d’autonomie, une première prestation in situ de « dépistage, diagnostic et préconisations » en soins dentaires, effectuée par trois chirurgiens-dentistes fraîchement retraités, rémunérés à la vacation par l’association. Cette prestation s’adresse à une population de 80 à 100 ans qui a rompu avec le suivi de soins dentaires et ne peuvent plus y accéder. Une population explique le Dr Jean Robillard, chirurgien-dentiste coordinateur de l’association, présentant de nombreux problèmes d’hygiène dentaire, dus à l’âge mais aussi au manque de soins précoces dans la jeunesse de cette génération. Outre que la démographie médicale en déficit ne permette pas de déplacer un dentiste en exercice dans un Ehpad, par ailleurs, le transport d’un patient en ambulance chez un dentiste présenterait un coût exorbitant

Alain Poulet et Jean Robillard, chevilles ouvrières du service 112


© Stocklib / Andres Rodriguez

Cette prestation s’adresse à une population de 80 à 100 ans qui a rompu avec le suivi de soins dentaires

à sa charge. Aussi l’association trouve-telle pleinement sa légitimité dans la droite ligne de l’ambition de Seniors-Autonomie d’inventer des services innovants répondant à la perte d’autonomie. En 2 ans, les trois chirurgiens dentistes de l’association ont visité 36 établissements de la région stéphanoise et reçu 2 000 résidants en consultation préventive, sur un fauteuil pliant adapté à cette première visite dont s’est dotée l’association. PBDS s’apprête à élargir son activité à l’arrondissement de Roanne, au nord du département, avec le recrutement d’un nouveau chirurgiendentiste retraité du territoire et l’acquisition d’un deuxième fauteuil pliant.

2e acte : une offre de soins

PBDS prépare à une deuxième étape à son intervention dans les Ehpad à travers une offre de soins, cette fois, toujours in situ pour les résidants qui le souhaitent. L’association vient d’obtenir l’agrément de l’ARS pour conduire ces soins dentaires en Ehpad, à partir de septembre prochain,

à l’aide d’un cabinet dentaire mobile, en cours d’acquisition par l’association que soutiennent mutuelles et caisses de retraite complémentaires, consolidant un budget de l’ordre de 50 000 €. Les soins prodigués seront cette fois payés à l’acte par les patients mais sous forme de tiers payant que l’association a négocié de manière dérogatoire avec la Sécurité sociale et les mutuelles. Le service est dès lors convoité par les départements voisins, la proche HauteLoire singulièrement. Alain Poulet, secrétaire général de l’association (que préside Maurice Ronat), reconnaît qu’il est bien dans « la vocation de l’association de couvrir les besoins », à condition toutefois qu’il y ait sur un nouveau territoire où elle vienne s’élargir, à la fois : la volonté des acteurs de terrain, des professionnels de santé disponibles et un financement. Daniel Brignon 1 Ehpad : Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

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Génération prévoyante

Le défi de l’entreprise grenobloise Cytoo est grand. Permettre de prolonger les atouts de la jeunesse à l’intérieur comme à l’extérieur du corps. Cytoo travaille sur deux programmes pour renforcer la résistance de la peau et des muscles : ou la magie de la « mécanobiologie ».

«A

voir une peau de bébé ». Une expression qui en dit long sur la capacité de la peau à résister aux années. Heureusement, pour compenser le manque de fermeté qui marque le temps qui passe, il existe une arme redoutable : la chimie. La société grenobloise Cytoo, spécialiste en biotechnologie, s’est associée avec le chimiste BASF afin d’identifier les ingrédients actifs sur la fermeté cutanée.

De nouveaux ingrédients pour une peau plus ferme

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En effet, de récents travaux de recherche en mécanobiologie ont établi que certains ingrédients peuvent stimuler la contractilité

© Stocklib / Phasin Sudja

Cytoo : jeunes, dedans comme dehors

Certains ingrédients peuvent stimuler la contractilité des cellules humaines et donc améliorer l’apparence de la peau et sa fermeté

des cellules humaines et donc améliorer l’apparence de la peau et sa fermeté. Dans le cadre de la collaboration, BASF et Cytoo ont réuni leurs expertises pour développer de nouveaux tests cellulaires et identifier de nouveaux ingrédients capables de préserver la fermeté cutanée durablement. Et si l’importance des avancées sur la peau est essentielle, notamment en matière d’esthétisme, les recherches de Cytoo sur les muscles sont capitales pour accompagner le « bien vieillir », et pour lutter contre certaines maladies génétiques qui touchent tous les âges. C’est ce qu’explique Luc Selig, directeur général de Cytoo. « La recherche sur les muscles est très récente. Notre travail c’est de reconstituer des modèles de tissus humains. Que ce soit pour l’épiderme ou pour le muscle, il faut savoir que toutes


Lutter contre la perte musculaire

Les travaux sur les muscles se montrent particulièrement innovants. « Si avec l’épiderme, nous touchons les métiers de la cosmétique et la dermatologie, en matière de muscles nous pouvons agir sur les myopathies, ou la perte de masse musculaire liée à l’alitement prolongé ou à une chimiothérapie. Nous pourrions surtout agir sur la “sarcopénie“. » Un nom barbare,

© Stocklib / Aleksandar Tomic

les molécules sont testées. Les tests sont d’abord faits sur les animaux, mais ceci est de plus en plus contesté. Puis nous testons l’innocuité chez l’Homme puis l’efficacité chez l’Homme. Ces tests coûtent très chers, surtout que 30 % des molécules testées sont inefficaces. » Les laboratoires font donc des tests prédictifs. « Ils font en sorte d’avoir des modèles de pathologies humaines pour pré-tester les molécules avant de les tester sur les animaux ou sur l’Homme. Cytoo développe donc des modèles de pathologies humaines pour tester, trier et découvrir les molécules actives. »

Cytoo travaille aussi sur la reconstitution de masse musculaire perdue

mais que les seniors connaissent puisque 30 % des plus de 85 ans sont atteint de cette perte musculaire. « La perte est naturelle en avançant en âge, mais la sarcopénie est une maladie comparable à une ostéoporose du muscle. C’est un enjeu de santé public, déjà reconnu comme tel au Japon et aux EtatsUnis, et ça arrive en Europe.» En reconstituant du muscle humain et en le produisant à grande échelle pour s’inscrire dans un projet industriel de recherche de médicament, Cytoo permettra peut-être d’améliorer le « bien vieillir ». Caroline Thermoz-Liaudy

Dans le cadre de la collaboration, BASF et Cytoo ont réuni leurs expertises pour développer de nouveaux tests cellulaires

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Génération prévoyante

Prenez soin de vos cheveux… blancs ! En vieillissant, les cheveux ne changent pas seulement de couleur, ils deviennent aussi plus secs et plus ternes. Que vous vouliez les cacher ou au contraire les mettre en valeur, vos cheveux blancs nécessitent donc des soins particuliers. Coloration, shampoing, soin… Les conseils d’une spécialiste pour arrêter de vous arracher les cheveux.

C

ontre la « canitie », nom scientifique du blanchiment de la chevelure qui se manifeste généralement vers la quarantaine, il y a deux options : les camoufler, comme la plupart des femmes, ou les assumer, à l’image de Françoise Hardy ou de la journaliste Elisabeth Quin. Si vos cheveux sont clairs, optez pour une coloration végétale, plus respectueuse de la fibre capillaire. Elle nécessite aussi moins d’entretien qu’une coloration classique : une visite chez votre coiffeur tous les 3-4 mois suffira. Si vos cheveux sont foncés, une coloration végétale ne parviendra pas à dissimuler les indésirables. Seule une coloration permanente donnera une couleur uniforme à votre chevelure, mais il faudra la refaire tous les mois pour ne pas voir les racines.

Vous préférez les mettre en valeur ?

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Avec une coupe tendance, un maquillage et une tenue vestimentaire adaptés, les cheveux gris ou blancs peuvent donner beaucoup d’allure. A condition de ne pas

© Phovoir

Vous préférez les cacher ?

jaunir, comme c’est souvent le cas. La solution ? Alterner shampoing traditionnel et shampoing spécifique cheveux blancs. Vous pouvez aussi continuer à utiliser votre shampoing habituel et le faire précéder une fois par semaine d’un soin particulièrement adapté : enduisez vos cheveux d’huile d’olive ou d’argan enrichie d’une goutte d’huile essentielle de bergamote, naturellement déjaunissante. Laissez poser une quinzaine de minutes, de préférence sous une serviette chaude pour faciliter la pénétration des actifs, avant de procéder au shampoing. Destination santé


Arthrose : un site accompagne les patients

Validé par des experts rhumatologues, le site Arthrocoach. com fourmille de conseils pratiques. Ce service en ligne totalement gratuit a été conçu pour accompagner de manière personnalisée les patients. Au quotidien, ils sont suivis par deux coachs spécialisés en nutrition et en activité physique. Explications.

A

ctualités, quiz pour tester ses connaissances, recettes à la fois diététiques et gourmandes, conseils… Le site Arthrocoach.com se différencie des nombreux sites sur l’arthrose, en proposant un accompagnement personnalisé et quotidien. L’originalité de ce service repose sur le coaching, en nutrition et en activités physiques. Objectif : aider les malades à adopter de bonnes habitudes leur permettant de mieux vivre. Il est largement reconnu que certains mouvements et/ou exercices physiques permettent de soulager les symptômes. Réalisés de manière régulière, ils peuvent même ralentir la progression de la maladie. Par ailleurs, le surpoids risque de peser sur les articulations. C’est pourquoi, il est utile de surveiller ses kilos en trop. La perte de poids diminue l’agression mécanique au niveau des articulations. Elle réduit aussi l’inflammation, génératrice de douleurs et d’usure du cartilage. Sur Arthrocoach.com, le patient bénéficie en 12 étapes progressives des conseils de deux coachs. En fonction de son profil, il se voit proposer des recettes spécifiques, mais également des exercices physiques adaptés. A tout moment, ils accèdent à leur carnet de bord en ligne. Ils y retrouveront : un bilan de progression imprimable, sous forme de courbes. Ce dernier est établi à partir de l’auto-évaluation régulière de différents paramètres : alimentation, activité physique, qualité du sommeil, survenue de symptômes, évolution de l’humeur. Un calendrier permettant de prendre des notes afin de faciliter l’observance du traitement et inscrire ses rendez-vous médicaux. Rappelons qu’en France, cette maladie touche entre 9 et 10 millions de personnes, soit environ 17 % de la population. Et dans la majorité des cas (75 %), il s’agit de femmes. Autre information peu connue, l’arthrose constitue le premier motif de consultation médicale après les maladies cardiovasculaires. C’est d’ailleurs la seconde cause d’invalidité dans notre pays. Destination Santé

Pour davantage d’information, vous pouvez consulter ce service sur : www.arthrocoach.com.

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Génération prévoyante

Ostéoporose : ces bonnes vibrations

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our Laurence Vico-Pouget, du laboratoire stéphanois LBTO (laboratoire de biologie intégrée du tissu osseux), c’est avéré : « plus vous faites de sport exigeant appuis, chocs, vibrations (par exemple du foot, du basket) à l’âge pré pubère et pendant la puberté, plus vous vous protégez de l’ostéoporose pour plus tard. » Pratiquer à cet âge ce type de sport ne fournit cependant pas une immunité contre la fragilisation osseuse qu’est l’ostéoporose et dont l’une des conséquences les plus connues est la fracture du col du fémur. Mais cela augmente considérablement le « capital » osseux. « Si vous êtes touché par ce phénomène lié la plupart du temps au vieillissement, votre masse osseuse va aussi se dégrader mais en “partant“ de plus haut. La fragilisation sera moins rapide », précise L. Vico-Pouget. Ne peut-on pas appliquer le principe à un âge plus avancé pour prévenir, voire soigner l’ostéoporose ? Problème : difficile de faire monter une équipe de foot ou de basket à des personnes fragilisées de plus de 55 ans. C’est là qu’interviennent les vibrations douces. Depuis des années 2000, le monde du fitness s’est pris d’amour pour les plateaux vibrants. La kinésithérapie aussi. Des études sur les animaux ont montré que ces plateaux augmentent la densité minérale osseuse. Ils pourraient donc constituer une alternative ou un complément à un traitement médicamenteux en stimulant

© Xavier Alix

Une expérience menée à Saint-Étienne depuis 2010 consiste à étudier les effets de plateaux vibratoires contre l’ostéoporose.

Le centre Carmi Filieris fournit la salle d’entraînement. Power Plate prête et entretient les machines

la formation osseuse et en améliorant sa qualité. Reste à le prouver pour les humains. C’est l’objet de l’étude « VibrOs » menée à Saint-Etienne depuis 2010 par le LBTO en collaboration avec le laboratoire d’analyse des signaux et processus industriels (Laspi), le CHU et le centre Carmi Filieris qui fournit les locaux. Les sujets : 240 femmes sédentaires, ménopausées, de 55 à 75 ans, présentant déjà une fragilité osseuse sans être encore malades. La moitié d’entre elles sont soumises au régime vibratoire par séances de 20 min, trois fois par semaine maximum pendant 12 mois sur des machines prêtées par la société Power plate. L’autre moitié est le groupe témoin. Les études préalables ont aussi montré un effet bénéfique sur la force musculaire, l’équilibre et le bien être. C’est la première recherche européenne sur ce sujet incluant autant de volontaires. Ses résultats sont attendus pour cette année 2016. X.A.


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GÉNÉRATION SENIORS

Partie V

loisirs

p. 120-142

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Implantée depuis plus de 100 ans dans la Loire, SIGVARIS propose des solutions de soin efficaces et innovantes qui agissent sur le bien-être et la santé des femmes et des hommes www.sigvaris.fr 121


Génération loisirs

© Stocklib

« Seniors, soyez actifs ! »

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De manière générale, on préfère parler d’activité physique et moins d’activité sportive après 60 ans

Les médecins sont unanimes. L’inactivité physique reste un danger à partir d’un certain âge. Pratiquer un sport n’est pas l’unique réponse. Si exercer un sport peut s’avérer contraignant et risqué pour certaines personnes, avoir une activité physique régulière reste l’une des solutions pour vieillir mieux et plus longtemps.


© Stocklib

«

60 % des seniors n’atteignent pas les recommandations actuelles d’activités physiques », avertit Dr David Hupin, de la médecine du sport au CHU de SaintEtienne. Ces recommandations confirmées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisent pour les personnes de plus de 60 ans d’effectuer au moins 30 min d’activité physique par jour. Ces chiffres reflétant l’inactivité de nos séniors n’ont visiblement pas évolué de manière très positive. « Cela ne va pas dans le bon sens puisqu’il y a 20-30 ans, les gens étaient un peu plus actifs. Ils allaient sur leur lieu de travail à pied, en vélo… Sur le volet professionnel, nous étions moins sédentaires. » D’après de nombreuses études de santé, le temps de sédentarité augmente considérablement après 60 ans. Cet âge correspond souvent à celui du départ à la retraite et les personnes qui étaient actives au niveau professionnel et social, se retrouvent au moment de la retraite chez eux à ne rien faire.

Casser le « cercle vicieux de l’inactivité »

Pour le Dr Hupin, il y a alors le risque pour la personne de tomber dans « le cercle

vicieux de l’inactivité physique où moins on en fait et moins on veut en faire. Moins on va être actif moins on va solliciter notre cœur, moins on va être endurant. Moins on va solliciter nos muscles et dès le moindre effort celui-ci sera fatiguant. Nous, médecins du sport, on essaye de casser ce cercle vicieux. La prescription d’une activité physique doit vraiment faire partie de l’outil thérapeutique du médecin ». Pour Dr Hupin, il faut alors choisir une prescription adaptée à l’âge du patient et à sa condition physique. « De manière générale, on préfère parler d’activité physique et moins d’activité sportive après 60 ans. L’activité physique comprend notamment les moyens de déplacements mais aussi les activités quotidiennes (bricolage, tâches ménagères..). Autant il est facile de dire à une personne jeune de faire un sport autant pour un sujet âgé de 60 ans c’est plus compliqué d’autant plus s’il n’a jamais pratiqué auparavant. Nous préférons alors leur dire : « Soyez actifs. Votre boulanger habite à 500 m de chez vous, arrêtez d’y aller en voiture et allez-y plutôt à pied. Prenez les escaliers plutôt que l’ascenseur. » Pour les personnes âgées et n’ayant pas de pathologie particulière, les

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Génération loisirs

Moins de mortalité dès 15 min d’activités par jour

© Phovoir

Le Dr David Hupin a publié en 2014 les résultats de son étude sur les effets du sport chez les plus de 60 ans. Les médecins participant au projet ont répertorié toutes les études qui ont été réalisées sur cette thématique. « Avec l’ensemble des données statistiques que nous avions obtenu de ces études, nous avons observé la corrélation entre activité physique et le risque de mortalité », résume Dr Hupin. L’équipe de chercheurs s’est interrogée sur les recommandations de 30 min d’activité que préconise l’OMS. « S’il y a si peu de personnes qui suivent ces conseils c’est peut-être parce que cela est trop contraignant et peut-être aussi parce qu’on leur demande trop. » Aussi, l’équipe a-t-elle voulu démontrer l’efficacité d’une quinzaine de minutes seulement d’activité physique. « Avec 15 min, on réduit d’environ 22 % les risques de mortalité.A 30 min, on est environ à 26 %.A une heure, on réduit de 30 % ces risques. Dès le premier quart d’heure, on est donc efficace. » En parallèle, Dr Hupin mène une étude au sein du service de la médecine du sport depuis 2001. 1 000 Stéphanois sont donc suivis depuis 15 ans et tous les 2 ans environ on évalue leur niveau de capacité physique grâce à un questionnaire. Dans le même temps, l’équipe a suivi les patients qui décédaient ou qui présentaient des maladies spécifiques (infarctus, Alzheimer…). « De ces constats, on a alors fait le lien avec la première étude. Cela nous a alors permis de démontrer que les sujets les plus actifs avaient un risque de mortalité plus faible, un risque plus faible de développer un cancer ou même de présenter une maladie d’Alzheimer. » M.G.

Dr Hupin: « Avec 15 min, on réduit d’environ 22 % les risques de mortalité » 124


médecins préconisent, d’une part, les recommandations de l’OMS et, d’autre part, la pratique d’un sport. Les seniors qui ont des pathologies (cardiaque, Alzheimer…) sont encore davantage concernés par la pratique d’une activité physique. « Pour cette population, on doit prescrire plus que ce que préconisent les recommandations de l’OMS. 30 min, pour eux, ce n’est pas suffisant on va plutôt leur conseiller au moins une heure à laquelle il faut ajouter de l’activité sportive. » Dans le département de Loire, il existe une plateforme « Sport santé » (Plass 42) en lien notamment avec le Comité olympique départemental et la direction de la jeunesse et des sports. Cette plateforme permet de lister tous les clubs et associations qui proposent une activité physique adaptée. Les médecins peuvent alors prendre contact avec Plass 42 afin que celle-ci puisse trouver des sports

adaptés au sujet (selon les pathologies, l’âge, le lieu de résidence…). Sur cette plateforme sont uniquement recensé les clubs et associations qui ont des formateurs sportifs agrées et formés pour l’accueil des populations vieillissantes ou avec une pathologie particulière.

Les sports à éviter

Si l’éventail des disciplines sportives est large pour les seniors, certaines semblent être plus adaptées à ce type de population parfois fragile. « Chez les personnes de plus de 60 ans, on recommande les sports non en charge qui ne seront pas trop délétères pour les articulations. La marche rapide ou la marche nordique sont deux bonnes activités car tout le monde peut en faire et elles permettent de travailler à la fois l’endurance et le côté musculaire. » Marine Graille

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Génération loisirs

© Stocklib / Cathy Yeulet

Tous fous de golf !

L’avantage pour les seniors, « c’est que si c’est un sport complet, ce n’est pas un sport très fatiguant »

C’est un sport que beaucoup ont commencé avant l’âge de la retraite, mais que les intéressés peuvent débuter à tous âges. Outres les bienfaits physiques, les amateurs de golf trouvent dans cette pratique du lien social et la motivation du challenge. Jean-Noël Bridon, président de l’Association des seniors golfeurs de Rhône-Alpes (Asgra) nous en dit plus…

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L’

ASGRA est l’Association des seniors golfeurs de Rhône-Alpes. « Seniors dans le sens où on l’entend au golf, précise le président Jean-Noël Bridon. C’est-à-dire les personnes de plus de 50 ans. Nous avons ensuite pour les messieurs une catégorie « Senior 2 », à partir de 65 ans. Une distinction qui n’existe pas chez les

dames, par soucis de galanterie, je suppose ».

Plus de 50 % des licenciés ont plus de 65 ans

L’ASGRA réunit en Rhône-Alpes un millier de licenciés, qui parcourt toute l’année la trentaine de golfs 18 trous de la région. Parmi eux, 50 % de « Senior 2 », et un peu plus donc, si on ajoute


les dames : « 25 % de nos licenciés sont des femmes, parmi elles évidemment certaines ont plus de 65 ans, mais on ne connait pas leur année de naissance ! » Mais pourquoi sont-ils tous fous de golf ? « C’est avant tout un sport. Mais l’avantage, c’est que si c’est un sport complet, ce n’est pas un sport très fatiguant. En général, on n’est pas éreinté à la fin d’un parcours, pourtant on a marché environ 8 km, soit quatre heures. Bien sûr on s’est arrêté pour taper des balles, mais ce sont aussi des moments où on fait d’autres gestes, les bras travaillent, les hanches aussi… » Un sport doux, dans lequel on ne se fait pas mal. « Il peut y avoir des personnes qui se font mal au dos. Mais là on parle des athlètes, des champions qu’on voit à la télévision. Chez nous il n’y a pas de blessures, les gens jouent en fonction de leurs capacités physiques. »

Un lien social important

© Asgra

Si le golf se présente comme une activité physique accessible aux seniors, c’est aussi un lien social important. Avec des compétitions organisées toute l’année dans

les différents golfs de toute la région. Des rendez-vous marqués avec des amis, et des parties qui se jouent aussi en dehors de ces moments particuliers. Et à l’heure où le montant des pensions de retraite s’amenuise, il semble que contrairement à l’idée reçue, le coût ne soit pas décourageant. « C’est sûr que si on prend une adhésion illimitée dans un parcours 18 trous, ça monte très vite. Mais il y a des parcours plus petits, des abonnements uniquement pour les jours de semaine qui coûtent moins cher, la possibilité de payer à la partie… On n’est pas obligé de pendre le package complet. » Pourquoi donc, ne pas tenter l’expérience du golf, qui présente bien des avantages ? Attention cependant, l’ASGRA n’est pas forcément ouverte aux débutants puisqu’elle n’accueille que les joueurs dotés d’un faible indice (c’est-à-dire d’un assez bon niveau). Mais pour les débutants, les clubs sont là pour accueillir et encadrer. Caroline Thermoz-Liaudy

Ici une compétition à Evian 127


Génération loisirs

S’il y a un âge légal pour jouer au casino, il n’en existe pas pour arrêter. La retraite est synonyme pour certains de détente et de jeux de hasard. Les casinos, temples du jeu, lieux de distraction qui permettent aussi de rompre l’isolement et l’ennui, séduisent plus d’un senior. Leur dirigeants ne négligent rien pour satisfaire et fidéliser cette clientèle.

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© FB

Ils adorent jouer au Casino !

L

es casinos représentent le plaisir, les loisirs et parfois le gain. Comment alors ne pas succomber à leurs attraits ? Aujourd’hui beaucoup de seniors aiment aller se divertir au casino, pour jouer, mais aussi pour rencontrer des amis, lier connaissance, danser… Ce qui ramène à l’origine de ces établissements. « Casino » vient de l’italien « casa », la maison. L’un des premiers casinos fut construit à Venise au XVIIe siècle avec pour objectif de distraire. Au XIXe siècle, ces établissements étaient destinés au jeu mais également à la conversation, ou même au théâtre… Aujourd’hui, les casinos ouvrent la semaine entière, du matin jusqu’au soir, un créneau qui intéresse particulièrement nos aînés. Ils sont certes plus


nombreux à se presser dans ces « maisons » du jeu sur la Côte d’Azur, et à Cannes en particulier. Pour autant, en Auvergne Rhône-Alpes, les seniors aiment aussi tenter leur chance.

« Ils zappent d’une activité à l’autre »

Le jeu et les activités du casino sont très prisés par les seniors

Le Casino Joa de Montrond-les-Bains, dans la Loire, a enregistré l’année dernière 453 000 entrées, les personnes âgées de 56 ans et plus représentent 27 % des entrées. « Des seniors qui ne jouent pas seulement aux machines à sous, mais qui consomment aussi au bar, au restaurant, certains vont danser… », explique Nathaly Dufour, responsable marketing et communication. « Chaque casino a des positionnements spécifiques, nous, nous sommes sur le ludisme, nous voulons des moments de convivialité, des moments partagés entre les générations et les différents styles de personnes. L’après-midi en semaine, les seniors sont plus nombreux, certains se donnent rendez-vous tel jour et à tel endroit. Pendant les vacances scolaires, des grands-parents viennent avec leur petits-enfants pour jouer au bowling, manger un morceau… » Quant à l’idée que les femmes sont plus nombreuses à jouer que les hommes, il semblerait que ce ne soit plus vraiment le cas. « On n’est pas loin du 50/50. » Un phénomène de papillonnage émerge dans la pratique et la fréquentation du casino chez le troisième âge : « beaucoup commencent par jouer, vont déjeuner, vont danser, puis retournent jouer… Ils zappent d’une activité à l’autre. » Pour fidéliser les clients de l’après-midi, les casinos ne lésinent pas sur les animations : collations gourmandes offertes tout au long de la journée, jeux concours tous les jours avec à la clef des gains prestigieux comme des téléviseurs ou des voitures, rediffusions de matchs, thé dansant… Et même des navettes gratuites pour acheminer les joueurs vers le casino. « Nous avons des navettes depuis Annonay, qui passent par BourgArgental, Saint-Étienne-Bellevue puis Montrond, l’allerretour est gratuit. Nous offrons aussi le ticket de bus retour pour ceux qui sont venus avec un autre voyagiste. » Florence Barnola

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Génération loisirs

La piste aux seniors

L’activité de dancing représente un quart de l’activité globale du NH Club

Le NH (New Hollywood) Club est l’un des tout derniers dancings de Lyon. Sa clientèle : des 50 - 70 ans amateurs de danses de salon et de rencontres « haut de gamme ».

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L

e dancing… Une espèce en voie de disparition : « Le marché disparaîtra si on ne renouvelle pas notre clientèle », admet Cyrille, propriétaire du NH Club (ex-New Hollywood), l’un des deux derniers dancings de Lyon, avec le Lydo à Villeurbanne. Si les vendredis et samedis soirs, l’établissement du 8e arrondissement de Lyon fait dans le « clubbing », la discothèque traditionnelle pour les 25 - 35 ans, les dimanches et lundi après-midis, place aux danses de salon, de couple : tango, paso, salsa, bachata, madison, fox-trot, rock (en soirée, les premiers et troisièmes dimanches du mois, avec buffet en ouverture), valse… et musette, mais de moins en moins.


Car Cyrille, un trentenaire issu du monde de la restauration qui a repris le New Hollywood il y a quatre ans, veut dépoussiérer l’image du dancing : exit « la boîte de vieux, la boîte de cougars », bienvenue au « NH Club, votre dancing 4 étoiles ».

« Une clientèle d’épicuriens exigeants »

L’ancien cinéma de quartier (Le Moulin Rouge) devenu dancing au début des années 70 (Le Hollywood, puis New Hollywood), accueille aujourd’hui une clientèle d’habitués, très fidèles, des quinquas et jeunes retraités actifs, plutôt CSP supérieures : artisans, cadres et chefs d’entreprise à la retraite, de vrais amateurs de danse et de rencontres, venant de toute la région (jusqu’à Bourg-en-Bresse, Mâcon…) pour profiter des 130 m2 de parquet stratifié

(600 m2 au total), « la plus grande piste de Lyon », revendique Cyrille. « Une clientèle aisée, d’épicuriens exigeants, souligne le patron du NH Club, qui ne sont pas là pour faire la bringue mais pour danser, pour les rencontres et la convivialité. » D’ailleurs, 90 % de la recette du dancing sont assurés par les entrées, le bar n’en représentant que 10 %. Et un maître mot : l’élégance, tenue correcte et chaussures cirées de rigueur. « Le dancing aujourd’hui, c’est le service, la qualité de la musique et la propreté », résume Cyrille. Cette activité de dancing représente un quart de l’activité globale du NH Club. Une part qui pourrait progresser du fait de la réouverture prochaine les jeudis après-midi, un créneau libéré par un établissement de Vénissieux qui vient de fermer ses portes. F.R.

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Génération loisirs

© Stocklib

Thermalisme, le marché reste porteur

Cathy Yeulet : La clientèle des villes d’eau compte 44 % de 65 ans et +. Les femmes représentent 62 % de la clientèle

550 000 curistes fréquentent chaque année les établissements thermaux en Auvergne/Rhône-Alpes. 60 % ont plus de 63 ans, soit une majorité de retraités (65 %).

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énuée d’effets secondaires, la cure thermale s’adresse à toutes sortes de clientèles. Elle est majoritairement prisée par les deux extrémités de la pyramide des âges avec de tous jeunes enfants d’un côté et les seniors de l’autre. Concernant l’évolution de la fréquentation thermale, l’activité connaît depuis 5 ans une progression de sa clientèle. Entre 2008 et 2014, le nombre de curistes a progressé de + 13 %. Les adeptes du séjour « bien-être » ont progressé de + 60 %, toutes catégories d’âges confondues. Selon les sondages, le niveau de satisfaction semble lié, en plus des effets thérapeutiques, à l’offre d’hébergement, suivie de la qualité de la restauration, puis à

la présence d’une animation commerciale et enfin la présence d’activités attractives. La clientèle des villes d’eau est presque exclusivement franco-française (98 %). Elle se répartit pour 39 % dans la tranche d’âge de 50 /64 ans, suivie par les 65/74 ans pour 30 %, puis les + de 75 ans pour 14 %. Les femmes sont majoritaires dans un ratio de 3 pour 5. Elles représentent 62 % de la clientèle. Le chiffre d’affaires généré chaque année en France est estimé à environ 1 Md€.

Un plan de développement lancé par la Région RhôneAlpes

Le marché est porteur. Le thermalisme Rhône-Alpes réunit sous la bannière


« Auvergne Thermale » 11 stations1. Il a su exploiter ses atouts naturels, patrimoniaux et ses infrastructures touristiques de qualité pour évoluer et sortir peu à peu d’une trop forte dépendance économique à la seule activité thermale thérapeutique. Il concentre environ 45 M€ de chiffre d’affaires, en progression de + 1,5%. Le président de la Région, Laurent Wauquiez, souhaite faire du thermalisme une priorité et de RhôneAlpes/Auvergne une région de référence en la matière. Il a lancé un groupe de réflexion, « Plan Thermal 2016-2020 ». Le but est de favoriser un nouveau développement, au plan médical, prévention et curatif, mais aussi du bien-être. Ce Plan thermal devrait être bâti avant l’été. Au programme, le soutien à la création de stations thermales nouvelle génération à la pointe de la recherche sur le thermalisme mais aussi aide à la modernisation d’établissements thermaux afin de capter

une nouvelle clientèle. Le groupe composé d’élus et d’exploitants de stations de la région travaille sous l’égide de Nicolas Daragon, vice-président en charge du tourisme et du thermalisme. Il est piloté par Frédéric Bonnichon, conseiller régional et maire de Châtel-Guyon. Objectif : créer 500 emplois sur 5 ans et doubler le chiffre d’affaires. La démarche passera par la qualification de l’hébergement, la recherche d’investisseurs et de partenaires financiers, le déploiement d’outils mutualisés, le développement de la formation et de la professionnalisation pour apporter un cadre de vie attractif aux touristes et curistes. A.V. 1 La Bourboule, Châteauneuf-les-Bains, Châtel-Guyon, Le Mont-Dore, RoyatChamalières, Vichy, Bourbon l’Archambault, Néris-les-Bains, Bourbon Lancy, Evaux-lesBains et Chaudes-Aigues

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Vous avez un projet ? Participez !

Les Irénée d’or Donnons l’essentiel 134


Association, vous partagez les valeurs chrétiennes ? Vous portez un projet, innovant, audacieux, petit ou grand, ancré dans le Rhône ou le Roannais ? Alors participez au concours des Irénée d’or 2016 !

Prix 2016 de la Fondation Saint-Irénée pour l’éducation, la culture, la communication et la solidarité

Pour en savoir plus et déposer votre dossier : www.fondationsaintirenee.org Contact : projets@fondationsaintirenee.org 135


Génération loisirs

Fotolia

Des vacances multigénérationnelles

Quand les grands-parents, les parents et les enfants voyagent tous ensemble, on parle de vacances multigénérationnelles. Une pratique en plein développement.

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a génération des baby-boomers arrive à l’âge de la retraite. Très actifs et souvent en bonne forme physique, ces jeunes retraités apprécient d’avoir du temps pour eux et de profiter davantage de leurs enfants et petitsenfants. Habitués à voyager, ils sont heureux de partager en famille cette expérience qui contribue à tisser des liens plus étroits entre les générations.

Ces vacances multigénérationnelles ont aussi un intérêt sur le plan économique car elles permettent de mutualiser les dépenses, ce qui n’est pas négligeable pour les budgets restreints. Pour les parents, c’est aussi un moyen d’occuper les enfants pendant les périodes de congés scolaires en les confiant aux grands-parents qui vont les emmener en vacances. Et si les trois générations partent ensemble, parents ou


grands-parents peuvent s’offrir à tour de rôle, une pause, une balade ou une activité, sans les enfants qui sont alors pris en charge par les autres adultes. Les moments où l’on profite d’être tous ensemble se concentrent plus particulièrement sur les repas, les sorties au restaurant, la détente au bord de la mer, les activités de plein air, les visites au zoo ou au parc d’attractions. Des occasions particulières sont aussi prétexte à partir en famille, par exemple pour passer Noël à la montagne ou pour célébrer un anniversaire de mariage au soleil. De quoi garder de bons souvenirs !

Planifier à l’avance

Ce type de vacances réclame une solide organisation, compte tenu du nombre de personnes impliquées et de leurs besoins, forcément variés. Il est donc conseillé de le planifier à l’avance en fonction des attentes de chacun et des compromis possibles. Quelle destination choisir pour amuser les enfants, plaire aux parents et intéresser les grands-parents ? Pour quel moyen de transport et pour quel type d’hébergement opter ? Si on loue une grande maison pour l’été ou un chalet pour aller skier, encore faut-il que le lieu soit adapté : taille de la cuisine, salle de bains pratique, pièce commune chaleureuse, chambres voisines et communicantes, etc. Si on organise un circuit en plusieurs étapes, mieux vaut prévoir un itinéraire favorisant un bon équilibre entre les déplacements, les visites de sites et les activités de divertissement pour les jeunes. Les professionnels du tourisme l’ont bien compris et adaptent leurs offres aux voyages multigénérationnels, actuellement en plein boom. APEI-Actualités 137


Génération loisirs

Le grand âge pour bouger Ils partent de plus en plus et le plus souvent en France. Comment évolue leur comportement quand les plus de 62 ans sont en mode « touristes » ?

Cars Faure - Faure Tourisme : « une génération seniors connectée »

Le plus ancien et plus important autocariste familial français, basé en Isère, ne propose pas que des voyages en autocars

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epuis 37 ans au sein de l’une des plus importantes sociétés familiales de tourisme en autocars, diversifiée en agences de voyages, Mano Giardini a vu le profil des seniors évoluer. « Les mentalités ont beaucoup changé en 30 ans. Les seniors ne sont plus du tout les mêmes. Ils sont actifs, en forme... Ils vivent de plus en •••/•••

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Génération loisirs En 2014, selon une enquête, menée sur toute la France pour le magazine professionnel Tour Hebdo, près d’un tiers des nuitées touristiques ont été réalisées par des personnes de 62 ans et plus. - Leur taux de départ est important. Ils sont 75 % à partir au moins une fois dans l’année pour les 62-71 ans, 68 % pour les 72-81 ans et encore 47 % pour les 82-89 ans... Oui, le quatrième âge voyage au-delà de 80 ans ! - Leur taux de départ progresse. Les seniors partent souvent et plus longtemps. Le nombre des nuitées touristiques des personnes de 62 ans et plus a augmenté de 17 % entre 2009 et 2014, alors que celui des personnes de 25 à 61 ans a reculé de près de 9 % sur la même période. - Ils partent majoritairement en France. Comme les plus jeunes, ils sont très attirés par l’Hexagone et sont 88 % à déclarer y aller en vacances. La durée moyenne de séjour augmente avec l’âge : 5,2 jours en moyenne pour les 25-61 ans, près de 7 jours pour les 62-71 ans et plus de 8 jours pour les 72-81 ans. Autre caractéristique : les seniors partent plus tôt en saison, dès mai-juin, et peuvent prolonger en septembre, étant libérés des obligations familiales. - Ils réservent des forfaits. D’après l’étude, ils sont friands des voyages en groupes et à forfait : ces produits représentent un voyage sur six chez les seniors (dont un tiers en formule tout compris à l’étranger), contre un voyage sur neuf chez les 25-61 ans. - Ils ont réalisé 22,2 Md€ de dépenses touristiques en 2014. Cette somme est valable aussi bien en France qu’à l’étranger, avec une moyenne de 406 € par voyage. Entre 62 et 89 ans, ils ont généré 401 millions de nuitées touristiques. En revanche, la dépense par nuitée est plus faible que pour les 25-61 ans, du fait que les seniors ont recours plus fréquemment à des résidences secondaires. Les seniors plus âgés privilégient les formules tout compris avec transport, visite et repas

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plus tard et de mieux en mieux. Ils sont curieux, plus éduqués intellectuellement et même connectés ». C’est le constat que fait Mano Giardini, responsable de 20 agences du groupe Cars Faure et Faure Tourisme sous franchise Havas. Le plus ancien (168 ans en 2016 !) et plus important autocariste (100 autocars) familial français, basé en Isère, a plusieurs cordes à son arc. L’offre s’étend des voyages en autocars pour les groupes, comités d’entreprises, clubs, centres sociaux... à la classique agence de voyages en passant par Oui Voyages en sous traitance pour la SNCF. « Même pour ce créneau lancé sous l’impulsion du ministre de l’Economie, nous nous attentions à capter la clientèle des jeunes. Or le succès que connaissent ces lignes est bien aussi dû aux seniors ! ». Conclusion : « jusqu’à 75 ans, les seniors restent de grands voyageurs. Ils se

rendent aux quatre coins du monde, toutes catégories sociales confondues. Ils partent en dehors des périodes scolaires et bénéficient des tarifs les plus intéressants. Il faut dire que les prix se sont beaucoup démocratisés. Le phénomène low-cost est rentré dans les mœurs. ». Pour les plus de 80 ans, Cars Faure propose des voyages moins lointains, dans l’Hexagone ou dans les pays limitrophes, voire à la journée ou dans le cadre de sorties festives dans la région (cabarets...). Aline Vincent

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Génération loisirs

Estelle Bordat : « Notre clientèle pour les voyages en autobus est passée du troisième au quatrième âge »

Autocars de la Vallée d’Azergues : sécurisation exigée

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ien que les Autocars de la Vallée d’Azergues (Rhône), fondés en 1946, aient élargi leur offre touristique avec une agence de voyages tous publics, leur clientèle qu’on appellera aujourd’hui le quatrième âge, représente leur premier cœur de métier.

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« Les jeunes retraités restent indépendants pour voyager. Ils utilisent leur voiture, prennent l’avion, souvent pour des destinations lointaines, témoigne Estelle Bordat, commerciale au service des groupes. Notre clientèle pour les voyages en autobus est passée du troisième au quatrième âge. Les seniors plus âgés (environ 80 ans et +, N���) ont besoin d’être sécurisés. Ils privilégient les formules tout compris avec transport, visite et repas. Ils partent souvent avec un club ou une association. Ils recherchent le confort et la sécurité

et tiennent compte de la diminution de leur mobilité. Ils attendent de nous qu’on les transporte au plus près des lieux. Ils sont sensibles au lien privilégié que nous entretenons avec eux. C’est le gage de leur fidélité. Sachant que l’offre s’est multipliée, ils font des choix, en fonction de leur budget et de leur forme physique. » Une étude de la Direction générale des entreprises de février 2016 démontre que le quatrième âge voyage au delà de 80 ans ! Et leur taux de départ progresse encore. Elle fait ressortir que les seniors sont 75 % à partir au moins une fois par an pour les 6271 ans, 68 % pour les 72-81 ans et 47 % pour les 82-89 ans. Ils partent majoritairement en France. En 2014, près d’un tiers des nuitées touristiques ont été réalisées par des personnes de 62 ans et plus. A.V.


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