Page 91

FM30maq:Layout 1

27/07/10

19:36

Page 91

Écologie favoriser la mixité sociale, la dynamique du tissu économique local et veiller à ce que l’impact sur l’environnement soit limité. > FM : Est-ce que la région lémanique va constituer le lieu privilégié pour développer de tels projets ? AM : Où que nous soyons, la problématique demeure encore immuable avec plus ou moins de pollution. Il se trouve que nous nous trouvons en Suisse et que le Fondateur Français vit à Genève. Il est très difficile de mettre un terme à certaines habitudes ou pratiques qui continuent à polluer l’environnement. L’OMYP, au travers de ses projets, s’adresse aujourd’hui à l’ensemble des communautés qui pratiquent un loisir ou une activité ayant un lien avec le milieu naturel proche des zones portuaires. Les ports et yacht-clubs sont des lieux privilégiés où se côtoient toute une communauté de navigateurs qui ont déjà conscience de cette problématique. C’est aussi à eux d’expliquer aux plus jeunes et montrer l’exemple. A nous de leur offrir des outils performants. Enfin, le lac Léman est connu pour être un réservoir de navigateurs talentueux et les hautes écoles de la région sont le berceau de nombreux projets innovants ! > FM : Vous êtes la secrétaire générale de l'OMYP, vous vous êtes immédiatement engagée intensivement depuis 6 ans déjà et cela de façon bénévole. Une telle implication n'est-elle pas astreignante à la longue et surtout depuis si longtemps ? AM : Depuis sa création, ce sont aussi tous ceux qui collaborent, ainsi que tous les membres du comité de l’OMYP qui travaillent bénévolement, même si mon rôle de secrétaire générale demande une implication permanente et quotidienne importante. Mais pour tenir sur la durée, il faut d’abord être passionné, convaincu de la valeur des projets et effectivement, il faut consacrer beaucoup de temps, de l’énergie et persévérer ! > FM : D'où vous vient cette volonté de revaloriser et préserver les zones portuaires ? AM : L’OMYP est née par la volonté de son fondateur amoureux des ports et, il faut le dire, des yacht-clubs. Né au bord d'un port, il connaît parfaitement le fonctionnement et l'odeur d'un port. Mais c'est aussi une prise de conscience du problème de cette pollution qui sévit dans les ports, et également, plus simplement, par amour de l’écosystème aquatique dans sa globalité. Parmi les membres du comité, tous ont une histoire personnelle liée à la mer, au lac, aux ports.… Et partagent des valeurs communes, comme “l’esprit marin”, le respect du milieu naturel, la volonté d’agir concrètement et de partager son vécu. En ce qui me concerne, je pratique la plongée sous-marine depuis plusieurs années. Aucun plongeur ne pourra nier le fait que l’activité humaine génère de nombreux déchets qui se retrouvent souvent au fond, ou surtout, à proximité des ports. Mais la problématique des déchets ne s’arrête pas aux ports, elle commence bien en amont et envahit les mers et les océans ; et lors des remous ou des tempêtes, ses déchets s'engouffrent non seulement sur les côtes, les plages, mais surtout, et cela se voit moins, dans les ports mal protégés.

FRANCEMAGAZINE N°30 91 AUTOMNE 2010

> FM : Il semble que ce soit un travail de longue haleine, car il est frappant de constater qu’il n’existe que peu de mesures concrètes à l’attention des usagers des ports, professionnels et autres promeneurs. AM : Il est vrai que la France, avec le Grenelle de la mer, est un des pays, à l’instar de pionniers comme la Suède ou la Finlande, qui ont engagé des mesures visant à améliorer l’état du littoral en impliquant mal les ports dans ce processus. Nous pensons que les autorités ont certes un rôle important à jouer, notamment pour adapter les infrastructures portuaires aux besoins des usagers tout en limitant l’atteinte à l’environnement naturel, mais il manque parfois des outils performants. Toutefois, il apparaît que les usagers, que ce soit le navigateur ou le propriétaire d’un yacht de 3 étages, a un rôle prépondérant à jouer. Sans prise de conscience globale, c’est-à-dire chez tout le monde, pas seulement chez ceux qui sont les premières victimes du réchauffement climatique ou de la disparition de certaines espèces nécessaires à leur survie, il y aura toujours 3 camps : les victimes directes, ceux qui agissent à leur échelle et les fatalistes. > FM : Parlons de “Net’Léman”. En quoi consiste cette opération ? AM : “Net’Léman” est une journée dédiée à la préservation et au maintien de la beauté et de la santé du lac Léman. Cette action annuelle qui rassemble de nombreux acteurs de la région lémanique durant une journée, consiste en un grand nettoyage des rives et des fonds du lac Léman, mais spécifiquement dans les ports, près des débarcadères, embouchures, quais ; là où les déchets se font plus nombreux. Net’Léman a donc pour objectif de sensibiliser les communautés vivant proche du lac, de tous âges et horizons, à l’importance de préserver et respecter son environnement. Depuis 2005, la participation et l’engagement de quelque 3 000 plongeurs bénévoles et, à terre des, milliers également de bénévoles, dont un tiers de jeunes entre 5 et 17 ans, ont permis de récolter près de 66 tonnes de déchets. Ce n'est pas rien pour un lac réputé comme étant parmi les plus propres au monde.

>>

No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010