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Histoire

Allocution de Roland-Daniel Schneebeli Ambassade de Suisse à Paris (Nuit du Musée de l'Armée 2010) 15 MAI 2010

Excellence, (Ambassadeur Ulrich LEHNER) M. le directeur du musée de l’Armée, (Général Robert BRESSE) M. le commandant militaire des Invalides, (Colonel Bernard CAPDEVILLE) M. le divisionnaire et attaché militaire auprès de l'ambassade de Suisse, (Divisionnaire Jacques DOUSSE) Mme le chef du service d'action culturelle et musicale du musée de l’Armée, (Mme Christine HELFRICH) Mme Le conservateur du département d'artillerie du musée de l'Armée, (Mme Sylvie LELUC) M. le chef de presse de Suisse tourisme, Chers compagnes, chers compagnons. Mesdames et Messieurs, C’est une grande joie pour,moi aujourd’hui de prendre la parole devant vous, au nom de la Compagnie de 1602. En effet, la manifestation que nous allons vivre ce soir dans le cadre somptueux des invalides sera l’aboutissement logique d’une collaboration et d’une amitié qui ont commencé il ya près de 12 ans. En ce temps-là, alors qu’au bout du lac Léman nous cherchions le moyen de pouvoir présenter aux Genevois et aux visiteurs de Genève un canon qui rappellerait l’artillerie mise en place la nuit de l’Escalade, j’ai eu le grand plaisir de faire la connaissance de Mme Sylvie Leluc, conservateur du département d’artillerie du musée de l’Armée. Je n’ignore pas qu’elles doivent être les demandes parfois saugrenues qui arrivent sur le bureau d’un conservateur de musée. Malgré cela, Mme Leluc a tout de suite été intéressée par cet épisode de l’histoire de Genève, qui vit les troupes du duc Charles Emmanuel de Savoie échouer lamentablement à la prise de la ville, dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, épisode qui fait également partie de l’histoire de France. En effet, à cette époque, en plus de ses alliés que sont Berne et Zurich, l’un des grands protecteurs de Genève, avec les princes protestants allemands et la reine Elizabeth 1ère d’Angleterre, était Henri IV, roi de France et de Navarre, souverain généreux et visionnaire. D’éducation huguenote, épris de liberté, fin stratège et politique, Henri IV possédait avec Genève des liens autant politique que sentimentaux. De nombreux officiers du roi sont alors en service commandé à Genève, depuis fort longtemps. Le dernier en date à l’époque de l’échec du duc de Savoie, était le baron de Villars, parti la veille de l’attaque et revenu aussitôt après, ce qui alimente parfois la version du piège tendu par les Genevois aux Savoyards. Les relations qui existent entre la France et Genève en 1602 influences les autorités de cette dernière dans leurs préférences, dans les mesures employées, dans les normes, et bien sûr, dans les choix de l’armement de la Cité. Ainsi, nous n’ignorons pas aujourd’hui que l’arsenal de Genève comportait, pour la protection des quelque 13 000 habitants de la Cité, pas moins de 120 bouches à feu, dont des pièces identiques aux fameux calibres de France, série de sept catégories de www.expatria-cum-patria.ch

canons que se réserve le roi de France Henri Il, 50 ans avant l’Escalade. Si les recherches nous ont conduits à travers toute l’Europe, c’est au travers des documents retrouvés à la bibliothèque nationale de France, dans les archives d’état de Genève et celles de Turin, avec l’aide du musée de l’armée, des compagnons du devoir et de notre cher et regretté ingénieur en chef de l’armement Michel Decker, que nous avons plus recréer à l’identique la piète d’artillerie Falco que les visiteurs de la nuit du musée pourront admirer sur l’esplanade des invalides. Malgré tout, la Compagnie de 1602 ne se limite pas à un canon, aussi beau soit-il. Forte de près de 2 500 membres, pouvant présenter 700 costumes, dont des dizaines de cavaliers, montrant ce que pouvait être une ville au début du XVIIe siècle, avec ses artisans, ses bourgeois, sa garde soldée, ses gens des campagnes environnantes, ses autorités, son bourreau, ses hommes d’armes, piquiers, arquebusiers, argoulets et tambours, notre association est avant tout à vocation historique. En effet, plus qu’une victoire contre un ennemi fourbe, nous commémorons le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour leur liberté, pour un mode de vie et de pensée qui à modelé l’Esprit de Genève, tel qu’il est aujourd’hui, Genève est considérée comme la fenêtre de la Suisse ouverte sur le monde. Sans la résistance victorieuse au duc de Savoie, Genève ne serait peut-être pas devenue un canton Suisse. Dès lors, nous ne pourrions avoir ce grand plaisir d’être reçus en ce lieu merveilleux par M. L’ambassadeur Lehner, que je remercie chaleureusement pour son accueil. Enfin, à tout seigneur tout honneur, sans les relations privilégiées que nous entretenons avec le musée de l’armée, sans ce lien affectif qui unit Paris et Genève, la France et la Suisse, les autorités militaires françaises ne nous auraient peut-être pas ouvert les portes des invalides avec autant de courtoisie. Au nom de la Compagnie de 1602, j’invite les représentants civils et militaires à transmettre aux autorités françaises toute la reconnaissance qui est la nôtre. Excellence, Mmes et MM., J’avais prévu deux mots de remerciement, je crois qu’il y en a quelques-uns de plus, ce n’est que le reflet de notre profond respect et de notre grande reconnaissance pour vous tous.(paroles ajoutées sur place en fin de discours). Je vous remercie.

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No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

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