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Spécial Venise bruyante et joyeuse Strada Nuova, le Ghetto est d'une beauté poignante. C'est le premier ghetto dans l'histoire de l'Occident. En dialecte vénitien, on prononçait geto (dieto) pour indiquer la coulée de la fonderie qui se trouvait là. Le Ghetto était prononcé Gue par les juifs d'origine germanique et c'est ainsi que s'est formé le mot Ghetto, évocateur de barbaries. La Giudecca Paisible et presque délaissée, cette île charmante offre au visiteur un visage glorieux de Venise. C'est ici que s'élève l'Église du Rédempteur, de Palladio, qui doit son origine, comme la Salute à un vœu fait au moment de la peste de 1576.

L’île de Giudecca.

L'Arsenal “Le Christ Une première darse devant Ponce existait déjà en Pilate” (Tintoret). 1104, lorsque les Croisades ont donné un essor considérable aux constructions navales. Entouré de murailles médiévales scandées de tours, l'arsenal a deux entrées : l'une sur terre, composée d'un portail de guet précédé de lions grecques antiques, et l'autre sur mer marquée par les deux tours entre lesquelles passe le vaporetto. La peinture vénitienne L'Ecole de Venise se caractérise par une sensualité affirmée qui se traduit par la primauté donnée à la couleur sur le dessin, et par un sens inné de la lumière qui se manifeste dans les paysages baignés d'une atmosphère voilée atténuant les contours, comme on le voit presque chaque jour à Venise. Les historiens ont souvent opposé à l'Art savant et idéaliste des Florentins, la manière plus spontanée et plus libre des peintres vénitiens, dont l'exemple s'est perpétué jusqu'aux Impressionnistes.

FRANCEMAGAZINE N°30 63 AUTOMNE 2010

Les véritables débuts de la peinture vénitienne commenceront avec la dynastie des Bellini (Jacomo et Gentile), mais surtout le fils cadet, Giovanni Giambellino (1430-1516), artiste d'une profonde spiritualité, l'un des premiers peintres de la Renaissance à avoir su intégrer avec naturel le Paysage à ses compositions de Figures. Le Musée de l'Academia L'Academia contient 354 œuvres s'étalant du 14e au 18e siècle. Toute l'histoire de la peinture vénitienne est contenue là : Carpaccio, Lorenzo, Lotto, Veronese, Titien, Tintoret, Tiepolo, Canaletto, Guardi, Zuccarelli, etc. Une série de chefs-d'œuvres défile devant nous. Mérite absolument le détour ! On ne peut pas oublier l'Impérissable musique d’Antonio Vivaldi. Le Pô Venise s'estompe peu à peu, ville qui tient sur des forêts de pieux enfoncés dans la vase, sous le niveau de l'eau. Pierre sur bois. De l'apparente précarité d'un tel assemblage, Venise tire sa prodigieuse solidité. Son assise est si souple, qu'elle pourrait être la seule ville au monde qui survivrait à un violent tremblement de terre ! Nous nous engageons dans des méandres banalisés ; un peu de mer, et nous voilà à l'embouchure du Pô. Nous ne nous arrêterons pas à Chioggia car un accident maritime a eu lieu devant l'embarcadère et l'on ne peut pas accoster. Le fleuve, Pô, très large par endroits, provoque de fréquentes inondations et l'on voit à de nombreux endroits le travail constant de remblaiement et de consolidation des digues. Le désavantage proviendra du fait qu'on ne verra rien au-delà des rives du fleuve, mais un silence magique nous surprend tout au long de la traversée. Padoue C'était au 1er siècle avant JC, une des cités les plus prospères de la Vénétie grâce au commerce fluvial, à son agriculture et à la vente des chevaux.

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No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

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