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J’aimerais vous dire

«Le Chemin est long par les préceptes, court par les exemples.»* *APOPHTEGME DE SOCRATE e 28 mai 1958, Le Réal de Madrid remportait une nouvelle fois la Coupe d'Europe des Champions avec les di Stéfano, Gento et notre Raymond Kopa national. Ce dernier auréolé de ce nouveau titre, faisait briller les couleurs de la France sur les pelouses ibériques et européennes, mais aussi, et surtout, les yeux de millions de jeunes que nous étions alors. Il rejoignit ses coéquipiers à l'hôtel Laxbrogarden à Kopparberg, toute petite bourgarde de Suède, où doit se dérouler la Coupe du monde de football. La France se retrouve placée dans le groupe B en compagnie de l'Ecosse, de la Yougoslavie et le Paraguay. Le 8 juin 1958, le premier tour commence : France - Paraguay. La France gagne 7 buts à 3. Just Fontaine signe 3 buts et Roger Piantoni, Maryan Wisnieski, Jean Vincent et Raymond Kopa aggravent le score en mettant un but chacun. Trois jours plus tard, c'est au tour de la Yougoslavie de s'incliner 3 buts à 2 où Fontaine glisse deux fois la balle au fond des filets. Le 15 juin 1958 voit la France se défaire de l'Ecosse 2 buts à 1. Raymond Kopa et Just Fontaine se font un plaisir d'assurer la première place de leur groupe pour les Quarts de finale. Le 19 juin 1958, la France est confrontée à la redoutable équipe de l'Irlande du Nord. Score sans appel. Après que Maryan Wisnieski ait ouvert le score, insatiable, Just Fontaine envoie à deux reprises la balle au fond de la cage tandis qu'Hervé Piantoni parachève le score - 4 à 0. Les choses sérieuses commencent... La Demi-finale qui nous est proposée est de rencontrer l'équipe du Brésil. Ce 24 juin est à marquer d'une belle pierre. Albert Batteux notre entraîneur national, aligne Claude Abbes (St Etienne) dans les buts - à l'arrière Raymond Kaelbel (Monaco) - André Lerond (O. Lyonnais) - Milieu de terrain Armand Panverne (Stade de Reims) - Robert Jonquet (Stade de Reims) - Jean-Jacques Marcel (O. de Marseille) - à l'attaque, Maryan Wisnieski (RC Lens)Raymond Kopa (Réal de Madrid) - Just Fontaine (Stade de Reims) - Roger Piantoni (Stade de

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Reims) & Jean Vincent (Stade de Reims). En face, les Brésiliens nous cueillent à froid en inscrivant dès la 2e minute un but superbe de Vava. Fontaine réplique en ouvrant le score pour la France à la 9e minute. Le feu follet Didi donne l'avantage aux Sud-américains à la 39e minute, juste avant le repos. En seconde mi-temps, rivés à notre écran de télévision en noir & blanc, assis devant un diabolo menthe, médusés par tant de talent, nous avons découvert un gamin de 17 ans. Artiste virevoltant, le jeune Pelé aggrave le score en inscrivant 3 buts à la 53e, 64e et à la 73e minute. Roger Piantoni a bien un sursaut d'honneur, en réduisant la marque à la 83e minute, mais c'en est fini. Score sans appel : le Brésil se qualifie pour la finale 5 buts contre 2 seulement à la France. Mais quel match ! Nous étions fiers de nos gars. Du grand football, du beau jeu et le sentiment d'être le témoin d'une découverte exceptionnelle en la personne du jeune Pelé. Depuis ce jour-là, comme lui, tous les gamins du monde marquant un but, s'embrassent. Avant, cela n'existait pas. Que du Bonheur ! C'est le 28 juin 1958 que nous devons rencontrer l'Allemagne de l'Ouest pour l'obtention de la Troisième place. Just Fontaine met un point d'honneur a glisser 4 buts aux Allemands, Raymond Kopa et Yvan Douis (OSC Lille) parachèvent le résultat par un 6 à 3. Meilleur buteur (toujours d'actualité 52 ans après) : Just Fontaine avec 13 buts en 6 matchs Meilleur joueur de la Coupe du Monde 1958 : Raymond Kopa. Quelque temps après, notre lycée, soucieux de nous faire partager les grands moments de notre pays, décide d'emmener notre classe, ce mercredi 11 mai 1960, vers le port de Saint-Nazaire. Plus de 150 000 curieux, et probablement plusieurs millions de téléspectateurs sur la planète, s'agglutinent pour vivre une intense Edson Arantes do Nascimento, émotion. dit Pelé. En effet, les Chantiers de l'Atlantique, après plus de 4 années de travaux, vont lancer le plus grand paquebot du monde avec ses 315,66 mètres et ses 160 000 cv lui permettant d'atteindre les 31 nœuds en vitesse de croisière et les 34 nœuds en vitesse de pointe. Il est 16 heures 15, le navire majestueux entre pour la première fois dans les flots de l'Atlantique. Le FRANCE est lancé ! Madame Yvonne de Gaulle baptise le géant des mers. Quel insigne honneur ! Pour conclure son discours, le Général de Gaulle s'est exclamé en levant selon son habitude ses deux bras au ciel « VIVE LE FRANCE ! » Ce ne fut qu'au printemps 1962 que les premiers passagers purent profiter de la première traversée Le Havre - New York. Son nom était bien porté. Les technologies de pointe, associées au prestige de la France, véhiculaient à travers le monde une image que bien des pays nous enviait. Pourquoi faut-il aujourd'hui que notre Nation, essouflée, endettée, soit devenue incapable de se ressaisir ? Elle si brillante par le passé, fille aînée de l'église, tordue de douleurs dans ses contradictions, en vienne à paraphraser le jeune Périclès interrogeant son Maître Socrate : « Comment se fait-il que notre Cité ait ainsi décliné ? » N

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No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

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