Page 14

FM30maq:Layout 1

27/07/10

19:27

Page 14

Humanitaire >> Bekele Geleta, qui s'est rendu en Haïti avec

le président de la FICR, Tadateru Konoé, huit jours après le tremblement de terre. « Nous devons ensemble transformer cette tragédie en une chance de renaissance pour Haïti. » Une génération pour reconstruire La reconstruction prendra des années, voire une génération entière ; mais on note des signes encourageants. Malgré la destruction, le chaos et la douleur, la vie reprend dans les rues et les camps de Port-auPrince. Un mois après le choc, la circulation est intense. Les autobus et les camionnettes sont pleins. Les troupes des Nations unies, et, au centre ville, les soldats américains patrouillent. De nombreuses routes sont barrées parce que les engins de chantier enlèvent les gravats et démolissent les bâtiments chancelants. Des milliers de personnes font la queue devant les bureaux de transfert d'argent dans toute la ville. Les banques ont ouvert et le prix de l'essence a commencé à baisser. On trouve davantage de nourriture sur les mar-

‘‘ ’’

Nous devons ensemble transformer cette tragédie en une chance de renaissance pour Haïti.

BEKELE GELETA,

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA

FICR

LeshérosdeHaïti EN DÉPIT DE LOURDES PERTES, LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE LA CROIX-ROUGE HAÏTIENNE A RÉAGI AVEC UNE DIGNITÉ, UN SANG-FROID ET UN PROFESSIONNALISME HORS DU COMMUN. lace Saint-Pierre à Pétionville, petite commune de la banlieue est de Port-au Prince, des centaines de survivants se sont rassemblés : choqués, hébétés, nombre d'entre eux blessés. Si certains n'ont que des blessures superficielles, d'autres présentent des plaies profondes, des blessures ouvertes à la tête, des membres écrasés ou de graves fractures. Juste en face, dans le garage situé sous le bureau du maire, les volontaires de la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne ont installé un poste de premiers secours. L'espace est encombré par les voitures, mais un flux continu de personnes se frayent un chemin. On panse des blessures, on réduit des fractures. «Ce n'est pas l'endroit idéal, dit Rita Aristide, volontaire chevronnée de la Société nationale, rodée par le passage des ouragans, mais les gens se présentent et nous nous occupons d'eux.» Aujourd'hui , ce sont des milliers de personnes comme Rita Aristide qui sont au cœur de la réaction du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge à la catastrophe. La Société nationale haïtienne

P

www.expatria-cum-patria.ch

FRANCEMAGAZINE N°30 14 AUTOMNE 2010

chés de rue, même si les prix ont doublé et si de nombreuses familles doivent encore mettre en commun leurs ressources pour pouvoir s'acheter les biens les plus indispensables. Et bien que l'avenir soit incertain pour tous ici, un dimanche matin récent, on pouvait voir des familles entières, vêtues de leurs plus beaux atours - les petites filles en robe blanche et souliers noirs vernis tenant la main de leurs pères en complet et cravate converger vers les ruines d'une église. Quelques instants plus tard, ils se tenaient réunis fièrement sur les décombres, écoutant leur prêtre et entonnant des hymnes solennels. Dans un autre quartier de la capitale, Pierre Marie Gérard, un charpentier de 29 ans, ressent lui aussi de l'espoir, de la fierté et l'appel de l'avenir, alors qu'il assemble des logis à l'épreuve des ouragans avec d'autres volontaires Croix-Rouge. « Je suis avant tout un Haïtien, et malgré l'horreur de cette catastrophe, je suis enthousiasmé à l'idée de contribuer à bâtir une Haïti nouvelle. Je veux que le monde ait une autre vision de nous. Je rêve d'une Haïti nouvelle. » N

No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010