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Écologie >> n'étaient pas libres par hasard : ce sont des

zones inondables. » Dans le camp du Bel Air,qui s'étend à perte de vue et où vivent plus de 20 000 personnes, des jeunes s'affairent à déblayer des espaces pour les familles qui continuent à affluer dans ce qui devient rapidement un immense bidonville, avec ses marchés, ses vendeurs, ses prêtres, ses points d'eau et ses postes de premiers secours. Un peu partout dans la ville, de nombreux habitants campent devant leur logis, trop efLa Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne et le CICR installent un système de distribution d’eau à Cité-Soleil. Photo : Marko Kokic/CICR

frayés pour le réinvestir, et pourtant réticents à quitter leur quartier. D'autres quittent carrément les villes. Selon le gouvernement, plus de 235 000 personnes ont gagné les campagnes, souvent accueillis par des parents ou des amis. Une question de place Au cours du mois qui a suivi la catastrophe, le Mouvement a réagi en fournissant des matériaux pour les abris d'urgence - bâches, outils, tentes - à près de 20 000 familles (95 000 personnes). Depuis, la FICR a fourni des abris pour quelque 400 000 personnes. Il s'agissait, dans la plupart de cas, d'abris “d'urgence”, permettant, dans l'immédiat, de préserver l'intimité et de se protéger du soleil et de la pluie. Cependant, la menace des ouragans fait que les organisations doivent, dans le même temps, fournir des abris provisoires plus solides, à l'épreuve des tempêtes. Sous la houlette de la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne, les volontaires bâtissent deux types d'habitations provisoires www.expatria-cum-patria.ch

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Les camps de fortune ont surgi sur les terrains qui étaient libres. Or, ils n’étaient pas libres par hasard : ce sont des zones inondables.

ERIC ROSSI,

CHEF D’UNE UNITÉ D’INTERVENTION

D’URGENCE DE LA

CROIX-ROUGE FRANÇAISE

FRANCEMAGAZINE N°30 12 AUTOMNE 2010

conçues par la Croix-Rouge : l'une à armature en bois, de 12 mètres carrés sur un seul niveau, capable de résisterà un ouragan ou à un séisme, et une version à armature en métal, de deux étages, occupant la même surface au sol. Les équipes travaillent 24 heures sur 24 pour atteindre un objectif ambitieux : construire 20 000 abris à un étage pour les zones rurales et urbaines et 15 000 unités de deux étages pour les familles dans les zones urbaines, où l'espace est rare. Pourtant, la construction n'est pas le plus gros problème. « La difficulté numéro un, c'est l'espace », explique Nelson Castano, qui dirige l'opération de secours de la FICR à Port-au-Prince. « La ville était déjà gravement surpeuplée, et à présent, des secteurs entiers de Port-au-Prince sont inhabitables. » La recherche de nouveaux sites de construction se heurte souvent à des problèmes délicats de propriété foncière. Michaële Gédéon le confirme : « Trouver des terrains est essentiel, explique-t-elle. Si nous pouvions en obtenir, nous avons au moins 5 000 volontaires Croix-Rouge - la moitié de nos effectifs - qui sont prêts à les viabiliser en aménageant des réseaux de drainage et des égouts. » Le problème ne concerne pas que Port-auPrince. À l'ouest de la capitale, Léogâne est la zone urbaine la plus proche de l'épicentre du séisme. Dans le centre, près de 10 000 personnes dorment dans le stade de football Gustave Christophe, serrés comme des sardines sous des abris précaires. Cette ville de 180 000 habitants - moins les 10 000 ou davantage qui ont péri dans la catastrophe - a été rasée. Le graffiti en créole qu'on peut lire sur le mur d'une église en piètre état résume bien les choses : « Pou yon Ayiti nouvo, yon Leyogàn tau nef » (« II nous faut une Haïti nouvelle, mais une Léogâne entièrement neuve »). Un sprint suivi d'un marathon Réuni à Montréal presque un mois après le séisme, le Mouvement - représenté par 23 sociétés nationales, la FICR et le ClCR - s'est engagé à poursuivre son effort de secours intégré pendant les 12 mois à venir, et à répondre aux besoins de 80 000 familles (soit environ 400 000 personnes). Le Mouvement a aussi promis de fournir des soins de santé pour une zone qui comprend 500 000 habitants, à Port-au-Prince et alen-

No 30 France Magazine  

Le Magazine des Français établis hors de France N° 30 - Automne 2010

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