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trajectoires Entreprendre

N°16

juin juillet août 2010

et réussir en Seine-et-Marne

“Seine-et-Marne en projets” : une nouvelle ambition économique Dialogue Sénart Val de Seine crée LE CE pour PME Les Trophées E-conquête montrent la voie

BATIRECO® , un programme qui forme les professionnels à l’efficacité énergétique

Marie-Pierre Legrand Responsable de projet, Fédération BTP 77


instantané Seine-et-Marne par Yann Piriou

Mutation économique : turbo alternateur en phase de démentellement. Centrale EDF Vaires-sur-Marne.

sommaire ACTUALITÉS

DOSSIER

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trajectoires

JUIN JUILLET AOÛT 2010

DIALOGUE SÉNART VAL DE SEINE CRÉE LE CE POUR PME LES TROPHÉES E-CONQUÊTE MONTRENT LA VOIE

juin-juillet-août 2010 — n°16

BATIRECO® , UN PROGRAMME QUI FORME LES PROFESSIONNELS À L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

ENJEUX

success stories

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• Les Trophées e-conquête montrent la voie • Le fonds stratégique d’investissement s’ouvre aux PME • Philettrae : Seine-et-Marne Développement prime l’amour des lettres • OSEO Excellence : au service de l’innovation • Dialogue Sénart Val de Seine crée le CE pour PME

“Seine-et-Marne en projets” : une nouvelle ambition économique

•M  atière grise L’OCS observe les périphéries urbaines à la loupe •Q  uartier d’affaires Innovespace : le parc d’activités nouvelle génération conçu par ALSEI • À la carte La filière industrielle vue par l’Observatoire économique de Seine-et-Marne Développement

• Oxand à Avon : La gestion durable des risques industriels • Hoya à Émerainville : Plein la vue

• La Seine-et-Marne définit son projet éditorial • Interview de Marie-Pierre Legrand, Responsable de projet, Fédération BTP 77 • Bâtir le territoire modèle de la construction durable • Le volet économique de “Seine-et-Marne en projets” • Interview Daniel Béhar, Chercheur, géographe et directeur du cabinet ACADIE

N°16

et réussir en Seine-et-Marne

SEINE-ET-MARNE EN PROJETS : UNE NOUVELLE AMBITION ÉCONOMIQUE

En couverture Marie-Pierre Legrand Responsable de projet, Fédération BTP 77 Retrouvez son interview en page 9.

vos contacts : Patricia Montin p.montin@smd77.com

Isabelle Cabrol i.cabrol@smd77.com

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trajectoires juin-juillet-août 2010 — 03

point de vue

“Seine-et-Marne en projets” : construire et partager une ambition pour notre territoire Par Vincent Éblé, Président du Conseil général de Seine-et-Marne et Gérard eude, Président de Seine-et-Marne Développement

tableau de bord Bilan de l’activité “Implantation” de Seine-et-Marne Développement Au 30 avril 2010

uelle identité la Seine-et-Marne veutelle revendiquer au sein de la métropole francilienne ? Quels sont les atouts et spécificités du territoire ? Quel modèle de développement privilégier ? Quelles priorités porter et quels projets soutenir ? Toutes ces questions, nous nous les sommes posées lors des nombreux échanges et débats avec les Seine-etMarnais, mais aussi les entreprises, le monde associatif et les nombreux acteurs locaux qui font la richesse de notre territoire. Leurs contributions font toutes apparaître, de manière plus ou moins explicite, la même ligne de force fondée sur le rapport des habitants à leur territoire ainsi que sur la position de la Seine-et-Marne en Île-de-France. Seul département francilien dont l’origine remonte à la création des départements en 1790, la Seine-et-Marne, de surface moyenne puisqu’elle se situe au 48e rang des départements métropolitains, est en revanche “hors norme” par l’explosion de sa population. En 40 ans, elle a doublé pour atteindre 1 289 524 habitants en 2007, soit le 11e rang national. De toute évidence, l’équation du projet seineet-marnais repose sur la combinaison d’une population à dominante urbaine et d’un territoire majoritairement rural.

610 dossiers en cours 11 implantations 72 emplois concernés Source : Seine-et-Marne Développement

727 C’est le nombre d’entreprises inscrites sur

www.e-seine-et-marne.com au 15 mai 2010. Rejoignez-les ! Source : Seine-et-Marne Développement

Profondément ancrée dans la dynamique métropolitaine, la Seine-et-Marne a tous les atouts pour inventer son modèle de développement durable.

Le rapport à la zone dense de la métropole est aussi la source d’incompréhensions multiples. Territoire “servant”, la Seine-etMarne lui fournit ses ressources naturelles, le traitement de ses déchets, une bonne partie de sa fonction logistique… De même, 35% des salariés qui y habitent travaillent à Paris ou en “petite couronne”. On voit donc bien l’importance de la mobilité, de l’accessibilité, pour offrir à nos habitants les services qu’ils attendent en termes d’accès à l’emploi, et à la formation, ou aux services numériques – dont la croissance est exponentielle. L’amélioration de ces domaines renforcera l’attractivité économique du territoire et la compétitivité de ses entreprises.

La deuxième “constante” qui émerge des débats repose sur les trois piliers traditionnels du développement durable : l’équilibre ville-nature pour préserver la qualité de vie ; un “mode de ville” maîtrisé où l’on construit de manière plus respectueuse des générations futures ; la volonté de préserver notre population des nuisances et de favoriser son équilibre tant dans l’emploi que dans la vie personnelle. “Seine-et-Marne en projets” va désormais entrer dans une phase de mise en œuvre, avec la conviction que le succès des projets exige qu’ils soient partagés par l’ensemble des acteurs territoriaux, collectivités locales, tissu associatif, entreprises…

Évolution de l’emploi salarié en 2009 sur un an courant (base 100 au 4e trimestre 2008)

La baisse des effectifs salariés amorcée au deuxième trimestre 2008 se poursuit en 2009 Construction

Tertiaire

102 100 98 96 94 92 4e trimestre 2008

1 er trimestre 2009

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2e trimestre 2009

3e trimestre 2009

Source : Pôle Emploi Services - Traitement Seine-et-Marne Développement

Taux de chômage Au 30 septembre 2009

Seine-et-Marne : 6,8% Île-de-France : 7,7% France métropolitaine : 9,1% Évolution Septembre 2008-2009

Seine-et-Marne : 1,4 points Île-de-France : 1,3 points Source : Pôle Emploi Services

g.eude@smd77.com

Industrie

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actualités

François-Xavier Deflou, Directeur de Seine-et-Marne Développement, a remis le trophée e-conquête dans la catégorie B to B à Joël Mégard, Directeur général d’Eurodep.

Les Trophées E-conquête montrent la voie Et le gagnant est… Eurodep ! Le 18 mai dernier, Seine-et-Marne Développement a remis un trophée e-conquête à ce dépositaire pharmaceutique. D’un montant de 3 000 euros, ce prix récompense son site www.eurodep.fr, destiné aux laboratoires pharmaceutiques. Le 18 mai dernier, à l’occasion des 3e rencontres e-conquête à Marne-la-Vallée, les trophées ont distingué deux entreprises seine-et-marnaises dotées d’un site Internet professionnel. Les candidats concouraient dans deux catégories, les sites B to C et les sites B to B. Pour départager la trentaine de participants, le jury, composé de membres de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne, de Seine-et-Marne Développement et d’associations de chefs d’entreprises, avait retenu des critères précis. Les sites devaient notamment répondre à la stratégie et au profil de l’entreprise, avoir un impact conséquent sur son activité, offrir des contenus clairs, compréhensifs, une navigation aisée et un bon référencement. C’est Seine-et-Marne Développement qui a remis le prix d’un montant de 3 000 euros au lauréat de la catégorie B to B : Eurodep, un dépositaire pharmaceutique qui travaille pour les laboratoires en assurant le stockage de l’ensemble de leurs produits et les livraisons de leurs clients. “Eurodep offre l’exemple d’un site très dynamique qui joue la carte du collaboratif avec ses clients”, explique Chantal Étédali, chargée de mission chez Seine-et-Marne Développement. Parmi les fonctionnalités qui ont séduit le jury, des espaces privés dans lesquels les clients peuvent passer leurs commandes, les suivre, les archiver, planifier leurs livraisons ou encore vérifier la disponibilité. De plus, certaines informations mises en ligne le sont sous forme de vidéos qui peuvent être commentées par les internautes clients, une originalité qui a fini de convaincre le jury. “On voit encore trop de sites purement vitrines et, donc très statiques”, rappelle Chantal Étédali. “C’est ce genre d’innovations que récompensent les trophées e-conquête. Elles nous permettent de mettre en lumière un vrai savoir-faire et de montrer la voie aux autres entreprises”.

www.eurodep.fr

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Le Fonds stratégique d’investissement s’ouvre aux PME Dix-huit mois après sa création, le Fonds stratégique d’investissement affiche un bilan très satisfaisant en Île-de-France. Un volet PME vient l’enrichir pour favoriser le développement et la sécurisation des jeunes entreprises porteuses de croissance. Patrick François, le Délégué régional du Fonds stratégique d’investissement (FSI) en Île-de-France, a récemment rencontré à Melun les professionnels seine-et-marnais du financement, du conseil et de l’accompagnement des entreprises. Il leur a présenté le FSI et a dressé un premier bilan de cet outil après un an d’activité. Onze entreprises franciliennes ont été aidées pour un montant total de 125 M€ sous la forme de prises de participation. Objectif : répondre aux besoins en fonds propres, structurels et/ou conjoncturels, des sociétés porteuses de croissance et de compétitivité. Un nouveau volet du FSI vient de voir le jour, à l’intention des PME éventuellement mises en difficulté par la crise économique, afin de favoriser leur développement et sécuriser leur capital.

Spécialiste des produits d’hygiène, de cosmétique et de désinfection, Prodène Klint est l’un des 2 000 membres d’OSEO Excellence.

Contacts : s.dutartre@smd77.com et fsipme-iledefrance@caissedesdepots.fr

OSEO Excellence : au service de l’innovation

Philettrae : Seine-etMarne Développement prime l’amour des lettres Le 1er Salon de la Mini-Entreprise en Seine-et-Marne a récompensé des étudiantes de Marne-la-Vallée pour leur projet d’édition d’un guide dédié aux études littéraires.

Soutenir l’innovation et la croissance des PME et PMI, telle est la mission d’OSEO. Afin de gagner en efficacité, l’établissement public se dote aujourd’hui d’un réseau numérique, OSEO Excellence, qui fédère ses clients les plus prometteurs.

Oui, les Lettres offrent des débouchés ! Six étudiantes en Lettres Modernes de l’Université Paris Est en apporteront bientôt la preuve en publiant Lettres en main, un guide des études littéraires à destination des lycéens. Pour mener à bien son projet, le groupe a créé une mini-entreprise – Philettrae – dans laquelle chacune a son rôle, administratif, financier, commercial ou éditorial. Leur action a été récompensée par le Prix de la Communication décerné par Seine-etMarne Développement lors du 1er Salon de la Mini-Entreprise organisé en partenariat avec l’Éducation nationale et le Conseil général en mars dernier. Ce salon a pour but d’inciter les jeunes collégiens, lycéens, apprentis et étudiants à développer des projets d’entreprise. Contacts : philettrae@gmail.com et b.lechartier@smd77.com

Gérard Eude et les six étudiantes créatrices de Philettrae.

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“C’est l’innovation qui permet de surfer sur les crises, en adaptant les produits.” Ce n’est pas un hasard si Eric Vignot, PDG de Prodene Klint (spécialiste des produits d’hygiène, de cosmétique et de désinfection) est l’un des 2 000 membres d’OSEO Excellence. Son “credo” est tout à fait en accord avec ce réseau numérique, tout nouvel outil d’OSEO, l’établissement public soutenant l’innovation et la croissance des PME et PMI. OSEO Excellence permet à des entrepreneurs d’exception d’être davantage vus et entendus des médias et des pouvoirs publics. Il fonctionne également comme un réseau social, lieu précieux d’échanges souvent très fructueux entre pairs. “En partageant nos expériences, on se rend plus vite compte si on est sur la bonne voie ou non, confirme Eric Vignot. Ça crée une émulation collective, une vraie dynamique pour progresser quand même, quelle que soit la situation nationale et internationale”. www.excellence.oseo.fr


en bref…

actualités

Les PME tiennent salon Planète PME, la grand messe des patrons de PME et TPE organisée par la CGPME, se tiendra le 15 juin au Palais des Congrès à Paris. L’occasion pour eux de rencontrer des clients potentiels, les institutions, les organisations professionnelles et de faire le point sur l’avenir autour d’un grand débat “Les jeunes, la formation, l’emploi et l’esprit d’entreprise”. www.planetepme.org La société ODEC bénéficie des services du CE externalisé de DSVS.

UNEA Île-de-France Président du groupe ATF et de sa filiale ATF GAIA (société spécialisée dans la gestion et la reprise de parcs d’équipements électroniques et informatiques en fin de vie), Sylvain Couthier vient d’être élu pour deux ans Délégué régional d’Île-deFrance de l’Union Nationale des Entreprises Adaptées (UNEA). www.unea.fr

Dialogue Sénart Val de Seine crée le CE pour PME Difficile pour les petites structures sans comité d’entreprise d’assurer à leurs salariés le meilleur accès à la santé, la culture, la formation et les loisirs. Sauf pour celles qui ont choisi le “CE externalisé” inventé par Dialogue Sénart Val de Seine, qui leur permet de bénéficier des mêmes avantages que les grands groupes.

Nous avons accès à un panel très large de choix de formations à des prix 20 à 30 fois inférieurs au tarif normal.

Mutuelle de santé, bons d’achats, chèques vacances, places de cinéma à tarif réduit… le comité d’entreprise, qui gère librement les activités sociales et culturelles des grandes entreprises, donne accès à de nombreux avantages… dont les salariés des plus petites structures ne disposent hélas pas. Or, “pour une entreprise, perdre un salarié qu’elle a formé parce qu’il est recruté par un grand groupe, plus attractif, Olivier Descourtis gérant de la société ODEC constitue un sérieux coup de frein à son développement”, déplore Nadia Beaumel. Cette responsable syndicale est chargée de mission au sein de Dialogue Sénart Val de Seine (DSVS) – une association de dialogue social territorial réunissant chefs d’entreprises, syndicats et institutionnels. Créé en avril 2007, DSVS compte parmi ses partenaires le Medef, la CGPME, le CJD (centre des jeunes dirigeants), le Syndicat d’Agglomération Nouvelle de Sénart, la CGC, la CFDT ou encore la CFTC, tous réunis autour d’un objectif commun : fidéliser et mobiliser les salariés des TPE et PME du territoire. Nadia Beaumel est formelle : “Jusqu’à notre création, toutes les tentatives similaires avaient échoué. Dialogue Sénart Val de Seine est donc unique sur le territoire national.” À sa création, l’association a lancé une série de rencontres ainsi qu’une vaste enquête, réalisée avec l’aide de l’IUT de Sénart Fontainebleau, afin de collecter les besoins et les attentes de chacun. Un processus au terme duquel ont été élaborés et proposés des services aux chefs d’entreprises et salariés, avec, au cœur de l’offre, ce CE externalisé. “Début 2008, mon entreprise comptait moins de 5 salariés et nous ne disposions pas de CE”, se souvient Olivier Descourtis, gérant de la société ODEC, fabricant et distributeur de rails à rideaux. “DSVS nous a donné accès à un gigantesque CE, commun à tout un réseau d’entreprises.” Accès à la culture grâce à la carte CESAM, accès aux vacances grâce à l’association Uncovac, tickets restaurants, CESU (Chèque emploi service universel)… les services proposés sont particulièrement variés. Mais les deux produits phares sont la complémentaire santé et la formation.

Nacre sur le net Nacre, le nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise, se dote en Île-de-France d’un site Internet. Les porteurs de projets y disposent d’informations sur ce dispositif, son fonctionnement, les opérateurs par département et de nombreux liens utiles. www.idf-nacre.fr

Si l’association ne dispose pas encore de statistiques concernant le turn over des salariés avant et après l’adhésion, elle peut déjà mettre en avant des chiffres plus que probants concernant la formation : sur l’année 2009, 13 TPE ont bénéficié de modules de formation proposés par DSVS, via Opcalia Île-de-France et Agefos PME, les deux plus importants organismes de formation du privé. “C’est un énorme avantage, s’enthousiasme Olivier Descourtis. Ça permet d’apporter de la formation, même si on a déjà utilisé le budget alloué, pour des prix relativement dérisoires.” La formule, d’ailleurs, rencontre un succès mérité, puisqu’en trois ans d’existence, DSVS compte déjà 43 entreprises adhérentes qui couvrent 465 salariés. Pour plus d’informations, contactez : Nadia Beaumel au 06 37 26 62 27. trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


DOSSIER

trajectoires juin-juillet-août 2010 — 07

“Seine-et-Marne en projets” : une nouvelle ambition économique

© Epa Sénart

En octobre dernier, le Conseil général a lancé une démarche ambitieuse et inédite : consulter les élus locaux, les habitants et toutes les forces vives du département (acteurs économiques, associatifs…) afin de recueillir leurs diagnostics et propositions pour bâtir la Seine-et-Marne de demain. Au terme de cette démarche participative, cinq grands chantiers ont émergé. Quels sont-ils ? Quels enjeux et quelles opportunités pour les entreprises seine-et-marnaises ? Enquête.

en haut : Éco-quartier

de l’Eau Vive à Lieusaint aménagé par l’Epa Sénart – 1 000 logements créés sur la ZAC de la Pyramide. en bas : Rénovation de l'ancienne gare de Brie-Comte-Robert – chantier pilote du programme BATIRECO®.


DOSSIER

© Epa Sénart

Les chambres consulaires parlent d’une seule voix

Sénart-Corbeil, 1re ligne Tzen d’Île-de-France – ligne de transports en commun en site propre.

La Seine-et-Marne définit son projet territorial Donner la parole aux élus locaux, aux forces vives et aux habitants afin de définir ensemble une vision et des grands projets pour le département. Tels sont les enjeux de “Seine-et-Marne en projets”, lancée par le Conseil général en automne dernier. Aujourd’hui cinq grands chantiers stratégiques viennent d’être révélés.

A

u moment où le Grand Paris s’ébauche, l’enjeu était de réaffirmer haut et fort nos atouts et notre potentiel et de donner la parole aux premiers concernés par l’avenir de leur territoire : élus locaux, acteurs socio-économiques et habitants”, résume Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement et Vice-Président du Conseil général. À travers les différentes instances mises en place (voir ci contre), plus de 4 000 Seine-et-Marnais, tous profils et appartenances politiques confondus, ont participé au débat. Leurs constats, questions et contributions, ont été attentivement analysés par les Commissions, les services et les élus du Conseil général. Mise en perspective avec différentes politiques départementales, cette concertation a débouché sur un projet voté à l’unanimité, orienté vers 5 grands chantiers : 1. Accessibilité et qualité des services pour tous 2. Développer et innover : de nouvelles clés pour la mobilité 3. Diversifier l’offre de tourisme et de loisirs 4. Bâtir le territoire modèle de la construction durable 5. Inventer un nouvel équilibre ville-nature

Tous situés au carrefour de l’économie, du social et de l’environnement, ces chantiers visent un objectif commun : faire de la Seine-et-Marne un laboratoire de modernité et d’inventivité au service du développement durable. Si c’est le chantier n°4 qui concerne plus directement le champ économique (BTP, agriculture, recherche appliquée… – voir page ci-contre), tous auront des incidences sur les entreprises du département (voir page 10).

Avec leurs 54 000 établissements et leurs 315 000 emplois, les chambres consulaires – Chambre d’Agriculture, Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambres de Métiers et de l’Artisanat du Nord et du Sud – représentent l’un des acteurs économiques majeurs de Seine-et-Marne. Rien d’étonnant donc qu’à ce titre, le Conseil général ait souhaité recueillir leur vision économique du territoire seine-et-marnais dans le cadre du projet de territoire. Elles ont choisi de faire de leur contribution un document unique, en suivant le canevas proposé par le Conseil général : défi du développement économique, défi de la cohésion et défi de l’environnement. Et si cette contribution a été largement axée sur le premier de ces défis – conformément aux compétences traditionnelles des chambres consulaires – de nombreuses suggestions ont été réalisées dans le cadre des deux autres, tant l’impact des entreprises est essentiel à la fois en termes sociaux et en termes de développement durable.

ALTO'Sphère à Bussy-Saint-Martin – construction HQE.

© ALTO’Sphère

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trajectoires juin-juillet-août 2010 — 09

interview

“construire et rénover durablement.” Marie-Pierre Legrand Responsable de projet, Fédération BTP 77

Qu’est ce que BATIRECO® ? M.-P. L. : C’est un programme destiné aux professionnels du bâtiment qui met en place le cadre et les moyens d’une montée en compétences en matière d’écoconstruction. Une fois inscrits, ils disposent de toutes les

Bâtir le territoire modèle de la construction durable Importance des ressources naturelles (calcaire, gypse…), dynamisme du secteur du BTP, nombreux laboratoires de recherche, potentiel d’agro matériaux… Mieux organisée, la filière de la construction peut disposer de cartes maîtresses pour montrer l’exemple.

L

a Seine-et-Marne est le département francilien où les emplois dans la construction ont le plus augmenté entre 1996 et 2006. Comment orienter ce dynamisme vers des technologies de construction plus durable ?

Faire de l’éco-construction une véritable réalité industrielle Pour gagner en synergie, en efficacité et en visibilité, il faut connecter et coordonner tous les maillons de la chaîne de l’écoconstruction. Par exemple via des rencontres interentreprises autour de sujets comme “Transformer sur place les matériaux extraits” ou “Anticiper l’épuisement des ressources par un meilleur recyclage de déchets”. De son côté, le pôle de compétitivité Advancity contribue à faire de la Seine-et-Marne un territoire leader de l’éco-construction. Transformation sur place Le sous-sol seine-et-marnais est riche de nombreuses ressources qui constituent les matériaux de construction traditionnels. Granulats, gypse, argile, silice, sont autant de ressources qui sont extraites en Seine-et-Marne et qui alimentent les constructions de l’ensemble de l’Île-de-France. La transformation de ces ressources doit être encouragée sur le territoire pour limiter le coût environnemental du transport. trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

connaissances pratiques et outils techniques pour construire et rénover durablement. C’est aussi une marque dont ils peuvent demander à bénéficier, s’ils respectent les principes d’une charte partagée. Deux chantiers pilote ont été mis en place : la rénovation de l’ancienne gare de Brie-Comte-Robert et l’Espace BATIRECO® de Cesson. Ces supports grandeur nature servent à sensibiliser et former les professionnels mais aussi les jeunes (étudiants en architecture, apprentis, collégiens en pré orientation…) à l’efficacité énergétique.

Où en est ce programme ? M.-P. L. : Lancé en 2008 avec le soutien de nombreux partenaires, BATIRECO® est référencé au Grenelle de l’Environnement et labellisé par le pôle Advancity. Nous finalisons actuellement le modèle économique et juridique et élaborons tous les outils de communication utiles. En décembre, nous les présenterons aux acteurs institutionnels et économiques intéressés et la phase commercialisation pourra débuter. www.batireco.fr

Culture de chanvre à Jouarre à destination de l’éco-construction.

Miser sur la recherche et l’innovation Pour optimiser sa compétitivité, la Seineet-Marne doit renforcer ses relations avec les nombreux laboratoires de recherche qui y sont implantés. La diversité des territoires seine-etmarnais constitue une opportunité réelle pour mener des expérimentations dans les domaines de la ville durable : nouveaux matériaux, modes de transports innovants, nouveaux produits issus de l’agriculture.

Améliorer le recyclage du bâti existant La construction d’une “ville durable” (ville étant entendue au sens de territoire) nécessite d’améliorer considérablement le recyclage des matériaux de construction. En Seine-et-Marne, des expériences innovantes existent : recyclage des mâchefers, des pneus, du bois… Elles ne seront réellement efficaces que si elles se généralisent. La mise en place d’un réseau de déchetteries pour les professionnels est indispensable pour alimenter la filière du recyclage. Certaines sont déjà opérationnelles comme celle d’Yprema à Lagny-sur-Marne. Transmettre et valoriser les savoir-faire Cette ambition suppose une implication et des connaissances mieux partagées. Par les salariés d’abord, via des formations continues adaptées. Par les jeunes ensuite, pour lesquels les collèges, lycées, centres de formation doivent propager les opportunités offertes par la construction durable. Par les habitants enfin, qui devront pouvoir accéder rapidement à l’information la plus pertinente pour leurs projets de construction. En Seine-et-Marne, plusieurs initiatives sont déjà enclenchées. En témoignent les projets BATIRECO® (voir interview) ou l’Éco vallée de la Marne. Lancé par les Communautés de communes du Pays Fertois et du Pays de l’Ourcq, avec l’aide du Département et de la Région, ce dernier développe les pratiques de l’éco-construction, en lien avec les entreprises du BTP, les exploitations agricoles et le Centre de Formation des Apprentis d’Ocquerre. À terme, il s’agit de faire de la Seine-et-Marne qui a connu une très forte croissance tant en zone urbaine qu’en zone rurale, un laboratoire de la construction durable.


interview

DOSSIER

Le volet économique de “Seine-et-Marne en projets” Au-delà de la construction durable, les quatre autres chantiers de cette “Seine-et-Marne en projets” sont autant d’enjeux pour le développement économique de la Seine-et-Marne… Accessibilité et qualité des services pour tous Le département doit à la fois combler un certain retard en termes de services et travailler à l’accessibilité des offres existantes. Dans cette double perspective, le développement du numérique est l’un des projets les plus ambitieux : après le haut débit, c’est au très haut débit que doivent dorénavant s’attaquer les partenaires publics. Les opportunités sont nombreuses : développement du télétravail (avec réduction des déplacements, donc des émissions de CO2), du e-learning, amélioration des échanges et des volumes de données. Sans compter, bien sûr, la création d’emplois dans les e-services. Développer et innover : de nouvelles clés pour la mobilité Dans le Bilan carbone du département, le transport de personnes est responsable de 30% des gaz à effet de serre. Pour limiter le coût financier et écologique du recours à la voiture individuelle, plusieurs actions vont être menées : hubs multimodaux, transports à la demande, lignes en site propre, développement des “routes intelligentes”, voitures électriques, etc. On privilégiera par ailleurs les Plans de déplacement interentreprises, les incitations au covoiturage ou à l’auto partage, l’aménagement de parking pour les vélos ou encore les primes de mobilité. Diversifier l’offre de tourisme et de loisirs Forts vecteurs d’image, les différents tourismes du département – loisirs, nature, affaires… – sont aussi de puissants stimulants pour son économie (27 000 emplois dans le secteur). Pour renforcer ce dynamisme et allonger la durée des séjours, l’objectif est de faciliter les connexions entre les sites. Par exemple, faire en sorte que le visiteur de Vaux-le-Vicomte aille découvrir le château de Blandy-les-Tours… Il s’agit aussi de travailler de façon cohérente et concertée sur chacun des segments : recherche, formation, prestation, hébergement, transport, services complémentaires… Parmi les projets conçus dans cette logique : le soutien à de nouveaux pôles touristiques (sud, nord et est du département) ou encore le cluster tourisme de Marne-la-Vallée. Inventer un nouvel équilibre ville-nature Durant plusieurs décennies, la Seine-et-Marne a subi l’étalement de l’habitat individuel. Elle se trouve aujourd’hui confrontée à des problématiques de préservation de son environnement et de ses terres agricoles. Un nouvel équilibre entre la ville et la nature, doit être trouvé, qui implique plus de proximité avec les habitants et plus d’attention à l’égard de la biodiversité. À l’instar du groupe Monoprix qui, à Combs-la-Ville, s’est réorganisé pour exploiter le transport ferroviaire de ses marchandises, des efforts restent à faire sur les ZAC, fortement consommatrices d’espaces et d’énergie, et sur les centres commerciaux pour les inciter à développer les e-services et à améliorer leur efficacité énergétique.

Et maintenant  ? L’intégralité du projet a été présentée le 28 mai et peut être consultée sur www.seine-et-marne.fr. Pour en assurer le suivi, un Conseil participatif va être constitué autour de 3 collèges : • Les élus qui composaient la commission consultative des territoires (voir p. 9) • Les représentants des forces vives : entreprises, établissements publics, associations… • Les 48 citoyens tirés au sort parmi les participants aux réunions publiques qu’accompagneront 6 représentants du Conseil des jeunes. Le Conseil se réunira régulièrement, de façon plénière ou partielle, pour travailler sur des problématiques globales ou ponctuelles et évaluer l’avancée des travaux. Selon les sujets, il accueillera des personnes extérieures qui apporteront leurs éclairages ou expertises au chantier en question.

Yprema à Lagny-sur-Marne – Transport par halage hyppomobile.

“Depuis 10 ans, la Seine-et-Marne bouge.” Daniel Béhar Chercheur, géographe et directeur du cabinet Acadie qui a accompagné la démarche “Seine-et-Marne en projets”

Quel a été votre rôle ? D. B. : Nous avons d’abord mené un diagnostic complet sur les forces et les atouts seine-et-marnais, puis participé à l’animation des débats, synthétisé le tout et apporté notre expertise pour accompagner la conception du projet final. Avez-vous été surpris par le département ? D. B. : Depuis 10 ans, c’est certain, la Seine-et-Marne bouge. Ce n’est plus un département dépendant, puisqu’il contribue à la compétitivité francilienne en fabriquant ses propres pépites et en développant des fonctions support très créatrices d’emploi. Il est donc dans une dynamique de développement endogène et d’autonomisation. Notre conviction, c’est qu’il s’agit moins de réclamer un rééquilibrage par rapport à l’Ouest francilien que de “faire l’Est à l’Est”. En quoi cette démarche concerne-t-elle les entreprises seine-et-marnaises ? D. B. : Il faut bien comprendre que “Seine-et-Marne en projets” n’est pas le projet exclusif du Conseil général. Ce n’est pas un nouveau programme qui se substituerait aux politiques sectorielles du Conseil général et de Seine-et-Marne Développement, mais une dynamique pour valoriser le département sur le long terme et dans une logique plus transversale. Très logiquement, elle va profiter aux entreprises du département.

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trajectoires juin-juillet-août 2010 — 11

enjeux

matière grise

L’OCS observe les périphéries urbaines à la loupe Marne-la-Vallée est un formidable champ d’investigations, de recherches et d’interventions.

Né avec l’École d’architecture, de la ville & des territoires de Marne-la-Vallée, labellisé unité de recherche en 2001, l’Observatoire de la Condition Suburbaine concentre ses travaux sur les phénomènes propres aux périphéries urbaines. La Ville Nouvelle constitue son premier objet d’analyses et d’actions.

Pierre Chabard Directeur de l’OCS

À

l’heure du Grand Paris et de l’urbanisation croissante des communes rurales de la Grande Couronne, l’Observatoire de la Condition Suburbaine ne manque pas de sujets d’études. Il est au cœur de problématiques déterminantes pour l’avenir de millions de franciliens. Tout ou presque est dit dans l’appellation de l’École d’architecture, de la ville & des territoires de Marne-la-Vallée à laquelle l’équipe de recherche est adossée. Dans le choix de sa localisation aussi. Ancrée sur le campus Descartes, la dernière-née des écoles d’architecture françaises (1995) souhaite faire de sa localisation dans la Ville Nouvelle un atout et un gage d’identité. “De la même façon, Marne-la-Vallée constitue pour notre équipe de sept enseignants chercheurs un formidable champ d’investigations, de recherches et d’interventions”, observe Pierre Chabard, Directeur de l’OCS. La preuve : tous les travaux menés depuis son habilitation comme unité de recherche en 2001, à l’exception d’une étude en cours sur l’histoire du quartier de la Défense, ont porté sur l’observation et l’interprétation de différents aspects de la Ville Nouvelle. “Depuis 2002, par exemple, nous réalisons un atlas historique et un observatoire photographique des formes urbaines de Marne-la-Vallée.” Une autre commande, en cours de finalisation, s’intitule “Un grand territoire à densifier : opportunités et enjeux de Marne-la-Vallée dans la métropole parisienne”. Le laboratoire a également participé à l’opération du Grand Paris, en association avec l’architecte urbaniste Yves Lion, fondateur et ancien directeur de l’école. Autant de contributions qui lui ont permis de progresser encore dans sa compréhension des Villes Nouvelles. Travailler pour le développement surburbain “Notre démarche est volontairement inductive. Nous observons la réalité et nous en induisons des théories en considérant les transformations dans leurs dimensions paysagère et architecturale, mais aussi politique, trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

La Seine-et-Marne, laboratoire grandeur nature L’École d’architecture et l’OCS suivent de près les projets territoriaux de la Seine-et-Marne. Les opérations auxquelles ils sont associés permettent aux étudiants du 3e cycle “architecture – urbanisme” de travailler sur des projets réels. L’Observatoire, de son côté, organise deux ou trois fois par an, avec le CAUE 77 et d’autres partenaires du campus, des journées d’étude animées par des universitaires et praticiens sur des thèmes tels que “l’agriculture urbaine” ou “les vertus durables de la densité”, bien en phase avec les réalités du département.

économique, sociale ou commerciale.” Même si l’heure ne semble plus à la création ex nihilo de Villes Nouvelles, comme ce fut le cas pendant les trente glorieuses, l’activité de l’Observatoire se révèle précieuse pour les collectivités locales et les acteurs privés qui mènent régulièrement des opérations de développement suburbain. “Val d’Europe, le secteur iv de Marne-la-Vallée, en est un bon exemple : l’État y intervient en partenaire d’une initiative privée, celle de Disneyland® Paris en l’occurrence. Nous avons travaillé sur ce programme en rendant, il y a deux ans, une étude interdisciplinaire intitulée “Territoire de signes, la leçon de Marne-la-Vallée”. Dans ce contexte, l’équipe de Pierre Chabard, rattachée au Ministère de la Culture, monte en puissance. Elle tire le meilleur des partenariats noués avec d’autres laboratoires réunis dans le Pôle Ville du PRES de Paris Est ou avec Advancity, le Pôle de compétitivité de la ville durable et des éco-technologies urbaines. L’objectif commun, à travers ces démarches interdisciplinaires ? Promouvoir une ville meilleure pour une vie meilleure. Une mission bien dans l’air du temps qui est d’ailleurs le thème choisi par Shanghai pour son Exposition Universelle, sous l’intitulé “Better City, Better Life”.  Plus d’infos : www.marnelavallee.archi.fr


enjeux

Quartier d’affaires

© ALSEI

LE PARC D’ACTIVITÉS NOUVELLE GÉNÉRATION CONÇU PAR ALSEI Innovespace, c’est une toute nouvelle génération de parcs d’activités mise au point par le développeur immobilier Alsei. Deux parcs étaient déjà implantés à Val d’Europe. Un troisième vient d’être inauguré à Sénart, sur la commune de Lieusaint.

ci-dessus :

Parc d’activités de Montévrain. ci-contre :

Parc d’activités de Sénart.

P

Des parcs aux nombreux atouts On aurait tort, bien sûr, de limiter les attraits des parcs Innovespace à leur seul design. La facilité d’accès, par exemple, est tout aussi caractéristique. Finies donc, les heures perdues à tourner en voiture dans des ZAC désertes à la recherche d’un fantomatique entrepôt. Tous bénéficient d’une bonne desserte routière et des transports en commun à proximité. À Val d’Europe, les locaux se trouvent ainsi en façade de la D231, proches de l’A4 et du RER A. À Sénart, ils sont voisins de l’autoroute A5 et du RER D. Autres atouts spécifiques : un solide sens pratique et une fonctionnalité étudiée jusqu’au moindre détail. Outre un hall d’accès pour les visiteurs, chaque cellule dispose d’un accès technique de plain-pied auquel s’ajoute un accès à quai pour les

Pas question de construire des boîtes à chaussures remisées en fin de zone. Nos parcs d’activités sont accessibles, agréables à regarder, fonctionnels et confortables. Laurent Pierrepack, chargé de communication chez Alsei

en chiffres… Parc d’activités INNOVESPACE Val d’Europe

  575 m2 de bureaux 2 divisibles à partir de 88 m2 • 4 500 m2 d’activités divisibles à partir de 180 m2 •

© ALSEI

as question de construire des boîtes à chaussures remisées en fin de zone.” Laurent Pierrepack est chargé de communication chez Alsei, développeur immobilier à l’origine de deux parcs d’activités nouvelle génération à Val d’Europe (Montévrain) et d’un troisième à Sénart (Lieusaint) fraîchement inauguré, tous estampillés Innovespace. “Innovespace est né de l’observation des utilisateurs et de leurs besoins”, explique-t-il. Donc de la constatation que l’esthétique figurait au tout premier plan de leurs priorités. “Certaines entreprises n’osaient pas emmener leurs clients sur leur lieu de production parce qu’il était trop laid.” D’où cette volonté de concevoir un lieu agréable, dont les PME-PMI n’aient pas à rougir, dotés de façades métalliques soigneusement nervurées et de halls d’entrée généreusement vitrés.

cellules supérieures à 1 000 m². Les zones de circulation ne sont pas réduites à la portion congrue mais au contraire, largement dimensionnées pour faciliter l’accès à tous types de véhicules et pensées pour le confort de tous. Par exemple, un camion arrêté devant une première cellule pour être déchargé n’empêchera pas la circulation des autres utilisateurs. Les sociétés peuvent ainsi cohabiter sans que le bon fonctionnement de l’une n’empiète sur celui de l’autre. Dernier avantage enfin, la grande modularité des lots proposés. Des hauteurs libres de sept à huit mètres permettent le stockage et l’implantation de machines ou, suivant les besoins, peuvent être comblées par des mezzanines amovibles. L’absence de trame de poteau permet, quant à elle, de disposer de vastes espaces dégagés. “Les cellules ne sont pas bloquées dans un type d’activité spécifique”, explique Laurent Pierrepack. Adaptables et modulables, elles sont comprises entre 180 m² et 1 500 m², mais plusieurs cellules peuvent être réunies pour proposer une superficie supérieure. À l’étage, des bureaux d’accompagnement offrent également toutes les possibilités d’aménagement. Les parcs Innovespace peuvent donc accueillir toutes les entreprises, quelles que soient leur activité et leur taille – de la PME à la filiale de grand groupe. Le site de Montévrain compte ainsi un souffleur de verre, un plombier, un carreleur ou encore un spécialiste de la climatisation. Quant au parc de Sénart, dont la deuxième tranche devrait être livrée début 2011, il accueille déjà un constructeur de réseaux électriques et de télécommunication (INEO INFRACOM), une association de dépistage du cancer (ADC 77), un spécialiste du traitement de l’eau (CULLIGAN) et une entreprise spécialisée dans le matériel et les fournitures d’imprimerie (DANTEX).

Parc d’activités INNOVESPACE Val d’Europe 2 •

 300 m² d’activités 9 divisibles à partir de 444 m²

Parc d’activités INNOVESPACE Sénart •

1 7 200 m² d’activités divisibles à partir de 224 m²

… et EN DATES Fin 2005

Livraison de la première tranche de l’Innovespace Val d’Europe Mars 2007

Livraison de la seconde tranche de l’Innovespace Val d’Europe Novembre 2008

Mise à disposition d’un premier lot sur l’Innovespace Val d’Europe 2 Avril 2010

Inauguration de l’Innovespace Sénart, sur la commune de Lieusaint Début 2011

Livraison de la seconde tranche de l’Innovespace Sénart

lpierrepack@alsei.com

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enjeux

À LA CARTE

trajectoires juin-juillet-août 2010 — 13

la filière industrielle vue par l’Observatoire économique de seine-et-marne développement Vraie mine d’informations sur le territoire, l’Observatoire économique de Seine-et-Marne Développement met à votre disposition des études thématiques sur son site. Publiée en 2008, celle-ci est consacrée à l’industrie, l’un des premiers employeurs du département. Si le service aux entreprises est le secteur numéro un sur la Seine-et-Marne, l’industrie n’est pas très loin derrière. Avec 4  844 établissements (chiffres de décembre 2008), la production de biens en série concerne en effet 6,8% du total des établissements seine-et-marnais. L’activité industrielle se déploie sur l’ensemble du département, avec toutefois une concentration marquée dans l’ouest du département et en périphérie des grandes villes. En un an, ce ne sont pas moins de 357 établissements qui s’y sont implantés. Mieux : avec trois établissements qui se créent pour deux qui quittent

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

le territoire, l’indice de dynamisme économique de l’industrie seine-etmarnaise s’élève à 1,6. Selon l’Unedic, en 2007, le secteur employait 52 319 salariés sur le département (dont 1  046 artisans), soit 10% de l’effectif salarié de l’industrie en Île-de-France. Les profils les plus recherchés concernent surtout les métiers de la mécanique et du métal. c.etedali@smd77.com


success stories

Il faut croire en son offre, en son marché et en son business plan. Il faut anticiper le recrutement, la formation de ses équipes et le financement de sa croissance.  Bruno Gérard, co-fondateur d’Oxand

oxand à avon

La gestion durable des risques industriels Oxand aurait pu partager le destin éclair de nombreuses start-up nées comme elle au début des années 2000. Mais en s’intéressant au vieillissement des équipements de génie civil, son fondateur, Bruno Gérard, a fait le bon choix : celui de l’anticipation et du long terme.

C

haque tonne de béton sauvée c’est autant de CO2 de moins dans l’atmosphère.” Bruno Gérard croit au développement durable. Plutôt que de détruire avant de reconstruire, Oxand, son entreprise, prolonge donc la durée de vie des équipements de génie civil. Une démarche porteuse qui vaut une liste de clients impressionnante à cette société d’une soixantaine de collaborateurs : TOTAL, EDF, GDF Suez, le Groupe Vinci, la ville de Montréal, Statoil en Norvège, Sonatrach en Algérie, etc. “De 1998 à 2001, j’ai été directeur du projet «modèles de vieillissement du génie civil» chez EDF”, explique Bruno Gérard. Pour cet agrégé de génie civil et diplômé de l’École Normale Supérieure de Cachan, ce fut l’occasion de rencontrer, à travers le monde, des propriétaires d’aéroports, de tunnels, de routes, de complexes portuaires. En échangeant avec eux, il se rend compte que les problématiques autour du vieillissement des matériaux ne concernent pas les seules centrales nucléaires et autres barrages hydroélectriques d’EDF, mais bien l’ensemble des équipements de génie civil. Il entrevoit alors un marché. La suite est toute trouvée. “Depuis tout petit, je savais que je créerai un jour mon entreprise. J’avais une idée, je pressentais qu’un marché allait s’ouvrir. C’était le bon timing.”

Soutenue par EDF qui lui offre un appui juridique, stratégique et financier, Oxand voit le jour en juin 2002… et le succès est immédiat. “Pendant mes dix ans chez EDF, je m’étais beaucoup investi dans la recherche, se souvient Bruno Gérard. J’avais donné plus de 70 conférences internationales et enseigné à l’ENS de Cachan. Une grande entreprise pétrolière

Oxand, c’est quoi ?  millions d’euros de 6 chiffre d’affaires • 64 collaborateurs • Plus de 50% de son activité à l’export •

les dates 2002

Création d’Oxand Premiers contrats avec TOTAL et EDF 2003

Création de la plateforme logicielle SIMEO ™ 2004

Création de la première filiale à Genève 2007

Ouverture d’une filiale à Montréal 2008

Ouverture d’une agence à Calgary (Canada) et création d’une filiale aux Pays-Bas

Bruno Gérard, co-fondateur d’Oxand.

recherchait une compétence pointue dans le domaine du vieillissement du béton. Elle a fait appel à ma société.” Oxand travaille donc sur un projet de stockage de CO2 en milieu géologique. Il s’agit d’évaluer les performances des puits utilisés pour l’injection du CO2. L’entreprise développe un logiciel de simulation, Simeo Stor qui deviendra l’un de ses produits phare. “Aujourd’hui, on a trouvé notre niche, s’enthousiasme Bruno Gérard. Nos clients sont des propriétaires d’infrastructures de génie civil à forts enjeux, dans l’énergie et les systèmes de transports.” Oxand génère pour eux des plans de surveillance, d’inspection et de maintenance sur des durées pouvant aller jusqu’à trente ans. Une approche à long terme que, très logiquement, la société s’applique à elle-même : “Il faut anticiper le recrutement, la formation de ses équipes et le financement de sa croissance”, affirme Bruno Gérard qui, dans les prochaines années, compte tripler son chiffre d’affaires et doubler ses effectifs.

2010

Ouverture d’un bureau de représentation à New York

www.oxand.com

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trajectoires juin-juillet-août 2010 — 15

success stories

HOYA, c’est quoi ?  0 M€ de CA 6 (+18% / an) • 230 salariés dont 160 sur le site d’Émerainville • Diffusion par 4 000 opticiens en France • 4,5 millions de verres produits annuellement •

les dates 1994

2005

Création d’un bureau commercial en France

Regroupement de la production à Émerainville

1997

Rachat de Buchman (Eure)

2007 et 2010

2000

Agrandissement des locaux

Inauguration du site d’Émerainville

hoya à Émerainville

Plein la vue Hoya est le verrier ophtalmique qui monte. En quatre ans, il a doublé à la fois ses parts de marché et son chiffre d’affaires. Il mise sur ses technologies innovantes, notamment le nouveau traitement Hi-Vision Longlife produit à Émerainville depuis le début de l’année, pour accélérer encore sa formidable croissance.

D

ans le secteur très concurrentiel du verre ophtalmique, la compétition est rude. C’est à celui qui proposera le produit de verre le plus résistant et le plus durable au meilleur prix… avec des millions de paires de lunettes à la clé. Patrice Pineau, Directeur général adjoint Hoya France et Hans Werquin, Président Europe du groupe. Sur ce terrain-là, Hoya Lens France a marqué des points décisifs début 2010 en sortant son dernier bijou, né doublement du chiffre d’affaires (60 M€) et une cinquantaine dans ses centres de Recherche & Développement de créations d’emplois sur la même période attestent japonais et européens : le Hi-Vision Longlife. également de la bonne santé d’Hoya Lens France. Dans ce seul nom, tout est déjà dit. “88% des La société entend bien tenir ce rythme d’enfer et participer porteurs de lunettes déclarent que la résistance à la bonne santé du groupe éponyme fondé en 1941 au Japon, aux rayures est un critère de choix essentiel, aujourd’hui implanté aux USA, en Europe et en Asie (35 000 explique Patrice Pineau, le Directeur général adjoint Notre verre de Hoya Lens France. 83% réclament également propose le traitement salariés, 3,5 milliards de CA). “Mais pas à n’importe quel prix, préviennent Hans Werquin et Patrice Pineau. Nous sommes des verres faciles à nettoyer. Nous sommes le plus performant très attachés aux valeurs qui ont fondé notre succès. Et en les seuls, aujourd’hui, à pouvoir leur proposer premier lieu au respect dû à nos équipes.” un verre garanti 3 ans.” C’est dire la confiance du du marché. à Émerainville comme au centre d’appel de Louviers (Eure), verrier d’Émerainville qui a réussi à concevoir Il est d’ailleurs chaque collaborateur est responsabilisé au maximum, un verre organique de la qualité d’un verre minéral, afin de contribuer au projet commun. L’enthousiasme se la légèreté et la solidité en plus ! garanti trois ans. veut communicatif pour servir une ambition qui, sans être Patrice Pineau, Directeur général adjoint Hoya France ostentatoire, n’en est pas moins bien réelle. “Notre challenge La société, qui fêtera en juin le 10e anniversaire de son installation en Seine-et-Marne, trois ans après numéro 1, c’est le 0 client insatisfait. Toutes nos certifications son arrivée en France, mise beaucoup sur ce verre qualité tendent vers cet objectif. Dans cette bataille, et son traitement de choc pour poursuivre sa marche en l’organisation logistique doit être irréprochable. Ainsi, tout avant sur un marché où il pointe actuellement en 3e position. verre en stock commandé avant 19h30 est livré partout en “Nous avons le numéro 2 en ligne de mire, s’enthousiasme France le lendemain matin avant 9h00.” La proximité Hans Werquin, le Président Hoya France et Hoya Belgique, de Paris-Charles de Gaulle a du bon ! également Président Europe du groupe depuis quelques semaines. 4e ou 5e il y a encore cinq ans, nous sommes www.hoya.fr aujourd’hui sur le podium avec 12% de parts de marché.” Le trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


77 c’est eux

Véronique Hollinger

Responsable de la licence professionnelle Transport Logistique, de l’IUT Sénart-Fontainebleau “Créée en 2007, notre formation est en parfaite adéquation avec les besoins du marché du travail régional. Les perspectives d’emploi de nos diplômés sont donc excellentes.”

Thomas Kameni

PDG de Telsystis à Savigny-le-Temple

“Grâce à nos groupes électrogènes solaires et à nos petits générateurs portatifs, nos clients font des économies d’énergie et diminuent leur impact sur l’environnement.”

Nathalie Pauliac

Chargée de mission commerciale à l’EPA Marne-la-Vallée “Le développement à l’international de Marne-la-Vallée se poursuit sur deux axes forts : le cluster Descartes «Ville et développement durable» et le tourisme.”

77 c’est eux, c’est une collection de portraits renouvelée à chaque parution. Des acteurs économiques de tous horizons, public comme privé, jeunes et moins jeunes, artisans locaux, entrepreneurs internationaux… tous unis par leur confiance dans l’avenir de la Seine-et-Marne.

Thierry DromignY

Directeur Associé d’Axeflow à Moissy-Cramayel “Nous conseillons les industriels et distributeurs pour améliorer leurs performances logistiques et gagner en compétitivité économique.”

Zakia Bedet Belogbi

Chargée de mission Observatoire de l’Emploi – Maison de l’Emploi Melun Val de Seine “L’Observatoire est un outil de collecte et d’analyse d’informations-clés permettant aux élus et acteurs d’anticiper et d’agir sur le territoire.”

Marine Prat

Mohammed Chaib

“La Brie des Templiers conseille et accompagne ses 1 800 entreprises dans leurs projets d’implantation, de développement et de création d’emplois.”

“Nous mettons notre expertise au service des créateurs d’entreprise des quartiers populaires, car entreprendre, c’est apprendre à être libre et responsable.”

Pierre AURIAU

Isabelle Couteau

Chargée de mission à la Communauté de communes de la Brie des Templiers

Directeur adjoint d’AFILE 77 “Notre but : faire en sorte que les chômeurs qui créent leur entreprise avec notre aide puissent pérenniser leur activité et s’assurer des revenus convenables.”

Président de l’association énergie Citoyenne à Meaux

Secrétariat général du Pôle de compétitivité Advancity à Marne-la-Vallée “Advancity soutient les entreprises dans leurs projets innovants pour la ville durable et les éco-technologies. 70 projets ont déjà reçu 60 M€ depuis 2006.”

Trajectoires est édité par Seine-et-Marne Développement, agence pour le développement économique du Conseil général de Seine-et-Marne Directeur de la publication Gérard Eude • Comité de rédaction François-Xavier Deflou, Dominique Marinov • Rédacteur en chef Patricia Montin • Journalistes Carole Galland, Claire Judrin et Emmanuel de Lestrade • Réalisation agencebeaurepaire.com • Photos yannpiriou.com • Contact p.montin@smd77.com  • www.seine-et-marne-invest.com • Hôtel du Département 77010 Melun Cedex • Imprimeur Printed and Co 77500 Chelles • Imprimé sur du papier recyclé Cyclus couché print • N° ISSN 1958-8372.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

Trajectoires N°16  

Entreprendre et reussir en seine et marne

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