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Instantané Seine-et-Marne par Yann Piriou

Fusion de verre optique chez Corning, à Bagneaux-sur-Loing.

Sommaire Actualité 04

Dossier “Économie : le sud retrouve le sourire” 07

• Filière BTP : avec Bâtir Eco, découvrir la rénovation durable • L’Observatoire économique : l’outil stratégique de Seineet-Marne Développement • La Seine-et-Marne et le Japon : si loin, si proche • Production LH Aviation : biplace nouvelle génération • Acutalités – agenda • Actualités – en pratique

• GIP Sud Seine-et-Marne : structure légère, grandes ambitions • Ma moyenne entreprise, ne connaît pas la crise • Interview de Jean-Marc Defrasne, cofondateur de la SSII Ociris à Fontainebleau • Cadre vert pour matière grise • Interview de Danièle Chaussade, directrice du GIP Sud Seine-et-Marne

Enjeux 11

Success stories 14

• Matière grise Polystart aux petits soins pour les créateurs d’entreprises innovantes • Quartiers d’affaires Un parc à l’anglaise • À la carte La Seine-et-Marne ouverte sur le monde

• Fareva à Savigny-le-Temple : de l’Ardèche à la Seine-et-Marne • Hologram Industries à Bussy-Saint-Georges : la flamme de l’hologramme Pour plus de renseignements: smdev@seine-et-marne-invest.com ou 01 64 14 19 00


Juin-Juillet 2008 Trajectoires

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Edito

Le Sud Seine-et-Marne reprend confiance Par Vincent Eblé, Président du Conseil général de Seine-et-Marne et Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement

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’une des premières difficultés rencontrées au moment de notre élection à la tête du Conseil général en 2004, a été la fermeture de plusieurs établissements industriels du sud du département. Face à cette situation, l’ensemble des acteurs publics seine-et-marnais s’est mobilisé pour mutualiser les moyens à mettre en œuvre pour mener une politique de revitalisation. Pour la première fois en Île-deFrance, l’État, la Région, le Département, les collectivités locales, les compagnies consulaires ainsi que l’ensemble des acteurs territoriaux se sont rassemblés pour mener des actions communes. Les moyens financiers dégagés par les entreprises qui licencient ont aussi pour la première fois été mutualisés dans un fonds commun et accompagneront la création d’au moins 450 emplois. Cette mobilisation sans précédent s’est matérialisée par la création du groupement d’intérêt public (GIP) Sud Seine-et-Marne. Cette structure légère et à durée déterminée ne remplace pas les acteurs déjà en place mais coordonne les opérations sur son territoire. Le Conseil général, qui en a assuré la présidence cette année, va bientôt céder sa place à la Région. Ce numéro de “Trajectoires” revient dans son dossier sur les principaux projets de développement suivis par le GIP.

Après des années difficiles, les territoires du sud du département font preuve d’audace et de réussites économiques. Plusieurs d’entre eux sont particulièrement suivis par le Conseil général ; on peut citer bien entendu la pépinière de Fontainebleau mais aussi la création de la zone d’activités économiques de Darvault ainsi que les projets des pôles de compétitivité auxquels participent activement plusieurs entreprises et laboratoires de recherche du sud Seine-et-Marne. Les premiers résultats sont encourageants ; continuons à nous mobiliser pour agir par des actions concrètes au service de nos concitoyens.

D Vous souhaitez nous faire part de vos réalisations, projets : Contact : smdev@seine-et-marne-invest.com

Tableau de bord SERVICES AUX PARTICULIERS EN SEINE-ET-MARNE nombre d’établissements

2006 : 8 793 2007 : 11 396 Source : INSEE janvier 2008

4,2 INDICE DE DYNAMISME 1er trimestre 2008

ÉVOLUTION DU TAUX DE CRÉATION D’ENTREPRISES en Seine-et-Marne 2.7 %

3 2,5

2.1 %

2

2.3 %

Au 30 avril 2008 : 720 dossiers en cours 19 implantations 323 emplois concernés

1.7 %

12,3 % DES EXPORTATIONS D’ÎLE-DE-FRANCE SONT SEINE-ETMARNAISES En 2007 La Seine-et-Marne arrive au 4e rang des départements d’île-de-France

Source : Seine-et-Marne Développement

1,5

Source : Direction interrégionale des douanes

1 0,5

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BILAN DE L’ACTIVITÉ “IMPLANTATION” DE SEINE-ETMARNE DÉVELOPPEMENT

2005

2006

2007

1er trimestre 2008

Source : Seine-et-Marne Développement


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Actualités

Filière BTP : avec Bâtir Éco, découvrir la rénovation durable Grâce à Bâtir Eco, le BTP seine-et-marnais s’engage désormais sur le chemin de la rénovation durable. Un projet pilote qui pourrait faire des émules au-delà des frontières départementales. La Fédération BTP 77, l’Office des architectes et des entrepreneurs du BTP et le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement se sont engagés dans la mise en œuvre d’un vaste programme : Bâtir Éco. Objectifs de ce projet pilote : sensibiliser les acteurs du bâtiment sur la rénovation durable, les mettre en réseau et proposer des formations adaptées. “Chacun travaille souvent séparément, observe Sonia Dutartre qui suit le projet au sein de Seine-etMarne Développement. En facilitant les synergies, Bâtir Eco va permettre aux entrepreneurs d’agir de façon collaborative et de proposer une offre globale de rénovation”. Pour travailler sur du concret, un “chantier école” s’organise. L’ancienne

gare de Brie-Comte-Robert servira ainsi de laboratoire d’expérimentation. Un volet formation aidera ensuite à diffuser les aspects technologiques et commerciaux. “Bâtir Éco doit aider la filière à accomplir une mutation en profondeur”, résume Louis Ledru, Vice-président de la FBTP 77 et directeur du projet. Suivie de près par la Fédération nationale du bâtiment et financée par le Conseil général, l’expérience pourrait séduire d’autres départements. Et générer, à terme, 1 800 emplois. Chantier à suivre…

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www.batireco.fr Bâtir Eco : des idées très constructives pour faire bouger toute la filière.

L’Observatoire économique : l’outil stratégique de Seine-et-Marne Développement L’Observatoire économique de Seine-et-Marne Développement offre aux acteurs économiques une large collection d’études rassemblant des données par territoires et par secteurs d’activités. Un outil efficace pour aider les décideurs à orienter le développement de leur entreprise.

Des études économiques ultra précises pour tout savoir sur notre territoire.

Centre de ressources, l’Observatoire économique de Seine-et-Marne Développement traite des données socio-économiques à plusieurs échelles : région, département, canton, EPCI (établissement public de coopération intercommunale)… La dernière livraison de la collection “Informations économiques” est toute fraîche. Il s’agit d’une étude globale qui rassemble des données sur l’ensemble de la Seine-et-Marne et établit des comparaisons avec la région à travers le prisme des 2 thèmes “emploi” et “entreprises”. Côté emploi, constat encourageant, une baisse du chômage en 2007, avec un taux estimé de 5,6 % au quatrième trimestre – inférieur à la moyenne nationale et à celle de la région. Côté entreprises, trois faits positifs : un très bon taux de création, un nombre

élevé de PME-PMI employant moins de dix salariés, une “tertiarisation” progressive du territoire. Comme pour l’ensemble de la collection d’études, le téléchargement est gratuit sur le site Internet de Seine-et-Marne Développement. “Nous étudions des projets de partenariat pour interconnecter plusieurs bases de données et affiner l’information fournie aux décideurs”, annonce le directeur de Seine-et-Marne Développement, François-Xavier Deflou. Décideurs qui se déclarent très satisfaits des productions de l’observatoire selon une enquête de satisfaction réalisée par Seine-et-Marne Développement le 12 juin 2007 (taux de satisfaction compris entre 76 et 93 %).

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www.seine-et-marne-invest.com/ html/observatoire-economique


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Actualités

La Seine-et-Marne et le Japon : si loin, si proche

EN BREF… Du nouveau dans le dispositif du crédit impôt recherche (CIR)

Depuis dix-huit ans, le Conseil général de Seine-et-Marne et la province de Hyôgo mènent de concert un fructueux partenariat, mobilisant à la fois chefs d’entreprises et étudiants du Supérieur. Objectif affiché : faciliter et encourager les échanges économiques et les investissements. Objectif atteint ! Ces liens économiques sont renforcés par un accord d’échange d’étudiants. Chaque année, un étudiant japonais est accueilli neuf mois, partageant son temps entre Seine-et-Marne Développement, l’ESCI et l’ESIGETEL d’Avon mais aussi l’Université de Marne-la-Vallée. Parallèlement, deux étudiants français font le trajet inverse pour trois mois. Une expérience qui fait école puisque, depuis peu, le Conseil général développe un partenariat similaire avec la Chine.

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© Élodie Quilleré

Honda, Yamaha Music, Minolta… On ne compte plus les entreprises japonaises implantées en Seine-etMarne. Une présence renforcée, résultat d’un partenariat patiemment élaboré entre le Conseil général et la province de Hyôgo (dont la capitale est Kobé). L’action a été mise en place au début des années 90 afin de mieux connaître la culture japonaise et de savoir ainsi s’adapter aux attentes des entreprises nipponnes qui investissaient alors massivement en Europe. Depuis, des délégations de chefs d’entreprises seine-et-marnaises se rendent régulièrement dans la province de Hyôgo.

e.quillere@seine-et-marne-invest.com Depuis les années 90, Kobé aime la Seine-et-Marne.

Production LH Aviation : biplace nouvelle génération

Déjà 18 commandes fermes pour le LH-10 Ellipse.

Ex@services de nouveau à l’honneur Ex@services, situé à Champs-surMarne, est un télécentre accueillant de jeunes employés diplômés, dans des locaux adaptés à tout type de handicap. L’entreprise a reçu pour la deuxième année consécutive le Prix Handinnov Jeunesse qui valorise les actions innovantes pour des jeunes personnes handicapées.

L’entreprise Boyer récompensée

Vous n’êtes pas dans une annexe du MI-6 mais bien dans les locaux de LH Aviation. Cette jeune société, installée depuis mars sur le site de Melun-Villaroche, démarre la production de son petit joyau, le LH-10 Ellipse, un avion de plaisance au design ultramoderne qui n’aurait pas dépareillé dans un épisode de James Bond. Un avion de plaisance doté d’une ligne d’avion de chasse, fuselé et argenté, glace cockpit et cadrans digitaux comme dans un airbus. Le LH-10 Ellipse, c’est un rêve de petit garçon devenu réalité, par la grâce d’une jeune entreprise, LH Aviation, installée depuis début mars en Seineet-Marne. L’histoire commence pourtant dans le Nord-Pas-deCalais, en 2004, lorsque Sébastien Lefebvre, ingénieur âgé de 23 ans, décide de créer son entreprise. Bientôt, il cherche à s’agrandir, mais le chantier du site envisagé connaît des retards et, pris par le temps, il commence à prospecter au-delà de sa région d’origine. LH Aviation est alors très courtisée, y compris par la Suisse et l’Angleterre mais c’est la Seine-et-Marne qui emporte la mise avec son site de Melun-Villaroche, aérodrome récemment transformé

Créé en 1983 pour soutenir la R&D, le CIR permet aux entreprises de déduire de leurs impôts leurs dépenses de recherche (nouveaux produits ou procédés industriels à contenu technologique). À partir de 2008, la part en accroissement et le plafond à 16 Millions d’euros sont supprimés. Le nouveau CIR est assis sur le seul volume de R&D déclaré par l’entreprise : 30 % des dépenses pour une première tranche jusqu’à 100 Millions d’euros, 5 % au-delà.

en plateforme d’activité. Ce choix est notamment motivé par une piste d’aviation en accès libre et la qualité des locaux proposés : un bâtiment de 3500 m2, anciennement propriété de la Société Européenne de Propulsion, en parfait état. Résultat, sur dix-sept collaborateurs, seize font le voyage depuis le Nord, bientôt rejoints par cinq nouveaux. À peine commercialisé, le LH-10 Ellipse, biplace équipé d’un moteur qui le rend plus rapide (350 km/h en vitesse de croisière), séduit déjà : dixhuit commandes sont fermes et dixneuf à confirmer. Sébastien Lefebvre peut donc afficher ses objectifs sans complexe : un effectif de cinquante salariés et la production d’une centaine d’avions par an d’ici 2012.

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www.lhaviation.com

L’entreprise de maçonnerie Boyer, située à Poligny, a reçu le Prix Moniteur de la Construction 2007, pour la catégorie gros œuvre. Ce label distingue les efforts importants menés en matière de formation et de prévention des risques par ses deux managers, Claude et Gilles Boyer, père et fils.

Médaille d’argent à la rhubarbe Spécialiste des créations haut de gamme, la Société fromagère de la Brie a reçu une médaille d’argent au Salon de l’Agriculture de Paris pour son yaourt liquide à la rhubarbe.

Un hôtel 4 étoiles à Sénart Grande première à Sénart: l’enseigne Clarion y a inauguré en avril dernier un hôtel 4 étoiles doté d’équipements haut de gamme. L’établissement offre 1000 m2 de salons modulables, 165 suites, un spa, une salle de fitness, une piscine extérieure chauffée et une table gastronomique.


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Actualités - agenda 11 juin

19 juin

Du 19 au 21 juin

10 Synapses Pôles Sud 77

Le Club des développeurs

Salon des Énergies Renouvelables AGF-Allianz Trophée Préven’s

Les 10e synapses Pôles Sud 77 se tiennent de 17h00 à 19h30, au grand amphi de l’INSEAD, boulevard de Constance, à Fontainebleau, autour du thème : “Enjeux et défis des PME industrielles en Sud Île-de-France”. Le débat réunira des dirigeants de PME, des responsables de la DRIRE Île-de-France et de la Région.

Le Club des développeurs seine-etmarnais se réunit de 9h30 à 12h30 au centre Datagora de Roissy. Au programme, une rencontre autour du haut débit en Seine-et Marne, un point sur le développement du réseau et un autre sur les différentes offres de contenu.

Seine-et-Marne Développement et l’Epa Sénart profiteront du Salon des Énergies Renouvelables à Paris Expo - Porte de Versailles, pour promouvoir l’Écopôle de Sénart, le nouveau parc d’activités dédié aux éco-activités. Invitation téléchargeable sur www.energie-ren.com

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12 juin Remise des prix du concours Polystart La remise des prix du concours 2008 de projets de création d’entreprises innovantes du Polytechnicum de Marne-la-Vallée aura lieu à l’École des ponts – Amphithéâtre Cauchy – Cité Descartes, le jeudi 12 juin à 17h00. Trois prix d’une valeur totale de 30 000 euros seront décernés aux lauréats.

Pour en savoir plus : www.seine-et-marne-invest.com/html/ de-services/club-des-developpeurs.php

20 juin Lancement du programme Bâtir Éco La Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics, Région Seine-etMarne, lancera officiellement le programme Bâtir Éco, de 11h30 à 13h30 au “Safran”, à Brie-Comte-Robert.

19 et 20 juillet Meeting aérien à Melun-Villaroche La FFA tient son meeting annuel sur la plate-forme de MelunVillaroche, l’occasion d’assurer la promotion et la défense des aéroclubs et de leurs membres. Également sur place, Seine-et-Marne Développement, la CCI de Seineet-Marne et le pôle de compétitivité Astech piloteront le forum développement-économie-formation, le 20 juillet au matin, afin de mettre en avant les entreprises seine-et-marnaises du secteur de l’aéronautique.

Du 27 au 31 août Pour la deuxième année consécutive, le Golf de Bussy-Guermantes, à Marne la Vallée, accueille le Trophée Préven’s, étape de l’AGF-Allianz Tour, un circuit professionnel européen lancé par la Fédération Française de Golf. Pour en savoir plus : www.tropheeprevens.fr

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p.montin@seine-et-marne-invest.com

www.seine-et-marne-invest.com

Actualités - en pratique Du nouveau Un site Internet pour les créateurs pour tout savoir d’entreprise sur le secteur numérique Créer sa propre entreprise ? Beaucoup d’aspirants patrons renoncent avant même d’avoir commencé, abattus par ce qui leur apparaît comme un dédale infernal de démarches en tous genres. Qu’ils reprennent courage : creersaboite.fr est fait pour eux ! Élaboré à l’initiative du Conseil régional d’Île-deFrance, ce site Internet francilien leur offre toute l’information utile pour créer ou reprendre une entreprise en Île-de-France. À leur disposition : des conseils de méthodologie, un service d’aiguillage vers les différents dispositifs d’aide, l’essentiel de l’actualité régionale, départementale et locale (événements, salons…), des témoignages et trois espaces thématiques dédiés aux projets à fort potentiel, à l’économie sociale et solidaire et aux professionnels de la

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www.creersaboite.fr

Cap digital, c’est le pôle de compétitivité francilien des contenus numériques. Il a pour vocation de soutenir tous les acteurs du secteur numérique par une multiplication des échanges, une veille permanente, des formations, des partenariats, des financements et un système de labellisation. Dans cette optique, son site Internet offre entre autres un annuaire des projets Cap digital, un recensement des appels à projets nationaux, un vade-mecum sur les aides aux entreprises, des informations sur la propriété intellectuelle, un agenda des études, rencontres et manifestations autour du numérique, enfin, une veille technologique et une série de dossiers thématiques, notamment sur les Jeux vidéo et l’Éducation Numérique.

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www.capdigital.com

L’entreprise de A à Z Une boîte à outils pour entrepreneur, simple et fonctionnelle à souhait. Voilà à quoi s’apparente le site www.entreprises.gouv.fr, créé à l’initiative du ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie. Conseils pratiques, guides, contacts, informations y sont classés par rubriques et régulièrement mis à jour. L’internaute peut ainsi y trouver les procédures à suivre pour la création ou la reprise d’une entreprise, des aides pour la gestion au quotidien et le développement de son entreprise, des aides pour anticiper et dénouer les difficultés ou encore pour transmettre une entreprise et cesser son activité.

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Le site Internet www.creersaboite.fr

www.entreprises.gouv.fr Le site Internet www.entreprises.gouv.fr


Juin-Juillet 2008 Trajectoires

Dossier

Économie: le sud retrouve le sourire Après une histoire industrielle tourmentée, le sud seine-et-marnais renoue désormais avec le succès. Comment ? Grâce aux riches potentiels de la région, à ses reconversions réussies, à la créativité de ses entrepreneurs. Grâce aussi aux premiers résultats du GIP Sud Seine-et-Marne, la plateforme de revitalisation et de développement du Sud Seine-et-Marne créée pour développer l’emploi sur place. Grâce enfin aux aides, conseils et autres actions de sensibilisation menées, depuis plusieurs années, par les acteurs institutionnels locaux parmi lesquels Seine-et-Marne Développement.

Cap au sud : en haut, l’Insead de Fontainebleau, en bas, contrôle d’un vitrage de protection des rayons X chez Corning, à Bagneaux-sur-Loing.

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Dossier Économie : le sud retrouve le sourire

Le GIP Sud Seine-et-Marne : structure légère, grandes ambitions La pépinière de Fontainebleau-Avon.

LE GIP SUD SEINE-ET-MARNE EN CHIFFRES

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Les membres du conseil d’administration du GIP : État, Conseil régional d’Île-deFrance, Conseil général de Seine-et-Marne, entreprises, communautés de communes et communes, et membres institutionnels du monde économique.

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Le nombre de cantons couverts par le GIP : Château-Landon, Fontainebleau, La Chapelle-laReine, Lorrez-le-Bocage – Préaux, Montereau-Fault-Yonne, Moret-sur-Loing et Nemours.

450

C’est l’objectif d’emplois minimum à créer entre août 2006 et août 2009. Au bout de 20 mois (fin avril 2008), ils étaient déjà 204.

2 000

Le montant de la subvention accordée (50 % avant la création, 50 % après) pour tout emploi pérenne créé sur les 7 cantons concernés. Bien entendu cumulable avec les aides publiques.

Mission triple pour le GIP Sud Seine-et-Marne : accompagner la création d’au moins 450 emplois en trois ans, resserrer le tissu des PME-PMI et dynamiser la recherche (voir p 10). À l’heure où le Conseil général en assure la présidence, gros plan sur la vocation et les moyens d’action de cette structure atypique. out commence en avril 2005. Sous un printemps timide, élus, salariés et habitants manifestent leur refus de voir l’économie sud seine-et-marnaise s’éteindre peu à peu. Unis dans une légitime inquiétude. Les fermetures et licenciements massifs de plusieurs sites industriels du sud Seine-et-Marne ont mis le feu aux poudres. À situation inédite, solution inédite. Au lieu de multiplier les analyses et les dispositifs chacun dans son coin, l’État, la Région et le Conseil général se rencontrent et réfléchissent. Ils décident d’innover en créant une structure unique en son genre, baptisée GIP (Groupement d’intérêt public) et dédiée au sud Seine-et- ADR à Thomery. Marne. Elle agira de façon cohérente et concertée pour amplifier le dévelop- gine, vient d’ailleurs de changer. pement économique sur cette zone. C’est Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement et Une structure légère Vice-président du Conseil général Née le 7 août 2006, le GIP affirme chargé du développement éconod’emblée sa différence. “Ce ne devait mique, qui l’assure depuis août pas être une couche d’administration 2007. supplémentaire ajoutée aux précé- Sa feuille de route demeure : revitalidentes. Plutôt une structure légère ser et dynamiser le sud Seine-etprévue dès l’origine pour ne vivre que Marne. Avec, au-delà de l’intention, 3 ans”, explique Danièle Chaussade ce même objectif chiffré : y créer, d’ici qui dirige le GIP. Mises à disposition l’été 2009, au moins 450 emplois. par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne, cette Des résultats encourageants directrice et son assistante (déléguée Première priorité : inciter les entrepar la communauté de communes de prises, déjà ou prochainement instalFontainebleau-Avon) travaillent à mi- lées, à embaucher. En avril 2008, 204 temps depuis la sous-préfecture de subventions (2 000 euros par emploi) Fontainebleau. Résultat : un budget ont été accordées pour autant d’emde fonctionnement limité. Le finan- plois localement créés. C’est par cement ? Il provient des entreprises exemple le cas de la société ARESO à qui recourent aux plans sociaux. La Genevraye (travaux d’installation Concentré dans ses moyens, ce GIP électrique). D’ici 3 ans, elle table sur a un exécutif très ouvert. S’y retrou- la création de 6 emplois. vent des acteurs de l’État, des À noter : cette subvention, attribuée Communautés de communes, de la selon des critères stricts, est versée Région, du Département et des après une période probatoire pour entreprises. La présidence de cette vérifier le sérieux des postulants. structure, prévue tournante dès l’ori- Deuxième priorité : rééquilibrer dura-

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blement la structure de l’emploi dans le sud du département en soutenant activement les PME et PMI. Par leur capacité à innover, leur réactivité et leur souplesse, elles peuvent en effet embaucher et durer, sans mettre tout un secteur en dépendance. Pour les encourager, le GIP agit sur deux leviers. Le premier, c’est le recrutement et la formation. Des platesformes ont d’abord été montées. Objectif : aider les entreprises, notamment dans les secteurs de la santé et du bâtiment, à embaucher les compétences qui leur manquent. Deuxième levier : le foncier et l’immobilier, pour lesquels de gros efforts sont faits sur l’accueil. En complément des aides locales et départementales existantes, le GIP accompagne ainsi la rénovation et la création de zones d’activités fonctionnelles et attrayantes. Le meilleur exemple ? Le site de l’Insead où la pépinière d’entreprises de Fontainebleau-Avon vient de naître. Ainsi, le GIP – et, avec lui, tout le sud du département – récoltent les premiers fruits de son action. Début de


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© Astrolab

Dossier Économie : le sud retrouve le sourire

L’hôtel d’entreprises de Bourron-Marlotte.

Ma moyenne entreprise, ne connaît pas la crise. Cœur de cible du GIP : les PME et PMI familiales. Du bâtiment à l’industrie, de l’informatique aux services, elles sont nombreuses à avoir créé des emplois avec l’aide du GIP. Si certaines étaient déjà ancrées en Seineet-Marne, d’autres viennent d’horizons plus lointains. ui peut bénéficier du coup de pouce du GIP ? “Notre cœur de cible, ce sont les PME et PMI familiales : c’est donc à elles que nous nous adressons en priorité”. La réponse de Marc Montagnon, responsable de projet du groupe Sodie, a le mérite de la clarté. Spécialisé dans le développement économique, l’accompagnement des ressources humaines, la mobilité et le conseil aux collectivités, Sodie a déjà une longue expérience de la reconversion et de la redynamisation de sites. Il accompagne notamment le GIP dans la sélection des candidats. Parmi les 14 projets soutenus (à fin avril 2008), la majorité émanent d’entreprises déjà installées sur le territoire. Pour le reste, il s’agit de nouvelles implantations ou de projets de création.

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La preuve par l’exemple C’est le cas d’Ociris. Cette SSII (société de services en ingénierie informatique) franco-tchèco-slovaque qui vient d’investir le sud du département, a des projets de recrutements (voir interview ci-dessous). Mais attention : les emplois doivent être pérennes. “Il faut bien comprendre que, pour nous, les emplois ne sont pas un objectif en soi, mais la conséquence d’un projet de développement. Les créations doivent être durables”, insiste Marc Montagnon. Parmi les secteurs d’activité aidés : le bâtiment, l’industrie et l’informatique. Beaucoup d’entreprises appartiennent d’ailleurs à des secteurs de pointe. C’est le cas d’Oxand (30 emplois aidés), à Avon, spécialisé dans les études sur la résistance des matériaux. Parmi les représentants de l’industrie figure E2C

(14 emplois aidés) qui, à la Chapellela-Reine, fabrique des bennes et des compacteurs. La grande consommation est elle aussi représentée avec Handpresso (1 emploi aidé). Basée sur la toute nouvelle pépinière d’entreprises de Fontainebleau-Avon, la société commercialise la première machine à café “nomade”. Signe particulier : fait des expressos sans électricité ! Déjà 14 entreprises aidées, 204 recrutements… Quand on sait que ces emplois sont tous des temps pleins à durée indéterminée, on se prend à rêver à une accentuation de la tendance. Et c’est d’ailleurs bien l’objectif du Conseil général à travers le GIP.

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LES AIDES EN CHIFFRES 408 000 euros Le montant total des fonds engagés (à fin avril 2008).

3,8 millions d’euros Le montant des fonds collectés auprès des entreprises du sud de la Seine-et-Marne ayant licencié des salariés dans le cadre d’un plan social.

-11,3 % La baisse du chômage constatée dans le sud de la Seine-en-Marne au cours des trois premiers mois de l’année 2008 (sur la même période, la baisse en Seine-et-Marne est de 8,9 % – Source DDTEFP)

l.benko@seine-et-marne-invest.com

Interview “Un point de chute idéal pour une société en pleine croissance” Quel est le métier d’Ociris ? J.-M. D. : Nous développons des applications informatiques de gestion et des plates-formes Internet. Une activité reposant sur une méthodologie extrêmement exigeante.

Jean-Marc Defrasne Cofondateur de la SSII Ociris, à Fontainebleau-Avon (pépinière d’entreprises)

Quelle est l’histoire de votre entreprise ? J.-M. D. : C’est à Prague, en Tchéquie, où nous étions expatriés, que j’ai rencontré David Billouz, cofondateur d’Ociris. Nous y avons créé notre société en 2003.

L’idée : utiliser le potentiel des ingénieurs informaticiens tchèques de haut niveau pour développer des applications. Nous nous sommes ensuite installés à Bratislava, en Slovaquie. Aujourd’hui, nous avons également un pôle à Fontainebleau. Pourquoi Fontainebleau ? J.-M. D.: Parce que Fontainebleau, avec son tissu riche – IUT d’informatique, Insead, École des Mines, Esigetel… – est le point de chute idéal pour notre SSII en pleine croissance.

Depuis cette base, nous développons nos avant-projets et notre action commerciale. Nous sommes en train de négocier d’importants contrats. Dès qu’ils seront signés, nous recruterons un directeur commercial, puis des ingénieurs chefs de projet, des assistantes de direction… Nous ferons alors appel au GIP.

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www.ociris-consulting.com


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Dossier Économie : le sud retrouve le sourire

Cadre vert pour matière grise Dans le sud de la Seine-et-Marne, la matière grise est partout. Parce qu’elle est à la fois porteuse d’emplois et génératrice d’image, elle y est activement soutenue par le Conseil général.

L’ACTION DU CONSEIL GÉNÉRAL Grâce à l’action de Seine-etMarne Développement, le Conseil général propose aussi de nombreux dispositifs pour dynamiser le sud du département. Depuis 2006, il a ainsi apporté son financement à 17 entreprises de ce secteur. Parmi les dossiers soutenus : • 6 aides à l’innovation • 6 aides à l’export • 1 prêt participatif de développement • 2 aides aux franges • 2 aides à l’implantation Voir les montants et conditions d’obtention de ces aides sur www.seine-et-marne-invest.com

l y a bien sûr les grandes écoles : l’École des Mines, l’Esigetel ou l’Insead. Toutes ont choisi Fontainebleau pour former les futurs ingénieurs à l’excellence. Mais la matière grise s’épanouit aussi dans les entreprises. Ainsi, Corning (Bagneaux-sur-Loing), Chrismatec (Saint-Pierre-lès-Nemours), ERMS (Avon) ont investi le territoire pour rechercher, comprendre et innover. Une tendance qui ne fera que s’accentuer dans les prochains mois grâce à Astech, le pôle de compétitivité consacré à l’aéronautique récemment labellisé en Île-de-France. Le Conseil général suit ces développements de très près et les accompagne. Outre les aides à l’innovation régulièrement instruites par Seine-etMarne Développement, il soutient l’ARIPA, un centre de recherche technologique au service des entreprises. Basé à Moret-sur-Loing, il leur propose des conseils très pointus en informatique et gestion de l’énergie. Non loin de là, toujours à Moret-surLoing et également aidé par le Conseil général, le centre de recherche EDF des Renardières mobilise pas moins de 600 personnes autour de projets d’intérêt général, parmi lesquels le RS4E

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© EDF R&D

Les étudiants de l’Insead à l’heure de la pause.

Le centre de recherche EDF des Renardières.

(Rénovation scolaire : énergie, éducation, efficience, exemplarité). Intégré dans le pôle Advancity – Ville et Mobilité Durables, ce projet associe des universitaires, des industriels et le Conseil général. “Nous développons des outils et des méthodes pour remettre à niveau le parc français de bâtiments d’enseignement (160 millions de m2), en privilégiant les économies d’énergie”, résume Jean-Luc Mazoyer, son responsable. Dans le même esprit, la création d’une “filière vibroacoustique” dédiée à la réduction des nuisances sonores des véhicules

(voir interview ci-dessous) est, elle aussi, soutenue par le Conseil général et le GIP. “Le sud regorge aujourd’hui de pépites et d’entreprises de pointe. À nous de détecter et valoriser les bons projets, trouver des complémentarités et enclencher les synergies. La récente création de la pépinière d’entreprises de Fontainebleau-Avon est une belle illustration de cette démarche”, conclut François-Xavier Deflou, directeur de Seine-et-Marne Développement.

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www.cg77.fr

Interview Cap sur la filière “vibroacoustique”

Danièle Chaussade

Pourquoi le GIP s’intéresse-t-il à la recherche ? D. C. : Parce que nous avons la conviction qu’elle peut être un vivier d’emplois nouveaux. Nous finançons d’ailleurs une étude pilotée par Pôle Sud 77, du 15 avril au 15 novembre 2008.

Directrice du GIP Sud 77

Quel est l’objet de cette étude ? D. C.: Il s’agit de déterminer les conditions dans lesquelles une filière “vibroacoustique” pourrait être implantée dans le sud de la Seine-et-

Marne. Elle associerait laboratoires privés et publics, écoles, grandes entreprises et des start-up comme Oxand. Pôle Sud 77, qu’est-ce que c’est ? D. C. : Une association d’ingénieurs retraités et en activité très dynamiques. Ses limites s’étendent audelà de la seule Seine-et-Marne, sur une partie du Loiret. Ce département sera d’ailleurs associé à l’étude à travers sa CCI.

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daniele.chaussade@pref.gouv.fr


Juin-Juillet 2008 Trajectoires

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Enjeux Matière grise

Polystart aux petits soins pour les créateurs d’entreprises innovantes L’incubateur Polystart a été créé par le Poytechnicum de Marne-la-Vallée sur le site de la Cité Descartes. Son but : aider les porteurs de projets innovants à réussir avec succès le “parcours du combattant” de la création d’entreprise. Aux jeunes entrepreneurs audacieux, cet incubateur offre des locaux équipés, des conseils et des formations gratuites.

réé en 2000 par le Polytechnicum (lire l’encadré) dans le parc scientifique de la Cité Descartes, l’incubateur Polystart héberge et accompagne pendant deux ans les projets de création d’entreprise innovants. Durant ces deux années “d’incubation”, des locaux entièrement équipés en matériel informatique et reliés aux réseaux sont mis gratuitement à la disposition des créateurs. Ceux-ci reçoivent tout aussi gratuitement des conseils approfondis sur l’élaboration de leur projet – comment démêler le fil des aides à la création, par exemple – et des formations régulières à la gestion. “Chez nous, les créateurs d’entreprises sont chouchoutés, assure Dominique Perrin, Directeur général de l’ESIEE et président du Polytechnicum de Marnela-Vallée. Polystart étant une petite structure, ils bénéficient de conditions d’accueil extrêmement favorables.” Autre atout, l’émulation et la solidarité au contact des autres créateurs et plus largement, de l’ensemble des partenaires du Polytechnicum. “Polystart a été créé pour contribuer au développement économique local par l’innovation”, précise Dominique Perrin. De fait, le catalogue des projets incubés fait la part large aux technologies de l’information et de la communication, sans exclusive cependant.

C

Un incubateur francilien À l’origine, Polystart accueillait exclusivement les projets de membres du Polytechnicum – étudiants, enseignants, chercheurs, personnels et diplômés des écoles, établissements et universités. Plus tard, le champ a été étendu à l’ensemble de l’Île-de-France. Deux voies d’accès à l’incubateur s’offrent aux candidats : le concours annuel de création d’entreprise et la procédure d’admission

Dominique Perrin, Directeur général de l’ESIEE et Président du Polytechnicum de Marne-la-Vallée : “chez nous, les créateurs d’entreprises sont chouchoutés”.

sur dossier ouverte tout au long de l’année. Avantage du concours : une dotation de 30 000 euros partagée entre les trois lauréats. Deuxième prix du concours 2006, Badr-Eddine Laoubi est issu de la promotion 2006 d’ESIEE Managagement, la “business school des technologies”, une école membre du Polytechnicum. Avec le soutien actif de Polystart, il a passé avec succès les étapes menant à la création d’entreprise. Sa société, EOS Networking, a vu le jour en mars dernier. Forte de deux associés et de trois stagiaires, elle se consacre au développement d’une plate-forme de collaboration sur Internet dédiée à l’offre de services de prestations intellectuelles en ingénierie industrielle. “Avec mon associé, Guillaume Garin, nous avons constaté lors de nos stages qu’il y avait un problème de mise en adéquation de l’offre et de la demande de collaborations dans l’ingénierie industrielle au niveau mondial”, raconte le lauréat. La plate-forme vise tout simplement à le résoudre. “Polystart nous a énormément aidés à sauter le pas en donnant plus de rigueur au projet”, poursuit le

Le Polytechnicum de Marne-la-Vallée Situé au sein du parc scientifique de la Cité Descartes, le GIP (groupement d’intérêt public) Polytechnicum de Marne-laVallée fédère 18 établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Ses membres ont défini trois objectifs : • Améliorer la qualité du service d’enseignement et de recherche par l’innovation. • Approfondir et multiplier les coopérations entre les établissements membres. • Participer au développement économique local et régional. Le Polytechnicum héberge par ailleurs Advancity (Ville & Mobilité Durables), l’un des sept pôles de compétitivité d’Île-de-France.

jeune créateur. EOS Networking va bientôt s’installer dans la zone franche de Meaux. Pour l’instant, Polystart héberge six projets. Ce nombre est susceptible de doubler. Un chargé de mission à plein-temps pourrait alors être recruté, car l’incubateur aurait besoin de ressources humaines dédiées, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Les liens avec la pépinière d’entreprises de la Chambre de Commerce

et d’Industrie de Seine-et-Marne, installée également au sein de la Cité Descartes, devraient aussi être resserrés. Les entreprises “incubées” auraient alors la possibilité de rejoindre la pépinière après les deux ans “réglementaires”.

www.polytechnicum.org/ entrepreneuriat


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Enjeux Quartiers d’affaires

Un parc à l’anglaise Goodman, investisseur australien, développe des actifs tertiaires et industriels sur le Val d’Europe à Marne-la-Vallée. Initié en 2004, son “parc d’affaires” est un projet immobilier alliant fonctionnalité des locaux et large éventail de services. Il sera achevé en novembre prochain.

Avec ses espaces verts soignés et ses plans d’eau, l’endroit a des faux airs de campus américain. Pourtant, c’est bien un parc d’affaires que Goodman, promoteur australien et spécialiste du genre, achève de construire à Val d’Europe. Cette formule consiste à implanter en périphérie d’une grande ville des bâtiments d’activités et bureaux haut de gamme, connectés au très haut débit et assortis d’un ensemble de services : gardiennage 24 h/24, entretien des espaces verts et des plans d’eau, maintenance technique des bâtiments. Pour convaincre les entreprises, Goodman, qui a démarré ses travaux en 2004, a misé sur le développement de Val d’Europe, accéléré par l’ouverture en 2007 du TGV Est Européen. “C’est la plus grande gare d’interconnexion TGV de France”, s’enthousiasme Jérome Badot, responsable de l’activité “parcs d’affaires” de Goodman, qui ajoute : “pouvoir accéder à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle en huit minutes, vingt et une fois par jour, c’est un plus indéniable – d’autant que les surfaces sont proposées à des coûts inférieurs de deux tiers aux loyers parisiens…”. Cinq entités dès aujourdhui Les constructions Goodman, implantées sur un terrain de 180 hectares, se déclinent en cinq entités, proposées pour la plupart à la location. Le Techniparc, tout d’abord, un bâtiment de 7000 m2, abritant à la fois des locaux de grande hauteur pour la production ou le stockage et des bureaux, le tout divisible à partir de 500 m2. Le parc Faraday, quatre petits bâtiments de 1800 m2, chacun sur deux niveaux, à usage de bureaux et de locaux high-tech, divisibles à partir de 200 m2. Le C2 Business, dont la construction sera achevée en septembre, propose à l’acquisition des lots de 250 m2 avec une grande hauteur de stockage. Le centre d’affaires Regus offre la possibilité de louer au mois, une formule particulièrement bien

GOODMAN EN CHIFFRES ET EN DATES 180 ha C’est la superficie du terrain pour lequel Goodman a obtenu un contrat de développement sur Val d’Europe.

30 C’est le nombre de parcs d’affaires que Goodman a déjà développés en Europe. Le parc Goodman : une qualité d’accueil exceptionnelle sur 180 hectares à terme.

2004 Début des travaux du centre d’affaires Goodman à Val d’Europe, avec la construction de quatre bâtiments de bureaux aujourd’hui occupés à 94 %.

Septembre 2008 Livraison du C2 Business.

Novembre 2008 Livraison du “Forum du Parc”, pôle de vie de 4 400 m2.

2009 Livraison de l’hôtel business trois étoiles.

De nombreuses entreprises d’ampleur nationale et internationale ont déjà choisi le parc.

adaptée aux petites sociétés qui démarrent. Enfin, la “marque de fabrique” Goodman, c’est le “Forum du Parc”. Ce pôle de vie, bâtiment de 4 400 m2 livré en novembre prochain, offrira de nombreux services aux salariés : un restaurant d’entreprise, une sandwicherie, un club de fitness, une

crèche privée interentreprises, une agence bancaire et une agence immobilière. Un hôtel business trois étoiles viendra parachever l’ensemble dès 2009.

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www.goodmanintl.com


Juin-Juillet 2008 Trajectoires

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Enjeux A la carte

La Seine-et-Marne ouverte sur le monde Parce qu’elles apportent emplois, image, notoriété et synergies, les implantations d’entreprises à capitaux étrangers sont activement encouragées par le Département.

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Cette zone totalise l’ensemble des entreprises étrangères des secteurs de : • Marne et Gondoire + Bussy St Georges, • San Val d’Europe + Montévrain • San Val Maubuée

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Lagny-sur-Marne

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PARIS

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MEAUX

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Chelles

La Seine-et-Marne compte près de 450 entreprises à capitaux étrangers*. 22 % d’entre elles proviennent d’Allemagne, 18 % des États-Unis, 11 % du Royaume-Uni.

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San Val Maubuée

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La Fertésous-Jouarre

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San Val d’Europe + Montévrain

Ce qui les attire, notamment : • un emplacement stratégique entre le bassin parisien et l’Europe, • un cadre de travail et des accès privilégiés : autoroute A4, TGV Est, Aéroport Paris Charles-de-Gaulle, Eurostar…

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Marne et Gondoire + Bussy St Georges

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Coulommiers

Torcy 1

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La-FertéGaucher

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Provins 2

Nangis 4

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MELUN 2

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Pour renforcer ce mouvement, Seine-et-Marne Développement se lance dans la prospection internationale. Deux cibles privilégiées : • l’Allemagne, depuis mai 2007, • le Royaume-Uni, (en partenariat avec Eurodisney), depuis février 2008.

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FONTAINEBLEAU

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Montereau-Fault-Yonne 1

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Nemours 1

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ATTIRER DE NOUVELLES ENTREPRISES

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Les entreprises étrangères en Seine-et-Marne Autres 7

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Espagne 6

Allemagne 24

USA 18 Belgique 10 Canada 2

Suisse 10

Allemagne

Pays-Bas

Belgique

Royaume-Uni

Canada

Suède

Espagne

Suisse

Italie

États-Unis Union Européenne

Des contacts directs : • participation à des salons professionnels, notamment le CeBIT (salon des nouvelles technologies) à Hanovre en mars 2008, • mailings vers 12 000 entreprises allemandes et 5 000 britanniques, • partenariat avec la Région qui mène de nombreuses actions de prospection internationale. * entreprise ou établissement dont les capitaux sont, pour 50% ou plus, d’origine étrangère.

Espagne 2 Suède 2 Royaume-Uni 11

Italie 6 Pays-Bas 6

Source : Astrée 2008

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e.quillere@seine-et-marneinvest.com


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Success stories Fareva

Fareva c’est quoi ? 4 200 salariés 20 sites de production 600 millions de chiffre d’affaires + 25 % de croissance entre 2007 et 2008

Les dates 1981 Création par Bernard Fraisse d’une entreprise de distribution de produits chimiques à SaintFélicien (Ardèche)

1996 Fareva se lance dans la cosmétique

2002 Fareva acquiert une première usine de produits pharmaceutiques

2007 Reprise de l’usine Beiersdorf de Savigny-le-Temple Laurent Dodet, Vice-président du groupe Fareva.

De l’Ardèche à la Seine-et-Marne Née en Ardèche en 1981, Fareva a franchi en vingt-sept ans toutes les étapes du succès : de la petite entreprise mono activité à la holding, couvrant des secteurs aussi variés que les produits ménagers industriels, la cosmétique et l’industrie pharmaceutique. “Fareva”, en dialecte ardéchois, signifie “Fait rêver”. Un nom prémonitoire pour cette société née en Ardèche il y a maintenant vingt-sept ans et qui a repris l’usine Beiersdorf de Savigny-leTemple en 2007. Tout commence donc en 1981 à Saint-Félicien (en Ardèche), lorsque Bernard Fraisse fonde une première entreprise spécialisée dans la distribution de produits chimiques. En 1985, il enchaîne avec la création d’une société industrielle de fabrication chimique, spécialisée dans les produits ménagers, industriels et automobiles. En 1996, Fareva ajoute une seconde corde à son arc en se lançant dans la cosmétique. En 2002, acte trois, l’entreprise acquiert une pre-

“Il ne s’agit en aucun cas de faire des coups […]. Nous pérennisons chaque site et continuons à créer de l’emploi.” Laurent Dodet, Vice-président du groupe Fareva

mière usine appartenant à Novartis, puis une seconde, entrant ainsi de plain-pied dans le domaine pharmaceutique. D’autres acquisitions suivront : deux usines ex-Pfizer, une usine en Allemagne au nord de Nüremberg ou encore, en avril dernier, une usine basée à Hérouville dans le Calvados. En 2006, Fareva franchit une nouvelle étape en reprenant une usine de maquillage à Bergerac, ajoutant à ses domaines de compétence l’activité maquillage, jusqu’alors absente de sa branche cosmétique. Jusqu’en 2002, Fareva tient uniquement sa croissance d’une stratégie de création d’entreprises et d’emplois. Mais à partir de cette année charnière, elle entame une politique d’acquisitions soutenue, reprenant des sites de production de grandes multinationales. Ces dernières externalisent en effet de plus en plus la fabrication de leurs produits afin de se concentrer sur leurs métiers de base : la recherche et développement, et la distribution. Cependant, “il ne s’agit en aucun cas de faire des coups, d’acheter pour fermer, tient à préciser Laurent Dodet, Vice-président en charge des activités commerciales, achats et R&D du

groupe. C’est du long terme. Nous pérennisons chaque site et continuons à créer de l’emploi, en misant sur les ressources en amont”. L’un des derniers exemples en date est la reprise, en avril 2007, du site de production Beiersdorf de Savigny-le-Temple, qui fabrique des crèmes hydratantes et du maquillage Nivea. Fareva a profité des 5000 m2 de bureaux attenants à l’usine pour créer 95 emplois, dévolus notamment à la création, au marketing et à la R&D, adjoignant à l’équipe maquillage un “make-up artist”, chargé d’innover dans les couleurs et les textures. En plus des 300 personnes travaillant déjà dans l’usine, ce sont ainsi 95 emplois qui ont été créés auxquels devraient s’ajouter, à moyen terme, plusieurs dizaines d’autres. Prochaine étape pour Fareva : le “Grand Est”. Afin d’accompagner ses clients à l’international, le groupe a d’ores et déjà acquis une usine en Ukraine et devrait désormais s’implanter en Russie d’ici la fin de l’année.

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www.fareva.com


Juin-Juillet 2008 Trajectoires

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Success stories Hologram industries

La flamme de l’hologramme Précurseur et leader européen du marché, Hologram Industries mène depuis 10 ans sa course en tête sur les terres seine-et-marnaises. Gros plan sur une société qui multiplie les paris gagnants. Tout commence à Marseille. Ingénieur étudiant à Centrale, Hugues Souparis découvre un peu par hasard l’univers de l’holographie: une fois soumis à un procédé laser complexe, une photographie, une image, un logo… semblent soudain prendre du relief, comme s’ils étaient suspendus dans l’air. Créatif, attiré par l’univers futuriste, il crée Hologram Industries dès sa sortie d’école en 1984. Premier débouché: les objets publicitaires en 3 dimensions. Les entreprises en raffolent… jusqu’à la crise des débuts 90 et les coupes drastiques dans les budgets de communication. Fin de l’histoire? Passage à la vitesse supérieure, au contraire. Le marché de la sécurité vient alors d’émerger. Car l’hologramme est un rempart contre les copies faciles. Face aux Américains qui l’utilisent dès 1985 pour sécuriser leurs cartes de crédit, Hologram Industries commence à s’équiper. Intuition gagnante puisque le GIE des cartes bancaires décide en 1989 de recourir aux hologrammes. Seule entreprise française capable de répondre à l’appel d’offres, Hologram Industries gagne le marché. Avec, dans la foulée, plusieurs contrats dont la carte Pass Carrefour ou la carte Accor. 3e étape : les entreprises du luxe. Soucieuses de prévenir les contrefaçons galopantes, les grandes entreprises s’emparent de l’holographie pour créer des cartes ou des étiquettes d’authentification. Hologram décroche ainsi son premier contrat avec Cartier. D’autres commandes suivront, dont les premières avec l’État français émetteur de cartes grises et les passeports diplomatiques. Malgré des caps difficiles – notamment liés aux coûts importants du poste R&D – l’ouverture internationale apporte du sang neuf à l’entreprise. Anticipant les nouveaux besoins liés à l’ouverture des frontières à l’Est, Hugues Souparis crée en effet une filiale en Pologne avec un associé. Nouveau pari gagnant puisqu’elle emporte dans les mois qui suivent le marché national des bons de privatisation (30 millions d’unités). L’arrivée de ces nouveaux contrats exige des locaux plus vastes. Après discussion avec les 15 salariés de l’époque, majoritairement séduits par l’est parisien, Hologram Industries s’installe en 1997 à Bussy-Saint-Georges. Implantation immédiatement suivie d’une entrée en Bourse et

Hugues Souparis, PDG d’Hologram Industries.

“L’hologramme crée un bel effet visuel généré par la dynamique des couleurs. Surtout, il est impossible à reproduire par des méthodes d’impression classiques.” Hugues Souparis, PDG d’Hologram Industries.

Hologram Industries c’est quoi?

d’un marché important et symbolique: le marquage des billets de 50 à 500 euros ! “Quelle satisfaction de gagner ce premier appel d’offres international”, se souvient Hugues Souparis. Depuis, les affaires continuent bon train avec les gouvernements français (nouveaux passeports biométriques) et surtout étrangers : l’Indonésie, le Brésil, la Turquie, l’Égypte… “Des marchés d’autant plus intéressants que ces pays à forte croissance démographique sont des marchés très porteurs”, commente Hugues Souparis. Aujourd’hui, Hologram Industries emploie en Seine-et-Marne 120 personnes dont 4 designers à plein temps. Avec une croissance moyenne de 14 % et une rentabilité à 21 %, que lui souhaiter de plus ? “Une croissance plus sensible encore”, espère Hugues Souparis. Un souhait qui, au regard du dynamisme de son dirigeant, n’a rien d’un vœu pieux.

80 %

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www.hologram-industries.com

120 salariés 21 millions de chiffre d’affaires

+ 14 % Croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires depuis 7 ans

du chiffre d’affaires réalisé à l’export

Les dates 1984 Création d’Hologram Industries

1998 Entrée en Bourse et contrat CEE de marquage des billets de 50 à 500 euros.

2007 N° 1 en France et N° 4 dans le monde de l’hologramme industriel.


77 c’est eux

Françoise Linhart Directrice d’Actual Consultants, agence de communication à Avon :

77 c’est eux, c’est une collection de portraits renouvelée à chaque parution. Des acteurs économiques de tous horizons, public comme privé, jeunes et moins jeunes, artisans locaux, entrepreneurs internationaux... tous unis par leur confiance dans l’avenir de la Seine-et-Marne.

Richard Jabeneau Directeur de 77 FM à Crégy-lès-Meaux :

Laurence Breyault Secrétaire permanente à la Commission des Chefs des Services Financiers de la Trésorerie Générale (CCSF):

“Créée il y a 10 ans, notre agence travaille de plus en plus avec de jeunes entreprises innovantes implantées dans le sud Seine-et-Marne. C’est passionnant, il y a tout à faire.”

“Cinq ans d’existence, 10 000 auditeurs par jour qui apprécient de plus en plus l’information de proximité et les initiatives de la station, comme l’émission « Entreprendre », réalisée avec Seine-et-Marne Développement.”

Emmanuel Magnant

Laurence Couturier

Vincent Rivière

Chargé de développement “musiques actuelles” à la communauté d’agglomérations de Melun – Val-deSeine à Dammarie-les-Lys :

Créatrice de LMC-Pluriel, entreprise d’accompagnement commercial et administratif pour PME, PMI et TPE à Oissery :

Directeur du groupe Top Fun (tourisme et événementiel d’entreprise) à Fontainebleau :

“Notre projet : faire vivre les musiques actuelles. Avec plus de cent formations recensées, un festival reconnu, un public local… j’y crois très fort.”

“De la création de fichiers prospects à la fidélisation de la clientèle, LMC-Pluriel aide les entreprises à promouvoir leurs produits et services.”

“Fontainebleau, c’est un beau terrain de jeux et une belle image. Pour le recrutement, nous misons sur l’alternance, en collaboration avec les écoles de Seine-et-Marne, si possible.”

Christelle Sanchez

Louis-Marie Roques

Noëlle Saunier

Gérante de La Courte Echelle, société de service à la personne spécialisée dans la garde d’enfants à Melun:

Directeur d’Eversim (jeu vidéo “GeoPolitical Simulator”) à Noisiel :

Directrice de Saunier Conseil, agence conseil en communication à Fontainebleau :

“Nous visons les couples d’actifs de 30-40 ans avec enfants. Notre agence quadrille tout le sud Seine-etMarne, où il y a aujourd’hui un vrai besoin.”

“Depuis Noisiel, nous rayonnons dans le monde virtuel d’Internet, et nous utilisons beaucoup l’image de Disneyland, très cohérente avec celle des jeux vidéo.”

“Si la Seine-et-Marne est vaste, tout le monde se rencontre au fil des manifestations professionnelles – et il est donc facile de se constituer un réseau efficace.”

“Notre objectif est d’aider les entreprises qui rencontrent des difficultés conjoncturelles en échelonnant le remboursement de leurs dettes auprès des créanciers publics.”

Trajectoires est édité par Seine-et-Marne Développement, agence pour le développement économique du Conseil général de Seine-et-Marne • Directeur de la publication Gérard Eude • Comité de rédaction François-Xavier Deflou, Dominique Marinov • Rédacteur en chef Patricia Montin • Journalistes Carole Galland et Claire Judrin • Réalisation agencebeaurepaire.com • Photos yannpiriou.com • Hôtel du Département 77010 Melun Cedex • Contact p.montin@seine-et-marne-invest.com • seine-et-marne-invest.com • Imprimeur Printed and Co 77500 Chelles • Imprimé sur du papier recyclé Cyclus couché print • N°ISSN 1958-8372.

Trajectoires n°6  

•Fareva à Savigny-le-Temple : de l’Ardèche à la Seine-et-Marne • Hologram Industries à Bussy-Saint-Georges : la flamme de l’hologramme • M...

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