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Larmes de Wakfu Tome 1 ________________________________________________________ L’éveillé

Récit par Cédric. Illustrations par Mothy, Cry et Ankama.

© Certaines images appartiennent à ANKAMA, tous droits réservés © 1


Sommaire : Larmes de Wakfu Première partie ……………………………………………………………………………. 4 I. L’éveil ……………………………………………………………………………. 5 II. Départ pour Yawa ……………………………………………………………… 7 III. À la recherche du domaine perdu ……………………………………………. 10 IV. Dans l’Antre du Croquemitaine ……………………………………………. .. 11 V. L’Orbe de Wakfu ………………………………………………………………. 18 Deuxième partie …………………………………………………………………………… 20 VI. Retour à Vièle …………………………………………………………………. 21 VII. Le mystère des orbes …………………………………………………………. 23 VIII. Le grondement du Stasis ……………………………………………………. 25 IX. L’invasion ……………………………………………………………………… 29 X. Vers la nouvelle Orbe …………………………………………………………... 32 Troisième partie …………………………………………………………………………… 35 XI. La vague du chaos …………………………………………………………….. 36 XII. Enola, Protectrice de Vièle ………………………………………………….. 40 XIII. Bruit sourd dans le vaisseau ……………………………………………….. 43 XIV. La Quête de la Clef …………………………………………………………. 47 XV. Un soupçon d’espoir …………………………………………………………. 50 Annexes Les personnages …………………………………………………………………………... 54 I. Baltazar ……………………………………………………………………….. .. 55 II. Nail ……………………………………………………………………………... 57 III. Barron ………………………………………………………………………… 58 IV. Cyd ………………………………………………………………………………59 V. La Terreur des Plaines ……………………………………………………….... 60 Les lieux ……………………………………………………………………………………. 61 VII. Emrub ………………………………………………………………………… 62 VIII. Vièle …………………………………………………………………………. 63

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D’après une idée originale de Anthony Roux (Tot) et de Nicolas Brière (Dalendard). Récit écrit par Cédric (SeigneurDenfer). Illustrations par : © Ankama Véronique Guanelle (Cry) (Mothy)

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Première partie Notre père, Baltazar, créa Emrub pour nous protéger. L’un de nos frères, N, découvrit son lourd secret. Il tenta de détruire notre monde pour nous ouvrir les yeux, mais il fut enfermé. S’en suivit une confrontation qui changea à jamais nos vies. Mais que sont-ils devenus ? Pour certains, Emrub est une prison, pour d’autres une maison. Une chose est sûre… C’est à nous maintenant de forger notre destin.

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Chapitre premier

L’Eveil Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoile, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un Eliatrope suivait seul la grande route de Vièle, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de Cawottes. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres. L’Eliatrope était parti du village vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’éveillé sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Vièle, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains. Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant un chemin ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point. L’Eliatrope se décidait à examiner la bâtisse de plus près. Il arriva devant le porche de la porte d’entrée de la maison, entre ouverte, où s’y échappait un coulissement de lumière dégradante provenant d’une des lanternes, postée à l’entrée. Se croyant sauvé, le jeune Eliatrope toqua de trois coups de poing doux à cette barrière de bois grinçante. Un bruit de roulement résonna alors, comme un déclic, à l’intérieur du bâtiment. - Qui est-ce ? murmura une voix - Bonjour… Je, je suis un Eliatrope égaré… ! hésita-t-il à répondre. Un bruissement de pas de plus en plus fort, puis le bruit des gongs grinçants de la porte… Il en sortit un Eliatrope dont la suie avait couvert la tête du bricoleur. - Oh… Un Eliatrope ! Tu n’as rien de cassé ? demanda le propriétaire de la maison. - Mis à part le froid glacial de la nuit, la faim et la fatigue, je dirai que tout peut aller bien ! assura l’Eliatrope. - Pour l’instant ! Allez, vite, rentre ! Sinon tu vas geler sur place ! L’inconnu lui ouvrit la porte et lui fit signe de rentrer. L’Eliatrope rentra donc. Une vague de chaleur rassura le jeune enfant. Ses crampes commençaient à guérir, et la circulation du sang pouvait reprendre. Il recommença à sentir ses mains, immobilisées par le froid. Il soupira. Il put alors se rendre compte du lieu où il se trouvait. De l’extérieur, on aurait pu pensé à une vieille usine délabrée, l’intérieur ressemble à l’intérieur du château de Baltazar.

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Plusieurs pièces, composées de meubles décoratifs d’une beauté divine, du bois scié de façon à décorer les encadrements des portes, un travail de bricoleur expert ! L’habitant regarda l’Eliatrope puis engagea une nouvelle discussion : - Je suis Cyd, je suis l’ancien ingénieur d’Emrub. Tu vois ce qu’il reste de ce monde… Mais toi, tu peux te présenter ? Que fais-tu ici ? Cette île est bien opposée à l’archipel de Vièle, je me croyais isolé, ici ! - Ah… Excusez-moi, j’ai oublié de me présenter… Je suis Vetëm. Je cherche ma sœur depuis mon éveil. - Je vois… Tu ne la trouveras pas ici. J’inspecte très souvent cette île pour récupérer des affaires pour faire mes meubles, mes décorations et mes inventions. Je la connais comme si c’était moi qui l’avais construite ! - Bien… Merci… - Comment s’appelle-t-elle ? - … Enola… - Enola… Jamais entendu parlé ! Désolé… - Bien, alors, je vais continuer… - Attends. Tu es fou ? Dehors, ça grouille de monstres affamés ! Tu ferais bien de rester ici en attendant le lever du soleil. Je te raccompagnerai. Tu m’avais bien dit que tu étais fatigué, que tu avais faim et que tu avais froid ? Réchauffe-toi, mange, et repose-toi ici ! Vetëm soupira puis acquiesça. Cyd se dirigea vers la cuisine et commença à préparer un repas chaud. - Fais comme chez toi ! Visite la maison si tu veux ! dit-il - … Bien… Merci de votre accueil ! répondit l’Eliatrope. - Ce n’est pas tous les jours qu’un Eliatrope vient me rendre visite ! ricana l’ingénieur. Après une courte visite, Cyd apporta une blanquette de Bouftou à Vetëm. Les deux Eliatropes s’assirent à table. Vetëm, avec une vitesse impressionnante, goba la blanquette. Cyd l’admirait encore avec de gros yeux. - Depuis combien de temps n’as-tu pas mangé ? demanda l’ingénieur - Si je compte… Quatre jours… Si je ne compte pas les quelques Moskitos grillés ! répondit l’étrange Eliatrope. Cyd examina l’Eliatrope… - Tu me rappelles quelqu’un de plus près… Mais je ne sais pas qui… - Sûrement ! s’esclaffa Vetëm. - Hmm… Bon… Je dois continuer mes fabrications dans l’atelier. Réveille-toi quand tu veux, je serai sûrement debout. Je t’amènerai vers l’île la plus proche… Si tu veux…Ton lit est là bas ! il montra la pièce à droite. Le jeune homme ne cacha pas son impatience de se jeter dans un lit. Il accourut vers la pièce qu’il ouvrit alors. Il admira sa grande pièce, avec un lit suspendu, garni de trois couettes bien chaleureuses et d’un coussin en plumes de Tofu. Il se croyait dans la chambre de Baltazar. - Bonne nuit ! s’exclama Cyd en souriant à Vetëm. - … Bonne nuit ! répondit l’Eliatrope. Il ne croyait pas à ce qu’il lui arrivait. Tout ce temps à rester dehors et à dormir sous le froid est récompensé par un lit bien douillé, chaud et bien couvert. Vetëm poussa son dernier soupir de soulagement après s’être glissé sous les draps en laine de Bouftou rose. Pendant ce temps, Cyd commença à rédiger une lettre dans son atelier, qu’il accrocha ensuite à un Tofu voyageur. Le volatile partit par la fenêtre. L’ingénieur souria… - Enfin…

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Chapitre II

Départ vers Yawa Il faisait jour, lorsqu’il s’éveilla. Transi de froid, il se tourna et retourna sur sa couche, fripant et roulant sous lui sa blouse noire. Une faible clarté glauque baignait les rideaux de l’alcôve. S’asseyant sur le lit, il glissa sa tête entre les rideaux. Quelqu’un avait ouvert la fenêtre et l’on avait attaché dans l’embrasure deux lanternes vertes. Mais à peine Vetëm avait-il pu jeter un coup d’œil, qu’il entendit sur le palier un bruit de pas étouffé et de conversation à voix basse. Il se rejeta dans l’alcôve et ses souliers ferrés firent sonner un des objets de bronze qu’il avait repoussés contre le mur. Un instant, très inquiet, il retint son souffle. Les pas se rapprochèrent et deux ombres glissèrent dans la chambre. - Ne fais de bruit, disait l’un. - Ah ! répondait l’autre, il est toujours bien temps qu’il s’éveille ! - As-tu garni sa chambre ? - Mais oui ! Comme celles des autres ! Le vent fit battre la fenêtre ouverte. - Tiens, dit le premier, tu n’as pas même fermé la fenêtre. Le vent a déjà éteint une des lanternes. Il va falloir rallumer. - Bah ! répondit l’autre, pris d’une paresse et d’un découragement soudains. À quoi bon ces illuminations en plein jour et sur cette île isolée, du côté du désert, autant dire ? Il n’y a personne pour les voir. - Personne ? Mais il arrivera encore des gens pendant ces prochains jours. Celui-ci est le premier d’une longue série ! Ils seront bien contents, perdus, comme lui, d’apercevoir ces lumières ! Vetëm entendit craquer une allumette. Celui qui avait parlé le dernier, et qui paraissait être le chef, reprit d’une voix traînante, à la façon d’un fossoyeur dramaturge : - Tu mets des lanternes vertes à la chambre de Violette. T’en mettrais aussi bien des rouges… Tu ne t’y connais pas plus que moi ! Un silence. - … Violette, la tailleuse ? Eh bien, c’est une couleur appropriée, le vert ? Toi, l’ingénieur qui as tant bien que mal essayé de l’aimer, tu devrais savoir ça ! - Oh ! là ! là ! répondit l’ingénieur, « aimé » ? Oui, j’ai aimé ! Mais je n’ai rien obtenu ! Que veux-tu obtenir d’une roulotte ? Vetëm avec précaution regarda entre les rideaux. Celui qui commandait la manœuvre était un homme effilé, mince, avec des cheveux longs, gris, attachés par une broche en forme de rose noire. Son œil droit ressemblait étrangement à un œil de chat… À sa gauche se tenait Cyd. L’Eliatrope fut rassuré. Il hésita à se montrer. Finalement, il sortit de sa cachette. - Ah ! Le voilà ! affirma Cyd. - Tiens, alors te voilà ! On ne t’a pas dérangé ? demanda l’étrange Eliatrope. - Tu rigoles ?! T’as vu tout le bruit qu’on a fait ? répondit Cyd, si on l’a pas dérangé, eh bien, c’est qu’il dit ça pour nous faire plaisir ! - Trêve de bavardages, Cyd… Bien, alors tu es… Vetëm… N’est-ce pas ? demanda le chef Eliatrope - En effet. Je cherche ma sœur, Elona, s’exclama le jeune Eliatrope. - Bien. Je me nomme Barron. Je suis celui qui dirige « la Quête de la Clef », avec Cyd. - « La Quête de la Clef » ? s’exprima Vetëm.

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C’est une longue histoire. Mes livres indiquent qu’on peut sortir de cette prison d’îles flottantes grâce à une clef, qui permettrait d’ouvrir un Zaap encore introuvable qui nous amènerait vers un monde meilleur, affirma Barron. - Mais… Qu’ai-je à voir avec tout ça ? demanda l’Eliatrope. - Eh bien, figure-toi que moi non plus, je n’en sais rien ! répondit Cyd. - Tu as voyagé pour retrouver ta sœur, n’est-ce pas ? As-tu cherché dans les plaines de Vièle ? répondit Barron. - Evidemment ! Dans le village aussi ! rétorqua Vetëm. - Alors, elle est encore endormie par le choc… Comme la plupart des Eliatropes. Les premiers éveillés sont devenus des Assistants pour reconstruire Emrub. Les premiers habitués à cette nouvelle atmosphère. - Je vois… Alors je dois attendre ? demanda Vetëm. - Oui. Et je te propose en attendant son éveil de participer à cette quête que je t’ai parlé tout à l’heure ! affirma le chef Eliatrope. - … Tu es fou, il n’arrivera pas, c’est beaucoup trop dangereux pour lui ! Et puis, ce n’est qu’une légende ! contredit Cyd. - Toi, l’ingénieur, va décorer cette chambre avec ces lueurs ! Et vite ! ordonna Barron. Sans répondre, Cyd se saisit des lanternes et commença à les poser dans la chambre. - Qu’en dis-tu, jeune Eliatropawan ? demanda Barron. - Eh bien… - C’est parfait ! Alors nous partons dès maintenant ! Cyd ! Tu as terminé ce que je t’avais demandé de fabriquer ? questionna le chef Eliatrope. - Evidemment ! J’y ai passé la nuit ! répondit Cyd. - Bien, alors, prépare-la, ainsi que quelques affaires et nous partons ! affirma Barron. - Hé ! Attendez ! J’ai rien répondu, moi ! cria Vetëm. - Tu veux qu’on retrouve ta sœur ? Elle peut être n’importe où ! Tu auras beaucoup plus de chance de la retrouver dans cette aventure ! s’exclama le vieux littéraire. - Mais, vous aviez dit qu’elle n’était pas encore éveillée ! rétorqua Vetëm. - J’ai dit ça ?... Eh bien, ma langue a fourché ! Cela arrive, n’est-ce pas, Cyd ? ricana Barron. - En fait, je crois que… - Tu vois, ça arrive ! interrompit Barron des paroles de Cyd. - Et où allons-nous ? questionna le jeune Eliatrope. - À Yawa ! Une île très… Lointaine ! ricana Barron. Barron sortit de la pièce et courut vers l’extérieur. Cyd regarda le regard éberlué du jeune Eliatrope se retrouvant dans une situation incongrue. Il sourit puis gagna son atelier. Vetëm ne savait pas quoi faire. Entre la fuite ou rester, il ne se décidait pas. Dans les deux cas, il ne connaissait pas sa destination. Finalement, il se conforta à l’idée d’accompagner les deux drôles de personnages. Il attendit patiemment aux côtés du chef Eliatrope qui regardait le ciel. Il tournait de temps en temps la tête pour faire un sourire inquiet. Enfin, un bruit de moteur résonna depuis l’intérieur de la pseudo-usine. Les portes du bâtiment s’ouvrirent doucement sous un crissement et un fracas plus que bruyant. De la fumée s’éleva depuis ces portes… Enfin apparut un gigantesque vaisseau où l’on pouvait apercevoir Cyd aux commandes. Barron réprima un sourire : - T’as pas trouvé plus gros ?! ironisa-t-il.

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Oh ! Toi, si tu mettais autant de cœur dans tes livres qu’au bricolage, tu serais bien meilleur que moi ! s’écria Cyd. - Les livres sont plus riches que le bricolage ! répliqua Barron. - Les livres ne t’aideront pas face à une situation périlleuse ! Le bricolage, lui, peut t’être extrêmement utile ! rétorqua l’ingénieur - Enfin bref… Montons ! répondit le chef Eliatrope en se hissant à l’intérieur du vaisseau. Il tendit la main à Vetëm qui la saisit et grimpa à l’intérieur du véhicule volant. C’était impressionnant, une technologie plus que développée. Des armes équipées au vaisseau en cas d’attaque, des balises afin de repérer et d’anticiper une future attaque ou une destination, des détecteurs afin d’indiquer la présence éliatrope sur les îles. Tout était calculé, étudié. Rien n’avait été laissé au hasard, et ça, c’est ce qui étonnait Vetëm. Le vaisseau décolla bien plus haut. La vue magnifique des archipels d’îles flottantes donnait envie de rester fixé sur ce décor. Puis, le véhicule, dans un coup brut de moteurs, se lança en direction d’un archipel lointain d’îles flottantes. Cyd s’écria : - Direction : Yawa ! Et le vaisseau s’éloigna de plus en plus, au point de disparaître complètement dans le ciel dégagé qui bordait doucement le lever des Eliatropes dans l’ancienne Emrub.

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Chapitre III

À la recherche du domaine perdu Vetëm s’était profondément endormi durant la longue route qui séparait l’archipel de Yawa et l’archipel de Vièle. Barron s’empressa de réveiller Vetëm en lui donnant quelques coups de coude rapide. Le jeune Eliatrope ouvrit difficilement les yeux. - On a encore une longue route, jeune Eliatropawan ! annonça Barron. - Mais… Alors… Pourquoi m’avoir réveillé ? demanda Vetëm. - Tu sais te battre ? reprit le chef Eliatrope. - Eh bien, un peu… - Un peu ne sera pas suffisant face au danger qui rôde autour de l’archipel de Yawa. Tu ferais bien de t’entraîner avec moi ! Rejoins-moi dans la salle d’entraînement du vaisseau ! rétorqua Barron. L’intellectuel se dirigea vers une salle du vaisseau. Vetëm souffla un bon coup et se leva de sa chaise. Il se dirigea, en tâtonnant sur le mur, vers la salle d’entraînement. Il arriva devant la porte de la salle d’entraînement et l’ouvrit. Le jeune Eliatrope déboucha dans une grande salle ronde, vide, blanche. Des inscriptions de Wakfu étaient gravées au sol… - Le Wakfu, et le Stasis… Les deux sont l’opposés l’un à l’autre, mais ils s’assemblent… Sans le Wakfu, la vie ne serait que désolation. Sans le Stasis, la faune et la flore auraient envahi le monde entier. Tu le comprends ? demanda Barron qui se situait au centre de la pièce. - Je ne comprends rien ! répondit Vetëm. - Le Wakfu ! s’écria Barron en activant une énergie bleue qui se dégagea des inscriptions, le Wakfu, c’est la source de vie. Sans elle, tu es rien, je ne suis rien, nous ne sommes rien ! - Bien, mais… - Le Stasis ! interrompit Barron en activant à nouveau une énergie mais violette qui se dégagea derrière Vetëm. Le Stasis, c’est ce qui supprime, détruit. Sans lui, tout déborderait, il y aurait trop de choses. Tu suis ? - Oui… - Les deux doivent être assemblés, trouver le juste équilibre pour pouvoir avoir un monde parfait… Tu le comprends cela aussi, non ? - En effet… - Ton entraînement doit se baser sur cet équilibre ! reprit Barron en invoquant un livre qu’il ouvra aussitôt. « Septum, Louro Mem Bark héma ka ! Dri louw ! » Un esprit de Wakfu apparut soudainement à côté de Barron. Un double de Wakfu. - Les incantations. Ce que j’ai cité est une incantation en langage Draconique. Quand tu maîtrises suffisamment ton Wakfu et ton esprit, tu peux devenir cruellement puissant ! affirma le chef Eliatrope. - J’ai compris… - Non, tu ne comprendras pas tant que tu n’appliqueras pas ! Il pointa du doigt Vetëm et annonça : - „Luro Memsis Larey Sei Den Lar !“ L’Esprit de Wakfu vola soudainement vers Vetëm et commença à l’attaquer. - Mais… Vous êtes fou ?! s’écria le jeune Eliatrope. - Ne parle pas ! Attaque !! Utilise tes portails, jongle avec ceci pour pouvoir vaincre ton adversaire !! répondit Barron. L’Eliatrope esquiva l’attaque du double de Wakfu en se téléportant grâce à ses portails. Puis, il éleva un portail au-dessus de la tête de son adversaire et frappa d’un coup violent. Le

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coup de poing frappa de plein fouet tel le martèlement de la foudre. Le double disparut dans un écran de Wakfu. Barron admirait la scène et se mis à applaudir. - Rapide, efficace… Excellent ! C’est ton premier combat ? demanda Barron. - … Oui… Enfin, je crois, répondit Vetëm. - Etonnement puissant. Ta présence ici me conforte dans mon choix. Tu nous seras d’une grande utilité si tu t’entraînes encore un peu… Ce double de Wakfu n’était que le début de ton aventure ! L’intellectuel s’assit au sol et commença à lire son livre. - Et ensuite ? demanda Vetëm. - Pardon ? s’interrogea Barron. - C’est tout ? questionna l’Eliatrope. - Oui, cet entraînement est fini pour aujourd’hui ! - Déjà ?! s’écria Vetëm. - Sache que pour un Eliatrope normal, vaincre ce double de Wakfu demande deux jours d’entraînement… - Quoi ?! Barron ne répondit plus. Il se coucha au sol et ferma les yeux. La nuit tombait. Vetëm se coucha aussi et ne mit pas beaucoup de temps à s’endormir… - On est arrivés ! annonça Cyd quelques heures plus tard… La lune était à son zénith ! Peut-on dire ça de la lune ? Ronde, pleine, bleue… Elle émettait sa lumière blafarde sur les flots qui bougeaient doucement sous la caresse de la brise venant du Sud. Quelques spectres flottants dérivaient lentement vers l’embouchure d’un fleuve. Bercés par les vagues, ils ressemblaient à des fantômes sans vie. L’ombre mouvante qui se déplaçait fit peur à Vetëm. Il détourna son regard du mur et cacha ses yeux dans ses mains. Le clapotis de l’eau contre la coque était le seul bruit qu’il entendait. Soudain un cri atroce vrilla ses tympans. Il se laissa glisser par terre et se mit à sangloter. Un choc sourd contre la coque empêcha Vetëm de se faire attraper par le vilain croquemitaine car il se réveilla brusquement. Se levant d’un bond, il regarda par le hublot et recula de surprise… deux petits yeux noirs le regardaient avec insistance. Une sorte de voile enveloppait ce regard furtif. - Tu as fait un cauchemar, n’est-ce pas ? annonça Barron. - Oui… Un affreux cauchemar… - Yawa est typique pour ça. Une fois ici, il ne faut plus dormir ou les esprits malfaisants de cette île te tueront par les cauchemars. - Je vois… - Les livres racontent qu’il y a un domaine perdu dans cette île, qui abriterait un orbe de Wakfu. Mais sous les rayons de la lune, cet orbe envoie des ondes qui font transmettre des cauchemars… Vetëm ne dit plus rien… Un choc brutal secoua la pièce et les lumières s’éteignirent soudainement… Ils étaient plongés dans l’obscurité la plus totale. Une ombre soudaine surprit le jeune Eliatrope éperdument. Il se sentit empoigné solidement par la taille. Ses pieds ne touchaient plus le plancher de bois. Il se débattit de toute la force de ses treize ans et demi, mais la poigne était trop forte, trop puissante… Il parvint à remonter sa main pour la refermer solidement sur une poignée de cheveux et se mit à tirer de toutes ses forces.  Cesse de gigoter et de crier comme ça, Vetëm.

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Il se calma, la voix profonde de Barron le rassura. Sa tête heurta légèrement le cadre de la porte tant Barron allait vite. Le jeune Eliatrope se blottit bien à l’abri dans un coin. Plus rien ne pouvait lui arriver maintenant ! Il colla sa tête contre le mur et regardait Cyd s’activer près de l’évier. Il se demandait ce qu’il lui arrivait pour qu’il ait l’air si crispé tout d’un coup. Normalement il trouvait Cyd nonchalant et tranquille. Il ramassa une tasse à café qui traînait sur la table et la passa au travers de la vitre qui vola en éclats. Évitant les débris de verre, il se saisit d’une arme. Avisant les cartouches, il en prit une poignée. Il entendit alors des gémissements à fendre l’air. - Les Tortureurs… murmura-il. - Qu’est-ce qu’il se passe ?! chuchota Vetëm inquiet. - Cet archipel d’îles est un véritable enfer la nuit ! Il fallait qu’on y arrive juste à ce moment-ci ! s’exclama Barron. - Barron, prends une lanterne, nous sortons ! ordonna Cyd. - C’est moi le chef de l’expédition ! Nous resterons ici jusqu’au lever du soleil ! rétorqua Barron. Mais déjà, Cyd avait ouvert la porte du vaisseau qui s’était posé. Barron souffla : - Allez, Vetëm, on y va ! On ne va pas le laisser seul, bien qu’il le mériterait ! Les deux autres Eliatropes sortirent rapidement du vaisseau. La nuit s’effaça bientôt ; une lente aurore se levait comme une cendre fine. Le lac, vu de face, dans le jour pâle qui traînait sur l’eau, s’arrondissait, pareil à une immense plaque d’étain ; aux deux bords, les bois d’arbres verts dont les troncs minces et droits semblent sortir de la nappe dormante, prenaient, à cette heure, des apparences de colonnades violâtres, dessinant de leur architecture régulière les courbes étudiées des rives ; puis, au fond, des massifs montaient, de grands feuillages confus, de larges taches noires fermaient l’horizon. Il y avait là, derrière ces taches, une lueur de braise, un lever de soleil à demi-éteint qui n’enflammait qu’un bout de l’immensité grise. Au-dessus de ce lac immobile, de ces futaies basses, de ce point de vue si singulièrement plat, le creux du ciel s’ouvrait, infini, plus profond et plus large. Ce grand morceau de ciel, sur ce petit coin de nature, avait un frisson, une tristesse vague ; et il tombait de ces hauteurs pâlissantes une telle mélancolie, une nuit si douce et si navrée, que le Bois, peu à peu enveloppé dans un linceul d’ombre, perdait ses grâces, agrandi, tout plein du charme puissant des forêts. Le trot des équipages, dont les ténèbres éteignaient les couleurs vives, s’élevait, semblable à des voix lointaines de feuilles et d’eaux courantes. Tout allait en se mourant. Dans l’effacement universel, au milieu du lac, la voile du grand vaisseau se détachait, nette et vigoureuse, sur la lueur de braise du levant. Et l’on ne voyait plus que cette voile, que ce triangle de toile jaune, élargi démesurément. Barron, dans ses satiétés, éprouva une singulière sensation de désirs inavouables, à voir ce paysage qu’il ne reconnaissait plus, cette nature si artistement mondaine, et dont la grande nuit frissonnante faisait un bois sacré, une de ces clairières idéales. -

Quel magnifique paysage… ironisa Barron. Le lever du soleil semble apporter un effet… incongru à ces îles ! reprit Cyd.

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Enfin… Ne perdons plus de temps. Il faudrait trouver le domaine perdu afin d’arrêter tous les problèmes de cette île, vous ne croyez pas ? demanda le littéraire.

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Si je ne te connaissais pas, Barron, j’aurais dit que tu avais peur ! ricana l’ingénieur.

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Moi ? Peur ? Tu me prends pour un débutant ! rétorqua Barron.

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Ne perdons plus de temps. Si ma sœur est sur ces îles, elle court un grave danger ! interrompit Vetëm.

-

Oui. Nous devons déjà trouver le Domaine perdu et retrouver l’orbe. Nous aurons des souvenirs de notre passé et en même temps, l’île sera sécurisée. On pourra alors tenter de trouver la Clef sur ces îles ! affirma Barron.

-

Mais pour l’instant, ces îles sont toujours hostiles. Toi qui lis les livres, Barron, tu sais que ces îles sont gardées par le Croquemitaine, n’est-ce pas ? demanda Cyd.

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Evidemment ! répliqua-t-il.

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Le Croquemitaine ?! questionna Vetëm.

-

C’est le pire cauchemar que n’importe quel Eliatrope puisse faire. C’est le démon qui hante l’esprit et qui est barbare ! C’est un des Esprits démoniaques ! répondit le littéraire.

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Je n’aurai jamais du vous accompagner !! s’écria le jeune Eliatrope.

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Allons, tu es fort, courageux et brave ! Tu n’as pas à t’inquiéter, tant qu’on n’est pas séparé, tu ne risques rien ! rassura Cyd.

-

Je l’espère ! continua Vetëm.

Barron sortit une carte. Il l’analysa… Enfin, il la referma et regarda l’horizon. -

Normalement, le domaine perdu se trouverait au nord de notre position. Droit vers l’antre du Croquemitaine, affirma Barron. Génial ! ironisa Cyd.

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Il faut faire un détour ! On ne peut pas prendre le risque de rencontrer le Croquemitaine ! répondit le jeune Eliatrope.

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Si nous contournons la zone, cela nous prendra quelques heures supplémentaires. Nous devons boucler ce danger avant le coucher du soleil ! reprit le littéraire.

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Tu rigoles ?! On n’y arrivera jamais ! répliqua Cyd.

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Nous devrons faire avec. Nous savons nous téléporter, nous pouvons facilement finir cette quête ! rassura Vetëm.

Les deux autres Eliatropes le regardèrent bizarrement. Puis Cyd réprima un sourire pour ironiser et détendre l’atmosphère : -

Tu oublies que cet archipel se situe bien trop haut par rapport aux restes de fumée de Baltazar, nous ne pouvons pas nous téléporter ! répond-il.

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Vetëm baissa les bras… Barron commença à se diriger au nord, en prenant la tête du groupe. Vetëm suivit naïvement l’équipe, sans se douter des conséquences qui suivraient…

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Chapitre IV Dans l’antre du Croquemitaine L’équipage avait voyagé durant quatre heures au beau milieu d’une forêt dense et sans fin. Le matin berçait doucement les feuilles vertes des arbres et les branches qui ondulaient gracieusement de leur long orgueilleux. Barron se coucha sur une grosse pierre, épuisé. Cyd le regardait et appréciait cette scène : -

Ah ha ! On dirait que ton côté littéraire t’a faussé ! ricana Cyd. Non… C’est que… Euh… Je crois que c’est bon pour échauffer les muscles ! rétorqua tant bien que mal Barron en transpirant. - Allez… C’est bon ! Dix minutes de pause ! ronchonna Cyd en posant son arme au sol. - Génial ! s’écria Barron. La brise du vent glacial coulissa doucement au dos de Vetëm, ce qui lui glaça le sang. Cyd se retourna soudainement et s’arma de son ustensile de combat. - À terre ! cria-t-il. Il commença à charger et tirer une rafale vers le bois voisin. Barron se leva et invoqua un livre. - Qu’est-ce qu’il se passe ?! s’exclama-t-il. - Des Tortureurs ! Ils nous encerclent ! répondit Cyd. Des silhouettes noires commencèrent à avancer. Vetëm commença à se mettre en position de combat. Quant à Barron, il se pressa de chercher une page précise de son livre. - « Arka Léya lope Sédome ! » cria-t-il. Un esprit de Wakfu surgit. Mais déjà les ennemis avaient disparus… - Etrange, n’est-ce pas ? demanda Barron. - Quoi qu’il puisse s’en suivre, nous devons continuer ! affirma l’ingénieur. Alors, le groupe continua la route… Jusqu’à arriver devant la grotte du Croquemitaine. Le groupe resta un long moment immobile, admirant la profondeur ténébreuse qui envahissait la grotte. Finalement, Cyd alluma la lanterne et se dirigea vers l’intérieur… Barron le suivit, et enfin, Vetëm… Ils s’enfoncèrent dans les profondeurs des ténèbres sans aucun bruit. Tandis qu’au lieu des ténèbres de la nuit profonde, qui demeuraient encore dans les crevasses et les trous, une ombre grise et estompante enveloppait le monde pierreux dans lequel ils se trouvaient. Ils continuèrent leur route, Cyd devant eux et les deux autres côte à côte, le long du ravin entre les piles et les colonnes de roc déchiqueté et altéré par les intempéries, qui se dressaient de part et d’autre comme distance, un mille peut-être, devant eux, s’élevait un grand mur gris, jaillissait plus noire et s’éveillait de plus en plus haut à mesure qu’ils approchaient, pour culminer finalement au-dessus d’eux, barrant la vue de tout ce qu’il y avait au-delà. Une ombre profonde s’étendait à son pied. Barron huma l’air. - Waw, ça pue le Bouftou ici ! dit-il. Elle empeste de plus en plus ! Ils furent bientôt dans l’ombre, et là, au milieu, ils virent la véritable entrée de la caverne. Il en sortait une puanteur, non pas l’odeur nauséabonde de la pourriture dans les prairies de Vièle, mais une exhalaison fétide, comme si d’innombrables ordures étaient accumulées dans les ténèbres de l’intérieur. - Est-ce le seul chemin ? demanda Barron. - Oui, oui, malheureusement, répondit-il. Oui, il faut continuer. - Ce n’est pas contre la décoration, mais c’est surtout aux odeurs qui fait que j’ai plutôt envie de faire demi-tour ! affirma le littéraire.

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- Tu peux encore sortir, mais tu seras seul, face aux Tortureurs ! annonça Cyd. - Je préfère rester avec vous ! continua Barron. Après avoir pris une profonde inspiration, ils entrèrent. Au bout de quelques pas, ils se trouvèrent dans une obscurité totale et impénétrable. La lanterne avait usé toute son huile. Cyd et Barron n’en avaient pas vu de semblable depuis les passages sans lumière de l’antre de la Terreur des plaines, et elle était ici encore plus profonde et opaque, si la chose était possible. Là-bas, il y avait des mouvements de l’air, de l’échos et une impression d’espace. Ici, l’air était immobile, stagnant, lourd, et le son tombait, mort. Ils marchèrent pour ainsi dire dans une vapeur noire faite de ténèbres véritables même qui, respirées, amenaient la cécité non seulement aux yeux, mais aussi à l’esprit, de sorte que tout, jusqu’au souvenir des couleurs, des formes et de toute lumière, s’évanouissaient de la pensée. La nuit avait toujours été, elle serait toujours et la nuit était tout. Mais durant un moment, ils bénéficièrent encore du toucher, et, de fait, les sens de leurs pieds et de leurs doigts leur parurent tout d’abord presque douloureusement aiguisés. Le contact des murs était, à leur surprise, lisse, et le sol était droit et égal, sauf pour une marche de temps à autre, montant toujours la même pente raide. Le tunnel était haut et large, si large que, même marchant côte à côte, et ne touchant les murs que de leurs mains tendues, étaient séparés, isolés dans les ténèbres. Cyd était entré le premier et il semblait n’être qu’à quelques pas en avant. Il continuèrent d’avancer, tâtonnant, marchant, marchant toujours, surtout que la force et la volonté qui les avait fait entrer, volonté d’aller jusqu’au bout et désir d’arriver enfin à la sortie. Avant d’avoir été bien loin – mais il n’avait pas tardé à ne plus pouvoir juger du temps ni de la distance -, Barron, qui tâtait le mur à droite, eut conscience d’une ouverte sur le côté : durant un moment, il sentit un léger souffle d’air moins lourd, et puis ils le dépassèrent. - Un passage, murmura-t-il. Après cela, lui d’abord à droite, puis Vetëm à gauche, passèrent trois ou quatre de ces ouvertures, plus ou moins larges ; mais il n’y avait jusque là aucun doute sur le chemin principal, car il était droit et montait toujours sans aucun détour. Mais quelle était la longueur, combien auraient-ils encore à endurer cette marche, combien de temps pourraient-ils l’endurer ? La touffeur de l’air croissait au fur et à mesure de leur ascension ; et, à présent, il leur semblait souvent rencontrer dans le noir une résistance plus opaque que celle de l’air vicié. Se portant en avant, ils sentaient des choses frôler leurs têtes ou leurs mains, de longs tentacules ou des excroissances pendantes, peut-être : ils n’auraient su dire ce que c’était. Et la puanteur grandissait toujours. Elle grandit au point de leur donner l’impression que l’odorat était le seul sens qui leur restait clairement, et cela pour leur tourment. Une heure, deux heures, trois heures ; combien en avaient-ils passées dans ce trou sans lumière ? Des heures – des jours, des semaines plutôt. Soudain, Vetëm, qui tâtonnait le long du mur de gauche, rencontra un vide. Il manqua de tomber. Il y avait là une ouverture. Celui-ci leur signala alors une ouverture. Cyd et Barron se rapprochèrent et commencèrent à se glisser doucement à l’intérieur, se heurtant et s’accrochant rigoureusement sur les crevasses. Un rassurement soudain. Des flambeaux accrochés le long des murs éclairèrent le nouveau chemin. Barron s’effondra au sol, rassuré mais à la fois inquiet. Personne n’eut la force de parler, ni même de pousser un gémissement tellement leur souffle était coupé. Et tandis qu’ils soufflaient, ils eurent l’impression mystérieuse d’être observés. Un regard mortel fixé sur eux… Vetëm prit conscience d’yeux à multiples facettes, pas très loin dans le tunnel éclairé, entre eux et était enfin démasqué. Le rayonnement des flambeaux fut brisé et renvoyé par les milliers de facettes. Mais derrière eux, un feu mortel commença de luire de plus en plus fort, une flamme allumée dans quelque profond puits d’une pensée néfaste. C’étaient des yeux

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monstrueux et abominables, bestiaux et pourtant emplis de résolution et d’une hideuse délectation, couvrant leurs proies piégées sans aucun espoir d’évasion. Vetëm et Barron, frappés d’horreur, commencèrent à reculer lentement, leur propre regard retenu par la terrible expression de ces yeux sinistres ; mais à mesure qu’ils reculaient, les yeux s’avançaient. La main de Vetëm défaillit et lentement son poing s’abaissa. Ce fut au tour de Cyd de paniquer ; il baissa le flambeau qu’il avait récupéré et soudain libéré de son engourdissement dû à la peur, il commença à crier : - COUREZ !! Ils coururent un moment en vaine panique pour l’amusement des yeux, ils se retournèrent tous trois et s’enfuirent terrifiés ensemble ; mais, tout en courant, Vetëm regarda en arrière et il fut terrifié de voir qu’aussitôt les yeux bondissaient derrière eux. La puanteur de mort l’enveloppait comme un nuage. Les yeux s’approchaient. Et tandis que Barron s’arrêta et suffoqua, Cyd et Vetëm continuèrent de courir. Très vite Barron finit par disparaître dans une nappe violette. - Barron ! hurla Vetëm. - Oh non ! Manquait plus que ça ! s’exclama Cyd. Alors que les flambeaux s’éteignaient un par un par une immense vague d’air, Cyd décida de tirer de nombreuses rafales sur le mystérieux poursuivant qui s’était alors éclipsé dans le noir complet. - Arrête ! Tu peux toucher Barron ! ordonna Vetëm. - Il faut le sauver !! répliqua Cyd, et pour cela, il faut neutraliser notre poursuivant ! - C’est inutile, il n’est plus là ! répondit le jeune Eliatrope. - Si, c’est le croquemitaine ! Il profite de l’ombre pour devenir invisible ! continua l’autre. Cyd courut vers l’obscurité. - Cyd ! C’est de la folie ! hurla Vetëm. Mais sans répondre, Cyd s’enfonça dans le noir obscur. Vetëm baissa les bras, il secoua sa tête de désespoir. Il se retint de ne pas pleurer. Puis, il courut dans l’ombre. Il courait, sans savoir où aller. Il courait encore, tâtonnant le mur de droite. Il respirait, respirait tellement fort que cela résonnait dans le tunnel qui se resserrait de plus en plus. Finalement, il trébucha dans un trou. Il s’écroula au sol après une chute d’environ trois mètres. À bout de force et sous l’impuissance, Vetëm décida de s’arrêter ici. Il ne bougea plus et attendit. Une minute passa, puis deux, puis trois, dix minutes, vingt minutes. Un cri réveilla soudainement Vetëm. Il put reconnaître le timbre de voix de Barron. Il se releva immédiatement et courut vers la source du cri. Il déboucha dans une grande salle, où, au centre, se trouvait une sphère bleue flottante dans les airs. Un peu plus loin, Barron était en apesanteur, inconscient, couvert d’un liquide noir qui disparaissait une fois avoir touché le sol. Puis Cyd, face à Barron. - Cyd ! appela le jeune Eliatrope. Mais Cyd ne répondait pas, il ne se retournait même pas… Vetëm s’approcha alors de l’ingénieur. En vain, celui-ci ne se retourna toujours pas. Soudainement de la flasque noire apparut une abominable créature. Elle s’éleva dans les airs. Ses bras ressemblaient aux bras des araignées, ses six yeux complètement noirs, vitreux entouraient son visage pâle et sale. Ses dents étaient pointues et aiguisées. Ses jambes paraissaient immensément grandes et ses cheveux tombaient jusqu’à ses pieds. C’était le Croquemitaine. - Relâche Barron ! ordonna Cyd au Croquemitaine. - Oh vous voilà au complet, dit d’une voix grinçante et mielleuse le Croquemitaine, alors, bienvenue dans le cœur de tous vos cauchemars ! continua-t-il en levant ses bras en l’air.

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Vetëm s’élança vers Cyd. Cette fois-ci, il se retourna et regarda vite le jeune Eliatrope avant de se retourner. Celui-ci braqua le monstre avec son arme et commença à tirer. Mais la cible disparut dans un écran de fumée noire. Il réapparut au-dessus de Cyd et tomba sur lui. Cyd était coincé. Le Croquemitaine bloqua Cyd au sol avec ses crochets de Stasis. Il ne restait plus que Vetëm en lice. L’abomination se retourna vers lui et sourit avec une bouche complètement disproportionnée par rapport à son visage. Vetëm était horrifié… Il se rappela très vite de ce que disait Barron « Il faut faire l’équilibre ». Le Croquemitaine disparut à nouveau dans un écran de fumée. « Maintenant ! » se dit-il intérieurement. Il invoqua un portail de téléportation au-dessus de sa tête et un contre un mur. Le Croquemitaine qui se situait en effet au-dessus du jeune Eliatrope s’abattit de plein fouet vers le bas, mais traversa le portail et se heurta la tête contre le mur de la salle. Vetëm n’eut pas le temps de reprendre ses esprits que déjà son adversaire courut à une vitesse phénoménale vers lui. Alors, il prépara son poing et le frappa violemment dans le visage, à tel point qu’il perdit une dent. Le monstre s’écroula au sol mais disparut à nouveau. Vetëm sentit sa présence derrière lui et anticipa son attaque en esquivant et en contrant. Il l’atteignit à la jambe avec un coup de pied sauté. Le Croquemitaine se tint la jambe, pris de douleur. Humilié, il invoqua soudainement des Chauves-souris qui commencèrent à attaquer Vetëm. Sa joue se mit à saigner par un coup des Chauves-Souris. L’Eliatrope commença à esquiver les attaques puis, finalement, réussit par le biais des portails à retourner les chauves-souris contre le Croquemitaine. À bout de patience, l’abomination invoqua son énergie de Stasis pour la projeter contre l’Eliatrope. Celui-ci se la prit de plein fouet et s’écroula au sol. - Ce fut un beau combat ! annonça la monstruosité en ricanant. - Ce n’est pas fini… ! gémit Vetëm en se relevant. - Comment ?! hurla le Croquemitaine L’Eliatrope concentra son énergie puis réussit à invoquer une boule de Wakfu. Il la projeta contre le Croquemitaine qui, sous l’étonnement, disparut avec elle… C’en était terminé… Les crochets détachèrent Cyd, tandis que Barron n’était plus envoûté… - C’était bien joué ! annonça fièrement Cyd. - Merci, répondit Vetëm, mais je crois que nous avons trouvé l’Orbe, n’est-ce pas ? - Ha ! En effet ! s’exclama Barron. - Lisons ensemble ce qu’elle nous dit… dit le jeune Eliatrope. Les Eliatropes s’approchèrent de l’Orbe sans savoir encore quelles révélations allaient leur être apportées…

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Chapitre V L’Orbe de Wakfu

Une lueur envahit soudainement les trois Eliatropes. Ils ne bougèrent plus, ils ne le pouvaient plus. Ils regardèrent la scène qui se présentait devant leurs yeux… « Au départ d’un monde nouveau, les dragons étaient protecteurs d’une race inconnue nommée « Eliatrope ». Les Eliatropes sont les frères des Dragons, puisqu’ils sont nés dans le même Dofus. Cependant, les Dragons n’avaient pas leur place dans ce monde, ils se sont réfugiés chez les dieux. Ils furent acceptés. Mais les Eliatropes, eux, ne pouvaient pas accéder aux domaines des dieux puisque leur apparence était la même que l’apparence humaine. On leur créa donc une île flottante, appelée Emrub. Où ils vécurent au-dessus du monde. Mais l’île était vaste, et donc visible. Les Eliatropes devaient rester cacher. Ils cherchèrent donc un protecteur et un moyen de les préserver. Ils cherchèrent d’abord des Eliatropes, mais peu furent aptes à ce genre de rôle. Ils allèrent donc chercher chez les Dragons. Ils trouvèrent de nombreux personnages potentiels, mais le meilleur fut Baltazar. On lui confia une pipe, la Pipe des Dieux, qui, une fois allumée, procure une gigantesque brume, semblable à un nuage, et masque n’importe quoi. Baltazar vécut donc sous l’île, la portant, dans son château bâti par les Dieux. Les temps passèrent et les Dieux oublièrent vite l’existence d’Emrub. Baltzar menait son peuple à la paix et la liesse. C’était un univers joyeux… Mais un Eliatrope, contre tout attente, s’était rebellé… Cet Eliatrope, c’était N… » La vision s’arrêta et les trois Eliatropes reprirent connaissance dans la pièce. - Nous savons déjà certaines choses sur les origines d’Emrub et sur nous… annonça Cyd. - C’est impressionnant, jamais autant d’explications n’ont été procurées dans mes livres ! s’exclama Barron. - Alors, c’était à ça que ressemblait Emrub avant ? se demanda Vetëm. - Nous en savons déjà suffisamment, aucune information de la clef sur cet archipel, on n’a donc plus rien à faire ici. Nous devrions continuer à trouver ces orbes et à en savoir plus sur notre passé ! répliqua Barron. Cyd commença à pointer du doigt une potentielle entrée : - Ce mur a la forme d’une porte, je suppose qu’il doit y avoir un mécanisme pour pouvoir sortir ! - C’est une excellente idée ! répondit le littéraire. - Attendez, dit le jeune Eliatrope, je crois que depuis ce combat, je sais un peu maîtriser le Wakfu ! L’Eliatrope concentra son énergie entre ses mains puis invoqua une boule de Wakfu. Il la projeta sur le mur qui s’activa… Une porte apparut. - Bingo, Cyd ! Bravo Vetëm, tu es impressionnant ! s’exclama Barron. - Merci ! Allez, dépêchons-nous de partir avant que la nuit se lève et que les Tortureurs reviennent nous attaquer ! annonça Vetëm. - Maintenant, on saura les accueillir ! affirma Barron. - Non… Nous ne les avons jamais vu, leur visage est caché dans l’ombre, tout comme leurs techniques. Nous aurons bien le temps de les revoir un jour. Allez, partons ! répliqua Cyd. Cyd ouvrit la porte qui débouchait directement devant le vaisseau qui s’était posé avec fracas.

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Comme par hasard… Ne perdons pas une minute de plus, cet archipel est vraiment malsain ! dit l’ingénieur. - Oui, je ne souhaite pas rester ici une minute de plus ! reprit le littéraire. Les trois Eliatropes rejoignirent le vaisseau et Cyd reprit les commandes. Celui-ci décolla. - Tu sais où on va, maintenant ? demanda Barron. - Oui, on retourne à Vièle, répondit Cyd. On a besoin de réparer le vaisseau… - Bien, mais j’espère que cela ne prendra pas trop de temps ! reprit le littéraire. Le vaisseau décolla dans un bruit sourd de moteur. Finalement, il atteignit le ciel presque sombre par la nuit qui va tomber et reprend direction vers l’archipel de Vièle.

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Deuxième partie « Et si on parsemait la soupe avec des peluches de cerfeuil ? » fut une question que Barron posera souvent pendant le voyage. Cyd et Vetëm l’avaient prise comme une marque de fidélité à la terre qu’il quittait. Ils savaient qu’ils y reviendraient !

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Chapitre VI

Retour à Vièle La route était longue avant que les trois héros n’arrivent à la magnifique contrée de Vièle. Le jour arriva avant eux avec une dizaine d’heure d’avance. Ses qualités se déversaient sur la région. Les plaines, colorées et fleuries, brillaient à ses rayonnements majestueux tandis que les forêts reflétaient la couleur rose de leurs petites feuilles douces et délicates. Les troupeaux de Bouftous couraient en dessous du vaisseau et le suivait. Le soleil versait sa claire lumière sur les pommiers épanouis, et qui mettaient sur la plaine entière un toit de fleurs. Ils semaient sans cesse autour d’eux une neige de pétales menus, qui voltigeaient et tournoyaient en tombant dans l’herbe haute, où les pissenlits brillaient comme des flammes, où les coquelicots semblaient des gouttes de sang… Le vaisseau se posa dans le village de Vièle, encore en construction. Barron sortit le premier et ouvrit la marche. Cyd prit la tête en second, et Vetëm la ferma en premier. Ils se réunirent devant le pont menant au centre du village. - Bon, je vais chercher les outils et les ressources pour réparer mon vaisseau. Pendant ce temps, Barron, tu retournes à la bibliothèque et tu nous rapportes le plus d’informations possibles concernant les Orbes de Wakfu et la Clef ! ordonna Cyd. - Bien… ! répondit Barron. - Quant à toi, Vetëm, fais ce que tu veux, tu as eu une lourde aventure, tu ferais bien de te reposer ! conseilla l’ingénieur. - Non, je ne me reposerai qu’après avoir eu des nouvelles sur ma sœur ! répondit le jeune Eliatrope - Eh bien, fais comme tu veux ! répliqua son interlocuteur. Cyd clôtura la discussion en tournant les talons et en se dirigeant vers son atelier. Barron était déjà parti depuis longtemps. Un Tofu voltigeait autour de Vetëm qui admirait la vue des archipels d’îles flottantes. Puis, il se décida d’aller enquêter sur la disparition d’Enola. Il savait que certains Eliatropes n’étaient pas encore éveillés, mais il était persuadé qu’elle se trouvait quelque part, consciente et vivante. Il sentait son Wakfu, sa présence, son énergie. Il se dirigea alors vers le centre du village. Il visita les petites maisons à peine reconstruites. Les Eliatropes souriaient et s’entraidaient, regagnant espoir. Il visita les plaines de Vièle, où les Bouftous broutaient aisément l’herbe menue. Il foulait le blé des champs, admira la constance du Veilleur, entendit le rugissement viril de la Terreur des Plaines, aperçut le Phénix du ciel, les quelques morceaux de ressources restants pour rebâtir l’île, le Wakfu couler dans n’importe qui… Finalement, il profita de ces recherches pour admirer la beauté du monde. Aucune trace d’Enola… Il retourna alors au vaisseau, espérant retrouver ses deux collègues. Barron se tenait devant le vaisseau, alors que Cyd était dessous, à bricoler… - Des nouvelles ? demanda Vetëm. - J’ai trouvé le plus de livres possibles parlant des Orbes et de la clef. Je vous parlerai de tout cela quand Cyd aura réparé le vaisseau ! annonça Barron. - Tant mieux ! répliqua le jeune Eliatrope. - Normalement, c’est terminé ! annonça Cyd en sortant du bas du vaisseau, couvert de suie et de rouille. - Enfin ! souffla Barron. - Bon, au lieu de te plaindre, si tu nous parlais de ces Orbes et de cette Clef ? demanda l’ingénieur en s’essuyant avec un chiffon. - Oui, je suis impatient d’en savoir plus ! rajouta Vetëm. - Bien… reprit Barron. 22


Il ouvrit son livre et commença à annoncer certaines révélations qui devraient plutôt rester cachées…

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Chapitre VII

Le mystère des Orbes « Les Orbes de Wakfu sont l’énergie de Wakfu regroupée des Eliatropes, regroupant le Wakfu du souvenir et les arcanes Eliatropes. Elles sont créées naturellement depuis la destruction d’Emrub, mais leur apparition est rare et ne se trouvent que dans des zones où le Wakfu était important. C’est pourquoi on peut parfois trouver deux Orbes de Wakfu dans un même Archipel. Cependant, ces Orbes contiennent l’histoire de nos origines, de notre création et de notre but, de notre histoire. Elles acquièrent aussi aux Eliatropes qui activent cette Orbe de récupérer un pouvoir oublié… » - Un pouvoir oublié ? se demanda Vetëm. - Apparemment, on n’a pas du s’en rendre compte ! répondit Barron. Je continue… « … Ces Orbes peuvent dévoiler certains mystères qui feraient mieux d’être cachés. Elles peuvent par exemple dévoiler certaines intensions de notre défunt père, Baltazar voire ses pensées. On raconte que ces Orbes se trouveraient dans les Archipels lointains, gardées par des monstres dont l’existence est inimaginable, et leurs pouvoirs aussi. Si jamais vous vous lancez dans la quête des Orbes, il faudra bien vous équiper et préparer. Ces Orbes donnent chacune un petit indice sur la position de la « Clef », celle qui pourrait peut-être nous ramener vers un monde meilleur. Par contre, ces Orbes ne peuvent être déplacées, ni capturées. L’énergie qu’elles dégagent peut cependant nuire ou avantager les archipels où elles se trouvent. Les monstres de certaines îles peuvent par exemple devenir extrêmement hostiles le jour, et incroyablement mignon le jour. Il ne faut pas rester trop longtemps proche de ces Orbes ou ses flux négatifs pourraient donner des visions et des illusions aux êtres vivants proches, ce qui explique la barbarie de leurs gardiens. Informations écrites par Gwido, chercheur en Orbes. » -

On en sait déjà plus, n’est-ce pas ? demanda Barron. C’est ce qui explique pourquoi le Croquemitaine était comme cela ! affirma Vetëm. - Tu as tout compris… Mais alors, quel est ce pouvoir qu’on a acquis ?! se questionna Cyd. - On le verra bien assez tôt ! affirma le chef Eliatrope. Un autre Tofu passe et un Chacha bondit pour essayer de l’attraper, mais celui-ci tombe dans le vide. Barron regardait la scène… - Moir ! s’écria Barron. Ah ! Qu’il est crétin ce chacha !! - Tiens, ça faisait longtemps que j’avais plus vu cette boule de poils sauter dans tous les sens ! ricana Cyd. On vit soudain le Chacha remonter, complètement épuisé. Il repartit doucement vers la bibliothèque sans même prononcer un seul miaulement. Barron réprima un sourire et continua. - J’ai aussi un livre sur cette fameuse « Clef » ! - On t’écoute ! dit l’ingénieur.

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« Depuis la destruction d’Emrub – à cause du combat opposant N à Baltazar, le monde Eliatrope n’est plus qu’une illusion créée par Baltazar. On raconte la légende de cette « Clef » qui se trouverait dans un endroit bien précis mais bien lointain. Les Orbes de Wakfu permettraient d’avoir des indices sur sa position, mais ces indices sont trop minces au point qu’il faut trouver toutes les Orbes pour réussir à trouver un véritable indice sur la position de la Clef. On raconte que cette Clef formerait un Zaap gigantesque qui mènerait vers un monde meilleur appelé le « Monde des Douze ». Elle aurait été formée par le Serrurier Dragon, dans le monde des Dieux, nommé « Arkosse ». On raconte que cette Clef a été forgée uniquement de Wakfu et de Stasis dragon, et que le possesseur peut utiliser cette clef pour retourner cette énergie colossale contre des adversaires, ou alors utiliser cette énergie pour invoquer le Zaap et partir de ce monde. On raconte que cette Clef serait en possession de quelqu’un, plus ou moins dangereux, et qui garderait cette Clef comme Clef de collection. On raconte que cette Clef appartiendrait toujours à Arkosse, et qu’il ne voudrait pas la passer. Cette Clef est trop puissante et ne doit pas appartenir aux humains, vicieux et dangereux. Cette Clef pourrait reverser le monde des Dieux. Il faudra donc patience, courage et force pour retrouver cette Clef. Par le chercheur Korrutan, historien des origines.» -

Ces informations sont censées nous rassurer ? demanda l’ingénieur. Nous n’avons pas de temps à perdre, nous devrions repartir à la quête de la nouvelle Orbe, vous ne croyez pas ? reprit Vetëm. - Tu as raison ! Allez, on monte dans le vaisseau ! ordonna Cyd. Mais soudain, une vague d’énergie violette commença à secouer l’Archipel de Vièle… Du Stasis…

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Chapitre VIII Le grondement du Stasis Un grondement violent tel un tonnerre résonna dans tout l’archipel. Enfin, une vague violette, une vague de chaos traversa l’ensemble des îles flottantes, projetant toute sorte de vie au sol ; Barron, Cyd et Vetëm avec. La verdure était décimée, les arbres détruits, s’enflammaient. Cyd put apercevoir les Tofus voler avec une difficulté incroyable, certains s’évanouissaient et tomber dans le vide. Les Bouftous étaient couchés, ne bougeaient plus et gémissaient des complaintes insoutenables. Les bâtiments brûlaient et se consumaient, les Eliatropes de Vièle tentèrent d’éteindre le feu, mais en vain… Ce feu était un feu de haine, de Stasis, de violence. Les maisons s’écroulaient, les arbres aussi. Une vue apocalyptique de Vièle apparut soudainement. Des cratères se formèrent les îles se séparaient elles-mêmes. Le pont s’écroula et le vaisseau de Cyd tomba dans le vide. - Oh non ! s’écria Cyd. - Il ne faut plus rester ici ! Nous devons sortir du village !! ordonna Vetëm. Les Eliatropes commencèrent à courir vers les plaines. Tout se fissurait, se lézardait… On aurait dit la même situation que lors de la destruction d’Emrub… Une situation qui ne doit pas se reproduire. Un rayon de Stasis s’élevait de derrière les montagnes… - C’est sûrement là où se trouve la source de tous ces problèmes ! Il faut l’arrêter ! Vite ! ordonna Barron. Le groupe courut vers le rayon de Stasis, tandis que derrière eux, Vièle se détruisait… Les plaines devenaient de nombreux morceaux d’îles flottantes. Les Bouftous paniquaient, à la fois épuisé et engourdis… Ils n’avaient plus de Wakfu… Plus rien n’avait de Wakfu et tout se détruisait… Un bruit sourd réveilla Vetëm qui courait éperdument. Le sol sous ses pieds commençait lui aussi à se fissurer. Barron commença à invoquer des portails et à se téléporter. Cyd et Vetëm firent de même. La course fut longue. Ils arrivèrent finalement devant un canon… Ils se cachèrent derrière des buissons. - C’est quoi ça ?! chuchota Barron. - Mais… C’est une de mes inventions ! Je croyais l’avoir détruite ! Elle était bien trop dangereuse ! répondit Cyd. - Et qu’est-ce donc ? demanda le jeune Eliatrope. - C’est un canon à charge. Il aspire toute l’énergie de Wakfu et de Stasis qui peut régner dans une zone importante du canon, et la reverser sur quelqu’un ou quelque chose. Inutile de vous préciser qu’avec une telle charge d’énergie, ce canon peut détruire un Archipel, répondit l’ingénieur. Soudain, un Eliatrope surgit de derrière le canon. C’était un Eliatrope à la peau extrêmement pâle, des cernes violets sous les yeux. Il portait une cape et une capuche, malgré

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tout, on pouvait voir son visage. Ses mains longues et effilées rajoutaient un air diabolique à ce personnage… - Krad Wodash ! s’exclama Barron. - Tu le connais ? demanda Vetëm. - C’est une légende, comme le Croquemitaine, mais cet Eliatrope existe ! C’est un Eliatrope qui arrive à assimiler les techniques des autres pendant leur sommeil et les décupler. En clair, je crois qu’il a assimilé les connaissances en bricolage de Cyd pour reconstruire ce Canon mais avec une portée encore plus incroyable. Mais pourquoi fait-il cela et dans quel but ? s’interrogea le chef Eliatrope. - On va pas tarder à le savoir… annonça Vetëm. Le dernier à parler sortit du buisson et commença à se dévoiler devant son adversaire. - Hé ! Toi ! L’affreux ! T’as vu ce que tu as fait à ce magnifique Archipel ?! Je ne te laisserai pas continuer ! hurla-t-il en pointant l’homme du doigt. - Tiens, de la compagnie. Je m’y attendais, j’ai tout prévu, figure-toi ! répondit celui-ci d’un ton médium et calme. Je te laisse une chance, tu redonnes le Wakfu à chaque être et on passe l’éponge ! - Je vois, répondit-il en se levant, eh bien, d’accord, j’arrête… - Bien, c’est judicieux ! répondit Vetëm. - Tu y as cru ? ricana Krad. Il créa une énergie de Stasis et la projeta vers l’Eliatrope qui l’esquiva. - Tu as perdu d’avance, tu as perdu tout ton Wakfu… ! s’exclama Wodash. Vetëm ne répondit pas, mais il savait que Krad avait raison… Mais il se rappela d’une chose « Il y a le Wakfu et le Stasis ». C’est la technique que Krad emploie, et que le Croquemitaine employait… - Dans un quart d’heure, le canon détruira Vièle et il ne restera que des cendres ! annonça Wodash. - Pourquoi fais-tu cela ?! s’exclama Vetëm. - Je veux trouver les Orbes, et je sais que les Orbes sont indestructibles. Détruire tous les Archipels me facilitera la tâche à les retrouver ! répondit Krad. - Mais ! C’est de la folie !! s’écria Barron en sortant du buisson. Cyd sortit alors et se mirent en position de combat. - Trois contre un. C’est équitable ? dit Wodash. - Maître Wodash, assimilateur des éléments… C’est la première fois que je te vois, mais je crois qu’on ne va pas s’entendre correctement ! annonça Cyd. Son interlocuteur ne répondait pas. Il paraissait sûr de lui au point de ne pas se mettre en position défensive. Le chef du groupe commençait à s’inquiéter, Vetëm à s’impatienter… Ce dernier courut vers Krad. Cyd et Barron le suivirent. Le jeune Eliatrope commença à enchaîner des coups de poings et des coups de pied très vite esquivés, et il fut repoussé par un rayon de Stasis. Barron retint la chute brutale de Vetëm en tentant de le rattraper. Pendant ce temps, Cyd invoqua un Mécha* grâce à une pilule de stockage*. Il en sortit un robot de la taille d’un Eliatrope armé d’une grosse arme à feu. Celui-ci commença à tirer plusieurs rafales sur Krad, mais celui-ci les esquiva, puis se téléporta. Il apparut derrière le robot qu’il sectionna en deux parties avec un coup vif de son épée de Stasis. Mais Barron était derrière et propulsa son adversaire vers l’avant avec un coup de pied sauté. - Intéressant ! annonça Krad toujours calmement tout en se relevant. Barron commença réprima un sourire malicieux. Il approcha ses deux doigts vers sa bouche afin de siffler. Depuis la colline, on pouvait voir Moire, fier et courageux, s’élancer vers Krad. *Mécha : (voir aux personnages  Cyd). * Pilule de stockage : (voir aux personnages  Cyd). 27


Ce dernier sauta sur la tête de son adversaire et se mit à le mutiler de plusieurs griffures. Mais Wodash se saisit du Chacha et le propulsa dans le vide. - Moire ! hurla Barron. - Vos efforts sont vains, même à plusieurs… Dans dix minutes, le Canon aura anéanti complètement Vièle. Je retrouverai l’Orbe et je me l’approprierai ! affirma l’ennemi avec un ton médium. - On se battra jusqu’au bout pour empêcher un tel massacre ! s’écria Vetëm. Celui-ci courut vers Wodash. L’adversaire tenta une riposte défensive avec un rayon de Stasis, mais Vetëm se téléporta et apparut derrière lui et il lui projeta une boule de Stasis. Krad se la prit de plein fouet ! - Comment ?! s’écria Wodash en s’effondrant au sol. - Tu ne nous as supprimé que notre Wakfu. Figure-toi que l’Orbe que nous avons pris au Croquemitaine nous a appris à manier le Stasis ! annonça fièrement le jeune Eliatrope. - Mais oui !! s’exclama Barron, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?! Wodash s’envola vers le ciel… - On se reverra… Mais vous aurez intérêt à être entraîné ! annonça l’Eliatrope démoniaque. Dans une fumée violette, l’adversaire disparut… Il ne reste que 2 minutes avant que le canon ne fasse effet. - Cyd ! Essaie de désactiver cette machine ! s’écria Barron. Cyd sortit son sac et commença à retirer des outils. Il ouvrit la carcasse du canon et commença à examiner ses entrailles. Des fils pendaient de partout. Le courant était simplement le Wakfu qui circulait dans les fils conducteurs de Wakfu. Cette méthode impressionnait Cyd. Il commença à consulter rapidement son manuel dont il en tournait les pages avec une agilité incroyable. Il sortit finalement sa pince et commença à faire quelque réglage… Il ne reste que trente secondes. Le groupe transpirait… Barron regardait dans le vide espérant trouver son Chacha. Vetëm était aux côtés de Cyd, espérant accélérer les choses. Il ne reste que quinze secondes… L’ingénieur trifouille, se mélange les pinceaux. Il transpire, panique. Il tente de couper un fil, mais le Wakfu l’électrocute. Il reste dix secondes. Sa pince se bloque dans les fils… Cyd panique et commence à donner des coups violents dans la machine. Ne sachant quoi faire, Cyd commença à trifouiller les fils et à appuyer sur les prises. Il ne reste que trois secondes… Cyd lève la tête et ferme les yeux… Le canon projette un gigantesque rayon de Wakfu… L’ingénieur avait réussi… Il avait réussi à tout reprogrammer afin que le canon reverse le Wakfu volé sur l’archipel. Suite à ce gros choc, le canon s’autodétruisit tandis que l’archipel se reconstitua… Mais tout ce qui était mécanique et qui avait été détruit était irréparable… Le vaisseau qu’utilisait le groupe y était compris… - On est sauvés ! rassura Barron. - Oui, mais le vaisseau que j’avais fabriqué est détruit ! rétorqua l’ingénieur. - Rassure-toi, je vais t’aider à le refaire ! annonça Vetëm. Sous ce coup de panique, le groupe regagna le village. Encore interrogés par cet étrange Eliatrope, ils savaient qu’ils le reverraient un jour… Et pendant ce temps, Moire s’accrochait à une pierre suspendue, il miaulait de panique et secouait ses petites pattes comme un petit insecte. Un Gwos Tofu passait en face de Moire. Affamé, le Chacha se jeta sur le Gwos Tofu et s’accrocha à ses pattes. Le volatile se débattit tant qu’il pouvait et remonta sur une île. Le Tofu se mis à le picorer, alors Moire lâcha prise et retomba sur Vièle.

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À la fois déçu et rassuré, il reprit route vers le village où il allait bientôt retrouver son maître. Une scène moins comique se déroulait au même moment bien plus loin, où Krad Wodash réfléchissait à un nouveau plan d’attaque…

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Chapitre IX

L’invasion

L’antre de la Terreur des Plaines (Wakfu les gardiens 2) Cyd et Vetëm s’attelaient à rebâtir le vaisseau, tandis que Barron caressait Moire, rassuré que son Chacha protégé n’aie rien eu. - Pince ! ordonna Cyd à Vetëm. Celui-ci lui tendait aussitôt. L’ingénieur commença à bricoler certaines affaires. - Clou ! annonça celui-ci. Le jeune Eliatrope lui donna immédiatement. Cyd continua ses affaires. La réparation commença à prendre forme. Mais au loin, on entendait quelqu’un hurler de rage. Vetëm, intrigué, décida d’aller voir de plus près ce qu’il se passait. Il s’en rendit vite compte… Les Bouftous avaient envahi Vièle… - Rah !! Mais c’est pas vrai !! Ils ont mangé toutes mes exploitations de Cawottes ! hurla l’Eliatrope. - Monsieur, comment c’est arrivé ?! demanda Vetëm. - Je suis sûr que c’est elle… ! rétorqua-t-il. - « Elle » ?! s’interrogea Vetëm. - La Terreur des Plaines ! Elle envoie chaque jour ses disciples s’installer sur Vièle. Bientôt, les Bouftous coloniseront Vièle !! Cela ne doit pas arriver ! Je vais affronter la Terreur ! annonça le villageois. - Eh ho ! Si elle porte le surnom de « Terreur », je ne pense pas que cela soit du à sa gentillesse. Je vais y aller moi ! s’opposa le jeune Eliatrope. - Toi ?! Mais… Tu es encore très jeune et ce monstre fait appel à ses disciples, tu n’auras aucune chance ! rétorqua l’Eliatrope. - Il ne faut jamais se fier aux apparences ! s’exclama Vetëm. Où se trouve cette Terreur des Plaines ? - Dans les plaines de Vièle ! Evidemment ! Mais où… ?! J’en sais rien ! - Bien, attendez-moi ici ! Je reviendrai ! - Oui, pendant ce temps, je vais faire déguerpir ces bouffeurs sur pattes ! s’écria le villageois en donnant un coup de pied dans les fesses d’un Bouftou. Vetëm préférait ne pas mêler Barron et Cyd dans cette quête. Cyd était trop occupé à réparer le vaisseau, tandis que Barron avait l’air d’être très occupé avec son animal. Le jeune Eliatrope s’était préféré à faire cela seul.

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Il parcourut les plaines, foula les champs de blé, enjamba les Bouftous qui broutaient l’herbe. Traversa, pieds flambants sous la chaleur du soleil, les plaines. Il escalada les arbres en espérant trouvant un indice sur la Terreur des Plaines. Il se téléporta, courut, marcha, escalada, recourut, remarcha, retéléporta, enjamba… Epuisé et sans avoir trouvé quoi que ce soit, Vetëm s’écroula au sol pour faire une pause. Un Bouftou passa à côté de lui et brouta l’herbe rare. Un petit besoin pressant le réveilla. Le jeune Eliatrope courut derrière un rocher pour se soulager, mais il déboula dans un antre… Il resta immobile, fixant l’antre avec de gros yeux. Tout ces efforts pour trouver un antre, et finalement, il le découvre en allant se soulager ! Vetëm n’en croyait pas ses yeux. Il y avait plus de Bouftous dans cet antre que dans une bergerie Féca ! Il profita de la masse laineuse qui couvrait la zone pour se faufiler sous l’un des Bouftous et attendre un signe de cette fameuse « Terreur des Plaines ». Les Bouftous bougeaient beaucoup, parfois, certains se frappaient avec leurs cornes… En revanche, Vetëm avait envie de sortir pour vomir. L’odeur nauséabonde des Bouftous envahissait l’antre. Le jeune Eliatrope tenta de se faufiler pour prendre un peu d’air, mais il marcha dans une bouse de Bouftou. - Génial, murmura-t-il. Bon, vivement que cette personne qui s’amuse à mener ses Bouftous au village de Vièle montre son nez qu’on puisse s’expliquer ! Aussitôt demandé, aussitôt fait ! Un rugissement couvrit les mugissements des Bouftous. Tous commencèrent à se taire… Un bruit d’effondrement résonna, en réalité, c’était le bruit de pas de la Terreur des Plaines. Une ombre commença à prendre forme depuis le plafond. Un Bouftou, plus grand, plus imposant, plus gros que les autres, à la laine épineuse et brune surgit soudainement. Les Bouftous le regardaient. - Quoi ? La Terreur des Plaines était un Bouftou ?! chuchota Vetëm. Cette « Terreur » hurla, et les Bouftous commencèrent à marcher vers l’extérieur de l’antre en poussant des bêlements. Mais Vetëm décida de contourner la Terreur pour l’arrêter. Il se téléporta discrètement sur le côté de l’antre et s’approcha doucement vers le chef Bouftou qui admirait ses disciples l’obéir. Soudain, il capta la présence du jeune Eliatrope et il se mit à hurla. Sa voix martelait et faisait trembler le sol. L’Eliatrope bascula et tomba. Il était face à une centaine de Bouftous qui le regardaient avec des yeux agressifs. Ils grattèrent le sol et se préparèrent à charger. Vetëm se téléporta et esquiva la charge des Bouftous. Il créa une boule d’énergie de Stasis et évacua les Bouftous de l’antre. Il ne resta plus que la Terreur et le jeune apprenti. Le chef Bouftou se jeta au sol et commença à fixer l’Eliatrope sans le quitter. Son regard imposait la haine et la colère. Il afficha ses dents pour faire un signe de colère. Soudain, il se chargea de Wakfu et propulsa un rayon de Wakfu vers l’Eliatrope, qui l’esquiva au dernier moment et se le pris à moitié dans le bras droit. Il ne pouvait plus l’utiliser. La Terreur des Plaines chargea à peine avoir propulsé son énergie. Il fracassa Vetëm avec ses gigantesques cornes et le jeune Eliatrope vola d’au moins deux mètres. Elle ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits que la Terreur se mit à courir vers l’Eliatrope et à le frapper de ses cornes. Mais Vetëm invoqua un portail de téléportation et entra vite à l’intérieur. Il avait disparu. La Terreur balaya l’antre du regard… Personne. Il hurla de colère. Mais soudain, Vetëm surgit du ciel et s’accrocha à ses cornes.

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S’en suit un long rodéo où le Bouftou tenta à de nombreuses reprises de faire trébucher le jeune Eliatrope, mais celui-ci tint bon. Il créa une énergie de Stasis et la propulsa sur la tête de la Terreur des Plaines. Celle-ci était assommée et n’était plus en combat de faire un moindre mouvement… L’Eliatrope soupira. Son bras droit saignait… Il voyait une lumière bleue jaillir depuis l’arrière de l’antre. Il décida d’aller y jeter un coup d’œil… À sa surprise, il aperçut une Orbe de Wakfu… Malgré la douleur qui lui drainait son énergie, il s’avançait difficilement vers l’Orbe…

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Chapitre X

Vers la nouvelle Orbe

Grièvement blessé suite à la dernière bataille qui l’opposait face à la Terreur des Plaines, Vetëm se dirigea difficilement vers l’Orbe afin de découvrir un nouveau secret et un indice sur la position de la Clef. Il tendit ses bras pour absorber le flux de Wakfu qui se dégage de l’Orbe. Ses bras tendus, il insuffle doucement le Wakfu qui coule de l’Orbe. Un plaisir indéfinissable le prit… Il lui paraissait que toutes ses douleurs lui étaient enlevées, et que ses problèmes lui avaient été arrachés… Soudain, il ferma les yeux et regarda la scène qui se déroulait dans ses pensées… « Nail se jeta d’Emrub… Il arriva dans un monde… Un monde meilleur et gigantesque… Mais il arriva dans une île désertiquement glaciale. Il tenta de trouver de l’aide. Il trouva alors le Comte Harebourg. Xélor connu en ces lieux. Nail est pris alors d’une vengeance gigantesque envers Baltazar, lequel les avait trompé… Il voulut rentrer en Emrub. Le Comte lui proposa de l’aider, mais d’abord, il demanda à Nail de retrouver un minerai tout à fait spécial se trouvant dans une grotte au fin fond de l’île. Ce minerai aurait appartenu aux Dieux pour fabriquer leurs objets. Nail l’obéit… Il alla découvrir la grotte où se trouverait ce minerai. De nombreuses hostilités l’attendirent dans cette grotte. Harebourg savait ce qu’il faisait, il était certain que l’Eliatrope ne rentrait pas vivant. Et pourtant… N avait trouvé ce minerai et le ramena à Harebourg. Mais que s’est-il exactement passé dans cette grotte ? … » Vetëm rouvrit ses yeux… Il se trouvait dans un endroit bizarre. Une sorte de mine souterraine. Il entendit des bruits de pas de plus en plus fort en sa direction. Le bruit des gouttes d’eau résonnait dans cette mine. Le jeune Eliatrope vit soudainement Nail, approcher. - Qu’est-ce que je fais ici ?! s’écria Vetëm. Mais N passait, sans même apercevoir l’Eliatrope. Vetëm n’était qu’un fantôme… Il suivit Nail, qui marchait rapidement dans la grotte. Celui-ci arriva soudainement dans une salle où une pierre étrange avec des sigles naturels flottait au-dessus d’un pilier.

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Nail tendit ses mains pour attraper le minerai, mais une décharge de Wakfu lui interdit ce geste. Alors, il recula en se serrant la main qui avait été touché par cette décharge. Et soudainement apparut une illusion… - Qui êtes-vous ?! hurla N. - Je suis la Déesse Eliatrope, Nail, répondit cette présence surnaturelle. Je suis Tiva. Je voulais te prévenir que ce minerai appartient aux Dieux. Tu ne dois pas y toucher. - Je dois récupérer ce minerai ! Quoi qu’il arrive ! Je dois me venger de Baltazar ! s’écria l’Eliatrope. - Baltazar vous protège, c’est pour votre bien qu’il fait ça ! répondit la Déesse. Nail n’obéit pas et se saisit du minerai. Une gigantesque énergie de Stasis prit soudainement l’Eliatrope. - Alors tu seras maudit, Nail… Désormais, tu seras surnommé « N, le maudit ». Et Tiva disparut. Nail admira le minerai et l’énergie qu’il avait soudainement acquise. De la glace commença l’entourer. Il maîtrisait désormais les pouvoirs de glace ! Alors, l’Eliatrope s’empressa de retourner auprès du Comte Harebourg… Vetëm referma les yeux… « Ainsi, c’est comme cela que Nail est devenu « N, le maudit ». Il a décidé de s’opposer aux Dieux en leur volant une de leur richesse. Son âme n’est désormais plus du Wakfu, mais du Stasis… Et sa haine sera bientôt extrêmement forte au point de pouvoir utiliser les pouvoirs des Dieux procurés par le minerai… » Le jeune Eliatrope reprit conscience dans l’antre de la Terreur des Plaines. - Vetëm ! Vetëm ! T’es là ?! s’écria une voix familière. C’était Barron, qui arrivait aux côtés de Cyd. - Tu étais là ! Un Eliatrope nous a dit que tu étais allé affronter la Terreur des Plaines ! C’est pour ça qu’on est venu ici… Mais… C’est une Orbe de Wakfu ! Tu as trouvé une Orbe de Wakfu ! s’exclama le chef Eliatrope. - Oui… Et j’ai appris beaucoup de choses. - Nous voulons écouter ! Parle-nous ! demanda Cyd. - Eh bien… Je crois que nous avons les Dieux comme adversaires ! annonça Vetëm. - Les Dieux ?! s’écria le littéraire. Tu vas nous expliquer tout cela sur le chemin du retour ! 34


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Et… On fait quoi de la Terreur des Plaines ? demanda l’ingénieur. Je pense qu’elle a compris la leçon. Les Bouftous n’envahiront plus le village de Vièle, je peux vous l’assurer ! répondit le jeune Eliatrope.

Et tandis qu’il reparte vers le village, le groupe apprend des nouvelles plutôt inquiétantes pour leur quête…

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Troisième partie Les Orbes sont dispersées un peu partout dans les archipels d’îles flottantes. Elles permettent de rappeler des souvenirs sur le passé, mais aussi de rappeler certaines techniques Eliatropes. La « Clef » permettrait de sortir d’Emrub. Mais apparemment, cette Clef est un outil des Dieux, et la fabriquer demanderait donc les ressources des Dieux. D’après la dernière Orbe consultée, les Dieux maudiraient tous ceux qui voleraient les ressources des Dieux, et subiraient le même sort que le fameux « N, le maudit ».

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Chapitre XI

La Vague de Chaos

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Quoi ?! Tu veux dire que la Déesse Eliatrope serait notre ennemie si on veut refaire la Clef ?! s’écria Barron. Non… répondit Vetëm. Ah ! Tu me rassures ! affirma le littéraire. … Tous les Dieux seront contre nous ! Mais c’est Tiva qui a maudit N ! reprit le jeune Eliatrope. Oh làlàlàlà ! Mais dans quelle bouse de Bouftou nous sommes-nous mis ?! Nous devons voler des ressources appartenant aux Dieux !? Cyd, on rentre ! On abandonne ! Après tout, on n’est pas mal ici ! s’écria Barron. Non, on n’a pas fait tout cela pour rien ! Mais alors, les protecteurs de ces Orbes sont les envoyés des Dieux, comme les protecteurs de ces ressources, non ? continua l’ingénieur. Je pense… Alors, le minerai que Nail aurait volé à Tiva pour le donner au Comte Harebourg serait l’un des ingrédients de la Clef ? se questionna Vetëm. Oui, ça, c’est sûr ! Mais je ne vois pas quelle est la seconde ressource de la Clef dans la première Orbe ? s’interrogea à son tour Cyd. Et si c’était la pipe ?... répondit Barron. La pipe ? s’exclama l’ingénieur. Mais oui ! La pipe de Baltazar ! Ce qui lui a permis de couvrir Emrub de brume ! s’écria Vetëm. Mais oui ! Tu as raison ! répondit Cyd. Comment se la procurer ? se questionna Barron. Nous n’avons qu’à nous rendre sur les ruines du château de Baltazar, non ? proposa le jeune Eliatrope. Bien vu, Vetëm ! Cyd, le vaisseau est réparé !? reprit Barron. Presque, il me reste quelques petites réparations à faire ! répondit l’ingénieur. Bien… En attendant, je te propose de venir manger chez moi, à la bibliothèque ! suggéra Barron. Oh ! Avec plaisir ! répondit Vetëm. Hé ! Vous m’oubliez ?! s’écria Cyd. Toi, contente-toi de finir ton boulot ! ordonna le littéraire.

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Et tandis que Cyd se glissa sous son véhicule, Barron et Vetëm partirent à l’opposé du village pour aller se reposer dans la bibliothèque, loin de l’agitation et des bruits du village… Un cliquetis de clefs annonça l’ouverture de la porte de la bibliothèque. Barron arriva, tapota des mains, et des flambeaux éclairèrent la salle… Vetëm était époustouflé. Il y avait des centaines et des centaines d’armoires contenant toute sorte de livres ! Il y avait plus de livres dans cette bibliothèque que de neurones dans la boîte crânienne de Barron. Moire était là, en train de se rouler confortablement dans un divan en cuir de Bouftou. Les armoires étaient composées de bois de chêne de qualité. Les milliers de livres étaient classés par ordre alphabétique. Rangés chacun dans les catégories qui leur appartenait : Aventure, romans à l’eau de rose, récits policiers, fantaisies, merveilleux, fantastiques… Même des catégories dont on n’avait jamais entendu parlé ! Barron fit asseoir Vetëm sur un confortable fauteuil en cuir et lui servit un jus de Cawotte. - Tu crois qu’on fait bien de s’opposer aux Dieux ? demanda Barron. - Si c’est pour sauver notre communauté, oui. La plupart veulent partir d’ici et trouver logement ailleurs. À n’importe quel moment, ces îles peuvent tomber, nous n’avons plus le soutien des Dieux, et certainement pas celui de Baltazar puisqu’il n’est plus parmi nous ! répondit Vetëm. Le bibliothécaire ne répondit pas et se contenta de boire son Jus de Cawotte. Les clochettes de la porte d’entrée résonnèrent soudainement. Une personne était rentrée… - Bonjour… ? dit Barron. - Bonjour, dit un homme encapuchonné et au visage masqué avec une voix d’un calme infini. Je voudrai vous emprunter un livre que je vous rendrai dans une semaine. - Lequel voulez-vous ? demanda le bibliothécaire. - Je recherche « L’Infini continu », de Gwido ! répondit l’homme mystérieux. - Bien… Aussitôt, Barron se dirigea vers une rangée de livres et sortit immédiatement le livre recherché. - Tenez ! reprit Barron en tendant le livre. - Merci. L’homme tourna sa tête vers Vetëm qui était assis et examinait celui-ci avec une curiosité incomparable. - Vetëm, n’est-ce pas ? demanda l’homme mystérieux. - Hein ? Euh… Oui, c’est moi ! hésita l’Eliatrope. - Intéressant ! reprit l’étrange personnage. Celui-ci repartit. Mais sa broche qui retenait sa cape venait de tomber au sol. - Attendez ! dit Barron. Mais l’homme avait déjà disparu… - Etrange, tu ne trouves pas ? demanda Barron. Et comment connaissait-il ton nom ? - Je n’en sais vraiment rien... répondit-il en serrant la broche dans sa main après l’avoir examiné. - La nuit commence à tomber. J’ai un lit très chaud et très doux en laine de Bouftou et sans les odeurs ! expliqua le littéraire. Tu ferais bien de dormir, tu as beaucoup trop eu d’aventures pour tout ce mois-ci. - Oui, je pense aussi… 38


Barron apporta des draps en laine de Bouftou et les posa sur un matelas fait avec des plumes de Tofu. Vetëm se coucha. Pendant ce temps, Barron monta les escaliers de sa chambre après avoir verrouillé la bibliothèque. Vetëm ferma les yeux et s’endormit très vite. Il fut projeté, comme si c’était réel, dans son rêve. Tout lui semblait si familier… Evidemment, c’était Vièle… Il se trouvait devant un pont de Vièle. Vetëm entendait des cris… Des cris familiers. Il courut vers le cri… Il vit soudainement sa sœur, Enola, au sol. Epuisé. Face à elle, il y a un gigantesque monstre… Sa sœur se réveille et voit le monstre se tenant face à elle. C’est un Grouinch, un Bouftou regorgeant de Stasis. Enola se réveille et voit le monstre, prêt à l’attaquer. -

AU SECOURS ! crie-t-elle. ENOLA !! s’écria Vetëm.

Mais celle-ci ne l’entendait pas… Il tentait de courir vers le monstre, mais il courait dans le vide… Il se réveilla soudainement. -

Barron ! Je dois sortir ! hurla Vetëm en ouvrant la chambre de Barron. Que se passe-t-il ? demanda l’interlocuteur. Je sais où se trouve ma sœur, elle est en danger ! répondit le jeune Eliatrope. Tu as rêvé ! Tu ne peux pas savoir où elle est, c’est insensé ! Ouvre-moi la porte ! ordonna Vetëm.

Barron sortit en pyjama ouvrir au jeune Eliatrope qui, une fois la porte ouverte, se dirigea immédiatement vers le sud-est du village. -

Bon, je lui poserai plus de questions demain, moi, je suis fatigué ! chuchota Barron en rentrant dans sa chambre.

Vetëm s’était élancé vers le sud-est de Vièle. Avec toute son énergie, il se téléportait de portails en portails pour essayer d’aller le plus vite possible. Finalement, il arriva devant un pont, le même que celui de son rêve. Il sauta par-dessus le pont et arriva devant le même décor… Enola était à terre, et commençait à se réveiller. -

Enola !! s’écria Vetëm.

Elle tourna doucement sa tête et vit son frère. Mais soudain un monstre apparut. Un Grouinch ! Celui-ci bêlait et commençait à se secouer. Il avait l’air affamé et excité. -

Enola ! Mets toi sur le côté ! Je m’occupe de lui ! ordonna le jeune Eliatrope.

Encore à moitié inconsciente, elle s’écarta… Le Grouinch commença à charger vers la sœur de Vetëm. Mais celui-ci s’opposa, sauta et fit un salto avant de donner un violent coup de pied sur le Grouinch. Mais le monstre était encore bien vivace. Il se secoua la tête et tenta d’écraser Vetëm, mais il esquiva et projeta un rayon de Stasis vers sa cible. Celle-ci l’encaissa et continua à charger. Pour ne pas varier, le jeune Eliatrope se retéléporta et créa une grosse boule de Stasis qu’il projeta sur le Grouinch. Celui-ci l’avala et renvoya son rayon de Stasis. Mais Vetëm l’esquiva et donna un violent coup de poing dans l’œil du Grouinch. Grièvement blessé, le Grouinch partit en courant.

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Vetëm s’approcha vers Enola, rassuré et enfin sauvé d’un lourd fardeau. Il lui tendit la main pour l’aider à se relever. Et enfin, après cela, il la serra dans ses bras. - Enola… Tu étais seule depuis le début, déclara Vetëm. Désormais, tu es avec moi, en sécurité. - Vetëm… Tu m’as fait peur ! Ne t’expose plus au danger juste pour moi ! demanda Enola. - Oui, Enola… Je te le promets…

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Chapitre XII

Enola, protectrice de Vièle

Le matin venait de verser sa claire lumière en Vièle. Barron se leva de son lit pour préparer le petit-déjeuner. Il avait complètement effacé de sa tête ce qu’il s’était passé hier soir. Il descendit les escaliers avec Moire qui lui tournait autour. - Allez, debout Vetëm ! On a assez dormi ! annonça le littéraire. Il s’avança vers le lit où était censé dormir, puis il enleva les draps. - Oh ! Allez ! Debout ! On a assez dor… Il bondit sur ses pieds lorsqu’il vit qu’une fille se trouvait sous les draps. Il commença à paniquer : - Ve… Vetëm ! C’est… C’est une fille !! hurla Barron. Enola ouvrit difficilement les yeux puis regarda Barron : - C’est qui lui ?! - Geuh… Geuh ! balbutia le littéraire. - Du calme, Barron, c’est ma sœur ! dit Vetëm en se levant du canapé où il avait dormi. - Vetëm… ?! Mais alors elle… ?! - C’est Enola ! répondit le jeune Eliatrope. - Mais, tu l’as retrouvé ! s’exclama Barron. - Oui… Je suis vraiment rassuré. Elle est intacte, reprit-il en regardant la broche laissée par le personnage mystérieux. Oui, elle est intacte… Barron salua Enola : - Bien le bonjour, gente demoiselle ! Je suis Barron ! annonça le littéraire. - Bonjour, monsieur ! répondit Enola. - Oh ! Monsieur est un trop grand mot pour une personne comme moi. Appelez-moi juste Barron, ça suffira ! dit Barron. - Bien, et toi, tu me tutoies et tu me vouvoies pas, ok ? reprit Enola. - Maintenant, Enola, tu peux nous expliquer ce qu’il s’est passé depuis le temps ? demanda Vetëm. - Bien, dit Enola. Avant la destruction d’Emrub, j’étais à la poursuite d’un Eliatrope… Je ne me souviens plus trop pourquoi, l’éveil m’a fait perdre la mémoire… Celui-ci avait quelque chose d’important avec lui… Je l’ai poursuivi, mais on aurait dit qu’il ne s’épuisait pas. J’ai fini par le perdre de vue et je me suis retrouvé dans un endroit totalement à part d’Emrub… Puis soudain, un martèlement. Un choc, des fissures commencèrent à m’entourer… Emrub se détruisit… Je tombai. Finalement, ma chute s’est terminée par un rêve… Long mais extrêmement doux.

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Je rêvais que je courrais dans un champ de blé. Tiva était à mes côtés et… Elle me souriait. La pluie venait et je me cachai sous un arbre… Un arbre bleu, avec des pommes dorées. Je rêvais que j’en prenais une et que je la croquais. Son goût était exquis. Après… Le chaos… Une destruction, tout commença à se noircir. Tiva me regardait avec un regard haineux. Puis ensuite, tu es arrivé… Enola était autrefois une ancienne gardienne, protectrice, courageuse et téméraire. Elle défendait l’île face aux éventuels problèmes, elle les anticipait et les réglait extrêmement vite. Elle faisait un peu de tout ; garderie pour enfants, conteuse, chasseuse, marchande… Elle vénérait Baltazar comme Zora pouvait être fidèle avec ses Tofus. Formée par Cyd, Enola imposait le respect, la loi et la confiance. C’était une image pour Emrub. Celle-ci formait les Eliatropes débutants, leur apprenait la science comme le combat. On l’appelait la Voyante, car elle arrivait à prévoir ce qui pouvait se passer cinq minutes avant que cela n’arrive. Mais ce don fut bientôt oublié par toutes ses autres qualités. Enfin, elle écrivit beaucoup pour parler de ses aventures… Sa beauté était égale à son intelligence et à sa force. À la destruction d’Emrub, elle avait quatorze ans. Elle rêvait depuis toujours de rencontrer Baltazar. Finalement, elle n’aura vu que sa statue… -

Il faudrait retourner voir Cyd, non ? demanda Vetëm. Cyd ?! Il a survécu, lui aussi ?! s’exclama Enola. Oui, rassure-toi, il n’a rien ! répliqua le jeune Eliatrope. Allons-y !! ordonna Enola.

Vetëm et Enola suivirent Barron qui les guida vers l’atelier de Cyd. Les deux complices, Vetëm et Enola, se tinrent la main, en signe de retrouvaille. Ils arrivèrent finalement à l’atelier de Cyd. L’atelier du village était déjà un peu mieux fabriqué. Une sorte de maison ancienne à la décoration rustique, du chaume en guise de soutien, et des briquettes en bois en guise de toit. Une vieille cheminée où pouvait s’élever majestueusement la fumée d’un feu pour réchauffer la maison. Une grande porte coulissante en guise de porte d’entrée – pas très accueillant, mais en même temps, c’est un atelier. Barron s’approcha devant la porte massive de l’atelier et frappa. - Ah ! Entrez ! s’écria Cyd. Le littéraire ouvrit la porte, et aussitôt qu’il l’eut ouverte se boucha le nez : - Oh ! Cela pue le bouftou là dedans ! Tu ne l’as pas nettoyé depuis combien de temps ton atelier ?! - Tu m’excuseras si monsieur n’accepte pas les odeurs, mais le vaisseau est réparé et nous pourrons bientôt partir ! J’ai juste une dernière chose à faire ! répondit Cyd. - Cyd ! s’écria Enola en bondissant vers lui. - Enola ?! C’est bien toi ?! Mais, alors… C’est toi la sœur de Vetëm ?! C’est pour ça que je me disais que tu me faisais penser à quelqu’un, Vetëm ! Tu n’as rien ? Tu t’es remis de ce nouveau monde ? s’exclama l’ingénieur. - Oui ! Qu’est-ce que je suis contente de vous revoir ! s’écria-t-elle. - Vous venez avec moi ? Je dois aller réunir les Eliatropes ! dit Cyd. - Bien… Mais dans quel but ? demanda Barron. - Tu verras…

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Quelques instants plus tard, Cyd avait réussi à réunir tous les Eliatropes au centre du village de Vièle. Ils regardaient le groupe. Celui-ci entama son discours : - Chers Eliatropes ! Je sais que ce temps est difficile ! L’abandon de Baltazar et des Dieux sur notre peuple nous empêche de pouvoir trouver un monde meilleur. Mais bientôt nous le trouverons ! Nail a détruit Emrub, mais pas son cœur ! Nous survivons ! Et nous survivrons. Il reste encore des milliers d’Eliatropes qui n’ont pas été encore donné, et qui ne sont pas encore éveillés ! Ces gens-là, il faut les former, leur remettre sur les bonnes bases. J’aurai besoin de votre aide. Qui serait prêt à aider ces Eveillés ?! Les Eliatropes avaient écouté attentivement Cyd… Mais personne n’osait se proposait… - C’est pas gagné, murmura-t-il. - Moi ! s’écria Enola en se montrant face à Cyd. Cyd regarda la jeune fille avec attention : - Enola ? C’est vrai que tu défendais Emrub avant, mais tu t’es éveillée il y a peu de temps, tu es sûr que… - Je serai parfaite ! coupa-t-elle. - D’accord… Alors, chers Eliatropes, je vous présente Enola, « Protectrice de Vièle » ! Elle s’occupera de vous protéger, vous, le village, et tout l’archipel de Vièle. Vous serez en sécurité, croyez moi ! annonça l’ingénieur. - Je suis fier de toi, ma sœur ! s’exclama Vetëm. L’ingénieur commença à toussoter et annonça : - Bien. Une discussion un peu plus sérieuse pour en revenir au problème de ce monde… Cette « prison » imaginaire. Barron et moi avons décidé de retrouver cette « Clef », cette Clef des Dieux, qui existe quelque part dans ce monde, elle nous délivrerait de cette prison ! Je vous assure, nous la retrouverons et bientôt, vous vivrez dans l’apaisement et sur un monde bien meilleur ! Mais nous avons vraiment besoin de votre soutien ! Si jamais vous trouvez des indices sur cette Clef ! Signalez-le à Barron ! Faîtes passer ce message aux Eveillés. Eux aussi, nous serons fort utile ! Merci… Mon discours est terminé ! Je vais repartir avec Barron, pour chercher cette Clef ! Et l’ingénieur repartit vers son atelier avec Barron, Enola et Vetëm.

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Chapitre XIII

Bruit sourd dans le vaisseau

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Quoi ?! Vous allez me laisser maintenant ?! hurla Vetëm. Tu voulais retrouver ta sœur, non ? Je pense que tu nous as suffisamment aidé. Je pense que ta sœur et toi ferez une magnifique équipe pour la préservation de cet archipel ! répondit Cyd. Non ! Je me suis attaché à cette aventure ! Je veux vraiment vous aider ! Vous n’y arriverez pas seul ! répliqua le jeune Eliatrope. Je sais ce qui est bon pour toi. Cette aventure t’a trop fatigué et tu nous seras après inutile ! Tu dois te reposer ! Cette quête est trop dangereuse pour toi ! reprit l’ingénieur. J’ai retrouvé ma sœur, maintenant, je continue mon aventure avec vous ! Cyd a raison, je pense que tu t’es bien donné, tu ferais mieux de te reposer ! affirma Barron. Mais… Comment pouvez-vous dire ça ? J’ai été bien plus utile que vous deux réunis depuis l’aventure !! s’énerva Vetëm. Peut-être, raison de plus pour que tu t’arrêtes avant que cela ne finisse trop mal pour toi ! dit Cyd. Ils ont raison, Vetëm, je pense que tu devrais un peu de repos ici, et peut-être repartir quand tu seras reposé ! continua Elona. Bien… Bien… Mais revenez vite pour que je puisse revenir avec vous ! s’exclama Vetëm d’un ton un peu plus calme. Elona, on compte sur toi pour assurer la prospérité de l’archipel ! annonça Cyd. Oui, vous pouvez me faire confiance ! Eh ! Soyez prudents ! ordonna le jeune Eliatrope.

Barron acquiesça. Cyd venait de monter à l’intérieur du vaisseau et le littéraire ne perdit pas beaucoup de temps à le rejoindre. Le vaisseau se mit à démarrer. Les moteurs crasseux dégagèrent les toiles d’araignée avec leur propulsion de chaleur. La lumière dégradante et poisseuse de l’atelier commença à clignoter. Finalement, le vaisseau commença à sortir de l’atelier et décolla extrêmement rapidement. - Cela m’a fait plaisir de les revoir ! ricana Elona à Vetëm. … Vetëm n’était plus là… - Vetëm ?! hurla la jeune fille.

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Elle balaya les lieux du regard… Puis, elle regarda dans le ciel la dernière image possible du vaisseau, réprima un sourire et haussa les épaules. - Il est irrattrapable ! soupira-t-elle en retournant au village. Cyd était aux commandes du vaisseau. Devant son hublot double vitré, il admirait le paysage magnifique mais trompeur des îles flottantes. Barron était à côté de lui. - Tu crois qu’on a bien fait de le laisser ? demanda Barron. - Je crois que j’ai fait une erreur, c’est quand même lui qui a trouvé la seconde Orbe tout seul, et c’est aussi lui qui nous a sauvé du Croquemitaine ! répondit Cyd. - Si on faisait demi-tour pour le reprendre ? se questionna le littéraire. - C’est trop tard maintenant, on paraîtrait ridicule ! répliqua le commandant du vaisseau. - Oui… soupira Barron. Au fait, je t’ai parlé de ce personnage mystérieux qui est venu à la bibliothèque hier soir ? - Non… Explique-moi… - Eh bien, un homme mystérieux et encapuchonné est arrivé à la bibliothèque hier soir. Il a fait tomber une broche bizarre, dorée. Vetëm l’a gardé, et comme par hasard, le lendemain, il retrouve sa sœur. Tu ne trouves pas cela étrange ? - Oui, en effet, tu n’as pas pu voir son visage ? - Non… Il était encapuchonné ! Je ne pouvais pas le voir ! s’écria Barron. Un bruit sourd résonna soudainement dans le vaisseau. Plusieurs débitages… Puis un silence. - Tu as laissé des choses dans la cave du vaisseau ? demanda Barron. - Non, et toi ? répondit Cyd. - Rien du tout… ! reprit le littéraire. - Tu peux aller y jeter un œil ? questionna l’ingénieur. Sans répondre, Barron se dirigea vers la cave. Il ouvrit doucement la trappe qui grinçait à cause des gonds rouillés. Elle était obscure et d’un vide immense. Elle était si vide que n’importe quel mouvement résonnait. Barron alluma de la lumière avec ses pouvoirs de Wakfu. Dans la lumière, il localisa un passager clandestin… Vetëm ! - Vetëm ! s’exclama Barron. - Euh… Salut ! répondit ce dernier en se grattant la tête. - Qu’est-ce que je suis content de te… Ha ! Non ! On t’avait dit de ne pas venir avec nous, mais bon, puisque tu es là maintenant, on ne va pas faire demi-tour ! Bienvenu dans l’équipage ! se reprit le littéraire. - Eh… Bien… Merci ! dit Vetëm un peu gêné. La porte accédant aux commandes s’ouvrit. - Cyd ! Cyd ! Tu ne vas pas croire ce que… Ce que j’ai vu ! dit Barron en changeant d’un ton gai à un ton sérieux. - Explique ? demanda l’ingénieur. - Vetëm ! Il s’est infiltré clandestinement ! C’est une honte ! répondit le chef Eliatrope. - C’est génial !! s’écria Cyd. Allez, fais-le asseoir, le voyage risque d’être long ! ordonna Cyd. - Où allons-nous déjà ? demanda Barron.

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Dans les ruines du château de Baltazar, bien évidemment ! Nous devons retrouver sa pipe !

Barron toussota et retourna voir Vetëm à la cave : - Cyd a l’air d’apprécier ta venue. Tu as de la chance, si cela n’avait été que de moi, je t’aurai jeté du vaisseau ! balbutia le littéraire. - Merci ! s’exclama Vetëm. Euh, au fait, où va-t-on ? - Direction les ruines du château de Baltazar ! Nous retrouverons sa pipe ! - D’accord ! - Allez, monte, ne reste pas là dedans, cet endroit me fout la frousse ! Et tandis que le vaisseau se guidait vers les ruines du château de Baltazar, Barron et Vetëm discutait dans la salle de voyage. - Tu as toujours cette broche dorée ? demanda Barron. - Oui, répondit-il en sortant la broche de sa poche. - J’aimerai l’étudier, tu pourrais me la prêter ? se questionna le littéraire. - Oui, bien sûr ! Tiens, prends-là ! Barron l’examina de très près, puis se dirigea vers sa salle d’entraînement. Vetëm resta là… Il hésita à aller voir Cyd, finalement, il se dirigea vers la salle des commandes pour lui porter compagnie. -

Salut Vetëm ! s’exclama Cyd tout en restant concentré sur sa trajectoire. Comment ça va depuis ces quelques heures où je ne t’ai pas vu ? Très bien, rien de nouveau ! répondit Vetëm. Dis-moi, Barron m’a parlé de ce personnage mystérieux qui semblait bien te connaître. Tu aurais une idée de qui cela pourrait être ? Non, pas du tout… Il ne faut pas que cette broche soit en contact avec quelqu’un d’autre que toi, d’accord ? Si cela se trouve, les Dieux savent que nous nous opposons à eux, et il faut se méfier de tout et de tous !

Un nouveau bruit sourd résonna dans le vaisseau… Mais un bruit beaucoup plus rapide et beaucoup plus énervant… - … J’ai prêté la broche à Barron ! s’écria Vetëm. - Quoi ?! Va vite la récupérer ! On ne peut pas prendre de risque ! Allez, cours ! Vetëm s’empressa de rentrer dans la salle d’entraînement, mais celle-ci était verrouillée. - Cyd ! La salle est verrouillée ! s’écria le jeune Eliatrope. - Et là, ça va mieux ? demanda Cyd. L’Eliatrope se contenta de répondre par un simple petit mouvement. Il ouvrit la porte et bondit sur place lorsqu’il vit Barron… Il n’était plus lui-même… C’était un monstre, gigantesque, horrible et répugnant… De la bave coulait de sa bouche… La broche était en train de maintenir sa veste… Il l’avait mise… Ou a été envoûté ! Celui-ci avance bruyamment vers Vetëm. -

Euh… Barron ? Tu t’es payé une chirurgie esthétique ? demanda Vetëm d’un ton moqueur et rassurant.

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Barron ne répondit pas… Il tendit son bras et tenta un coup extrêmement puissant mais lent, qui fut esquivé. - Et tu as perdu soudainement un bon nombre de neurones ! Tu es sûr que ça va ? ironisa le jeune Eliatrope. Mais soudainement, Barron devint plus agile et frappa violemment Vetëm s’effondrant au sol et se dandinant de douleur. - Moi écraser toi ! hurla Barron d’un ton extrêmement grave. - CYD ! ON A UN PROBLEME ! hurla Vetëm. La porte de la salle d’entraînement avait été à nouveau verrouillée… Cyd n’entendait rien… Barron empoigna avec sa grosse le jeune Eliatrope qui se débattait comme un beau Rushu. Il le souleva et le roua d’un violent coup de poing, si violemment qu’il en perdit une dent et qu’il saigna du visage. Vetëm prépara une boule de Stasis et la projeta sur son adversaire envoûté, mais elle fut esquivée et renvoyée. Le jeune Eliatrope réussit à l’encaisser, mais avec une petite perte d’énergie. L’Eliatrope commençait à s’essouffler, et Barron en faisait que commencer à s’échauffer. Vetëm essayait de trouver quelque chose. Il repéra les livres de Barron qu’il laissait pour l’entraînement. Il se téléporta à côté et en prit un au hasard. Il ouvrit n’importe quelle page et cita : - « Arklok Nour Marc laden moudji Dah ! » Soudainement, une femme de Wakfu apparut, habillée en serveuse. - Ah non ! C’est pour faire le ménage dans les salles, ça !! Il me faut un combattant ! Barron s’avançait lentement vers Vetëm. - « Leo din Naka. Droua é Kouenda Ba ! » Soudainement apparut le double de Barron possédé… Cette incantation permet de copier trait pour trait, force pour force l’adversaire qui est en face. Enfin, pour les adversaires réels. Le double se lança sur l’adversaire et s’en suit un déchaînement de coups violents. Pendant ce temps, Vetëm chargeait son énergie de Stasis pour envoyer un gros dégât sur Barron. Il ne reste plus beaucoup de temps pour que le double disparaisse… Mais Vetëm était prêt. Il projeta la boule de Stasis sur l’adversaire. Mais il l’esquiva en sautant ! Mais Vetëm avait déjà tout prévu. Il se téléporta au même moment au-dessus de son adversaire et bondit sur son dos. Puis, il lui arracha la broche… Barron atterrit au sol et commença se rechanger petit à petit normalement… Puis, il s’écroula au sol et ne bougea plus. Il respirait, c’était l’essentiel. Vetëm fixa la Broche Dorée, puis finalement l’enfonça dans sa poche.

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Chapitre XIV

La Quête de la Clef

Le vaisseau commença à survoler les ruines du château de Baltazar. Barron avait à peine récupéré ses esprits. Mais un choc brutal bloqua le vol du vaisseau qui commençait à piquer du nez. Cyd, derrière son pupitre de commande s’est vu refuser même le salut dans la fuite. De puissants flux magnétiques ont immobilisé le vaisseau aussi inexorablement qu’une araignée emprisonnant le moucheron dans sa toile. Sa double coque a été percée. - Qu’est-ce qu’il se passe ?! s’écria Vetëm. - On est attaqué ! répondit l’ingénieur. Le vaisseau plongeait vers le bas, perçant les nuages et la brume épaisse qui couvrait l’horizon. Un choc brutal arrêta sa chute vertigineuse. Le vaisseau avait échappé au crache. Par une manœuvre précipitée, Cyd avait réussi à amortir la chute. Il sortit assez précipitamment en s’accablant sur les dégâts de son vaisseau. Ils étaient sur les ruines du château de Baltazar… Vetëm regardait étroitement le paysage désertique de ruines et de brouillard. Tout semblait si sombre d’un coup… Au loin, il pouvait voir une salle, encore intacte… Mais aussi des ombres bouger dans le brouillard. Des murmures lui résonnèrent à l’oreille. - Tu entends ? demanda Vetëm à Barron. - Oui… Des Tortureurs ! s’écria le littéraire. Cyd se retourna et remarqua aussi leur présence. Il sortit trois tourelles à rayon de Wakfu afin de défendre le vaisseau, mais le brouillard les empêcher de s’activer. Les ombres allaient extrêmement vite. Elles tournoyaient autour du groupe avec une vitesse phénoménale. Puis, soudain, elles sortirent du brouillard… C’était des personnages de forme humaine, mais dont leur visage avait été rendu flou. Il n’avait plus rien, plus de nez, plus de yeux, plus de bouche, plus de cheveux. C’était absolument angoissant. Ces adversaires dégainèrent leurs épées et avancèrent lentement vers le groupe. - Ils nous ont encerclé ! hurla Barron. - Surtout, ne regardez pas leur visage ! Ils peuvent vous torturer l’esprit avec des visions horribles ! s’écria Cyd. Vetëm créa une énergie de Stasis et la concentra dans ses mains. Mais soudainement, son Stasis se transforma en glace. - Nail ?! s’écria Barron. - Comment… J’ai fait ça ?! se questionna Vetëm.

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Pas le temps pour la philosophie ! On s’occupe d’eux et après on en discute ! ordonna le littéraire. Je ne m’attendais pas à ce que tu dises cela un jour, Barron ! ricana Cyd.

Vetëm frappa ses poings dans le sol et de glace surgit en piquet et frappa violemment un Tortureur qui voltigea dans les airs. Cyd invoqua une armure robotique et se l’équipa rapidement, sa force et son énergie étaient décuplées. Barron, quant à lui, fit appel à ses livres pour envoyer ses invocations de Wakfu combattre. Le combat fit rage. Les Tortureurs commencèrent à attaquer avec leurs épées. La violence de la bataille surgit. L’ingénieur enchaîna une série de coups sur ses adversaires qui disparurent dans le brouillard. Les invocations de Barron attaquaient violemment sans relâche tandis que Vetëm fit une violente série d’attaques de glace. Mais les Tortureurs résistaient extrêmement bien. De leurs épées sortirent des rayons de Stasis qui se dirigèrent vers le vaisseau. Le jeune Eliatrope s’interposa et invoqua un mur de glace qui se brisa sous le choc des attaques, mais réussit à empêcher la progression des rayons. Les Tortureurs reculèrent calmement dans la brume et disparurent. - Bon sang ! Comment tu as fait ça, Vetëm ?! s’écria Cyd. - Je… Je crois que c’est l’Orbe ! balbutia le héros. - Nous ne devrions pas rester ici, d’autres Tortureurs risquent d’arriver ! conseilla Barron. Et le groupe commença à marcher vers la salle lointaine mystérieuse… Tout était si bizarre ! Le sol semblait visqueux, fissuré, et fragile. Parfois, des morceaux du sol tombèrent dans le vide. Il y a avait plus de trou sur cette île que dans un fromage pour Sousouris ! Il ne restait que quelques fragments de souvenirs. Les piliers de Baltazar passant le message aux Eliatropes paraissaient effacés… Mais soudain, il y eut un froid glacial… L’île était à partir de là complètement gelée… Le sol paraissait désormais glissant. Le groupe ne voyait pas plus loin que le bout de leur nez. Tous les murs étaient couverts de glace. On avait tout gelé. Le brouillard n’était plus que de la neige qui s’abattait sur eux. Des traces de combat, des fissures, du sang… Vetëm crut voir des silhouettes blanches en train de se battre. Il pouvait reconnaître Boa et Nail, en train de se battre violemment, puis soudain Baltazar, qui ordonne à un personnage mystérieux d’aller mettre les Eliatropes en sécurité. Soudain, il vit Nail s’arracher son… cœur ? Et projeta une gigantesque boule de Stasis. Puis, Boa, tentant de la parer… Puis… Une explosion. -

Hé ! Vetëm ! Tu suis ?! ordonna Barron. Excusez-moi… j’ai… j’ai des illusions ! bégaya le jeune Eliatrope.

Cyd arriva devant la porte de la salle intacte… Il fit signe au groupe d’aller le rejoindre. La brume s’était un peu dissipée. L’ingénieur commença à examiner l’entrée. Pas d’ouverture, pas de serrure. Il y a cependant une écriture draconique sur la porte… Barron l’examina… - « Dîtes « copain » et entrez ! » cita-t-il. - C’est quoi ça… ?! s’écria Cyd. - J’en sais rien… ! répondit le littéraire. - Hum… Et comment dit-on « copain » en langage Draconique ? demanda Vetëm. - Loyda ! répondit Barron. Une énergie de Wakfu commença à entourer la porte… Celle-ci s’ouvrit soudainement.

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Géniaaaaaal ! accentua Barron. On y est, je crois ! affirma le jeune Eliatrope.

Cyd entra dans la salle… Puis le groupe le suivit. Ils bondirent sur leurs pieds !! Ils virent devant eux une gigantesque Orbe de Wakfu. Son diamètre devait être environ la taille d’un jeune Eliatrope. - Une Orbe, ici ?! s’écria Barron. Vetëm s’approcha de l’Orbe… Puis soudain, il fut aspiré dans celle-ci. -

Vetëm ! hurla Cyd en tentant de le retenir.

Trop tard…

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Chapitre XV

Un soupçon d’espoir

Des piliers entouraient entièrement une salle gigantesque et rectangulaire. Des inscriptions draconique couvraient la pièce. Vetëm venait d’apparaître dans cet endroit angoissant, où résonnaient les cliquetis scrupuleux de clefs. Il voyait soudainement Baltazar, sous forme Eliatrope, blessé, s’approcher d’une relique. Il l’ouvrit et y mis sa pipe. - Tiva ! Pourquoi n’avez-vous rien fait ?! s’écria-t-il. - Nail a conduit lui-même son peuple vers sa perte, en décidant de s’opposer à nous ! résonna une voix. La Déesse Eliatrope apparut. Elle flottait dans les airs et regardait Baltazar, blessé. On pouvait entendre dehors des bruits de combat, et de destruction. - Vous êtes leur mère ! Vous devez les aider ! Ils ne sont pas tous comme cet impur ! Aidez-nous ! supplia le Dragon. - Etant votre Déesse, il est de mon devoir de vous aider. Je vous laisse une dernière chance. Mais Emrub, elle, ne sera plus comme avant ! décida Tiva. - Merci, Tiva… Une explosion gigantesque emporta soudainement Baltazar qui disparut avec elle. Tout se détruisit. Vetëm assistait à la scène… Tout se fissurait et se détruisait. Cette destruction forma un chemin à escalader. Vetëm le suivit. Il courut pendant un long instant. Finalement, il arriva devant le vide. Mais en face de lui se forma un personnage… Nail ! - Qui est-ce ?! se questionna Vetëm. - Je suis Nail. Mais je suis plus connu sous le nom de « N, le maudit », répondit-il. Je crois que c’est fini ! - Vous… Vous m’entendez et vous me voyez ?! s’écria le jeune Eliatrope. - Oui. Tu es en plein cœur des souvenirs, et je ne suis moi-même qu’un souvenir. Juste une chose… Méfie-toi d’elle… - Qui… Elle ? Attendez ! J’ai tant de questions à vous poser ! s’écria Vetëm. Mais déjà, Nail avait disparu ! Vetëm pouvait voir derrière lui l’Archipel de Yawa se former. Et derrière lui, les Eliatropes non loin de la zone du combat, commencer à perdre leur visage. Ils étaient devenus des tortureurs. Vetëm commença à avoir des vertiges et des maux de tête. Il tourna les talons et se jeta dans le vide…

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Il est réveillé ! résonna une voix dans sa tête.

Vetëm ouvrit les yeux avec peine et analysa Barron, qui se tenait devant lui en train de le réanimer avec de la magie Wakfu. - Il reprend ses esprits ! s’écria-t-il. Le jeune Eliatrope commença à lever la tête et à regarder autour de lui. Cyd et Barron étaient là. Vetëm avait l’impression d’être très lourd et de somnoler. - Tu as repris tes esprits, Vetëm ? demanda Cyd en se rapprochant. - Je crois bien… répondit celui-ci en se frottant la tête. - Qu’est-ce que tu as vu ?! Un indice sur la position de la pipe de Baltazar ? - Oui… Il l’a posé dans une relique… Dans cette salle, je crois ! répondit Vetëm. - Nom d’un Bouftou ! Tu en sais des choses ! s’exclama Barron. Et ton nouveau sort, il donne quoi ? - Je… J’n’en sais trop rien ! continua le jeune Eliatrope. Ce dernier se leva et se dirigea vers un des murs de la salle où il se trouvait. Il tâtonna le mur et activa un levier. Il en sortit un objet incongru… La pipe de Baltazar ! Seulement, celleci était brisée… Elle était inutilisable… - Oh ! Non ! s’écria Vetëm. - Mais ! Cela ne fait rien ! Cyd pourra la réparer, lui qui est bricoleur, hein ?! rassura Barron. - Non… Je suis Ingénieur, pas forgeron des Dieux ! reprit Cyd. - Alors, sans cette pipe reconstruite, nous ne pourrons pas refaire la clef… C’est fini, on aura fait tout cela pour rien ? Une lueur apparut soudainement sur l’estrade de la salle. Tiva venait d’apparaître. Barron sursauta et s’inclina. - Je vois… dit-elle. Vous voulez partir d’ici, n’est-ce pas ? demanda la Déesse. - Oui, nous ferons tout pour trouver un nouveau monde ! répondit Vetëm. - Votre présence dans un nouveau monde risque de bouleverser le cours du temps. Je vous interdis de partir de ce monde. Vous ne toucherez pas à la pipe de Baltazar ! interdit-elle. Vetëm se souvenait de ce qui était arrivé à Nail pour avoir volé le minerai des Dieux… Mais, en repensant à sa sœur, il décida de prendre les morceaux de la pipe et commença à partir doucement. Barron s’écria : - Vetëm ! Tu n’as pas entendu ce qu’a dit la… Mais la Déesse avait disparu ! Cyd suivit Vetëm qui tenait précieusement les débris de la pipe. - Comment on va faire ? demanda l’ingénieur. - Je ne sais pas. Nous verrons sur place. On retourne à Vièle ! dit le jeune Eliatrope. - Barron ! Bouge-toi ! ordonna Cyd. Barron courut rejoindre le groupe, puis il annonça : - Dîtes-moi… Le Veilleur de Vièle, il est assez vieux, non ? - Oui, sûrement ! dit Cyd. - Eh bien, pourquoi ne pas aller lui demander s’il sait comment on peut réparer la pipe ?! s’exclama le littéraire.

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Il n’a pas tort ! dit Vetëm. C’est vrai, ça !! Allez, vite ! On retourne à Vièle ! ordonna Cyd.

Et le groupe courut vers le vaisseau que Cyd fit décoller avec difficulté. Puis, le vaisseau partit et disparut dans le ciel… Mais sur les ruines de l’île de Baltazar, une personne mystérieuse, les avait espionné…

À suivre…

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Annexes Pour certains, les Eliatropes, Emrub, les Tofus, les Bouftous leur sont inconnus. Ces annexes sont donc faits pour ça ! Toi qui t’interroge sur les personnages, sur les monstres et les lieux, à chaque tome, retrouve cette partie pour en savoir plus sur l’histoire !

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Partie I

Les Personnages Qu’ils soient beaux, vilains, grands, petits, gentils, diaboliques, humaine, monstres. Cette partie est réservée pour décrire quelques personnages parus dans ce tome-ci !

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I. Baltazar

Baltazar, aussi nommé « Notre Père à tous » par les Eliatropes, est le protecteur d’Emrub avant sa destruction. Grâce à sa pipe, forgée par « Arkosse », Dragon forgeron, il insuffle une brume magique qui permet aux Eliatropes de ne pas grandir, mais aussi de cacher l’île flottante du monde extérieur. Il a été envoyé par Tiva, Déesse Eliatrope, pour les protéger et les faire vivre dans une sérénité totale. Il masqua l’existence d’un autre monde afin de ne pas influencer les Eliatropes sur leur caractère, ce qui lui attira les foudres de N. Désormais plus qu’un Dofus attendant d’éclore, Baltazar cache encore certaines choses aux Eliatropes…

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Vous pouvez aussi retrouver Baltazar sur : Wakfu Les Gardiens (http://serie.wakfu.com/fr/lesgardiens)

Island of Wakfu (Xbox Live)

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II. Nail

Jeune Eliatrope qui s’est jeté d’Emrub pour prouver aux autres Eliatropes qu’un monde existe. Sur son chemin dans cet « autre-monde », il rencontrera le Comte Harebourg qui lui proposera de l’aider à rentrer chez lui en échange d’un minerai qui appartiendrait aux « Dieux ». Malgré la défense de Tiva, Nail décida de voler quand même le minerai, et il fut maudit. Ses pouvoirs n’étaient plus que de la glace, afin de représenter son cœur égoïste qui ne pense qu’à lui, amenant tous les autres Eliatropes à leur perte. C’est lui qui tenta de détruire Emrub une première fois. Mais il fut enfermé. Il se prit une rose glacée dans le cœur, et fut arrêté. Désirant profondément se venger, il détruisit ses chaînes quelques années plus tard et s’opposa à Baltazar. C’est lui aussi, qui causa la perte d’Emrub et qui fit retrouver les Eliatropes dans la situation actuelle du livre… Son nom « N, le maudit » est dû à la malédiction de Tiva qui s’est abattue sur lui pour lui avoir désobéi. Depuis, ses pouvoirs ne sont que de glaces, et son Wakfu est devenu du Stasis. Retrouvez aussi N (ou Nail de son vrai nom) sur : Wakfu – Les gardiens (http://serie.wakfu.com/fr/lesgardiens) :

Dofus (À télécharger sur le site Dofus  http://dofus.com/fr)

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III. Barron

Littéraire passionné, Barron est une référence culturelle, un dictionnaire sur pattes. Sérieux et discipliné, bien que quelque fois un peu peureux, Barron sait être galant avec son Chacha Moire et les filles ! Il est parfois un peu horripilant, mais fait un très bon chef Eliatrope ! Avant la destruction d’Emrub, Barron gérait une grande bibliothèque ! Il est vraiment très attaché à son Chacha, Moire, qui, contre toute attente, est un courageux combattant !

Retrouvez Barron sur Wakfu – Les gardiens (http://serie.wakfu.com/fr/lesgardiens)

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IV. Cyd

Ingénieur de folie, Cyd a révolutionné Emrub ! Autrefois protecteur de Baltazar, il se trouvait toujours face à sa statue où il lui demandait conseil… En vain… Passionné du bricolage, des fabrications et de la technologie, cet Eliatrope aidait autrefois les Eliatropes à construire les Zaaps, les maisons et les lieux. Il avait pour apprentis Léön et Enola. Lesquels, depuis la destruction d’Emrub, ne le sont plus. Depuis, Cyd s’est installé dans un endroit perdu de Vièle où il s’attelle à de nouvelles fabrications. Y’a pas à dire, Cyd est un professionnel ! Retrouvez Cyd sur Wakfu – Les Gardiens (http://serie.wakfu.com/fr/lesgardiens).

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V. La Terreur des Plaines

On ne sait pas réellement les origines de la Terreur des Plaines, mais on raconte que c’est un ancien Eliatrope qui a été réincarné en Bouftou. Fou de rage, il aurait voulu se venger. Il se serait caché dans un antre de Vièle, caché de tout le monde. On l’appelle la « Terreur des Plaines » car il est incroyablement puissant et agressif. Il contrôle aussi les Bouftous comme on contrôle ses mains ! Il ne vaut mieux pas avoir la Terreur des Plaines comme ennemi ! Retrouvez aussi la Terreur des Plaines dans Wakfu – Les Gardiens 2 (http://serie.wakfu.com/fr/lesgardiens2)

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Les lieux Certains lieux sont évoqués dans ce tome-ci… Mais que savez-vous d’eux ?

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VI. Emrub

Emrub est une île flottante, séparée du monde et du chaos. Gardée par Baltazar, elle abrite le petit peuple appelé « Eliatropes ». Cette île est gardée de brume, provenant de la pipe de Baltazar. C’est aussi ici que ont évolué Cyd, Violette, Boa, Barron, Samÿ, Léön, Kouett, Fraise etc… Emrub est peuplé de Zaap permettant de voyager dans un monde bizarre où les Eliatropes peuvent apprendre à combattre. Cette île est immense, mais fut détruite lorsque Nail se battit contre Baltazar.

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VII. Vièle

Vièle est un archipel d’îles flottantes, autrefois, c’était une partie d’Emrub. C’est ici que s’éveillent les Eliatropes. C’est aussi ici qu’ils ont décidé de prendre refuge. Vièle contient plusieurs îles : Le village La plaine. Le village est hors des hostilités, protégé de tout et assuré par Enola. Quant à la plaine de Vièle, c’est là où se trouvent la Terreur des Plaines et ses Bouftous et le Veilleur, censé veiller sur la plaine.

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Résumé : Quelques jours suivirent la destruction d’Emrub, cause d’un combat entre Nail et Baltazar. Emrub n’est désormais qu’un champ immense d’archipels d’îles flottantes. Un éveillé éliatrope, Vetëm, recherche désespérément Elona, sa sœur, qui se trouve quelques part dans ces archipels. Mais sur son chemin, il croise Cyd et Barron, deux anciens protecteurs d’Emrub qui cherchent une « Clef » qui ouvrirait les portes à un monde meilleur. Il est alors propulsé dans une longue aventure pleins de dangers, de mystères et de peurs. Mais trouvera-t-il sa sœur ? Et les recherches de cette « Clef » aboutiront-elles ? C’est ce qui est encore à savoir…

Par SeigneurDenfer

Récits, synopsis, scénario Et Mothy

Illustrations des parties.

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Les Larmes de Wakfu  

Cyd et Barron se sont lancés à l'aventure d'une clef, après la destruction d'Emrub

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