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Octobre 2009

de Versailles L’assiduité des élèves se monnaye-t-elle ?!? >> NON ce n’est ni le débat d’une mauvaise émission de télévision, ni une brève de comptoir ! C’est une question soulevée par l’expérimentation qui va désormais sévir dans trois LP de l’académie de Créteil. Rappelons son principe « éminemment » pédagogique, éducatif et républicain : ª Soit une classe de lycée professionnel, dont on pense par principe qu’elle est forcément constituée d’élèves en échec scolaire, ayant subi leur orientation et par voie de conséquence peu motivés pour aller en classe (et dire que la réforme de la voie pro est officiellement une réussite !) ; ª Soit une cagnotte de départ de 2000€ dont le montant augmente si les élèves ne sont pas absents, dans la limite de 10000 € ! Comment ne pas être confondu devant autant d’inventivité de la part de notre hiérarchie ! D’autant plus que les arguments invoqués pour justifier une telle initiative ne sont rien de moins que la « responsabilisation collective des élèves » et la notion « de projet fédérateur » !

SPECIAL CPE

Passons sur cette déclinaison ahurissante d’un « se présenter plus pour gagner plus » qui ne manquera pas de séduire le pouvoir en place ! Etonnons-nous à peine qu’un rectorat soit capable de mobiliser une enveloppe de 30000 €, quand on connait l’état des crédits pédagogiques, des dotations pour l’achat des manuels scolaires dans tous les établissements de France (décidemment la LOLF permet bien des choses …) Interrogeons-nous plutôt sur ce que pourrait être la prochaine étape ! ª Une carte fidélité pourrait être attribuée à tous les élèves, à charge pour eux de la passer devant un scanner optique pour valider quotidiennement tous les points du règlement intérieur qu’ils auraient daignés respecter dans la journée … avec à terme des lots à gagner ; ª Notre hiérarchie nous demandera-t-elle bientôt d’appeler en début de journée des élèves au hasard, afin que nous leur demandions s’ils connaissent le montant de la cagnotte du jour et si c’est le cas de les féliciter d’avoir ainsi gagné le gros lot ? Et dire que la plupart d’entre nous pensait avoir touché le fond, tantôt avec la note de vie scolaire, tantôt avec les médiateurs de réussite scolaire et plus récemment avec les fameux portiques qui fouillent les cartables des élèves à la vitesse de l’éclair et ne les mettent pas en retard tout en réglant les problèmes de violence dès la grille d’entrée !

Et bien non, c’est bien connu, en temps de crise la France n’a pas de pétrole, mais une flopée d’idées rarement frappées du sceau de la raison ! Quand on entend régler un problème aussi complexe que celui de l’absentéisme à coup de milliers d’euros, en éludant notamment la question des recrutements de personnels formés et de leurs conditions de travail , on sombre dans une démagogie qui confine au mépris à l’égard des enseignants, des élèves et de leurs familles ! En guise évaluation du travail notre ministère, le SE-Unsa soumet à votre approbation la boutade suivante « A touché le fond, mais creuse toujours ! » Florent DUPREZ SE-UNSA Versailles 69 rue du faubourg Saint Martin - 75010 Paris 01 53 72 85 35 - ac-versailles@se-unsa.org http://sections.se-unsa.org/versailles/


temps de

travail

Les textes existent, faisons les connaitre et appliquer ! > Nous sommes au 1er trimestre de l’année scolaire et il est encore nécessaire de revenir sur l’organisation du temps de travail des CPE. Pourtant un cadre règlementaire existe depuis la publication du décret 2000.815 du 25/08/200 et sa déclinaison dans une circulaire d’application datée du 12 septembre 2002. Certains chefs d’établissement ne connaissent pas ces textes ou les ignorent volontairement, d’autres se sont laissés abuser par la publication d’un syndicat minoritaire de chef d’établissement … Le SE-Unsa vous rappelle les dispositions générales, afin que vous puissiez, en cas de besoin, contribuer à l’édification de votre hiérarchie sur le sujet ! ™ Les CPE travaillent pendant les 36 semaines de l’année scolaire et dans le cadre de leurs missions pendant au maximum 3 semaines de service de vacances : 1 après la sortie et 1 avant la rentrée des élèves ; 1 semaine au plus pendant les petites vacances. ™ Pendant ces semaines, les CPE effectuent 40h40 de travail hebdomadaire qui se décomposent en : • 35h hebdomadaires inscrites à l’emploi du temps ; • 4h hebdomadaires, laissés sous leur responsabilité pour l’organisation de leurs missions ; • 20 minutes de pause non fractionnables pour 6h00 travaillées. Quelques précisions supplémentaires à l’adresse des plus retors, bien décidés à tout faire pour ne pas respecter la règlementation en vigueur ! ™ La participation aux conseils de classes, réunions du CA, du CESC et à la formation des délégués, sous la responsabilité du chef d’établissement, fait partie du

le s

temps de travail. (réponse ministérielle JO du 17/02/2003) Elles peuvent donc faire l’objet d’un rattrapage … ™ Les 4 heures nous appartiennent au CPE. Elles n’ont aucun rapport compensatoire avec les réunions ou autres activités dans l’établissement. Le chef d’établissement n’a pas de regard ni de commentaires à faire sur ces heures. ™ Le temps de pause (s’il est comptabilisé) entre dans la confection de l'emploi du temps. ™ Concernant les temps de repas : Le décret du 25 août 2000 définit la durée du travail effectif comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. Ainsi, le temps de repas des CPE est considéré comme du temps de travail effectif seulement lorsque ces conditions sont remplies. ™ Mais surtout, le temps de travail des CPE s’organise sur une base hebdomadaire et en aucun cas une modulation ne peut être imposée au CPE ! (réponse ministérielle JO du 17/02/2003)

Le SE-Unsa considère que ces textes ne sont pas parfaits, mais qu’ils constituent une avancée appréciable par rapport à la situation antérieure. Aussi est-il important de les faire appliquer dans un contexte qui se dégrade sans cesse depuis 2002. Le SE-Unsa refuse la remise en cause larvée de ces acquis. Ce qui est en cause dans les établissements secondaires, ce ne sont pas les emplois du temps des CPE, mais bel et bien de la politique malthusienne du pouvoir en place en matière de recrutement. Le SE-Unsa n’accepte pas que les CPE servent de palliatif à un Ministère confronté au naufrage de sa propre politique.

Seuls les personnels logés par NAS sont concernés. En cela elles sont distinctes du service de vacances.

as Un service d’astreintes peut être mise en place la semaine et les week-ends, la nuit et le jour. des astreintes ne donne pas lieu à compensation, mais chaque intervention pendant tr Le temps l’astreinte est majorée de 1.5 : en clair 1 H d’intervention peut donner lieu à une récupéraein tion de 1H30. te s


logements

de fonction

Les nuages s’amoncèlent ! > Eric Woerth a indiqué fin juillet qu’il s’intéresserait aux logements de fonction et pourrait introduire un amendement dans le projet de loi de finances 2010, visant à durcir les conditions d'attribution de ces logements et à rapprocher leur loyer du niveau du marché. Le même ministre, qui vient de présenter un budget au déficit abyssal, souhaite que les fonctionnaires qui bénéficient d'un logement pour "nécessité absolue de service" soient moins nombreux et que ceux bénéficiant d'un logement pour des raisons "d'utilité de service" paient un loyer plus proche des prix du marchés. Le problème avec les saillies démagogiques, c’est qu’elles piègent parfois leur auteur : Monsieur « déficit exponentiel » n’est toujours pas en mesure de chiffrer avec précision le nombre d’agents concernés et le montant des économies réalisées ! Bref, des économies de bouts de chandelles pas si évidentes à annoncer avec le triomphalisme qui sied à ceux qui veulent détourner l’attention des conséquences de leur politique ! Rappelons les trois dispositions sur les logements de la fonction publique : ª La « nécessité absolue de service », implique que le fonctionnaire ne peut exercer sa fonction sans être logé sur le lieu de travail ou à proximité. ª L’ « utilité de service » : le logement présente « un intérêt pour la bonne marche du service », l’agent paie un loyer et les consommations (moins élevé que le prix du marché). Pour ce cas le rattrapage serait soumis à la hausse de la redevance souhaitée par Bercy. ª La convention précaire : loyer et consommations sont proches du prix du marché, en fonction de l’estimation fournie par les Domaines. Ces conventions sont soumises au vote du conseil d’administration de l’établissement. La majorité des CPE logés, le sont par NAS. Toute mesure restrictive sur ces logements serait très mal perçue par l’ensemble des collègues concernés. Toute augmentation de loyer ou restriction à loger par NAS serait aussi doublement injuste car elle toucherait fortement les collègues financièrement les plus exposés, comme les familles monoparentales et les néo titulaires exilés loin de leurs bases souvent soumis à double loyer ou affectés dans des régions aux loyers élevés. Dans notre académie, le département des Hauts de Seine, référence du pouvoir en place pour tout ce qu’il entend faire subir à la France, met gravement en cause l’attribution de logement aux CPE par NAS. Le SE-Unsa reste en alerte et attentif à toute annonce sur le sujet, afin de faire valoir les droits des collègues concernés.

ute n i m e ier n r De Fric toujours… Une mesure du plan jeunes du Président de la République est passé inaperçue … mais à la lumière des initiatives récentes de quelques Rectorats, elle mérite que l’on s’y attarde un peu. Dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire, une expérimentation sera menée début 2010 auprès de 6000 jeunes décrocheurs qui « jouent le jeu ». Tirés au sort, ils bénéficieront d’une aide de 2500€. C’est désormais une certitude, pour le pouvoir en place l’argent est l’outil pédagogique absolu, la pierre philosophale qui sert à transformer l’élève en difficulté en jeune qui « joue le jeu » de l’insertion sociale et professionnelle. Il y aura toujours des esprits chagrins pour s’étonner que « la prolongation de l’obligation scolaire par d’autres moyens » se traduise en monnaie sonnante et trébuchante … d’autres se demanderont comment un tirage au sort permet de distinguer ceux qui « jouent le jeu » des autres … Sans doute tous ceux-là ignorent-ils que la seule référence éducative acceptée dans la France de 2009, c’est la télévision spectacle !

Des interrogations sur votre déroulement de carrière ? Un projet de mutation ? Des difficultés dans votre établissement ?

Contactez l’équipe académique du SE-UNSA 69 rue du faubourg Saint Martin - 75010 Paris 01 53 72 85 35 - ac-versailles@se-unsa.org http://sections.se-unsa.org/versailles/


En bref Nouveaux moyens de communication : gare aux dérives !

Sécurisation des établissements : la baudruche se dégonfle

> Un lycée de Charente-Maritime a bénéficié, il y a peu, d’une exposition médiatique aussi brève que soudaine. En cause, la décision d’inscrire au Règlement Intérieur l’interdiction totale faite aux élèves d’utiliser leur téléphone portable, puisque l’interdiction précédente limitée aux salles de cours s’avérait inefficace.

Souvenez-vous la campagne des élections européennes, une saillie présidentielle sur la sécurité dans les établissements scolaires, selon une recette éculée tant elle sert souvent.

Cette information a tout du « marronnier » pour journaliste désœuvré me direz-vous !

Des événements que l’on feint de découvrir, le constat indigné qui en découle et en guise de solution des mots qui claquent comme autant de remèdes miracles : sanctuarisation, portique , fouille des cartables !

Certes, l’interdiction de l’usage des téléphones dans l’enceinte de l’établissement est très répandue, mais l’intérêt de cette dépêche réside surtout dans les motifs invoqués par la direction de l’établissement. Ce n’est pas la perturbation des enseignements qui est en cause mais la « protection du droit » à l’image. Et les personnels de l’établissement de citer notamment des vidéos mettant en cause des enseignants et des élèves, des moqueries sur le physique et surtout la mise en ligne de ces images. Nous sommes nombreux à avoir été confrontés à de telles situations, parfois à l’origine de conflits ou de rumeurs qui se cristallisent au cœur même de notre champ de compétence. Nous mesurons dans notre travail l’ampleur de certaines dérives dues à un usage mal maitrisé des nouveaux moyens de communication : ª Blog aux contenus insultants ou dégradants ; ª Diffusion inconsidérée de photographies parfois intimes ; ª Disputes naissant sur une messagerie instantanée, dégénérant ensuite dans l’établissement ; ª Le sentiment de toute puissance que confère un relatif anonymat et les excès qu’il génère … Le dévoiement de ces technologies agite le champ de la vie scolaire. Ces outils en perpétuelle évolution obligent à une réflexion de tous les instants et une réactualisation de nos pratiques et de nos compétences. Face à ces dérives, l’interdiction et son rappel sont nécessaires, l’éducation à l’utilisation des nouvelles technologies est indispensable, mais surtout nous devons réaffirmer le droit inaliénable de chacun, personnels ou élèves, au respect de sa dignité et à sa défense lorsqu’elle est mise en cause.

Ah ce n’était pas de la mesurette qu’on allait attendre des années … la note de vie scolaire, de la gnognotte à côté de ce qu’on allait voir ! S’il était urgent de légiférer au printemps, il est désormais, l’automne venu, urgent de n’en rien faire ! La fouille des cartables ne sera donc pas autorisée par la loi. Les brigades de sécurité investissent le 93 Désirées par le Président, voilà les équipes mobiles de sécurité. Un CPE, un proviseur, un éducateur sportif, un gendarme auxiliaire, un policier retraité placés sous le commandement d'un ancien officier de l'armée belge. Ils interviennent à la demande des chefs d'établissement pour sécuriser les abords des collèges et lycées. Bref nous sommes entre "l'Agence tout risque" et "Mission impossible"... Une question demeure : où sont passés les policiers référents qu'on nous vantait tant ?!? Démagogie ? Navigation au doigt mouillé ? Nous ne savons pas quelle explication privilégier !

Revalorisation des débuts de carrière >

Le SE-Unsa est favorable à une revalorisation des traitements de tous les enseignants. Sans doute devrions-nous nous réjouir d’une première étape qui concernerait les collègues entrant dans la carrière. Hélas, que peut-on attendre d’un pouvoir qui considère que beaucoup de choses on été faites grâce aux heures supplémentaires. Les mesures annoncées concernent un petit nombre de collègues qui se réduira d’années en années à cause de la faiblesse de recrutements.

Rien n’a été annoncé pour la masse des enseignants dont la durée de carrière et le temps : o l a de présence devant élèves s’allongent. v Re Le ministère se contente de rehausser le plancher, sans toucher au plafond et in nous prie de croire qu’il améliore notre confort ! o l On est De qui se moque-t-il ? ! e t p m o du c


Spécial CPE du SE-UNSA (oct 09)