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n° 114 / Mai - Juin 2009

des Yvelines

Les jeunes sont notre avenir ! Dès la rentrée, tous mobilisés ! Section départementale des Yvelines BP 28, 78041 Guyancourt CEDEX Tel : 01 39 44 95 25 Fax : 01 39 44 97 76 Mél. : 78@se-unsa.org Web : http://sections.se-unsa.org/78/


ACTU COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Opération

« Sécurité.com »

DU SE-UNSA (28/05/20 09)

Nicolas Sarkozy a dé taillé ce matin les me sures censées régler problème de la sécuri le té dans les établisseme nts scolaires. Pour le SE-UNSA, sur fer sur l'émotion, ign orer les représentan des enseignants et de ts s personnels d'éducat ion, et produire dans précipitation un arsen la al uniquement répres sif ne règleront pas problème légitime de le la sécurité des biens et des personnes. Le SE-UNSA dénonc e, à quelques jours d'une échéance électo rale, une opération de communication au ssi démagogique qu contre-productive. e

> EN PLEINE CAMPAGNE ÉLECTORALE, le Président de la République a de nouveau sorti le spectre de la violence, réagissant ainsi démagogiquement à une triste actualité (l’affaire de Fenouillet) plutôt que de prendre ce problème à bras le corps. Il a ainsi dégainé les mesures qu’il entendait prendre, afin de permettre la « sanctuarisation » des établissements sco- Recruter qu elques « volontaires » chargés de la sé laires : abords des établisse curité aux ments ne résoudra pa s les phénomènes de vio • Chaque recteur aura à sa disposition une lence. Ne court-on pas le risque, de surcroît, que ces « équipe mobile » chargée de lutter contre les armes « brigadiers » se transforment en pompiers pyroman es ? dans les établissements. Mais qui seront-ils, quel sera leur statut, leur formation (on n’ose parler d’en- En s'entêtant à supprimer des milliers d'e mplois à l'Education Natrainement pour ne pas être taxé de mauvais esprit) tionale, le gouvernement prive l'Ecole d'autant d'adultes chargés de la surveillance et de la prévention au quotidie mais surtout, quelles seront leurs missions ?!? Mèn. neront-ils des opérations coup de poing, qui ne man- A travers ces mesures prises en réponse à quelque queront pas de créer un contexte plus explosif dans dramatiques ma s cas certes is isolés, les enfants et les jeunes sont pré certains établissements ? l'opinion publique com sentés à me un danger et une menace. Bref, s’agira-t-il d’appliquer à l’École un mode de « pacification » téléguidé, soudain et inconsidéré qui En cette année de célébration des 20 montre ses limites et ses dangers dans nombre de tionale des droits de l'enfant, le gouv ans de la convention internaernement en octroie se me nt deux nouveaux : le généreuquartiers ? Si tel est le cas, nos établissements dedroit d'être suspecté d'être fouillé. a priori et celui viendront alors le théâtre d’un combat territorial. L’alibi technologique des portiques de sécurité n’est Le SE -UNS en rien une réponse à toutes les questions que lui faire co A réaffirme que la jeunesse est notre avenir et nfiance. Cette cours qu'il faut e à l'échalote sécur nous sommes en droit de nous poser. instrumentalisation de itaire et cette l'Ecole doivent cesse r. On est loin de la mission éducative de l’École. Po ur le • Les chefs d’établissement et les CPE auront SE-UNSA, c'est d'un débat se la possibilité de fouiller les cartables des élèves. il soin. Il doit s'engager pour garantir rein dont notre société a beaux élèves comme au ne ls de l'éducation le droit x personne s’agit pas ici des vérifications ponctuelles et de pouvoir travailler en Pour cela, le gouvern toute tranquillité. ement doit opter pour ciblées qui se pratiquent parfois, mais bel et bien une autre méthode qu celle des opérations « e Sécurité.com ». d’une « fouille » systématique, au nom du principe de précaution appliqué à la sanctuarisation des établissements. On ne remerciera jamais assez le chef de l’Etat d’avoir rappelé dans son discours qu’aucun personnel ne pouvait faire vider le sac d’un élève sans Le SE-UNSA considère que la preuve est une nouvelle l’accord de ce dernier ... désormais ceux qui l’ignoraient le fois faite que la communication peut-être l’ennemie de la réflexion. savent ! • Des diagnostics de sécurité des établissements pourront être réalisés. Seule mesure équilibrée dans ce fatras Face à un problème complexe, celui de la violence en midémagogique, mais qui ne va pas sans poser des diffi- lieu scolaire, il ne saurait y avoir de réponse simpliste. cultés. Un diagnostic de sécurité ne peut-être mené que Les remugles de testostérone habillés de technologie ne par des gens compétents, en dehors de tout contexte peuvent pas tout. émotionnel et doit déboucher sur la mise en œuvre de L’institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île mesures concrètes. Le Rectorat de Versailles est-il armé de France indique par exemple dans son rapport de 2007 que les caméras de surveillance n’apportent pas la sécuripour cela ? • Enfin la « réserve civile de la police nationale » pour- té escomptée, mais provoque plutôt un excès de rait être mise à contribution, méthode déjà employée lors confiance démobilisateur. d’événements sportifs à haut risque, quand les effectifs de la police ne sont pas assez nombreux. Comment imaginer Bref encore une opération de Com’ faite sur le dos des que cela soit applicable et souhaitable, quotidiennement et personnels … ça deviendrait lassant, si ça n’était pas d’abord dangereux. à toutes les heures de sorties d’élèves. Guillaume DESMAISON

N’en jetez plus ! Tremblez canailles !

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L’édito Le dogmatisme !

L

e gouvernement prétend faire preuve de pragmatisme pour lutter contre la crise économique. Mais, concernant la fonction publique, son dogmatisme est insensible à l’environnement social. Nous savons déjà que pour 2010, le gouvernement envisage de porter les suppressions d’emplois à plus de 34 000. Le ministre de la fonction publique déclarait récemment : "La fonction publique n’est pas la plus exposée à la crise", comme s’il convenait donc de faire "payer" la fonction publique. Dans l’éducation, qui est loin d’être épargnée et où la situation des personnels est toujours plus difficile, le gouvernement prévoit d’appliquer la règle du "un pour deux" (un départ en retraite sur deux non remplacé). Ce choix traduit bien cette priorité du gouvernement : réduire et amoindrir la fonction publique. C’est, à vrai dire, son seul cap ! La politique de l’emploi est prise dans une contradiction flagrante : le gouvernement dit se battre pour sauver des emplois dans le secteur privé et en supprime dans le même temps dans la fonction publique. Depuis 2008, plus de 50 000 emplois publics ont été supprimés. En 2010, ce sont près de 90 000 qui auront disparu,: chaque emploi public supprimé s’ajoutant à tous ceux qui font les frais de la crise dans le secteur privé. Dans ce contexte prévisionnel pour l’année prochaine, la rentrée scolaire de septembre est déjà préparée dans les académies et les établissements. La loi de finances 2009 élaborée par le gouvernement et que les députés ont voté, traduit de façon définitive l’ampleur des coupes

sombres. Preuve en est, ce budget 2009 affiche la suppression de 5 500 emplois dans le second degré public affectant directement les moyens des établissements et de 1000 emplois dans les « structures et associations diverses » d’enseignants mis à disposition. De même, dans les écoles élémentaires et maternelles, la rentrée sera marquée par un appauvrissement sans précédent. Pour afficher la création de 500 postes afin de faire face à l'augmentation des effectifs ( + 14000 élèves en septembre 2009), le ministre de l'Education Nationale a décidé, là aussi, de supprimer 500 postes d'enseignants mis à disposition ou détachés. Sans oublier les conditions faites aux RASED, malgré quelques reculs du ministre résultants de l’action, ceux ne pourront aider les enfants en difficulté qu’à minima. Et que deviendront même tous ces postes surnuméraires, restés vacants cette année, lors de l’élaboration de la carte scolaire 2010 ? N’en doutez pas, nous ne cesserons de dénoncer cette politique néfaste tant pour le service public que pour l’emploi et dont les conséquences vont toucher durant de longues années les enfants et jeunes de ce pays. Pour être plus fort syndicalement, nous avons besoin de vous : réfléchissez, analysez, passez de bonnes vacances et nous vous donnons ce rendezvous, avec vous, dès la rentrée ! Guyancourt, le 15 juin 2009 Marcel DUPUY Secrétaire départemental

SOMMAIRE 2 : Actu 3 : L’édito 4 : Base élèves / INEAT-EXEAT 5 : Hors classe / Temps partiel 6 : Brevet / Hors classe 7 : Bac pro 8 : Formation

Encart mouvement 1er degré

Du changement au SE-UNSA Après 8 ans à la tête du SE-UNSA, Luc Bérille a décidé de passer la main pour rejoindre l’équipe nationale de l’UNSA. Le secrétariat national du SE-UNSA a élu Christian Chevalier au poste de secrétaire général. Instituteur, responsable du Syndicat des enseignants SE-UNSA du Lot de 1992 à 2003, Christian Chevalier était jusqu’à présent secrétaire national chargé de la formation. 3

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1er DEGRÉ

Base Élèves : lettre intersyndicale au ministre et tartufferies du Snudi-FO. Question de méthode syndicale ! > LE SE-UNSA et cinq autres organisations, dont la FSU, le SGEN-CFDT et la FCPE se sont adressés à Xavier DARCOS par courrier au sujet de « Base Élèves ». Nous lui avons fait part de six points de réserve, mais pas d’appel à boycott de l’outil. Nous nous sommes réjouis de voir enfin prises en compte les inquiétudes suscitées par la mise en place de « Base-Élèves ». Si nous avons pris acte de la disparition d’un certain nombre de champs considérés comme porteurs de nombreux risques pour les libertés publiques, ainsi que de la remontée anonyme au niveau national des données, nous nous interrogeons toujours sur l’intérêt d’une transmission à l’IA, par internet, d’éléments nominatifs, comme ça semble être le cas. Pourquoi donc ces données ont-elles besoin de sortir des écoles et quelles seront les garanties qui seront effectivement apportées quant à la sécurité de ces informations ? En même temps, un certain nombre de directeurs d’école ont été menacés et parfois même sanctionnés. Dans un souci d’apaisement, nous avons demandé au ministre que l’ensemble des sanctions prises à leur encontre soit levé. Dans les Yvelines, en mai, quatre directeurs d’écoles de Sartrouville, ont été sanctionnés d’un retrait sur salaire pour n'avoir pas renseigné Base Élèves dans leur école. Lors

de la CAPD du 30 avril, l’ensemble des représentants du personnel, dont le SE-UNSA, ont soutenu la demande du Snudi-FO de levée des sanctions. L’IA a indiqué qu’il n’y aurait pas de retenue sur salaire dans la mesure où Base Élèves serait finalement mis en place, et les clés OTP normalement utilisées. Le SnudiFO a alors déclaré que tous les collègues (de Sartrouville) avaient maintenant mis en place l’outil ; annonçant même à l’IA, en CAPD, qu’il les invitait désormais à utiliser Base Élèves, puisque les textes existaient maintenant et que les garanties étaient données (sic)… Traduisons plutôt par : le mot d’ordre de boycott est un échec, donc nous avons trouvé la porte de sortie en habillant tout cela d’un « on a gagné, car on a réussi à faire lever les sanctions ! ». Bien sûr, c’était cousu de fil blanc : l’IA a atteint son objectif, Base Élèves est mis en place grâce à ses menaces, il n’avait par conséquent plus aucune raison de sanctionner. Pseudo victoire syndicale donc et grosse tartufferie du Snudi-FO ! Tout cela pourrait être assez drôle finalement, s’il n’y avait pas eu des sanctions financières en jeu… Marcel DUPUY

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EXEAT - INEAT : point de situation après la CAPD du 28 mai... L'inspecteur d'académie a, comme les années antérieures, accordé de façon systématique les "EXEAT" motivés par un rapprochement de conjoints (exercice professionnel du conjoint dans un autre département que le 78). Le mariage ou le PACS devaient être datés d'avant le 1er septembre 2008. Ensuite, quelques situations particulières ont été acceptées par l'IA, pour des raisons médicales ou sociales graves, le plus souvent... Les PE2, futurs T1 ne peuvent réglementairement pas prétendre à un exeat, même pour rapprochement de conjoints, mais ils pourront participer aux permutations des titulaires en novembre 2009, pour effet à la rentrée 2010...

On ira là-bas quand on aura des points

Pour le qui concerne les "INEAT" d'entrée dans les Yvelines, les règles sont les mêmes, c'est à dire que ne sont accordés, dans un premier temps, que les rapprochements de conjoints ou situations graves. Si vous avez confié votre dossier au SE-UNSA, nous l'avons transmis à la section du SE-UNSA du ou des départements demandés et nous vous informerons des évolutions de votre situation. N’hésitez pas à contacter nos collègues des départements concernés (toutes les coordonnées sur http://www.se-unsa.org/spip.php? page=contacts)

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1er DEGRÉ

Le leurre de la hors classe ne saurait tenir lieu de revalorisation supplémentaire aux directeurs va accentuer ce phénomène avec une retraite de plus en plus tardive (65 ans). A quand des échelons 12, 13 et 14 ? Les collègues ne resteront pas à l’échelon 11 pendant des années et des années …. • Si mesure de revalorisation il doit y avoir pour les directeurs, elle doit se faire dans un autre cadre. Le SEUNSA a des revendications en la matière : − Une ISS mensuelle, indexée sur la valeur du point d’indice, d’un minimum de 200 euros. − Le SE-UNSA revendique la refonte des groupes ouvrant droit à la BI ainsi que leur revalorisation : G1 = 1 à 4 classes : 30 pts ; G2 = 5 à 9 classes : 50 pts ; G3 = 10 à 12 classes : 60 pts ; G4 = 13 classes et plus : 70 pts

> EN DISCUSSION DEPUIS PLUSIEURS SEMAINES, le ratio (pourcentage de promus par rapport aux promouvables) d’accès à la hors classe a été arrêté : 2 % au lieu de 1,6 l’année dernière (plus 852 promotions au niveau national). S'il y a une augmentation de 25 % des possibilités, l'augmentation n'est que de 0,4 point et creuse un peu plus l'écart avec les autres corps du second degré. Pour le SE-UNSA un effort complémentaire s'impose, sachant que ce ratio reste le plus bas de toute la Fonction Publique. Pour notre département, le nombre de promus sera de 90 (contre 70 en 2008). Mais cette année marque un changement dans les barèmes. En effet, suite à une demande du SNE-CSEN en novembre 2008 à laquelle le Ministère avait répondu avec bienveillance (gages électoraux pour ce syndicat proche du gouvernement), la possibilité (mais pas l’obligation) d’attribuer un point de plus aux directeurs d’école est appliquée dans notre département, comme dans les autres de l’académie (directive rectorale oblige ?) Le SE-UNSA avait pourtant demandé une étude avant toute décision de modification du barème d'accès. Sans oublier les adjoints lésés, nous pouvons difficilement nous opposer à cette mesure que nous n’avons pas demandée sans entrer dans une guerre de «tranchée» entre directeurs et adjoints, mais avons l’intention d’en montrer les limites et de le faire savoir à l’IA : • La faiblesse du taux actuel ne permet d’accéder à la hors-classe qu’a un petit nombre d’adjoint PE. Ce point

En résumé, cette mesure fait partie des mesures partielles que le gouvernement intègre dans ce qu’il définit comme étant une politique de revalorisation financière du métier (heures supplémentaires, primes ou indemnités … ne s’adressant qu’à un nombre limité d’enseignants). Le SE-UNSA persiste à exiger des mesures qui donneront de réelles perspectives de revalorisation financières concernant l’ensemble des enseignants. C'est la position que nous défendons au cours des discussions qui ont lieu dans les groupes de travail liés aux nouvelles modalités de recrutement et de formation. Guillaume DESMAISON

Temps partiel : un feuilleton qui ne se termine pas trop mal... > ALORS QUE L’IA AVAIT ANNONCÉ dans un premier temps qu’il accorderait avec souplesse quelques temps partiels sur autorisation à 50%, notamment pour les parents de jeunes enfants, il est revenu sur sa décision instituant une règle pour le moins arbitraire : ne devaient être concerné(e)s que les collègues parents de trois enfants ainsi que ceux exerçant à temps partiel depuis longtemps. Prenant acte de ce postulat, le SEUNSA, militant depuis toujours pour un vrai temps partiel (n’oublions pas que le SE-UNSA a obtenu la possibili-

té d’exercer à 80%), a incité tous les collègues désirant exercer à temps partiel sur autorisation, à faire un recours. Le SE-UNSA a contesté cette gestion des ressources humaines et réclamé plus de souplesse pour que chacun puisse concilier vie familiale et vie professionnelle. Alors que nous nous attendions à devoir batailler en CAPD sur nombre de dossiers, quelle ne fût pas notre surprise de constater que l’IA avait à nouveau modifié les règles. Positivement cette fois-ci ! En effet, tous les recours ont été étudiés et dans leur

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grande majorité ont abouti. Le seul critère des trois enfants a sauté. Par contre, celui concernant les collègues à temps partiel depuis longtemps ne valait plus. Nous l’avons dénoncé. Nous regrettons maintenant que seules les quotités de 50% et, dans une moindre mesure, de 75% aient été accordées sur autorisation (la bataille du 80% de droit a depuis longtemps été gagnée par le SE-UNSA qui restera toutefois vigilant sur ce dossier...). Que fait on du 80% sur autorisation ? G.D.

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2nd DEGRÉ

Changer le DNB pour changer le collège. Analyse, propositions, revendications. Un diplôme aux contours complexes et aux finalités ambiguës Pour le SE-UNSA, qui milite depuis de longues années en faveur d’un socle commun, le diplôme qui sanctionne la fin de la scolarité obligatoire ne doit avoir logiquement qu’un seul objet : valider l’acquisition de ce socle commun. Le SE-UNSA est donc réservé à l’égard de la maquette présentée par le ministère qui cherche à concilier deux logiques contradictoires : celle de la validation progressive des acquis des élèves d’une part, et celle, traditionnelle, du contrôle continu et des épreuves terminales donnant lieu à notation chiffrée et établissement d’une moyenne. Ceci étant dit, notre syndicat connaît, même s’il ne les accepte pas, les contraintes qui pèsent sur le projet de nouveau DNB. La loi d’orientation de 2005 avait en effet gravement obéré la logique du socle en imposant une note de vie scolaire et en créant des bourses au « mérite » attribuées sur la base de mentions au DNB. Le projet de la DGESCO porte la marque de cette contradiction originelle que nous dénonçons. Une inflexion significative Pour autant, il constitue une inflexion significative dans l’affirmation des objectifs de la scolarité obligatoire. Le changement le plus symbolique est la transformation profonde de la nature et du rôle du contrôle continu : seuls les points au-dessus de la moyenne seront pris en compte (à l’exception de l’EPS, des arts plastiques et de l’éducation musicale). Pour la première fois, le but de l’évaluation sera bien la mesure des acquis des élèves et non pas celle de

leurs insuffisances. Ce changement de paradigme représente un signal fort adressé au système en faveur d’une évaluation plus positive et au service des élèves. Désormais, l’essentiel est bien dans la validation des compétences et connaissances du socle commun, ce qui n’a pas échappé au SNES, au SNEP et au SNALC qui dénoncent sans surprise « un pilotage du collège par le socle commun ».

Des améliorations à obtenir dans le cadre contraint de la loi La première revendication du SEUNSA a été de demander une mise en œuvre échelonnée. Nous avons d’ores et déjà obtenu satisfaction puisque les attestations de compétences et l’épreuve d’histoire des arts ne seront obligatoires qu’en 2011. Le SE-UNSA a demandé que l’expéri-

mentation en 2009 soit accompagnée d’un développement d’outils (cadres de référence, outils d’évaluation) et de formations. Les inspections pédagogiques devront être mobilisées sur ce point. La définition des épreuves ponctuelles sera un chantier important à mener très rapidement. On sait à quel point le type d’exercices proposés influence l’enseignement dans la classe. On ne peut donc pas agir à la légère… Le SE-UNSA, seul syndicat à s’exprimer sur ce point, a également signifié au ministère que le travail supplémentaire imposé par la validation par l’équipe des piliers du socle commun doit être compensé sous une forme à négocier. Le SE-UNSA demande solennellement au Ministre de l’Education de ne pas différer davantage la rénovation du DNB pour y intégrer définitivement la logique du socle commun. Les enseignants ont besoin de savoir quel est l’horizon du collège et dans quel sens leurs pratiques d’évaluation doivent évoluer. Le débat fondamental a eu lieu en 2003/2004 et a débouché sur la loi d’orientation de 2005. 4 ans plus tard, il est temps que la loi entre dans les faits. Une mise en œuvre échelonnée permettra d’affiner certains aspects concrets et une appropriation progressive du nouveau cadre. Le SE-UNSA continuera, à plus long terme, son combat pour un brevet simplifié validant l’acquisition des différents piliers du socle commun. G.D.

Accès à la hors classe : des progrès mais toujours des insuffisances Après de longues semaines de discussions, les ratios d’avancement à la hors classe (promus/promouvables) ont été revus à la hausse. Différents selon les corps, ils sont dorénavant les suivants : • Certifiés, agrégés, profs EPS, PLP : 7 % soit une de 12 à 13 % par rapport à l'an dernier ; • CPE : le ratio passe de 3,88 % à 5 %. C'est la plus forte augmentation, avec plus 31,6%. • PEGC et CE d'EPS : les ratios sont toujours à 100 % pour le passage à la hors-classe. Ils ont été alignés pour la classe exceptionnelle et fixés à 42 % En conclusion, des progrès à engranger mais qui ne sauraient tenir lieu de la revalorisation attendue 6

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2nd DEGRÉ Lycée : une grande consultation... pour une grande concertation

Oral de contrôle du bac pro : inacceptable en l’état pour le SE-UNSA ! > Si le SE-UNSA n’est pas opposé au nouveau principe d’un oral de « rattrapage » pour le bac pro, il dénonce l’impréparation du ministère qui impose un changement des « règles du jeu » en cours de partie et la légèreté des textes et du cadrage proposés. Qu’en est-il ? Les candidats concernés seront ceux qui ont obtenu une moyenne générale au moins égale à 8 et inférieure à 10 sur 20 et une note au moins égale à 10 sur 20 à l'épreuve E3 d'évaluation de la pratique professionnelle. L'épreuve de contrôle consiste en un entretien, d'une durée de vingt minutes, avec une commission composée, d'une part, d'un professeur d'enseignement général, enseignant en lycée professionnel et, d'autre part, d'un enseignant de la spécialité concernée ou d'un membre de la profession intéressée par le diplôme. L'entretien se fera sur la base d’un document lié à un stage qui sera rempli préalablement par le candidat. Cet entretien doit permettre d'apprécier la capacité du candidat à s'exprimer et à argumenter et de vérifier son niveau de maîtrise des connaissances et compétences scientifiques et techniques définies dans le référentiel de certification de la spécialité de diplôme concernée. Les candidats sont déclarés admis, après délibération du jury, si ils obtiennent 10 sur 20 en faisant la moyenne entre la note de l’épreuve orale de contrôle et la note obtenue à l’issue du premier groupe d’épreuve.

rieusement un candidat en 20 minutes avec un cadrage aussi vague. De plus, force est de constater que les nouveaux contenus et nouvelles exigences requises en enseignement général sont en total décalage avec cette évaluation. • Le rattrapage du candidat repose intégralement sur le jugement des deux examinateurs car la note attribuée à cet oral « pèsera » autant que la moyenne générale obtenue sur l’ensemble des épreuves. Cela pourrait engendrer, faute d’un cadrage strict et d’un contrôle strict par le jury, de grosses dérives en faveur ou défaveur des candidats. Pour la session 2009, le SEUNSA exige dans l’urgence un cadrage national avec des critères d’évaluation précis. Pour les sessions futures, nous proposons plusieurs évolutions : • une prise en compte de l’ensemble des épreuves « professionnelles » (E1, E2, E3) pour l’exigence d’une note supérieure à 10 sur la partie professionnelle du diplôme, • un rééquilibrage du poids relatif de l’oral de contrôle et de l’ensemble des épreuves du premier groupe, • nous proposons que le rattrapage se fasse en deux étapes : => La première consistera au passage de l’oral avec l’attribution d’une note provisoire. => Cette note sera confirmée ou pas par le jury au vu du dossier du candidat, de l’ensemble des notes obtenues aux épreuves, après régulation, pour l’attribution du diplôme. Le SE-UNSA a adressé un courrier à la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire en ce sens.

Nos critiques portent sur deux points : • Il n’est pas possible d’évaluer sé-

G.D.

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Pragmatisme réaliste, déminage politique, habileté tactique,… Le SE-UNSA se demande quelle est la meilleure expression pour définir le sentiment dominant à la lecture des préconisations de M. Descoings. Les missions du lycée ? Elles sont toutes légitimes. Les différents scénarii de réforme? Ils ont tous leur intérêt. Tous les acteurs sont entendus, reconnus, valorisés, « aimés »… Les erreurs commises par le ministre Darcos sur le dossier depuis mai 2008 contraignent sans doute à la plus grande prudence. Pour autant, le retour à la case départ était-il inévitable ? Car si on résume les propositions qui pourraient être mises en œuvre à la rentrée 2010, où seront les vrais changements ? Les voies générale et technologique maintenues séparées, une série S plus typée, une série L plus polyvalente, ne changeront rien aux hiérarchies existantes ! L’ « entrebons-élèves-issus-des-classesfavorisées » a de beaux jours devant lui ! Pour le SE-UNSA, les mesures proposées relèvent trop souvent de l’anecdotique ou du vœu pieux. Certes, Richard Descoings insiste, à raison, sur l’importance de l’orientation, de l’accompagnement personnalisé et de la rénovation des enseignements. Mais comment faire sans toucher à l’organisation de la scolarité, à l’emploi du temps des lycéens et aux missions des enseignants ? Or, ces sujets sont esquivés ou renvoyés à une hypothétique « vaste concertation », dont on pensait pourtant qu’elle venait d’avoir lieu… Quoiqu’il en soit, le SE-UNSA persistera à défendre son projet pour les lycéens en posant toutes les questions, y compris celles qui dérangent. n°114 • Mai / Juin 2009 • l’enseignant


FORMATION

Mastérisation : quand la FSU apporte de l’eau au moulin du ministère. > LE COMITÉ TECHNIQUE PARITAIRE MINISTÉRIEL du 28 mai examinait les modifications des textes statutaires liées à la mastérisation, alors que les groupes de travail sont en cours et que la commission MaroisFilâtre ne rendra ses propositions que le 15 juillet. Cette précipitation avait motivé le boycott du CTPM initial par les organisations syndicales. En effet les projets de textes « préemptaient » les conclusions de la commission Marois-Filâtre en inscrivant d'ores et déjà, dans la règlementation, les épreuves d'admissibilité en début de M2, alors que le débat, pour nous, pouvait encore permettre d'avancer, sur cette question, vers une admissibilité en fin de M1. Lors de l’examen des textes en séance, La FSU, sur les projets relevant du champ de syndicalisation du SNES (certifiés, agrégés, CPE), a voté en abstention, tout comme le SNALC. Ceci n’a pas échappé au ministre dont voici les propos relatés dans la Dépêche AEF, du 10 juin 2009 n°115343 « La FSU s'est abstenue », rappelle-t-il, ce qui « revient à ne pas voter contre ». Cette fissure dans le front syndical a des conséquences directes. Le SNES a, de fait, objectivement donné des gages au ministère et ainsi verrouillé le dispositif de recrutement au M2. La communauté des formateurs et des universitaires qui se mobilisent depuis des mois vit ce vote comme une trahison. Par ailleurs, le positionnement du SNES révèle une fois de plus le clivage qu’il veut marquer entre les enseignants du premier et du second degré.

deuxième année de master (M2) pose plusieurs problèmes dont celui-ci : elle risque de conduire dans l’impasse cinq étudiants sur six engagés dans un master « enseignement » qui n’auraient aucune perspective d’emploi, avec un mécanisme désastreux, socialement inacceptable, générant quelques 100 000 « reçus-collés ». Par ailleurs, depuis le comité technique paritaire du 28 mai, la Conférence des présidents d’université a décidé de suspendre sa participation à la commission Marois-Filâtre sur la formation et le recrutement des enseignants. La fédération UNSA-Éducation considère que la volonté du ministère de l’Éducation nationale, confortée par les votes en abstention de la FSU de passer en force, en est la cause majeure. Le SE-UNSA, de son côté, a décidé de continuer à siéger dans les groupes de travail pour y défendre les IUFM et la formation professionnelle par alternance. En effet, de nombreux sujets importants qui ne relèvent pas des décrets statutaires doivent encore être débattus : l’organisation des stages, leur suivi, leur évaluation, la place des EMF du premier degré, les modalités d’affectation et de titularisation des stagiaires, la question du cadrage national des masters, l’avenir des formations ASH, etc...

Pour nous la place du concours, envisagée en cours de

Stéphanie BOCQUIAULT-BOULAY

C’est loin la retraite ? Non, j’y pense dès maintenant ! Nous sommes bien d’accord, cela peut sembler étrange. Et pourtant… Pourtant, maintenant, certains de vos choix professionnels ou personnels auront des conséquences sur votre retraite. Pourtant, maintenant, il y a des moments clés dans votre début de carrière qu’il ne faut pas rater. Pourtant, maintenant, vous pouvez vous interroger sur ce qui va vous arriver, en particulier si vous avez travaillé dans le secteur privé. Pourtant, maintenant, connaître ses droits est essentiel pour continuer à défendre un régime de retraite basé sur la solidarité. C’est pour essayer de répondre à vos interrogations, pour vous aider à démêler le vrai du faux que le SE-UNSA vous propose ce guide.

Néo titulaires ou futurs néo-titulaires, demandez-le nous ! 8

n°114 • Mai / Juin 2009 • l’enseignant


L'Enseignant du SE-UNSA 78 de mai - juin 2009