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Reisegeschichten. Mit Zahlen und Fakten zum Geschäftsjahr der SBB.

Récits de voyage. Avec les faits et chiffres tirés de l’activité des CFF.

Racconti di viaggio. Con fatti e cifre relativi all’anno d’esercizio FFS.

2012


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Reisegeschichten.

Mit Zahlen und Fakten zum Geschäftsjahr der SBB .

Récits de voyage.

Avec les faits et chiffres tirés de l’activité des CFF.

Racconti di viaggio.

Con fatti e cifre relativi all’anno d’esercizio FFS .

2012


VORWORT

  Geschichten von «Unterwegs zuhause» Liebe Leserinnen und Leser In Schweizer Zügen wird nicht in Serie gemordet wie einst in Agatha Christies Orient-Express. Kein Zug fährt auf einem geheimen Gleis 9¾ ab. Abschiedstränen fliessen auf schweizerischen Bahnhöfen auch nur mit Mass. Nein, Zugreisegeschichten beginnen hierzulande zumeist mit der höflichen Frage: «Isch do no frei?» 31 Texte versammelt dieses Büchlein, das einen Teil der SBB Jahresberichterstattung 2012 bildet. Es sind erlebte und erdachte Geschichten, von der Anekdote bis zum Songtext, und sie kommen aus allen Regionen der Schweiz. Wir veröffentlichen sie in ihrer Originalsprache – als Ausdruck dafür, dass die Bahn alle Teile der Schweiz verbindet und in dichtem Takt Sprachgrenzen überwindet. Mit dieser Geschichtensammlung verwirklicht die SBB ein ganz besonderes Projekt. Vor Jahresfrist liessen wir sechs Schweizer Autorinnen und Autoren ihre Reisegeschichte erzählen. Ein Jahr danach haben wir die Türe weit geöffnet und der breiten Öffentlichkeit die Möglichkeit gegeben, sich zu beteiligen. Es war ein Wagnis, wenn auch ein kleines: Schliesslich ist mit fast jeder Reise und mit jedem Gang zum Bahnhof ein erzählenswertes Erlebnis verbunden. Wir hoffen, dass das Lesen unseren Kundinnen und Kunden Spass macht. Die Themen sind ebenso bunt und vielfältig wie das Autorenfeld: von der Schülerin über den Lokomotivführer bis hin zum Rentner. Wir präsentieren eine kleine Auswahl, denn es waren insgesamt fast 700 Texte, die aus allen Teilen der Schweiz und aus dem Ausland bei der SBB eintrafen – zu viele, um alle abzudrucken, obwohl es noch viele mehr verdient hätten. Wovon erzählen packende Reisegeschichten aus der Schweiz? Von verpassten Zügen. Oder von einem zwar erwischten Zug, der aber der falsche war – und nun eine Entdeckungsreise ermöglicht. Vom Leben auf den Bahnhöfen und vom Wohnen an einer Schnellfahrstrecke. Natürlich auch vom Pendeln; die Schweizer sind schliesslich ein pendelndes Volk, und die Bahn spielt dabei eine Hauptrolle. Die Textsammlung lässt in die Schweizer Seele blicken. Zwar ist der beliebteste Platz am Fenster, in Fahrtrichtung, und am besten allein im Abteil – doch die Sehnsucht nach Begegnung fährt ebenfalls mit.

Reisegeschichten.

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Viele geniessen auch die Gelegenheit, im Zug Blick und Gedanken frei wandern lassen zu können. Die Wettbewerbsbeiträge zeugen von einem herzlichen Verhältnis zur SBB , in deren Zügen man sich «unterwegs zuhause» fühlen kann. Denn die SBB bringt nicht nur pünktlich, zuverlässig und komfortabel ans Ziel, sondern ermöglicht darüber hinaus auch Reiseerlebnisse aller Art. Über die blosse Leistung hinaus wollen wir auch dieses «Unterwegs zuhause»-Gefühl vermitteln. Die Texte zeigen, dass dies, wenn nicht immer, so doch schon oft gelingt. Von diesem Gefühl zeugen auch die Geschichten in Zahlen in der Mitte dieses Hefts. Sie machen sichtbar, was unsere 29  240 Mitarbeitenden tagtäglich rund um die Uhr leisten, damit einzigartige Reisegeschichten erlebbar werden: Jeden Tag hat die SBB 967  000 Menschen und 175 000 Tonnen Güter bewegt. Annähernd 10 000 Züge rollen täglich auf dem meistgenutzten Bahnnetz der Welt. Die SBB und ihre Mitarbeitenden arbeiten mit Kraft daran, das einzigartige Schweizer Bahnsystem noch weiter zu entwickeln und das Angebot auszubauen. Wichtige Schritte tun wir in den nächsten Jahren – unter anderem mit der Inbetriebnahme des Gotthardbasis­ tunnels (2016), der Zürcher Durchmesserlinie (ab 2014) und neuen grenzüberschreitenden Bahnverbindungen im Raum Genf sowie im Tessin. Heute werden die Weichen gestellt, damit die SBB auch in 20 Jahren das leistet, was unsere Bevölkerung erwartet. Als einzigartig nachhaltiges Verkehrsmittel ist die Bahn gut positioniert. Erfolgreich in die Zukunft bringen uns das Vertrauen unserer Kundinnen und Kunden sowie das Wohlwollen der ganzen Bevölkerung. Dies ist nicht allein eine Sache des Kopfes, sondern vor allem auch des Herzens – genau wie die nachfolgenden Geschichten. Viel Freude bei der Lektüre!

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Dr. Ulrich Gygi

Andreas Meyer

Präsident des Verwaltungsrates SBB AG

CEO SBB AG

Reisegeschichten.


pr é face

Histoires «En route, comme chez soi» Chères lectrices, chers lecteurs Les trains suisses ne sont pas, contrairement à l’Orient-Express d’Agatha Christie, le théâtre de meurtres en série. Aucun train ne part d’une mystérieuse voie 9 ¾. Au moment des adieux, même les larmes sont mesurées dans les gares suisses. Le plus souvent, les histoires de voyage telles qu’elles se présentent dans notre pays commencent par une rituelle question de politesse: «C’est libre?» Constitutif du rapport de gestion 2012 des CFF, le florilège que vous tenez entre vos mains contient 31 histoires écrites en quatre langues. Chansons, nouvelles ou anecdotes, certaines sont vraies, d’autres imaginaires. Nous les publions sans traduction afin de rappeler que le chemin de fer crée des liens en Suisse et franchit les frontières linguistiques à une cadence soutenue. En publiant ce recueil, les CFF concrétisent un projet particulier. L’an dernier, nous avons invité un certain nombre d’écrivaines et écrivains suisses à raconter leurs propres histoires de voyage. Un an après, nous avons offert au grand public la possibilité de s’exprimer à son tour. Une gageure? Après tout, chaque voyage en train et chaque passage à la gare représente une histoire qui mériterait d’être relatée. Nous vous présentons ici une petite sélection des quelque 700 textes que nous avons reçus – trop pour que tous soient publiés, certes, même si d’autres l’auraient certainement mérité aussi. Les sujets abordés sont aussi divers et variés que les profils de leurs auteurs: écolière, mécanicien, retraitée, habitant en Suisse ou domiciliés sous des cieux lointains. Nous espérons que vous prendrez plaisir à leur lecture. De quoi est-il donc question dans ces passionnantes histoires de voyage en Suisse? On y évoque des trains manqués. Ou un train qu’on a réussi à prendre, mais qui n’est pas le bon et ouvre la porte à des découvertes. On y dépeint des gares et les aléas de l’habitat à proximité des voies. Ces récits abordent aussi la question des voyages réguliers: le peuple suisse est pendulaire par essence, et le chemin de fer joue ici un rôle-clé. Ce recueil se veut aussi un regard offert sur l’âme suisse. Certes, on préfère s’asseoir près de la fenêtre, seul dans un compartiment et dans le sens de la marche: beaucoup de voyageurs aiment laisser leurs Récits de voyage.

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idées battre la campagne pendant un voyage en train, en toute liberté. Mais derrière cet isolement rêveur, l’envie de rencontre n’est jamais loin. Les contributions au concours témoignent d’un attachement sincère aux CFF et à leurs trains, à bord desquels on se sent «en route, comme chez soi». Les CFF conduisent en effet chacune et chacun à destination, à l’heure, à bord de trains confortables et fiables; ce faisant, ils ouvrent la porte à toutes sortes d’expériences à celles et ceux qui voyagent avec eux. Notre souhait est que l’impression d’être en route, comme chez soi aille plus loin que la simple réalisation d’une prestation. Les textes que nous avons découverts démontrent que cela arrive souvent pour ne pas dire toujours. Les faits et chiffres présentés dans les pages centrales de cet ouvrage témoignent aussi de cette impression. Ils montrent ce que nos 29 240 collaboratrices et collaborateurs accomplissent quotidiennement, 24 heures sur 24 , afin de permettre que ces expériences de voyage hors du commun puissent naître. Jour après jour, en effet, les CFF déplacent 967  000 personnes et 175  000 tonnes de marchandises. Environ 10 000 trains circulent chaque jour sur le réseau ferroviaire le plus densément exploité du monde. Les CFF et leur personnel mettent tout en œuvre pour développer le système ferroviaire suisse et étendre une offre déjà exceptionnelle. Les années à venir seront marquées par des jalons aussi importants que la mise en service du tunnel de base du Saint-Gothard (2016), de la ligne diamétrale de Zurich (2014) et des nouvelles liaisons ferroviaires transfrontalières dans la région de Genève et au Tessin. C’est aujourd’hui que sont posés les fondements qui font que dans 20 ans également, les CFF fourniront à la population suisse le service qu’elle attend d’eux. Moyen de transport durable d’exception, le chemin de fer bénéficie d’un bon positionnement. La confiance de notre clientèle et la volonté de toute la population nous permettront de réussir à l’avenir. C’est une affaire de raison, mais aussi de cœur – comme le sont les histoires que vous vous apprêtez à découvrir. Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

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Ulrich Gygi

Andreas Meyer

Président du Conseil d’administration de CFF SA

CEO CFF SA

Récits de voyage.


premessa

Storie di viaggi «come a casa propria» Cari lettori, care lettrici I treni svizzeri non sono teatro di assassinii in serie come nel famoso Orient Express di Agatha Christie. Nessun treno parte da un binario segreto 9¾. E anche le lacrime d’addio scorrono con moderazione nelle stazioni elvetiche. Di solito, qui da noi, le storie in treno cominciano invece con una domanda educata: «Mi scusi, è occupato?» L’inserto che tenete tra le mani raccoglie 31 testi e costituisce parte del Rapporto di gestione 2012 delle FFS . Sono storie vissute sulla pelle degli autori o con la fantasia; aneddoti, poesie o canzonette. Abbiamo deciso di pubblicarle in lingua originale, come testimonianza che la ferrovia unisce il Paese e va oltre le frontiere linguistiche. Con questa raccolta di storie le FFS realizzano un progetto molto speciale. Lo scorso anno avevamo chiesto ad affermati autori svizzeri di raccontare la loro storia di viaggio. Un anno dopo abbiamo domandato al grande pubblico di partecipare a un concorso a tema. Potrà sembrare audace, ma non lo è. Perché in fondo, quasi ogni viaggio e ogni tappa in stazione è legata a un’esperienza da raccontare. Leggere queste storie, è stato un piacere. I temi erano tanto colorati e svariati quanto i profili degli autori. Vi presentiamo qui una selezione dei 700 testi giunti da ogni angolo della Svizzera e anche dall’estero – troppi, per poterli pubblicare tutti, anche se tanti se lo sarebbero meritato. Di cosa parlano le avvincenti storie di viaggio svizzere? Di un treno perso. O preso al volo, ma era quello sbagliato – e ha portato verso nuove scoperte. Della vita nelle stazioni e di abitazioni accanto a una linea ad alta velocità. E, naturalmente, anche di spostamenti: in fondo, gli svizzeri sono un popolo di pendolari e la ferrovia ha un ruolo fondamentale. La raccolta lascia trasparire l’animo svizzero. È vero, il posto migliore dove sedersi è quello vicino al finestrino nella direzione di marcia e meglio ancora se in un compartimento vuoto. E sono molti quelli che in treno amano lasciar vagare lo sguardo e i pensieri. Ma dietro questo isolamento, si cela anche sempre la nostalgia di nuovi incontri. I racconti testimoniano anche il legame che unisce i clienti alle FFS : a bordo dei nostri treni ci si può sentire come a casa propria. Racconti di viaggio.

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Perché le FFS non si limitano a portare i passeggeri a destinazione in modo puntuale, affidabile e confortevole, ma rendono possibili anche esperienze di viaggio di ogni tipo. Non ci accontentiamo di fornire una semplice prestazione di trasporto, ma desideriamo trasmettere il sentimento di sentirsi «in viaggio come a casa propria». Le storie mostrano che, spesso, ci riusciamo. E questo è confermato anche dai fatti e dalle cifre riportate nelle pagine centrali di questa pubblicazione, che evidenziano le prestazioni che i nostri 29  240 collaboratori e collaboratrici compiono ogni giorno, 24 ore su 24 , perché straordinarie storie di viaggio possano essere vissute. Giorno dopo giorno, infatti, le FFS mettono in movimento 967 000 persone e 175 000 tonnellate di merci. E i treni che giornalmente circolano sulla rete ferroviaria più frequentata del mondo sono più di 10 000. Le FFS e i loro collaboratori si adoperano per sviluppare sempre più l’eccezionale sistema ferroviario svizzero e ampliare l’offerta. Nei prossimi anni compiremo passi da giganti, come la messa in servizio della galleria di base del San Gottardo (2016), il passante di Zurigo (dal 2014) o i nuovi collegamenti transfrontalieri tra Ticino e Lombardia e tra Ginevra e Francia. Oggi posiamo gli scambi perché anche tra 20 anni le FFS siano in grado di soddisfare le aspettative della popolazione. La ferrovia è sicuramente un mezzo di trasporto sostenibile unico nel suo genere. Per entrare a testa alta nel futuro contiamo sulla fiducia dei nostri clienti e sul favore di tutta la popolazione. Non è solo una questione razionale, ma soprattutto emotiva. Proprio come le storie che abbiamo raccolto. Buona lettura!

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Dott. Ulrich Gygi

Andreas Meyer

Presidente del Consiglio d’amministrazione FFS SA

CEO FFS SA

Racconti di viaggio.


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IMMER WENN ICH AUF REISEN GEHE KOMMT DIESER SELTSAME HUNGER NACH WÜ RSTCHEN MIT SENF ZWISCHEN EISENGE RUCH DER RÄ DER UND DÄ MMERUNGS Ä NGSTEN IM ROLLENDEN HAUS – DANN GRÜ SST DIE SEHNSUCHT IM GRAUEN MANTEL UND VERL Ä SST DEN FAHRENDEN ZUG .

Batja Guggenheim-Ami, 69 , St. Gallen

Reisegeschichten.

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Off Track

I love trains. I love Swiss trains. They’re clean. The seats are well cushioned. The rattle has a sound that is both steady and comforting – a sonorous, well-oiled, well-serviced sound. Quiet comfort. Dependability. And punctuality. Watching the big hand click through the seconds of the scheduled minute of departure as the train starts to move leaves me with the satisfying sense the world is in order. Yet even in Switzerland, trains occasionally run late. In winter, during a heavy snowfall, you’d expect it. But in summer, when the weather is perfect? It is the thousands of schoolchildren on their annual excursion who cause the delay. Platforms are brimming with schoolchildren of all ages, two or three adults accompanying each class, as they set out to discover other parts of Switzerland. Kids from the Muothatal visit the big city Zurich, the kids from Zurich the cows in Muothatal. The French go to the Italian part, the Ticinese to the Bernese Alps. So summer sees an entire school population on the move. Last June on my way to Zurich, a class of eight- or nine-year-old boys and girls boarded the train. Suddenly, our quiet dull compartment was invaded by a flock of chirping colourful birds. Laughing, shouting, elbows flying, they crammed into the window seats. The long dark hair across from me, mingled with blond. Their heads together, giggling, a girl from Sri Lanka and her Swiss friend were sharing some secret, some story. Sisters over continents. The children were on their way to explore the airport. For half an hour we were a part of their adventure. For thirty minutes we had a break from the serious business of being adults. Zurich came far too early. There is no country in the world, I am sure, where trains are not sometimes delayed. But has it ever happened to you that a train is early? I ran onto the platform a few months ago and found it strangely empty. Breathless and panting I looked up at the clock. Still three minutes to go before the scheduled departure, yet no 12

Reisegeschichten.


other passengers, no train in sight. I ran up to the station master coming along the track and asked him about the train. “It just left,” he said, rather flatly. “But it can’t,” I stammered, “it’s not yet time.” “Don’t you ever make mistakes?” he replied. “But … ,” I wanted to continue, when the sudden memory of a recent incident stopped my tongue and made me decide not to argue the point … The previous Friday my older son, Anthony, had wanted to throw a birthday party – without his parents around. His father was away on a business trip, and I was kind enough to take myself off to my sister near Olten. As Anthony also needed my car to ferry friends and bottles, I drove my husband’s car to Pfäffikon station, some ten miles away, parked it there and took a leisurely train ride to Olten. Next morning, however, both my sister and I felt we were coming down with the flu. I certainly had a temperature. But as I had promised Anthony not to show up at home before six o’clock in the afternoon (the time needed to clear up the aftermath of an all-male party), I had no choice but to somehow get through the day. So we decided to do a bit of shopping to distract us from our sore throats and aching bodies. We ambled in and out of shops, filling bags and emptying purses. At three I’d had enough. “I’ll take the 15:16 train to Zurich,” I said to my sister. “That’ll get me home at half past five and Anthony can’t be too far off having cleared the camp.” On the train, I realised how thirsty I was. Even food seemed a distinct possibility. After all, I hadn’t had anything to eat or drink since breakfast at nine. But when the snacks cart came, I grandly waved it past. With more than half an hour between trains, I decided I would treat myself to cheesecake and coffee in the Hotel Gotthard in Zurich instead. And I didn’t want to spoil my appetite for that. In Zurich, however, I found the train I had planned to take to Pfäffikon did not run on Saturdays and that I had to take a local train leaving in thirteen minutes. Not enough time to get to the Hotel Gotthard for coffee. I installed myself on the train. I hung up my coat, parked the numerous shopping bags, searched my handbag for my keys, and together with my ticket, placed them all neatly on the windowsill, ready. Exhausted, dehydrated, I leant back. Still eleven minutes to go! Fed up I stared out of the window. Then – I could hardly believe Récits de voyage.

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my feverish eyes – a coffee cart on the train just across from mine! Like a thirsty traveller in the desert who is drawn by the shimmering vision of a lake, I picked up my wallet – nothing else – left my train, walked across the platform and entered the other train. No. It was not a hallucination. The coffee cart was real. Grateful, my hand gripped the warm plastic cup. But as I headed to the door, slowly – so as not to spill the coffee – slowly, the train started to roll. The doors closed. “But I need to get out! Let me jump off!” I shouted, suddenly very awake. If the conductor had wanted to shield his young from a beast of the wild, he could not have done a better job protecting the door from me. “But I have all my things on the other train, my coat, my handbag, my shopping bags, my keys.” The conductor sold me a ticket to Dietikon, the next stop. Suddenly very small, I found myself an empty seat. Except for the click of the ever-faster moving wheels, an odd silence filled the compartment. The passengers had all found some spot on the wall to fix their eyes on. The station – grey concrete – was as grey as the sky. And it was bitter cold. My skirt and silk blouse were neither right for the place, nor the climate. I ran to keep warm. Like many stations at the weekend, it was crowded with workers from Turkey or Albania who meet there to pass the time of day. What they thought as I dashed past clutching my purse, I do not know; I certainly got some funny looks. I bought a ticket back to Zurich. In Zurich, more workmen filled the station. Even more funny looks. Zigzagging, I ran to a telephone booth. Anthony answered. “Don’t ask any questions, drive down to Pfäffikon, meet the 17:14 train and get my things from the second carriage! And leave the keys with the station master!” (Our recently acquired secondhand car had come with only one key.) I bought myself another ticket to Pfäffikon. I had forgotten how slow a slow train was. The stations snailed by – Wiedikon, Enge, Wollishofen, Kilchberg, Rüschlikon … And nothing to do except think about my incredible stupidity and to worry. My main worry was my husband’s keys. Not just because of the car key. What seemed far worse, the more I thought about it, 14

Récits de voyage.


was that on the same keyring were not only his office key, but worst of all; the key to the confidential filing cabinet at work. I knew my husband would loathe admitting to the personnel manager that his wife had left his keys on one train while she got herself coffee on another! In Pfäffikon I was out like a flash and up the stairs and in the station master’s office. “Has anybody handed in the things for Frau West?” I asked, holding my breath. “No, I am sorry.” Devastated, I turned to leave. Without the keys, how would I get the car back home? The next moment they nearly hit me in the chest, as I bumped into a very impatient conductor at the door. Ignoring me, he shouted to the station master, “Here are some keys for a Frau West! Tell her, her son has taken the other things home.” Saved, saved, saved at last! The house was spotless and mercifully empty. Anthony was driving his friends home. Then I did what the film heroes always do when they don’t know what to do – I poured myself a very large brandy. As it slowly trickled downward, I began to relax. Gratitude – to Anthony, to the passengers who did not steal my belongings, to the conductor who had handed me the keys, warmed my innards. Remembering all this, I could hardly be angry with the station master for sending the train off a little early.

Heidrun West, 67, Galgenen

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Winterthurer Slum

Für eine spätere Zugleistung kommt es hin und wieder vor, dass der Lokführer vorab eine Dienstfahrt in Anspruch nehmen muss. An jenem schönen Spätsommersamstag machte ich es mir also in der 1. Klasse bequem, denn ich musste nach Zürich reisen, wo ich später einen Zug übernehmen sollte. In Winterthur stieg ein indischer Geschäftsmann zu. Interessiert beobachtete er die vorbeiziehende Landschaft. Als der Zug bei Töss vorbeifuhr, schüttelte er ungläubig den Kopf und meinte, mit Blick auf die Schrebergärten: «Slum von Winterthur?» Verwirrt fragte ich nach, wie er das meine. Er präzisierte, ob diese kleinen Häuschen denn nicht das Elendsviertel von Winterthur seien, und er hätte nie gedacht, dass es so etwas in der Schweiz gäbe. Ich erklärte ihm, das seien lediglich Kleingärten, und die Menschen würden dort ihr Gemüse selbst anpflanzen. Warum denn diese Menschen ihr Gemüse selbst anpflanzen müssen, wenn doch im Supermarkt alles einfach und günstig zu kaufen sei, fragte er nach. Ich versicherte ihm, dass er kein Mitleid mit diesen Menschen haben müsse.

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Racconti di viaggio.


Diese Leute würden sehr gern ihre Freizeit in ihren Heimgärten verbringen. In ihrem Berufsleben seien es vielfach Angestellte oder Beamte, die als Ausgleich einen Kleingarten bewirtschaften. Trotzdem könne er sich beileibe nicht vorstellen, dass gebildete Leute mit einer guten Anstellung sich freiwillig die Hände schmutzig machen würden. Ich entgegnete, diese Leute würden eben der Kaste der Schrebergärtner angehören. Der Gemüseertrag stünde dabei nicht im Vordergrund. Vielmehr diene ein solcher Garten als Rückzugs- und Entspannungsort sowie als sozialer Treffpunkt unter Gleichgesinnten. Man verbringe dort gern seine Freizeit. Schon kündigte die Lautsprecherdurchsage im Intercity den nächsten Halt an: Zürich Flughafen. Der indische Herr packte seine Siebensachen zusammen und verabschiedete sich herzlich von mir. Ich schaute ihm auf dem Perron so lange nach, bis er aus meinem Blick verschwand. Noch heute muss ich mit einem Schmunzeln an diese Begebenheit denken. Stefan Niederer, 46 , Berneck

Reisegeschichten.

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F

La valise bleue

– Est-ce que cette valise appartient à quelqu’un? L’homme était corpulent et portait un chapeau de feutre noir. – Je répète: est-ce que cette valise bleue appartient à quelqu’un? Pas de réponse. Parmi les rares passagers du wagon, un militaire éclusait une canette de bière le regard vide, une adolescente parcourait un journal gratuit les écouteurs vissés aux oreilles, un couple d’âge mûr somnolait et moi, je feuilletais mon guide de New York en feignant de ne pas entendre. – C’est une question de vie ou de mort! Nous avons tous levé la tête en même temps. De mauvaise grâce, je suis sorti de mon mutisme: – Qu’est-ce qui se passe? – Cette valise est à vous? – Non. La mienne est ici avec moi. Pourquoi? – Il se trouve que cette valise ne semble appartenir à personne. – Et alors? Quelqu’un a dû l’oublier, voilà tout. L’homme au chapeau noir m’a toisé d’un air sombre. – Elle est suspecte cette valise, a-t-il fait. Il n’y a ni nom ni adresse mentionnés dessus. Je me suis approché. La valise était posée sur le porte-bagages au fond du wagon. Une valise à coque bleue. Banale. – Vous êtes sûr?, ai-je demandé. Il faudrait peut-être juste la retourner pour voir s’il n’y a pas d’inscription. – Surtout pas!, a-t-il répliqué. Si c’est un bagage piégé, nous sommes tous morts. – Un bagage piégé? Mais la probabilité est plutôt … L’homme au chapeau noir me fit brusquement signe de me taire. – Vous entendez? – Quoi? – Ne dites rien et collez votre oreille à la valise. J’ai écouté en retenant ma respiration. – Alors? 18

Reisegeschichten.


– Rien. – Je suis sûr d’avoir entendu le bruit d’un tic-tac. – Vous plaisantez? – J’ai l’air? Je ne partageais pas vraiment l’inquiétude de l’homme au chapeau. Mais notre conversation avait remué les autres passagers. Le militaire nous avait rejoints. Le couple aussi. – Vous m’inquiétez, a dit la dame. Vous croyez vraiment que ça peut être une bombe? – Du calme Suzanne!, a fait son mari. On est en Suisse. Dans un train CFF  … – Y a qu’à l’ouvrir cette valise, a lancé le militaire. Comme ça, on aura le cœur net. – Ne touchez à rien!, a intimé l’homme au chapeau noir. Tout bagage suspect doit être immédiatement communiqué au chef de train. Est-ce que vous avez remarqué des personnes bizarres dans le train? – Non, ai-je dit. – Attendez, a fait Suzanne pensive. Quand je suis allée aux toilettes, j’ai aperçu un homme avec … – Ah!, s’est écrié l’homme au chapeau noir. – Des poseurs de bombes dans un train suisse, on aura tout vu, a soupiré le mari de Suzanne. – La menace est partout depuis le 11 septembre, a rétorqué l’homme au chapeau noir. Même en Suisse. Demandez à Monsieur, dit-il en pointant du doigt le militaire. Le soldat acquiesça. – Mais ne nous affolons pas, a continué l’homme au chapeau noir. Il faut s’organiser. Je vais rester ici pour surveiller cette valise. Vous le militaire, vous irez prévenir le chef de train pour que des démineurs montent à la prochaine halte à Nyon. Et les autres iront demander aux passagers des voitures voisines s’ils savent à qui appartient cette valise. Nos yeux ne pouvaient se détacher de la valise bleue qui brillait à présent d’un éclat menaçant. L’homme au chapeau noir avait fini par instiller le doute dans nos esprits. La façon dont il martelait ses syllabes d’une voix à la fois calme et impérieuse nous enjoignait de prendre la menace au sérieux. Nous avons donc fait ce qu’il suggérait. Evidemment, personne dans le train ne savait d’où provenait cette valise. De son côté, Suzanne créait un début de psychose en demandant Récits de voyage.

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aux passagers s’ils n’avaient pas aperçu l’homme à la valise. Lorsque le train s’immobilisa enfin en gare de Nyon, nous avons regagné notre wagon. – Elle n’est plus là!, a crié Suzanne. La valise bleue avait bel et bien disparu. Des employés CFF l’avaient sans doute extraite en notre absence. Mais ce n’était pas tout. Une autre valise s’était volatilisée. La mienne. J’ai regardé sous les sièges. J’ai demandé aux passagers. Sans succès. Alors que le train s’ébranlait, j’ai lancé un regard de détresse sur le quai. Et j’ai aperçu ma valise. Ainsi que la valise bleue. Toutes deux tirées par un type pressé … Un type corpulent qui portait un chapeau de feutre noir.

Philippe Lamon, 33 ans, Lausanne

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Récits de voyage.


D

Platz-Angscht Sitt Jahr hockeni im Bähnli geng am gliiche Platz; Z’vorderscht linggs, da isch mi Sitz, i hüetne wiene Schatz. I schtiege geng, da achti druuf, vo voor i ds Bähnli ii, De chani’s gmüetlech näh u gliich aus Erschte dinne sii! I bi dr Meinig, jede Mönsch, wo für nes Billie zauht, Söu sech ou e Platz uussueche dörfe, wo-n-ihm gfaut, Drum fingi, s’isch mis Rächt, e Sitz z’ha, ganz ellei für mi, I zahle schliesslech Schtüüre, u für nüüt zahli nid ii! Doch geschter grad, i hätti’s nid erwartet, isch’s passiert: E Frou, i hase zersch nid gseh, die het mi provoziert! Die schtiegt – u s’ischmr schleierhaft, wie das het chönne choo – Vo voor i ds Bähnli ii – u mi het d’Paanik überchoo! I ha grad gwüsst, die Frou het’s abgseh uf mi Platz ir Bahn U bi’re hinger nache techlet im’ne Affezahn. Fescht entschlosse zur Verteidigung vo mim Platz, Bini uf dä Sässu ghechtet mit’me gwaagte Satz! Dr Schprung isch glunge, nume d’Landig ischmr abverheit: Bi mit em Chopf, schtatt ufem Sitz, zwüschenabe gheit. Doch schteui zfriede fescht, mis Horn am Chopf isch nid für d’Chatz: Mi Sitz isch nämlech frei u d’Frou nimmt gägenüber Platz! Dä Voorfau het mi glehrt, doch dir meinit vielech, jitz Verzichteni röimüetig uf mi auti Bähnlisitz. Nei, ändere wott’is nid, doch ir Zuekunft weissi eis: I wirde geng dr Erschti sii bim Warte a de Gleis! I wirde geng dr Erschti sii bim Warte a de Gleis!

Adi Halter, 50 , Wabern

Racconti di viaggio.

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I

Il treno con le porte rosse Anni dopo, mi sarei ritrovato a provare nostalgia per il sapone in polvere. Ero molto piccolo, quando in Svizzera salii per la prima volta su di un treno, e di quel viaggio non ricordo molte cose. Probabilmente, quel primo treno era uguale a tutti quei bellissimi treni sui quali, varcato ogni volta il confine a Gandria, sarei salito negli anni successivi, durante l’università e ora che lavoro, tornando a casa, avanti e indietro per quei binari sghembi che prima accarezzano il lago di Lugano e poi lo attraversano, acqua a destra e a sinistra, le bandiere dei cantoni agitate dal loro passaggio. Quei treni erano belli. Una locomotiva rossa, filante, che mi pareva fantascienza rispetto alle locomotive della mia Italia – verdi, rosse e sgraziate – compariva piccolina in fondo al binario e mi veniva incontro in un sibilo crescente. Poi, rumorose, arrivavano quelle bellissime carrozze – «Prima classe settore B, seconda classe settori C e D, vagone ristorante settore C» – con due strisce di grigi differenti lungo la fiancata e le porte rosse e, sulla fiancata, lo stemma con quel simpatico accrocchio di lettere – SBB CFF FFS – che da bambino non capivo e da adolescente non ricordavo. Mia mamma mi teneva per mano – «Non oltrepassare la linea gialla», diceva la voce della signora della stazione –, poi mi aiutava a salire; l’interno era colorato, giallo sulle pareti e azzurro il linoleum. Trascinavamo i bagagli fino ai nostri posti indicati dal foglietto giallognolo delle prenotazioni e ci sedevamo, mentre di fuori – «Questo treno ferma a Bellinzona, Arth-Goldau, Zug, Zurigo» – la stazione di Lugano cominciava a scorrere. Non è passato che qualche lustro, eppure era

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Racconti di viaggio.

un tempo in cui ancora il viaggio, inteso come concetto, forse non era così inflazionato a causa di voli a basso costo e di mentalità globali che, invece di unire i popoli, sembrano solo volerne annullare le peculiarità. Il treno, purtroppo, ha un po’ perso la sua magia, sopraffatto dall’incessante bisogno di velocità e dal crescente disinteresse verso l’effimera, ineguagliabile bellezza di quello che la finestra di una carrozza può mostrare. Una mamma che accompagna il figlio a scuola; un uomo su una macchina che mette la freccia per svoltare in una strada laterale; la vecchia che osserva quella stessa strada dal suo balcone; un gattaccio che se ne frega di tutti loro e sonnecchia in un vicolo appaiono per un istante davanti ai miei occhi a loro estranei e poi scompaiono, proseguendo la loro vita a me estranea. Scene di sole immagini – senza brutti pensieri né cattivi sentimenti, prive delle loro gioie ma anche dei loro affetti – formano per un attimo, una dopo l’altra, il mondo che mi circonda, un quadro dinamico che osservo dal mio sedile – solidale al mio sistema di riferimento, direbbe un fisico. Poi, c’erano i paesaggi che il treno, minuscolo lombrico in un campo d’insalata, attraversava. Certi giorni, estasiato, guardavo nuvole cariche di pioggia che riempivano il cielo perlaceo e venivano riflesse nei toni del verde dalle acque ferme del Ceresio; altre volte, dietro al vetro, subivo il sole feroce che, in un gioco perfido di riflessi, rendeva accecante l’azzurro commovente su cui le Alpi si stagliavano, i contorni decisi come nel disegno di un bambino. Adoravo guardare paesaggi, paesi e persone sconosciute della Svizzera: la pioggia che ingrigiva il Ticino e le Alpi bluastre in


lontananza; i postali che passavano lenti sulle strade, gialli e squillanti come le loro trombe bitonali; il lago dei Quattro Cantoni e poi quello di Zurigo che luccicavano tremanti, mentre aspettavo di arrivare in quella che allora pensavo fosse la città più bella di tutte – e, in un certo modo, qualcosa di simile lo penso ancora. L’entusiasmo di un bambino spesso si tramuta in fugaci ricordi senza tempo, indelebili e indefinite istantanee di vita vissuta. Zurigo era la città della Paradeplatz e dello zoo, del tram numero 13 – giallo – che portava il nonno al lavoro e del tram numero 8 – verde chiaro – che, chissà perché, allora aveva una carrozza sola. Zurigo per me era la fermata presso Anna-Heer-Strasse – tram 10 rosa e 14 azzurro, «Seebach e Milchbuck a sinistra e destra». Zurigo era, soprattutto, la casa dei nonni, moquette nel soggiorno luminoso e quel grande prato con un piccolo parco giochi appena oltre la porta. Tram; e treni. Forse proprio a Zurigo è nata la mia adorazione per quel concetto – magari superato – che è la stazione centrale: quelle due lettere – HB – che forse ora suggeriscono più che altro una bella Weissbier con un pretzel fragrante, allora significavano maestosità, importanza. La stazione centrale era la fine del viaggio e l’inizio della città, la riconquista del proprio mondo dopo le mille fotografie di quello degli altri. La stazione centrale vive dell’odore – acciaio, carburante, ruggine – delle ferrovie. A volte la stazione centrale ti affascina: è un castello fantasioso di binari paralleli e binari incidenti – un piano sull’altro – e di pareti di vetro da cui osservare la neve di Berlino; a volte ti fa impazzire, costringendoti a guadare fiumi di persone e di venditori per poter vedere – così piccoli sotto quelle immense, bellissime strutture della Milano di inizio novecento – i treni: fermi davanti a te, come in tutte le stazioni di testa – che bel concetto, quello della stazione di testa! Dalle stazioni centrali rotaie sempre uguali, come fili infiniti, tengono unite il mondo: sopravvivono a vandali e cagate di piccioni; Reisegeschichten.

sopravvivranno ad aerei a basso costo e affaristi senza interesse per quel mondo che attraversano di fretta. Probabilmente, quelle rotaie non smetteranno mai di guidare dei treni e, con essi, il loro carico umano di sogni e sofferenze. Ieri, oggi, domani; per sempre, come i diamanti. I visi che per un istante incrociano gli occhi di un viaggiatore sul treno cambiano sempre, in modo da poter essere sempre uguali. Le nuvole e il lago, le montagne e il sole sono gli stessi, eppure sempre nuovi nelle loro fantasie; gli alberi dei boschi si susseguono, uno dopo l’altro, indistinguibili ieri da oggi. I palazzi grigi delle periferie mostrano ancora il loro lato nascosto («fateci caso, nessuno mette la facciata della casa dal lato ferrovia», faceva notare il bravo Marco Paolini) e fuggono via tra i bagliori fugaci delle luci elettriche, piccole comete urbane. Ogni tanto, una galleria interrompe la continuità del mondo e dei pensieri; nel buio dietro al vetro si specchia il mio viso di oggi, gli occhi fissi, stanchi, la barba di due giorni; allo stesso modo si specchiava il mio viso di ieri, curioso di conoscere il mondo, seppur inquieto per l’interminabile Gottardo. Sono cambiati, quelli sì, i treni. I treni ora sono regionali abbandonati al loro destino, oppure fuoriserie egocentriche straripanti di confort e d’inutili, quasi offensive classi di passeggeri, come i transatlantici di un secolo fa. Perfino l’InterCity che da Lugano va a Milano, il treno che prendo da una vita, è bistrattato, penalizzato da troppi ritardi e ancor più passeggeri ammassati per le troppo poche corse quotidiane. Quel treno, poi; quel treno non c’è quasi più. Il treno con le strisce grigie e le porte rosse, col tempo, forse sarà solo un ricordo, sempre più lontano nel tempo, anacronistico come i dispensatori dei suoi lavandini, la rotella nera che gracidava e quella polvere di sapone che ti si raccoglieva nella mano, come un batuffolo di neve appena caduta dal cielo, e per il quale, anni dopo, avrei provato nostalgia. Stefano Floccari, 27 anni, Porlezza, Italia

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D

Der verhinderte Kondukteur Es geschah zu einer Zeit, als die Zugbegleiter noch eifersüchtig über ihr Privileg wachten, einen abfahrenden Zug an sich vorbeiziehen zu lassen, um sich dann mit einem lässigen Hopser auf die hinterste Plattform zu schwingen. Reisenden war dies strengstens verboten, denn wer sich nicht auskannte, diesen Ansatz zur Pirouette nicht jahrelang auf Rangierfeldern geübt hatte, lief Gefahr, danebenzugreifen und unter die Räder zu fallen. Mit mahlendem Geräusch löste sich ein Krokodil aus dem Dunst der Ebene und schleppte seine träge Last die Steigung hoch zur kleinen Haltestelle, wo die kreischenden Bremsbacken der ausgedienten Zweiachswagen sich in die Speichenräder krallten. Der Koloss kam mit einem harten Ruck zum Stehen. Nacheinander lösten sich hungrige Arbeiter von den harten Sitzbänken aus schmalen, gelblichen Holzleisten, stemmten die schweren Stahltüren nach aussen, liessen sie kraftvoll gegen die verrussten Stirnwände knallen. Der Zugführer, der als Erster vom Trittbrett gesprungen war, pfiff siegessicher vom Perron aus auf seiner Signalpfeife: einmal lang und dreimal kurz, als Zeichen dafür, dass die Bremsen angezogen sein mussten. Die Druckluftzylinder säuselten leise vor sich hin, während die Passagiere sich ungeduldig und in Erwartung einer dampfenden Mittagssuppe über die steilen Treppen nach unten hangelten. Vom Zugende her schritt der Kondukteur die Reihe der Wagen ab, die linke Hand auf seiner unförmigen Tasche, die ihm an einem langen Tragriemen um die Knie schlenkerte. Den Vorschriften gemäss rief er laut den Namen der Station aus. Niemand schien darauf zu achten, stammten die Reisenden doch alle aus der Gegend, stiegen jeden Morgen, Mittag und Abend traumwandlerisch an der exakt gleichen Stelle ein und aus. Einige der langjährigen Passagiere reklamierten sogar ihre angestammten Sitzplätze in den einzelnen Abteilen, die sie nur murrend einem Fremden überliessen, der des Rituals unkundig war. Allmählich zerstreute sich die Schar zu beiden Seiten des Perrons, einige warteten auf die Abfahrt des Zuges, um jenseits der Geleise im verschlafenen Weiler ihre Familien bei Speck und Sauerkraut aufzusuchen. 24

Reisegeschichten.


Mittlerweile hatte der Kondukteur seinen Vorgesetzten beim vordersten Wagen eingeholt, gab ihm einen kurzen Überblick über die Auslastung der hinteren Zughälfte und wandte sich wieder seinen zugeteilten Wagen zu. Der grosse Zeiger der Bahnhofsuhr sprang auf Punkt zwölf. Der Stationsbeamte nickte. Die Signalglocke ertönte und der Zugführer blies einmal kräftig in seine Signalpfeife. «Fertig», schrie er, wobei er den Arm in einer grossen Geste in Fahrtrichtung schwenkte, als wollte er den Zug anschieben helfen. «Abfahren», echote der Kondukteur und liess die anfahrende Wagen­ kolonne an sich vorüberziehen. Beim Herannahen des hintersten Wagens machte er sich für den sorgfältig einstudierten Sprung bereit, indem er seinen linken Arm nach der zweitletzten Geländerstange ausstreckte. Er verpasste den vertrauten Griff um wenige Zentimeter, rutschte auf dem untersten Trittbrett aus, wirbelte durch die Luft und versuchte, sich in einem wilden Tanz auf den Beinen zu halten. Nach ein paar unkontrollierten Ausfallschritten landete er in der Brombeerhecke, nachdem er auf dem gekiesten Perron­belag der Länge nach unsanft aufgeschlagen war. Unter heroischer Kraftanstrengung quälte sich der Zug die Steilrampe empor, ungerührt der Tatsache, dass er einen Teil seiner Fracht achtlos hinter sich gelassen hatte. Nachdem sich der Staub etwas gelegt hatte, rappelte sich der Unglückliche mühsam hoch. Die Uniformhose war zerrissen, Blut rieselte vom Knie herab, am Rock hing der Ellenbogen in Fetzen und die Mütze baumelte zerbeult an einer Tentakel des Brombeerbusches. Der inzwischen herbeigeeilte Stationsbeamte half dem Gestürzten auf die Beine und stützte ihn mit vorwurfsvoller Anteilnahme auf dem Gang zum Stationsbüro. Ausser ein paar Schürfungen schien der Verunfallte nichts abbekommen zu haben. Doch mehr als der Verlust der Uniform und die blutenden Glieder schmerzte der verletzte Berufsstolz. Der Beamte hatte unterdessen seine Gattin herbeigerufen und gemeinsam verfrachteten sie den glücklosen Kondukteur ins Badezimmer der Dienstwohnung. Dort wurde er von der Frau Stationsvorsteherin gewaschen und notdürftig verarztet, eine Prozedur, die ihm den letzten Rest an Berufswürde zu rauben drohte. Der Stationsvorsteher bot schliesslich uneigennützig eine seiner Reserveuniformen an. Und obwohl ein Paar Hosenträger Schlimmeres verhüteten, streiften die Hosenstösse leise rauschend über den Boden, das frisch gebügelte Hemd schien für einen kräftigeren Körper geschnitten, und der Hut liess den vom Schicksal Gebeutelten vollends wie einen Zirkusclown Récits de voyage.

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aussehen. Doch über all dem Unglück kehrte bei einem Teller Gemüsesuppe etwas von der verlorenen Würde zurück, sodass er sogar die neugierigen Blicke der Kinder des Stationsehepaares aushalten konnte, während der Stationsbeamte seinen gestrauchelten Kollegen in freundschaftlicher Anteilnahme mit Anekdoten zu ähnlichen Begebenheiten aufzuheitern versuchte. Die Signalglocke kündigte die Rückkehr des Zuges an. Der Stationsbeamte kurbelte die Schranken herunter und stellte sich in Erwartung des donnernden Ungetüms auf den untersten Treppenabsatz. Er grüsste den Lokomotivführer, wie er das immer tat, indem er mit Zeige- und Mittelfinger kurz an den Mützenschirm tippte. Wahrscheinlich grüssten sich die Männer ein gutes Dutzend mal jeden Tag; es war ein Ritual, das dem Stationsbeamten Anerkennung von Seiten des Lokomotivführers einbrachte, und für den Maschinisten war es während seiner Arbeitszeit der einzige Kontakt zur Aussenwelt. Der Zug kreischte, blieb ruckartig stehen, die Bremsklötze hatten sich erneut in den Rädern verbissen, ein langgezogenes Stöhnen liess sich unter den Wagenboden vernehmen. Türen knallten gegen die Stirnwände. Die gesättigten Arbeiter kletterten die steilen Treppen hoch, liessen sich auf ihre angestammten Sitzplätze fallen und steckten sich Pfeifen oder krumme Stumpen an. Der Zugführer und der Stationsbeamte verständigten sich mit kurzem, ernstem Blick. Der Kondukteur stand bereits abfahrbereit auf dem untersten Trittbrett des hintersten Wagens. «Abfahren, fertig», rief er etwas unsicher. Der Zugführer pfiff kurz, nickte in Richtung Zugende und grinste verschmitzt zu dem Beamten hinüber. Im Innern der Lokomotive entluden sich kleine Explosionen, der Zug rollte langsam davon. Inzwischen hatten alle Barrierenwärter und Stationsbeamten entlang der Strecke von dem Vorfall Kenntnis erhalten, denn es war damals dank der offenen Leitungen möglich und üblich, dass die meisten Telefonate von allen mitgehört wurden. Und da es sich mittlerweile herumgesprochen hatte, dass dem Kondukteur nichts Ernsthaftes passiert war, frotzelte jedermann ungehemmt über die willkommene Abwechslung im täglichen Einerlei. Ein paar Tage später traf bei der kleinen Station ein Paket ein. In grobes Packpapier eingewickelt enthielt es eine saubere Uniform. Obenauf lag eine durch unsachgemässen Transport zerbröselte Schokolade in einen von Hand geschriebenen Zettel gewickelt. Darauf war «Danke für alles, Gruss Florian» gekritzelt. Otto Gafner, 66 , Flurlingen

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Récits de voyage.


F

Force ou bon sens?

Le train filait allègrement à travers la verte Gruyère. L’atmosphère du wagon était sympathique, les uns partageaient leur contentement, les autres somnolaient, certains lisaient en toute tranquillité. Un jeune étudiant se lève, ayant probablement besoin de renouveler l’air, et s’approche de la fenêtre. Mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à abaisser la fenêtre. Un homme dans la quarantaine, vêtu du célèbre «bredzon» des paysans fribourgeois, vient à son aide et d’un mouvement rapide et fort ouvre sans peine la fenêtre. Fier de son geste de solidarité, il se tourne vers le jeune homme et lui dit en touchant son front et montrant ses bras musclés: «Il ne faut pas seulement de ça, mais aussi de ça!» Le jeune homme sourit et se plonge dans ses feuilles de cours. Au bout d’un moment, le même jeune homme se lève et tente de tirer l’alarme, en vain. Le dévoué paysan se relève lui aussi et tire l’alarme avec une aisance toute triomphante. Le train s’immobilise. Un contrôleur et un technicien du train arrivent sur les lieux. Emoi dans tout le wagon … L’étudiant regarde alors son aîné, lui dit les mêmes paroles que l’homme lui avait adressées, mais en montrant d’abord ses bras maigres et ensuite son front … L’histoire ne dit pas qui a dû payer le prix du dérangement … Françoise Hostettler, 75 ans, Fribourg

Racconti di viaggio.

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D

Sehnsuchtsrauschen

Es ist wie ein Rauschen, es dauert nur kurz, kaum länger als ein paar Atemzüge. Das Haus steht nur wenige Meter vom Geleis entfernt. Damals, als wir uns zum Kauf entschlossen, wusste ich noch nichts von diesem Rauschen. Vorläufig fand es nur in meiner Imagination statt. Als eine Art Vorrauschen, das Angst und gleichzeitig Lust auf Angst verursachte und offene Fragen hinterliess: Wie wird es sein? Was wird es mit mir machen? Das Trassee entstand direkt vor der Haustür, unmittelbar unter unseren Augen. Mit Baggern und schweren Erdbohrern wurde es Stück für Stück aus dem Boden gehauen, in die Landschaft hineingefräst. Vor dem eigentlichen Rauschen kam das Kreischen und Dröhnen der auffahrenden, mächtigen Baumaschinen. Sie machten uns und das Haus über Wochen zittern und mich dem mit Bangigkeit erwarteten Rauschen gegenüber misstrauisch. Aufgeschüttete Dreckberge und Stapel von Beton­ röhren wurden an Wochenenden zu so verbotenen wie reizenden Abenteuerspielplätzen für die Dorfjugend. Endlich, am lang erwarteten Tag der Jungfernfahrt, harrte ich frühmorgens dem ersten Zug auf der nahen Brücke mit klopfendem Herzen. Auf der schnurgeraden Strecke konnte ich ihn von weit her kommen sehen, lange bevor sein Geräusch ans Ohr drang. Der winzige Punkt wurde schnell grösser, wuchs heran zu einer mächtig langen, weissen Schlange. Und gleichzeitig schwoll es an, das lang und bang erahnte Rauschen. 28

Racconti di viaggio.


Ein Foto des Augenblicks, da der Zug sich kurz vor der Brücken­ unterquerung befand, wurde geknipst. Und obwohl sich dieser Moment seit diesem allerersten Mal zigtausendfach wiederholt hat, hält die Aufnahme exakt fest, was sich damals ereignete, als das Rauschen endlich wahr wurde, den Moment, da es kam und blieb, zu einem unsere Tage und Stunden, unsere Leben zerteilenden Zeitmass und Daseinstakt wurde, zuverlässig wie eine Schweizer Uhr. Dann verschwand es zusammen mit der weissen Schlange, so schnell es gekommen war und längst zu einem Flüstern gedämpft, hinter mir im nahen Berg. Und ich stand noch immer gebannt, beinahe wie in Trance. Aus einem kurzen, vorübergehenden Rauschen war ein stiller Rausch geworden. Wer waren die Menschen, die soeben unter mir hinweggerast waren? Was taten sie gerade? Sassen sie oder liefen sie umher, schauten sie zum Fenster hinaus, lasen sie, schliefen sie, unterhielten sie sich miteinander? Wo wollten sie hin? Einen Gedankenblitz lang war ich bei ihnen, für die Dauer eines Wimpernschlags waren wir uns sehr nah, eine anonyme, sich in grosser Geschwindigkeit auf engstem Raum kreuzende Menschenmenge. Ich blieb zurück, während sie ihre rasende Fahrt fortsetzten, ohne auch nur Notiz von mir zu nehmen. Ich, der Draussenstehende, nahm indes Notiz und tu es seitdem jeden Tag aufs Neue. Das Rauschen ist zu einem täglichen Begleiter, einem Grundrauschen, ja Lebensgefühl geworden. Es ist das Sehnsuchtsrauschen geblieben, das – insbesondere in heissen Sommernächten, bei weit geöffnetem Fenster – die Welt in atemloser Beschleunigung an unserem Haus vorbeijagen lässt. Ein Rauschen, das, ähnlich dem an- und abschwellenden Brandungsrauschen des Meeres, in mir ein ungerichtetes Fernweh weckt, ein Reissen hinaus ins Ungewisse, ins Weite. Peter Fellinger, 53 , Inkwil Sehnsuchts­rauschen eben. Reisegeschichten.

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fahle sonne. wolkenfieber. ab olten ein felssturz. bergwandig. rauchzeitig bewegtes grün. ruhende felder. asche spiegelung. durch sicht. betäubt gebäudete dörfer. städtig. gebanntes land eine affäre. die sich. lohnt brückenbögen. pfahlbauten. morgenschwer geduckte bergrücken. ein vogel. jagt zigarettenqualm. kaffeeduft. schweiss zerdüngte äcker. brandbraun. vogelleer die ahnung von licht. gedächtig. vergessen dieser zug. fährt nicht. via lausanne

Thomas Zwygart, 48 , Bern

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Reisegeschichten.


I

«D come Domod-òstrega!»: cronaca di un’odissea

(21 : 15 , Domodossola) Ah, che bellezza Domodossola sotto la pioggia! Cittadella mai visitata. Ah, ma già avrei dovuto in passato, tant’è serena e piacevole e la sua gente mite e gentile; ti chiede se «per favore, mi chiudi il cancello quando esci dalla stazione»? «Ma certo, caro il mio capostazione… però perché mai dovrei voler uscire, se non a bordo di un treno?» Mi coglie una folgore: «Vuol dire che il convoglio per Locarno è già partito?» Prego per una risata a guisa di risposta. La ottengo. Che simpatico: scherzava. «Sì, ma puoi prendere il prossimo» mi consiglia cortesemente. «E a che ora parte?» «Domani mattina, alle cinquemmezza. Buona serata! E… mi chiudi il cancello là in fondo, per favore?» … Bene. Fantastico. Eccellente. Intrappolato in un’escrescenza di Piemonte situata due dita sopra il 46 esimo parallelo terrestre: D come Domodossola. La stazione dei treni è fatiscente quanto il senso dell’umorismo del sopracitato esemplare di indigeno spaccabinari… Il ciel non voglia che sian tutti così a queste latitudini. Ma prima di continuare nella narrazione consentitemi un rinculo temporale: debbo affrancare e spedire una maledizioneespresso… Récits de voyage.

(18 : 34 , Renens) Dunque, il guaio comincia a Renens (canton Vaud), stazione FFS , ritardissimo per pigliare il treno delle 18 : 35 che mi condurrà a Losanna, dopodiché cambi a Lucerna, ArthGoldau e Lugano infine. Casa. Liscio come l’olio. Seee… Come detto, Renens, 18 :34 . Mi appresto a fare il biglietto fino a Losanna, giacché il tragitto cade prima di poter usufruire dell’abbonamento Binario 7. Solo che: 18 :34 . Treno fermo, il macchinista ingrana la prima. Solo che: alla biglietteria automatica un ciccione effettua la sua scelta viaria, modalità di pagamento Postcard. Non è famigliare con la biglietteria automatica. Lo vedo. Lo sento. Lo fiuto. Smanetta alla rinfusa sul touch-screen, palpa l’integralità della macchinetta senza pudore alcuno, infine pare avere una botta di genio ed inserisce il PIN per il pagamento. Errato. Riprova… Di nuovo errato. Riprova… Plin! Nello sportello sottostante si accendono tante lucine colorate che pare abbia sbancato una slot-machine e la macchina sputa il biglietto. Il ciccione lo afferra e trotterella sgraziato fin sul vagone. 18:35 . Mio turno! Digito d’un fiato: Losanna – via diretto – carta individuale mobilis – seconda classe – ridotto – quantità = 1 – validità immediata – MONDOBOIA ! chiedimi pure il gruppo sanguigno e il cantante

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preferito, catorcio inutile! Strozzo 3 CHF in bocca alla fessura e plin, plin! Resto di 80 cents – DAI , DANNAZIONE ! – la macchinetta scorreggia, print, print, plop! Piove il ticket (si chiude la porta del vagone del treno), lo arraffo, volo come un falco sulla maniglia della porta, assesto un energico strattone e… E la maniglia va. Così come la porta ed il vagone e tutto il convoglio, che al mercato mio padre comprò… Mi mordo con forza la lingua. Le vetrate della chiesa vicina comunque scricchiolano, colpite dall’anatema. Calma… Tocca attendere il prossimo cavallo di ferro, il cosiddetto «treno del latte (alle ginocchia)», che si fa tutte le fermate da Airolo in giù. Amen. Inganno il tempo pescando dal fondo del sacco la cena in tupperware: tonno, pomodori e un calcolo grossolanamente sbagliato di riso – il contenitore di norma prismico è ora pericolosamente sferico, prossimo all’esplosione. Lentamente riassorbo la bile prodotta poc’anzi. Sciallo cavallo, che l’erba cresce. Non sarà una coincidenza mancata a stravolgerci gli schemi abitudinari dell’esistenza. Seee… 5 minuti dopo, col treno successivo, sono a Losanna. 19 :00 spaccate e macinate. Per la via di casa le gentili FFS impongono un’ulteriore attesa di 45 minuti, e che noia e che barba e che barba e che noia (chiasmo mondaïnico: figura poetica). D’un tratto, illuminazione! Scorgo sulla tabella oraria un Eurocity direzione Domodossola, partenza 19:17. Domodossola–Locarno–Bellinzona–Lugano. Casa. È fatta! Sono un genio. Difatti, 19:17 in carrozza. Risveglio il notebook dal letargo. Passano quattro episodi di The Big Bang Theory. Passano cinque fermate. Niente controllore, per di più. Tanto di risparmiato. Col cavolo che scalo a Briga per fare il biglietto. Vedi precedenti. Al termine della tratta scendo a Domodossola contento come una pasqua (e pirla come un carnevale, si vedrà). In fondo alla piattaforma un cartello di sottopassaggio reca l’indicazione «Locarno, Centovalli», freccina in giù. Perfetto. Imbocco la discesa a razzo, incrocio il capostazione di cui sopra («Mi chiudi il cancello, per favore?»), e questa è la storia. Di uno di noi. Particolarmente preso di

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Récits de voyage.

mira da una dea indubbiamente bendata. E ubriaca marcia. E qualcuno ha detto zoccola? (21 : 15 , Domodossola) Rieccoci, dunque. D come… Domod-òstrega! Gran città, gran gente… gran tempo di *****: vien giù che Dio la manda e la raccomanda, fra scorreggioni tremebondi e starnuti di luce blu. Prendo tempo e visito sportelli ancora aperti (pochi: welcome to Italy!) chiedendo di possibili itinerari per il rimpatrio a breve termine, a casa diciamo in tempo per il TG notte. Mi accolgono vetrine di sorrisi. Ma nessuno strappo per il Ticino. Okay, è definitivo: si passa la notte qui… Pirlando per la stazione come una trottola mi accorgo perlomeno di avere compagnia. Qualche disperso c’è sempre, rigurgitato dal sistema, tradito dalle tabelle orarie. Pondero quindi la situazione che mi si presenta davanti agli occhi e sotto le chiappe. Medito sul modello piramidale delle necessità, secondo l’eminente psicologo Maslow: ––Bisogni Fisiologici: cena abbondante già nello stomaco; c’è una fontanella in prossimità. Corrazzato su questo fronte. ––Bisogno di Sicurezza: ho un tetto sulla testa, la saletta è calda e accogliente. Zanzare permettendo, l’integrità fisica è garantita fino all’indomani. ––Bisogno di Socialità: come detto, la sola presenza degli altri viaggiatori sulla coda del tempo basta a confortarmi. Reietti con nella testa ciondolante una destinazione confusa e stretto in pugno un orologio scassato – la versione antropomorfa esausta del Bianconiglio di Alice. ––Bisogno di Autorealizzazione, infine: questa è carina. Consiste nel creare, nel crearsi. Fare cose che nutrono la stima di sé. Per esempio… scrivere? Ma niente prese per il notebook. Vuoi dire che ci arrangiamo col materiale di vecchia scuola? Carta, penna e calamaio? E andiamo! Scrivere, dunque. 22:00. Scrivere per ingannare il tempo, pure. Ma scrivere che cosa? La mia epopea… ridotta ai minimi termini, magari. E vergata con un apposito mix di


inchiostro e autoironia. Potrebbe funzionare. la tua planetaria circonferenza… Tieni d’oc«C’era una volta…» chio l’ago della bilancia, pratica del jogging, sennò non mi campi trent’anni e mi dispiace(23 : 00, Domodossola) rebbe un tantino… Buonanotte, ciccione. E fin qui ci siamo. Il signore di fronte alla mia fila di seggiole già sta sonnecchiando, (05 : 30, Domodossola) sdraiato su un fianco. Fra poco lo imiterò. Ma Sveglia polifonica! Presto, ricerca della prima qualche considerazione ancora. Che biglietteria in vista del rimpatrio imminente! esperienza… Questa. Sento che ne uscirò ar- Chiusa. Ovviamente. Son le cinque del mattiricchito sul piano umano. E in pari sul piano no. Biglietteria automatica sia, allora – e già finanziario, se non mi làdrano nottetempo. tremo al pensiero dell’ultima con la quale son La stazione di Domodossola, rifugio di notte- entrato in intimità. C’è su un foglio: RIVOLtempo per anime disperse. Con la mente del GERSI AL BUFFET DELLA STAZIONE . sociologo penso a chi vive situazioni come Bene. «Una brioche e un’andata per Locarno, questa più spesso che volentieri. Ogni giorno milady!». Niente da fare, solo biglietti per l’Idella vita, forse: senzatetto. Eppure un tetto talia. Tocca farlo direttamente sul trenino per c’è. Ma non il tuo. Senzatetto… per cui il con- Locarno. Settanta posti a fann ’na pell. Setfine fra i termini «casa» e «strada» prima si tantuno col sedile del macchinista. Come il assottiglia e poi svanisce. Senzatetto è un numero di posizioni che ho cambiato per tromodus vivendi. È realtà. L’umanità giace su var sonno, stanotte. A bordo indosso un sorcuscini e materassi. Ma non tutta, oh no. riso agrodolce: un’oretta emmezza ed è casa… Quant’anzi. Questo mio stare «dall’altra par- di già? te», nella realtà solitamente tanto ombrosa che sfugge allo sguardo, allarga le mia co(mattino presto, Tenero) scienza e conoscenza dell’umanità. È l’umano, In stazione a Tenero, ultima tappa, scena non il tetto che porta sulla testa. Siamo tutti conclusiva da tragicomiche: sullo stesso treno. ––Atto 1 . Panchina. Io e lo zaino. Proprietà Ma ora bando alle ciance. E tardi e la notpubblica. La panchina, ovviamente. te ha un buon sapore. Buonappetito e sogni––Atto 2 . Ragazza carina approcciasi, indica doro… la metà di panca platealmente libera e fa: «Posso?» Deglutisco i motti di spirito sugli omini invisibili e sfocio il gentleman che (Ora indefinita della notte, è in me: «Prego». Domodossola) Sta accadendo davvero? Ebbene sì. Genia––Atto 3 . Arriva l’ennesimo treno. Sale lei, le! Quasi mi rimangio la maledizione scagliaprende posto (proprietà pubblica, dal mota contro il ciccione con la Postcard… ma mento che paghi il biglietto). Salgo io. anche no: muori giovane, Moby Dick! E buoSituazione rovesciata. Come resistere? nanotte! Punto il dito sul sedile libero a fianco e sfoggio un sorriso ebete: «Posso?» Mi (Ora indefinita della notte, guarda perplessa: «Sì…». Non coglie. Cara Domodossola) ragazza. Come detto è mattino presto. Ah, Mi chiedo se avrò un futuro come scrittoche mondo! re. Scrivere è da sempre una passione, lasciata in disparte più spesso che volentieri negli ultimi tempi. L’aver rispolverato gli attrezzi del mestiere è galvanizzante. E tutto per merito di un piccolo contrattempo ferroviario. Ah, dannato ciccione, potrei quasi abbracciare Simone Paris, 24 anni, Canobbio Racconti di viaggio.

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Gare centrale de Zurich, un quatrième vendredi du mois

Bordel, qu’est-ce qu’il me fout encore? Tous les quatrièmes vendredis du mois, c’est la même rengaine. Je suis ici, au milieu de tous ces gens qui vont et qui viennent, le regard rivé sur la grande horloge murale ou sur les écrans qui annoncent à coups de lettres et de chiffres fluo les départs et les arrivées. Gare centrale de Zurich, le vendredi soir, ça fourmille à du cent à l’heure, les humains ressemblent à des mille-pattes montés sur des valises à roulettes. Mon sac à dos Kipling et ma guitare, une Harley Benton, un matos tellement lourd que je n’arrive pas à glisser mes mains dans les poches de mon jeans, mes bras semblent raccourcis, tu parles d’une embrouille. J’observe la faune humaine. Un patchwork de visages souriants. Et d’autres aux traits avachis. Les pauvres gosses autour de moi sont chahutés entre des vieux excités qui courent après leur week-end et d’autres embrouilles de dernière minute. Ce n’est pas rien de glander ici. Mon père n’est jamais à l’heure. Tu sais fiston que je suis overbooké de ceci, surbooké de cela. Ouais, p’pa, les excuses, les excuses. Dis plutôt que tu charries à mort ta dernière secrétaire et que tu as relégué aux calendes grecques le quatrième vendredi du mois, le rendez-vous mensuel avec ton fils chéri qui se tape à chaque fois Berne–Zurich. Bordel, les minutes défilent. Je crève la faim. Et pas une tune dans mon froc. Bon, ça suffit, y’en a marre. Je me plante à côté du McDonald’s, je dégaine ma Benton et je vais leur gratouiller des flopées de mélodies personnelles. «Hey chipie, regarde par ici, hey chipie, ici c’est Paris, par ici, hey chipie, c’est là qu’j’ai grandi, hey chipie, entre ciel bleu et ciel gris …» Merci m’dame, oh merci m’sieur … Sont généreux, ces voyageurs. 34

Racconti di viaggio.


C’est quoi l’espèce de taré en costume de gala médaillé de Dieu sait quoi qui s’amène? Quoi, me taire, non mais quoi encore? Interdiction de s’exprimer dans une gare! Un comble! On empêche les p’tits jeunes de tuer le temps! Quoi, mes papiers, non mais quoi encore! Mineur, moi? Non mais quoi, j’ai l’air d’un mineur? Ouais, ouais, ça va, je la boucle … Bordel, je m’en souviendrai de ce quatrième vendredi, gare centrale de Zurich. Hum hum, chouette nana, et quel parfum … Mon numéro l’impressionne, j’ai mon ticket! Mignonne, avec sa jupette kaki et ses bottillons rouges. C’est qu’elle me lorgne … J’attrape mon sac, ma guitare, je talonne la mam’zelle le temps de deux ou trois enjambées, elle se retourne, me sourit. Waouwh, quel sourire! Et puis je fais demi-tour, me suivra-t-elle? Fera, fera pas? Je vais m’éclater devant la gare, ça leur fera les pieds, aux keufs. Et à cette pimbêche aussi. Merde, il pleut. Et le gsm qui s’excite à présent. C’est mon vieux. Bah, je suis gentil, je décroche. – Salut fiston, mille excuses mais je suis overbooké, tu sais, les affaires sont les affaires … Je t’envoie ma secrétaire. Elle t’attend quelque part, dans la gare. Tu ne saurais la louper, elle est vachement canon, elle porte une minijupe kaki et des bottillons rouges. Ça va fiston, tu ne réponds pas! Allo, allo! Fiston?

Carine-Laure Desguin, 49 ans, Charleroi, Belgique

Reisegeschichten.

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D

Der Pendler

Jahr für Jahr die gleiche Strecke. Jeden Morgen um 7 Uhr, Stehen am Bahnhof Weinfelden, am gleichen Platz, vielleicht sieht man heute nach 30 Jahren noch meine Fussspuren. Die Schritte weg vom Postauto, hinunter durch die Unterführung mit den grauen Stufen, wieder hinauf, vorbei an der Uhr, die nach jeder Minute kurz stehen bleibt, als müsste sie neue Kraft schöpfen, um dann still und bedächtig weiterzulaufen. Hier am Perron scheint jeder seinen Platz zu haben, fast wie zugewiesen, Jahr für Jahr am gleichen Ort, nur ein paar Schritte variierend. Erstes Aufschlagen der Zeitungen, Blick, Tagi, Thurgauer und eine erste Zigarette, der Zug hat 7 Minuten Verspätung, in 5 Minuten ist er da, Lautsprecher, Achtung am Perron, 1. Klasse, 2. Klasse, man wird unruhig, macht sich bereit, dann die Durchsage zur Platzreservierung, die letzten zwei Wagen, unsere Plätze, Unmut, leichte Verwünschungen, auf dem Perron Verschiebungen, Hektik, es wird ungemütlich, der normale Lauf ist gestört, alte angestammte Plätze müssen verlassen werden. 36

Reisegeschichten.


Bewegungen von hinten Richtung Zuganfang, viele, zu viele Menschen für diesen einen Zug. Kinder mit Rucksäcken, fröhlichen Gesichtern strömen an uns vorbei nach hinten, lärmen, steigen ein und machen sich auf unseren Sitzen breit. Sie wissen nichts von uns, von meiner jahrelangen Bahnfahrt von Weinfelden nach Winterthur. Nun stehe ich im Zwischengang mit einigen meiner Sitzgefährten, es gibt nichts zu sagen, wir sind still. Zugverbindungen werden selten brüchig, jahrelang sitzt man sich gegenüber, man müsste schon den Platz, ja sogar das Abteil, wechseln, um etwas zu ändern. Andere Gesichter, unbekannte ausdruckslose Nachtgesichter, fröhliche Frühstücksgesichter, Schmerzgesichter scheinen durch die Scheibe des Abteils. Dann Frauenfeld, ein Halt, Wechsel, wir können uns wieder setzen, ein Platz am Fenster, die Landschaft fliegt vorbei, Felder, Wiesen, weiter hinten Wald, darüber die Sonne, ein roter Ball, übergross. Wir sind gleichgültig, nur noch ein paar Minuten bis Winterthur, langsam fährt der Zug ein, Tschau, heute Abend sieht man sich wieder, dann hinunter, wieder graue Stufen, der Bahnhofsplatz. Man verliert sich einem neuen Tag entgegen.

Ekkehard Guggenbühler, 65 , Ruschein

Récits de voyage.

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I

Fuga ritmica

Alltag – routine ennuyeuse. Io, imbottigliato, fra vaghe nostalgie. Tratrac tratrac, tratrac tratrac; rotaia dopo rotaia. Monotono movimento; perseguitato da residui di nebbia e sudore freddo. Lichtblicke – protecteurs rêves lucides. Striduli cigolii di ruote alla fermata. Inebriante interludio pubblicitario con cartelloni di nostalgici mondi lontani. Quasi palpabili immagini fotografiche: veli colorati, spezie esotiche e rugiada tropicale. Landung – retour à la réalité. White-collar London, alla prossima! Brusco risveglio; male-benedette suonerie di onnipresenti gadget… Tratrac tratrac, tratrac tratrac; fuggire a casa, Gin tonic e giallo sul comodino.

Susann Hjort Bartsch Jost, 45 anni, Rottenschwil

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Récits de voyage.


D

Trinken für die Gesundheit Plötzlich wusste ich, weshalb ich mir so passé vorkomme: Es liegt am Fläschchen! Oder vielmehr: am fehlenden Fläschchen. Ich habe ganz und gar die aktuelle Trinkkultur verpasst. Denn: Wo immer ich gehe und stehe, auf der Strasse, unter den Lauben, im Tram, Bus oder Zug, im Kino, im Theater, im Vortrag, selbst in der Kirche und im Konzert: Immer und überall setzt alsbald mein Gegenüber oder Nebenan ein Fläschchen an die Lippen und beginnt zu saugen. Wenn es nicht ein Fläschchen, sondern eine Bierdose ist, dann weiss ich: Heute spielt YB oder SCB . Kurz: Die Leute scheinen permanent Durst zu leiden. Nur ich nicht. Mein Doktor belehrte mich: «Die meisten Menschen trinken zu wenig. Besonders die Senioren (und dabei schaute er mich so komisch schräg an). Die trocknen regelrecht aus, bekommen schlaffe Haut, Säcke unter den Augen und Kopfschmerzen. Mindestens zwei Liter pro Tag sollten Sie trinken. Die Leute haben Recht mit ihren Fläschchen, nehmen Sie sich ein Beispiel an ihnen!» Ich liess mir das nicht zweimal sagen. Zu Hause füllte ich den Flachmann mit einem anständigen Single Malt. Dann setzte ich mich ins Tram. Mir gegenüber sass ein sympathischer junger Mann, der Racconti di viaggio.

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erwartungsgemäss sogleich ein Fläschchen an die Lippen führte. Ich meinerseits öffnete den Schraubverschluss des Flachmanns und nahm, die Anweisung des Doktors vor Augen, einen tüchtigen Schluck. Bei der Station «Schönegg» setzte er wieder an; ich ebenso. Dasselbe bei «Wander». Im «Monbijou» fiel mir auf, dass nicht nur ein junger Mann mir gegenüber sass, sondern Zwillinge. Fröhlich prostete ich beiden zu. Idem beim «Hirschengraben». Schade, dass meine neuen Freunde am Bahnhof ausstiegen; allerdings war da auch der Flachmann leer. Anderntags erwachte ich mit Kopfschmerzen, und ein Blick in den Spiegel bestätigte die anderen Symptome: schlaffe, graue Haut und violette Säcke unter den Augen. Ich bin am Austrocknen! Ich werde noch viel Single Malt trinken müssen.

Roland Saladin, 80 , Wabern bei Bern

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Racconti di viaggio.


F

Chronique d’un train raté Je l’aime bien, ce petit café. Je n’y viens pas souvent, jamais très long­ temps – moins d’une demi-heure à chaque fois, le temps d’un café, entre deux trains, celui que j’ai manqué et celui que j’attends impatiemment. Je l’aime bien, ce café, car il a des airs d’Orient-Express: un tapis turquoise et feutré, parsemé de dessins géométriques placés régulièrement, comme pour indiquer le chemin vers une table libre. Les tables et le bar sont en bois, d’une couleur foncée qui leur confère une délicate élégance, tout comme les chaises de style Renaissance rembourrées d’un tissu clair. Les cadres accrochés aux murs, représentant des images de trains ou de passagers, invitent à l’évasion. La lumière, légèrement tamisée, convie le passager à la confidence. Et le serveur … le serveur a un doux accent exotique! Je pousse la porte d’entrée, le port altier et le regard droit. Dans ma tête, je porte une longue robe, cousue de tissus soyeux, tous de couleurs chatoyantes. J’entends le frou frou du tissu sur le tapis, il est léger, discret. Et j’ai un chapeau, un grand chapeau assorti à ma robe, avec une courte voilette. Mon entrée est aussi discrète que le frottement du tissu de ma robe sur le tapis. Je m’assieds à une table près de la fenêtre, et sans retirer mon chapeau imaginaire, commande un café. Puis je tourne la tête. Au travers de la fenêtre, mon regard se pose sur le tableau d’affichage – il ne me reste plus que 20 minutes. Le tableau ne reste immobile qu’un court instant, puis, et malgré les fenêtres, j’entends le cliquetis des lettres et chiffres qui défilent … Un train est parti, libérant le quai numéro 3 . Un autre train est annoncé voie 7. Je lis distraitement les indications, sans vraiment les retenir, comme si j’admirais une œuvre d’art, un tableau dans un musée. Puis, sorti de sa rêverie, mon regard est attiré par les gens au rez-de-chaussée. Un homme d’un certain âge, feutre sur la tête et manteau assorti, lève les yeux vers le tableau. Il le contemple pendant de longues minutes, comme s’il attendait que l’affichage change … mais il reste silencieux. L’homme se frotte le menton, il semble perplexe. Puis il se dirige vers le banc de bois, s’assied et pose son sac à côté de lui. De ma place, il a l’air d’avoir le regard dans le vide, mais peut-être qu’il est comme moi, Reisegeschichten.

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un observateur privilégié. Qu’attend-il? Plus loin, une femme, élégante, les cheveux noués en un chignon strict, s’élance sur ses talons aiguilles. Elle file et se faufile dans la foule. Elle semble pressée. En passant près du petit kiosque, elle heurte une dame, ne s’excuse pas et continue sa route. La dame est outrée, son chapeau est légèrement de travers. Elle tapote sur sa jupe, aucune trace de poussière. Elle regarde à droite et à gauche, mais personne ne l’a remarquée. Rares sont les passagers à cette heure-ci qui en remarquent d’autres. J’entends des pas. En contrebas, des enfants galopent, courant après un train imaginaire. Ils tournent autour de la poubelle, en riant. Leurs mères papotent à côté. Encore des pas. Le serveur m’apporte mon café. 15 minutes. Distraitement, je tourne la cuillère dans le café. J’ai oublié d’ajouter le sucre. Un oubli vite réparé, tout en regardant la foule, devenue plus compacte. Des trains pour les grandes villes sont en partance prochainement, tous en même temps: une redoutable Re 460, d’un rouge flamboyant, et son attelage prêts en voie 7 à partir pour la Cité de Calvin; sur la voie 1 , une modeste Re 4 /4 filera bientôt en direction du nord du pays, tandis que sur la voie 3, un Cisalpino aux courbes futuristes s’apprête à s’élancer au-delà des Alpes. Je porte la tasse à mes lèvres, hume l’effluve qui s’en échappe. L’odeur me rappelle l’Italie. Milan? Tiens, c’est étrange, je ne savais pas que l’Orient-Express passait par Milan? Un coup d’œil à mon poignet gauche. Les aiguilles bleues de ma montre mécanique sautent le prochain trait, d’un mouvement furtif que seul un œil exercé peut voir. Pas les miens, ils sont trop fatigués. Mais ils connaissent la montre, à force de la regarder. Il est l’heure. Je paie mon café et me lève élégamment. Je salue le serveur, d’un discret hochement de tête. Il me répond de son accent chantant, un sourire aux lèvres. Il me connaît, depuis le temps. Il est des trains que l’on rate parfois volontairement. Je m’élance dans les escaliers, autant que possible, ma robe volant autour de moi. Je me sens comme une diva qui fait son entrée à la Scala. Ma robe est-elle assez belle? Me sied-elle? Ai-je l’air assez noble pour aller au théâtre ce soir? Au premier palier, je m’arrête, saluant un admirateur invisible. Mais ce n’est qu’un passager, à la cravate bleue, les lunettes légèrement de travers. Il monte d’un pas rapide. Son café sera rapide. Un ristretto certainement. Son train doit être le suivant. Des coups de sifflet retentissent. Un, deux, trois … les trains sur les quais 1, 3 et 7 s’élancent presque simultanément. Il me reste dix minutes. Au bas de l’escalier, je tourne à droite. Je descends au sous-sol. Le brouhaha me tire de ma rêverie. 42

Reisegeschichten.


Une femme mendie, un enfant pleure. On n’entend plus rien, les trains s’en vont. Je les regarde défiler, j’observe les passagers du train sur le quai 1. Je ne les vois qu’un bref instant, silencieusement. Je vois leurs lèvres bouger; l’homme à l’étage du bas est plongé dans une conversation avec un inconnu, son téléphone dernier cri appuyé contre l’oreille. Il gesticule. En face de lui, la femme pressée le regarde, agacée. Une lueur bleue se reflète dans la vitre, elle a allumé son ordinateur et voudrait pianoter sur le clavier. Nerveusement sans doute. La voie 7 est libre depuis plusieurs minutes, mon train ne saurait tarder. Beaucoup de personnes attendent sur le quai. J’y repère un homme, que je vois parfois prendre le même train que moi, le matin. Il me salue d’un discret hochement de tête. Parler ne servirait à rien. Tracté par une puissante Ae 6/6, un train marchandises entre dans un fracas tonitruant en gare, il passe sur la voie 6. Il doit ralentir, le crissement des rails est horrible, un son si aigu, soutenu et qui dure plusieurs longues minutes. Il s’arrêtera après la gare. Un train est annoncé par haut-parleur; pas le mien, ce n’est pas encore son tour. Et d’ailleurs, à cette heure-ci, plus personne n’annonce un train régional. Un enfant, impatient, crie. Sa maman arpente le quai, sur ses talons aiguilles, poussant une poussette démodée, avec le vain espoir qu’il s’endorme. Mon carrosse est avancé, je vois ses lumières au bout du quai se refléter dans une vitre. Il s’avance, silencieusement. C’est un train moderne de type Flirt. J’admire son fuselage, aérodynamique. Il est humide, il pleut donc. Sans un bruit, il s’arrête. Les passagers, impatients, s’amassent près des portes avant même qu’elles n’aient le temps de s’ouvrir. Les gens doivent se frayer un passage dans la foule pour en sortir! On entend le frottement des manteaux, les pas pressés. Tous veulent une place assise, les gens se précipitent. Je m’assieds sans problème. En face de moi, un papa et son fils. L’enfant colle ses mains aux vitres, il salue sa maman restée sur le quai. Il lui crie des mots qu’elle ne peut que deviner. Ils se sourient. Le papa a l’air fatigué. Les portes s’ouvrent … d’un bruit sec. Un jeune couple entre, essoufflé. Un inconnu siffle, le train se met en branle, cahotant, puis accélérant. Il est ponctuel. Nous ne sommes donc pas à Milan. Dommage. Je retire mon manteau, dénoue mon écharpe. Le train est maintenant hors de la ville. Il s’élance dans la nuit, suivant un tracé que je ne peux qu’imaginer, mais que je connais par cœur. Sans un bruit, il traverse toute la région et me déposera presque à bon port. C’est la fin de ma journée, que va-t-on manger ce soir? Un risotto aux quatre épices? Une viande sauce au gingembre? Quelque chose de rapide et d’exotique. Comme un air d’Orient … Express. Désirée Lauper, 27 ans, Le Brassus

Récits de voyage.

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D

Was am 19. August 1958 im Zug Nr. 154 von Brunnen nach Lugano geschah Prolog  Meine beruflichen Wanderjahre führten mich während dreier Jahre ins Tessin, und zwar in dessen südlichsten Zipfel, ins Mendrisiotto. Neben der Sprache faszinierte mich dort der etwas andere, legerere, ja: frohe Lebensstil. Kurz, bei den Menschen jenseits des Gotthards spürte ich vom ersten Augenblick an Lebensfreude und Lebenslust. Als Deutschschweizer neigte ich eher dazu, die Dinge nüchtern und ernsthaft anzugehen. Die Tessiner arbeiteten nicht minder seriös, wirkten aber in ihrer Art lockerer. Die Atmosphäre der Südschweiz wirkte auf mich positiv und anziehend. Mich bezauberte die Italianità, die Lebensart nach dem Motto «Arbeiten, um zu leben» ungemein. Die Zugfahrt meines Lebens  Ab und an verbrachte ich in jener Zeit die Wochenenden bei meinen Eltern in Brunnen. Nach einem solchen Aufenthalt zu Hause stieg ich auch am 19 . August 1958 im Bahnhof Brunnen in den Zug Nr. 154 nach Lugano ein. Ich bestieg den ersten Eisenbahnwagen in meiner Nähe und öffnete die Türe zum Wagenabteil. Erst in diesem Augenblick bemerkte ich hinter mir noch eine weibliche Person. Wir befanden uns inmitten einer wohlgelaunten Reisegruppe. Das Interesse dieser bunten Schar galt unerklärlicherweise sofort mir und dem hinter mir stehenden Fräulein. Ich fand bis heute nie heraus, ob es sich bei diesen Leuten um eine Gruppe von Zukunftsvisionären, Sterndeutern, Psychologen oder sonstigen Personen mit dem Hang, fremde Leute sofort zu identifizieren, handelte. Wir zwei wurden von der Reisegesellschaft nämlich augenblicklich als Hochzeitspaar auf der Hochzeitreise entlarvt! Es brach ein unbeschreibliches Tohuwabohu aus. Wir wurden lautstark mit Glückwünschen überhäuft, erhielten allerhand Ratschläge für den gemeinsamen Lebensweg und man fühlte sich natürlich auch berufen, uns reichen Kindersegen zu wünschen.

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Récits de voyage.


Nachdem die erste Glückwunschwelle langsam verebbt war, sahen wir zwei frisch Vermählten uns das erste Mal an. Wir waren uns ja noch nie begegnet! Meiner Begleiterin und mir stand, wegen des uns so überfallmässig aufgezwungenen neuen Zivilstandes, die Schamröte im Gesicht. Es hatte uns glattweg die Sprache verschlagen. Wir waren von einer Sekunde zur anderen in eine Rolle gezwängt worden, gegen die wir uns im ersten Überraschungseffekt nicht wehrten und es auch nachher nicht mehr taten. Kein Mensch im Abteil schien auch nur das geringste Interesse für die grossartige Linienführung der Gotthardbahnstrecke zu haben. Weder die Kehrtunnel noch die Kirche von Wassen noch die reizvolle, sonnige Berglandschaft hielten die Reisegruppe davon ab, sich weiterhin nur um unser Schicksal zu kümmern. In Göschenen stieg die fröhliche Gesellschaft aus, natürlich nicht, ohne uns weitere Anweisungen zu geben und uns regelrecht zu beschwören, um baldigen Nachwuchs besorgt zu sein … Wie begossene Pudel sassen wir nun im sonst leeren Abteil und sahen uns mit hochroten Gesichtern an. Bald mussten wir herzlich lachen über den doch amüsanten und unterhaltsamen Scherz. Wir versuchten, die Konversation aufrechtzuerhalten, erzählten uns abwechselnd, wer wir überhaupt waren, was wir taten und warum wir in diesem Zug sassen. Meine Begleiterin offerierte mir eine Banane und allzu schnell erreichten wir Lugano. Fräulein Trudi Achermann, so hiess meine zufällige Zuggefährtin, kehrte zu ihrer Mutter nach Albonago zurück. Dort würde sie noch bis Samstag Ferien machen, um dann via St. Moritz nach Ennetbürgen heim­ zufahren. Die erheiternde Begegnung beschäftigte mich nachhaltig und liess mich nicht mehr los. Am darauffolgenden Samstag befand ich mich schon um acht Uhr in Lugano bei der Postauto-Abfahrtsstelle und beobachtete die Busse nach Lugano – Maloja – St. Moritz wie ein Detektiv. Ich fahndete nämlich nach Fräulein Achermann und wollte ihr eine gute Heimreise wünschen. Gegen Mittag musste ich einsehen, dass ich meine Zugbekanntschaft trotz fast vierstündiger, geduldiger Überwachung verpasst hatte. Enttäuscht ging ich zur Arbeit.

Racconti di viaggio.

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Aufgeben kam für mich aber nicht in Frage. Ich wollte meine Reisebegleiterin unbedingt wiedersehen. Ennetbürgen konnte ja nicht so gross sein, dass ich die sympathische, junge Frau dort nicht finden würde. Also schlug ich das Telefonbuch auf – und musste meine Meinung über die Grösse des Dorfes am Vierwaldstättersee postwendend revidieren. Ich sah mich mit zwei ganzen Seiten von Achermannen und -frauen konfrontiert! Ich versuchte, mich akribisch an Einzelheiten unseres Gesprächs im Zug zu erinnern. Hatte mein Vis-à-vis nicht in irgendeinem Zusammenhange das Wort Krankenfürsorge erwähnt? Also nochmals zu den unzähligen Achermannen im Telefonverzeichnis. Und siehe da, ich entdeckte eine passende Adresse. Ich war zufrieden! In der darauffolgenden Woche nahm ich meinen ganzen Mut zusammen und wählte die gefundene Nummer. Ich hatte Glück und konnte mich sogar mit Fräulein Achermann auf eine gemeinsame Wanderung auf die Klewenalp einigen … Seit dieser einzigartigen, aber folgenschweren Zugreise ins Tessin sind mittlerweile über 54 Jahre vergangen. Trudi und ich sind seit über 51 Jahren glücklich miteinander verheiratet. Es wurden uns drei Kinder geschenkt. Diese haben bereits ihre eigenen Familien und wir dürfen uns über sechs Grosskinder freuen. Wer weiss, ob Ihnen, liebe Leser, vielleicht auch mal ein so wunderbares, glückliches Erlebnis auf einer Bahnfahrt passiert?

Franz Wyrsch, 78 , Ennetbürgen

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Racconti di viaggio.


199

Zahlen und Fakten zur SBB Faits et chiffres des CFF Fatti e cifre delle FFS

Reisegeschichten.

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2,8

412 000

Millionen millions milioni

Benutzer frequentieren täglich den Hauptbahnhof Zürich.

132 000

Kundinnen und Kunden besitzen ein Halbtaxoder Generalabonnement, das sind 41,7% der erwachsenen Bevölkerung der Schweiz. de clientes et de clients sont titulaires d’un abonnement général ou demi-tarif, soit 41,7% de la population adulte suisse.

utilisateurs fréquentent chaque jour la gare de Lausanne.

di clienti sono titolari di un abbonamento generale o metà-prezzo; pari al 41,7% della popolazione adulta svizzera.

13  000 utenti frequentano ogni giorno la stazione di Bellinzona.

47,3%

30,7%

14,1%

Deutschschweiz

Suisse romande

Ticino

808 Bahnhöfe und Haltestellen stehen am Anfang einer Reise mit der SBB – zur Arbeit, fürs Geschäft oder in der Freizeit.

106 Tonnen an Publikumsabfällen entsorgen die SBB pro Tag. Unsere Kundinnen und Kunden lesen oder verpflegen sich in den Bahnhöfen und Zügen, das schafft auch Abfall. tonnes de déchets sont éliminées chaque jour par les CFF. Notre clientèle lit la presse et se nourrit dans les gares et les trains, ce qui produit des déchets. sono le tonnellate di rifiuti smaltite ogni giorno dalle FFS . I nostri clienti leggono e mangiano nelle stazioni e nei treni, producendo rifiuti.

gares et arrêts constituent autant de points de départ d’un voyage avec les CFF, que ce soit pour le travail, les affaires ou les loisirs. stazioni o fermate rappresentano il punto di partenza di un viaggio con le FFS – per lavoro, per affari o per il tempo libero.

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84,12%

0,45%

0,04%

15,26%

0,12%


9947

3 138 Kilometer Streckennetz der SBB verbindet die Bahnhöfe zu einem feingewobenen Verkehrsnetz, das nahezu die ganze Schweiz umfasst.

Züge teilen sich an einem durchschnittlichen Werktag das Streckennetz der SBB und machen dieses zu einem der am dichtesten befahrenen Streckennetze der Welt.

kilomètres de voies de chemin de fer des CFF relient les gares entre elles, couvrant pour ainsi dire l’ensemble du territoire suisse.

trains circulent, en moyenne, sur le réseau suisse des CFF chaque jour ouvrable. Cela en fait l’un des plus densément exploités du monde.

chilometri di rete ferroviaria FFS collegano le stazioni creando una fitta rete di trasporti che ricopre quasi tutta la Svizzera.

treni percorrono la rete ferroviaria delle FFS durante un normale giorno lavorativo, rendendola così una delle reti più densamente trafficate al mondo.

Züge je Strecke und Tag. Trains par ligne et par jour. Treni per giorno e tratta. Die SBB erschliesst 24 von 26 Kantonshauptorten. Schweiz / Suisse / Svizzera – SBB CFF FFS

147

Les CFF relient 24 chefs-lieux de cantons suisses sur 26 . Con le FFS si possono raggiungere 24 dei 26 capoluoghi cantonali.

Niederlande / Pays-Bas / Paesi Bassi – ProRail

138 Deutschland / Allemagne / Germania – DB

84 Österreich / Autriche / Austria – Ö BB

71

30 888 Signale für Zugfahrten und 535 Stellwerke sorgen für einen sicheren Betrieb und dafür, dass unsere Kundinnen und Kunden pünktlich ankommen.

Italien / Italie / Italia – FS

53 Frankreich / France / Francia – RFF

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signaux et 535 enclenchements assurent la sécurité de l’exploitation et permettent à notre clientèle d’arriver à destination à l’heure. segnali per corse treno e 535 apparecchi centrali garantiscono un esercizio sicuro e fanno in modo che i nostri clienti arrivino puntuali a destinazione.

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88% unserer Kundinnen und Kunden erreichen ihr Ziel mit weniger als 3 Minuten Verspätung. de nos clientes et clients arrivent à destination avec moins de 3 minutes de retard. è la percentuale dei nostri clienti che arrivano a destinazione con meno di 3 minuti di ritardo.

967 000 Passagiere sind täglich mit der SBB unterwegs, wochentags reisen die meisten davon in der Morgen- und Abendspitze. passagers choisissent chaque jour les CFF pour leurs déplacements. En semaine, la plupart d’entre eux voyagent aux heures de pointe le matin et le soir. sono i passeggeri che viaggiano ogni giorno con le FFS , in settimana concentrati per lo più nelle ore di punta mattutine e serali.

12 % 8% 4% 0%

05.00

06.00

07.00

08 .00

09.00

10 .00

11.00

12 .00

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16 .00

17.00

18 .00

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20 .00

12 % 8% 4%

402

0%

2 310

Triebzüge sowie 336 Lokomotiven und 2785 Reise­ zugwagen setzt die SBB ein, um das grosse Passagier­ aufkommen zu bewältigen.

Kilometer legt jede Einwohnerin und jeder Einwohner der Schweiz im Jahr durchschnittlich mit der Bahn zurück – Weltrekord!

rames automotrices, 336 locomotives et 2785 voitures permettent aux CFF de faire face à une forte affluence de voyageurs.

kilomètres par an: telle est la distance que chaque Suisse parcourt en train, en moyenne annuelle – un record mondial!

elettrotreni, 336 locomotive e 2785 carrozze viaggiatori sono i mezzi utilizzati dalle FFS per far fronte al grande flusso di passeggeri.

sono i chilometri percorsi mediamente ogni anno da ciascun abitante della Svizzera – un vero e proprio record mondiale!

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Dabei verbrauchen sie pro Person und 100 Kilometer nur die Energie, die in 0,98 Liter Benzin steckt, und sind damit viermal verbrauchsgünstiger und 20 -mal CO 2 -effizienter unterwegs als mit dem Auto. Ce faisant, chaque voyageur en train consomme l’équivalent éner­ gétique de 0,98 litre d’essence. De tels déplacements sont quatre fois moins gourmands et 20 fois plus efficaces qu’en voiture en ce qui concerne le CO 2 . Con un consumo per persona e 100 chilometri pari a soli 0,98 litri di benzina risparmiano quattro volte in termini di consumo e sono 20 volte più efficienti in termini di CO 2 rispetto all’automobile.

366 Elektro­l okomotiven von SBB Cargo sind im Güterverkehr energie- und klimafreundlich unterwegs. Pro Tonne Frachtgut, die über 100 Kilometer transportiert wird, benötigen sie nur die Energie, die in 0,65 Liter Diesel steckt. locomotives électriques de CFF Cargo acheminent des marchandises, en ménageant l’énergie et le climat. Pour chaque tonne de marchandises transportée sur 100 kilomètres, elles consomment en moyenne l’équivalent énergétique de 0,65 litres de diesel seulement. locomotive elettriche di FFS Cargo circolano in modo ecologico ed efficiente in termini di energia nel traffico merci. Per ogni tonnellata di merci trasportata lungo 100 chilometri consumano solo l’energia pari a 0,65 litri di diesel.

175 000 Tonnen Güter transportiert SBB Cargo an einem Werktag im In- und Ausland, das entspricht rund 15 000 Lastwagenfahrten. tonnes de marchandises sont acheminées chaque jour ouvrable par CFF Cargo, en Suisse et à l’étranger. Cela équivaut à 15 000 courses en camion. sono le tonnellate di merci trasportate da FFS Cargo in Svizzera e all’estero durante un giorno feriale, equivalente a 15 000 trasporti con autocarri.

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29,4 7 869 Millionen Tonnen Güter durchquerten 2012 auf der Schiene die Schweizer Alpen via Gotthard oder Simplon.

millions de tonnes de marchandises ont franchi les Alpes suisses via les axes du Saint-Gothard ou du Simplon en 2012. milioni di tonnellate di merci hanno attraversato su rotaia le Alpi svizzere nel 2012 passando dal San Gottardo o dal Sempione.

Güterwagen von SBB Cargo werden immer leiser. wagons de CFF Cargo deviennent toujours plus silencieux.

carri merci di FFS Cargo sono resi sempre più silenziosi.

Und damit die Anwohnerinnen und Anwohner der Transitachsen ruhiger schlafen, säumen immer mehr Lärmschutzwände das Streckennetz der SBB .

89,9%

Afin de préserver le sommeil des riverains, des parois antibruit bordent de plus en plus de voies du réseau CFF.

unserer eigenen Güterwagen sind bereits lärmarm.

E affinché le persone che abitano lungo gli assi di transito possano dormire notti più tranquille, sempre più pareti antirumore fiancheggiano la rete ferroviaria delle FFS .

des wagons des CFF sont déjà silencieux. è la percentuale dei nostri carri merci che sono già poco rumorosi.

Lärmschutzwände entlang des SBB Streckennetzes. Parois antibruit le long du réseau ferroviaire CFF. Pareti antirumore lungo la rete ferroviaria FFS .

2008 2009 2010 2011 2012

3,1

Milliarden milliards miliardi

Franken erhält die SBB von der öffentlichen Hand, vor allem für Betrieb und Unterhalt der Infrastruktur, für Investitionen in die Bahninfrastruktur sowie für den Regionalverkehr. de francs sont versés aux CFF par les pouvoirs publics, en particulier pour l’exploitation et l’entretien de l’infrastructure, pour des investissements dans l’infrastructure ferroviaire et pour le trafic régional.

181 km

52

193 km

239 km

271 km

303 km

di franchi è l’importo che le FFS riceve dai poteri pubblici in prima linea per l’esercizio e la manutenzione dell’infrastruttura, per gli investimenti nell’infrastruttura ferroviaria e per il traffico regionale.


422 47% Millionen Franken beträgt das Konzernergebnis der SBB . Dieses Geld investiert die SBB wieder in das System Eisenbahn, zum Beispiel in neue Züge.

millions de francs: c’est le résultat du groupe CFF. Ce dernier réinvestit cette somme dans le système ferroviaire, entre autres dans l’achat de nouveaux trains. milioni di franchi: a tanto ammonta il risultato consolidato delle FFS reinvestito nel sistema ferrovia, ad esempio acquistando nuovi treni.

des Betriebsaufwandes von 7,7 Milliarden Franken machen Löhne und damit verbundene Sozialabgaben aus.

des charges d’exploitation, qui totalisent 7,7 milliards de francs, sont constituées par les salaires et les charges sociales qui leur sont liées. è la percentuale delle spese d’esercizio di 7,7 miliardi di franchi che costituisce i salari e i contributi previdenziali.

29 240 Mitarbeitende haben die SBB und ihre Tochtergesellschaften, damit die Züge fahren, Billette gekauft werden können, die Gleise in einwandfreiem Zustand sind oder die Fahrpläne stimmen. Und damit sich unsere Kundinnen und Kunden in den Bahnhöfen und Zügen «unterwegs zuhause» fühlen. collaboratrices et collaborateurs travaillent pour les CFF et pour leurs filiales afin que les trains circulent à l’heure, que la clientèle puisse se procurer des titres de transport et que les voies soient dans un état irréprochable. Ils s’investissent pour que la clientèle des CFF se trouve «en route, comme chez elle» dans les gares et les trains. persone impiegate dalle FFS e dalle loro società affiliate si adoperano per far circolare i treni, emettere biglietti, assicurare la manutenzione dei binari o garantire l’orario. E per far sentire i clienti «in viaggio come a casa propria» nelle stazioni e nei treni.

Weitere Informationen www.sbb.ch/zahlen-und-fakten

Complément d’information www.cff.ch/faits-et-chiffres

Per ulteriori informazioni www.ffs.ch/fatti-e-cifre

53


Erfolgsrechnung

Compte de résultat

Conto economico

Mio. CHF

M CHF

mio di CHF

Betriebsertrag

Produits d’exploitation

Ricavo d’esercizio

Verkehrsertrag

Produits du trafic

– Personenverkehrsertrag

– Produit du trafic voyageurs

– Güterverkehrsertrag

– Produit du trafic marchandises

– Ricavo da traffico merci

– Betriebsleistungsertrag

– Produit des prestations d’exploitation

– Ricavo da prestazioni d’esercizio

– Ertrag aus Infrastruktur­ benützung

– Produit issu de l’utilisation de l’infrastructure

– Ricavo dall’utilizzazione dell’infrastruttura

Leistungen der öffentlichen Hand

Prestations des pouvoirs publics

Prestazioni dei poteri pubblici

Mieterträge Liegenschaften

Produits résultant de la location d’immeubles

Nebenerträge

Produits accessoires

Eigenleistungen

2011

2012

±%

Ricavo da traffico

3 675

3 705

0,8

– Ricavo da traffico viaggiatori

2 732

2 781

1,8

808

784

–3,0

62

62

0,3

73

78

6,4

2 304

2 321

0,7

Ricavi locativi immobili

354

386

9,3

Ricavi complementari

856

866

1,1

Prestations propres

Prestazioni proprie

832

890

6,9

Total

Total

Totale

8 022

8 169

1,8

Betriebsaufwand

Charges d’exploitation

Spese d’esercizio

Personalaufwand

Charges de personnel

Spese per il personale

–3 554

–3 633

–2,2

Materialaufwand

Charges de matières premières et consommables

Spese per il materiale

–685

–697

–1,8

Sonstiger Betriebsaufwand

Autres charges d’exploitation

Altre spese d’esercizio

–1 579

–1 656

–4,8

Abschreibungen

Amortissements

Ammortamenti

–1 674

–1 692

–1,1

Total

Total

Totale

–7 492

–7 678

–2,5

Betriebsergebnis / EBIT

Résultat d’exploitation / EBIT Risultato d’esercizio / EBIT

530

491

–7,3

Finanzaufwand

Charges financières

Costi finanziari

–345

–208

39,7

Finanzertrag

Produits financiers

Ricavi finanziari

95

86

–9,2

Ordentliches Ergebnis

Résultat ordinaire

Risultato ordinario

280

369

32,0

Betriebsfremdes Ergebnis

Résultat hors exploitation

Risultato estraneo all’esercizio

Gewinn vor Steuern

Bénéfice avant impôts

Utile ante imposte

Ertragssteuern

Impôts sur les bénéfices

Imposte sull’utile

Minderheitsanteile

Parts des minoritaires

Interessenze azionisti minoritari

Konzernergebnis

Bénéfice du groupe

Risultato consolidato

Weitere Informationen

Complément d’information

Per ulteriori informazioni

www.sbb.ch/geschaeftsbericht www.cff.ch/rapport_de_gestion www.ffs.ch/rapporto_di_gestione

54

67

65

–2,4

346

434

25,4

–7

–12

–78,4

–1

0

87,4

339

422

24,7


Bilanz

Bilan

Bilancio

Mio. CHF

M CHF

mio di CHF

Aktiven

Actif

Attivi

Umlaufvermögen

Actif circulant

Attivo circolante

Anlagevermögen

Actif immobilisé

Attivo fisso

– Finanzanlagen

– Immobilisations financières

– Immobilizzazioni finanziarie

– Sachanlagen

– Immobilisations corporelles

– Anlagen im Bau Sachanlagen

– Immobilisations en cours de construction

– Immaterielle Anlagen

– Immobilisations incorporelles

– Immobilizzazioni immateriali

Total

Total

Totale

Passiven

Passif

Passivi

Kurzfristiges Fremdkapital

Capitaux étrangers à court terme

Langfristiges Fremdkapital

2011

2012

±% 5,4

2 290

2 413

31 591

32 464

2,8

1 117

488

–56,3

– Immobilizzazioni materiali

24 720

25 151

1,7

– Impianti in costruzione immobilizzazioni materiali

5 091

6 101

19,9

664

724

9,1

33 881

34 877

2,9

Capitale di terzi a breve termine

3 220

3 142

–2,4

Capitaux étrangers à long terme

Capitale di terzi a lungo termine

20 317

20 971

3,2

Eigenkapital inklusive Minderheitsanteile

Fonds propres, y c. parts des minoritaires

Capitale proprio incluse le interessenze azionisti minoritari

10 344

10 763

4,1

Total

Total

Totale

33 881

34 877

2,9

Leistungen der öffentlichen Hand

Prestations des pouvoirs publics

Prestazioni dei poteri pubblici

Mio. CHF

M CHF

mio di CHF

Erfolgswirksame Leistungen

Prestations influant sur le résultat

Contributi con impatto sul risultato 1 696

1 703

0,4

575

596

3,7

Leistungen an die Infrastruktur Contributions à l’infrastructure

Contributi per l'infrastruttura

Abgeltungen regionaler Personenverkehr

Indemnités compensatoires liées au trafic voyageurs régional

Indennizzi traffico viaggiatori regionale

Abgeltungen Güterverkehr

Indemnités compensatoires liées au trafic marchandises

Indennizzi traffico merci

Total

Total

Totale

Zunahme von Darlehen, A-fonds-perdu-Beiträge

Augmentation des prêts, contributions à fonds perdu

Aumento prestiti, contributi a fondo perso

Zunahme Darlehen zur Finanzierung von Bahn­ infrastruktur

Augmentation des prêts pour le financement de l’infrastructure ferroviaire

Aumento prestiti per il finanziamento dell’infrastruttura ferroviaria

A-fonds-perdu­- Beiträge FinöV-­Fonds Lärmschutz/ Behindertengleichstellungsgesetz

Contributions à fonds perdu Fonds FTP Protection contre le bruit/Loi sur l’égalité pour les handicapés

Contributi a fondo perso Fondo FTP protezione contro i rumori/legge sui disabili

Total

Total

Totale

Total Leistungen öffentliche Hand

Total Prestations des pouvoirs publics

Totale Prestazioni dei poteri pubblici

34

22

–33,4

2 304

2 321

0,7

574

719

25,2

68

69

0,6

642

787

22,6

2 947

3 109

5,5

55


56

RĂŠcits de voyage.


I

Zug È domenica, Lisa aspetta sulla panchina della stazione di Lugano. Quando l’altoparlante annuncia l’arrivo imminente del suo treno, lei sobbalza come spaventata. Con un sospiro si avvicina alla carrozza, apre con fatica la porta, respira profondamente poi sale. Il treno è semi deserto: pochi pendolari stanchi e qualche anziano in viaggio di piacere. La ragazza si siede vicino al finestrino nel senso di marcia. Sfila un libro dalla borsa a tracolla, la butta sul sedile di fronte e ci mette sopra i piedi. Su internet si acquistano biglietti molto vantaggiosi se si è disposti a viaggiare su di un vecchio treno regionale, sì, uno di quelli che ferma ad ogni stazione, compresa quella di Güllen per intenderci. Lisa lo prende solo all’andata. Un ometto anziano si ferma all’altezza della ragazza che scatta composta. L’uomo si toglie il cappello nero fuori moda e lo appoggia sulla cappelliera, con minuscoli colpetti sfila il soprabito nero fuori stagione e lo appende su di un gancetto, poi è la volta della giacca nera, che ripiegata con la fodera verso l’esterno prende posto vicino al cappello. Un lieve odore di naftalina sublima nell’aria. L’uomo, in maniche di camicia, indossa due gemelli d’argento ai polsini e un panciotto ben abbottonato. Fissa la ragazza, poi la borsa sgualcita. Lisa guarda a sua volta la tracolla, ora con la coda dell’occhio il vecchietto, ancora la borsa, infine la afferra e la sistema al suo fianco. Il treno parte. L’inerzia aiuta l’uomo a prendere posto in faccia alla ragazza. Lisa appoggia la testa al finestrino, chiude gli occhi ai potenti raggi di sole che duellano con le ombre del cemento armato. – Buon giorno signorina! Dice l’uomo. Lei sorride e apre il suo libro cercando il punto. – Questo treno va a Zurigo? Lisa trasale, sorride di nuovo e annuisce con la testa. Poi si rifugia tra le righe fissando le macchioline nere. – Le ho già detto che ho 97 anni? Lisa chiude il libro. Il treno prende velocità per qualche secondo poi rallenta di nuovo arrestandosi: Lamone-Cadempino. – Sono nato in piena guerra, sa? La Grande Guerra! Il mio povero nonno… Lisa è ipnotizzata dal movimento lento e armonico delle sue mani intricate, come un direttore d’orchestra accompagna la sua voce tremola tranquilla Racconti di viaggio.

57


e triste. L’uomo parla di sé, della sua vita, del mondo. Infine cullato dal tedioso procedere lento si addormenta. Lisa osserva il respiro lento dell’uomo, il vago oscillare del petto nel ritmico moto della vita. Si immagina quelle mani giovani, forti, virili. Il treno è fermo in una piccola stazione, un gruppo di giovani militari in congedo percorre il corridoio imprecando in modo delirante, due hanno una sigaretta accesa e un ghigno di trasgressione sulle labbra, altri due tengono la sigaretta spenta tra le dita e un accendino verde pisello in pugno. L’ultimo segue i commilitoni sghignazzando con il viso incendiato dalla vergogna. Il treno riparte. L’anziano si sveglia e riprende il racconto da dove aveva lasciato: – Ho sposato una bella ragazzona, sa? L’ho portata in braccio fino alla camera da letto, ah pesava! Caspita se pesava! Più di me di sicuro… I suoi occhi infossati brillano di un verde vivo, tutte le rughe del viso si distendono in una fragorosa risata. Anche Lisa ride. Inesorabile, il peso degli anni, grava nuovamente sulle spalle ossute. – Ora è morta… credo… era ancora giovane… più di me di sicuro… La voce incerta farfuglia parole confuse, l’uomo si segna brevemente con l’indice della mano destra e chiude per qualche istante gli occhi. Come al Luna Park, il convoglio inizia a girare in tondo arrampicandosi nelle viscere delle Alpi. Nel cielo la primavera è in ritardo, le gallerie buie. La chiesetta di Wassen appare e scompare come proiettata da antiche diapositive color seppia. Alla stazione di Arth-Goldau nevica. Un turbinio di grossi fiocchi soffici che sorprendono tutti: automobilisti, bambini e teneri germogli. Tutto è avvolto da un irreale silenzio ovattato, poi il viaggio riprende. Per un breve tratto Lisa regala a un moccioso con il naso rosso di freddo e un cappuccio da nanetto momenti di euforia rispondendo alle sue smorfie. L’anziano viaggia nei suoi ricordi o nei suoi sogni, di tanto in tanto li condivide con la ragazza. Lei ascolta senza parlare. Ad una piccola stazioncina con un nome impronunciabile sale un gatto. Si acciambella a fianco di Lisa e la guarda, la ragazza gli fa una coccola con i polpastrelli, il gatto con pacata indifferenza strizza gli occhietti stiracchiandosi e fa le fusa. Mentre l’uomo racconta del lavoro in Belgio l’altoparlante annuncia in tedesco l’arrivo del treno in stazione a Zug. – Devo telefonare a mia figlia! Esclama l’uomo recuperando dal taschino un vecchio telefono, uno di 58

Racconti di viaggio.


quelli a forma di cornetta con i tasti alfanumerici da digitare. Tiene il pesante apparecchio con la sinistra e digita i numeri con l’indice della mano destra recitando a mezza voce i numeri selezionati. Lo porta all’orecchio. – Pronto? – Pronto! Papà dove sei? La voce della donna esce dal microfono forte e chiara. – Eh… L’uomo scruta dal finestrino. – … sul treno… Cade la linea. Tutto da rifare, il vecchietto ricompone la sterile melodia schiacciando i bottoncini luminosi. – Pronto? Ripete. – Papà, dimmi dove sei! Dice la donna con tono perentorio. Il segnale è di nuovo interrotto. Dopo pochi secondi il telefono squilla. – Pronto? Risponde l’uomo. – Papà mi devi dire dove sei! Insiste stizzita la figlia. – Zug. – Oh caspita! Ma. Silenzio. L’uomo guarda il telefono esausto. Lo infila di nuovo nel taschino del gilet e socchiude gli occhi. Un gruppo di signore con racchette da escursionismo di ultima generazione e zainetti pieni di accessori consultano animatamente volantini e opuscoli colmi di montagne e laghi mozzafiato. Il treno sferraglia finché intravede la stazione di Zurigo, allora inizia a frenare, esita ad ogni scambio, sbuffa, stride e infine si arresta pesante su di un binario cieco. Tutti i passeggeri sono pregati di scendere. Una donnona incastrata negli anni ’80 e in una minigonna troppo corta si agita con le mani in aria e urla a più non posso in preda ad una crisi isterica. L’ometto calca il cappello sulla fronte, guarda a terra e a piccoli passetti strascicati la raggiunge. Lisa lo saluta con un piccolo cenno di mano, poi saluta il gatto che incerto si allontana dondolando dietro le sottili sbarre dorate. Il vento gelido accelera tra le banchine sfogliando 20 Minuten abbandonati. La ragazza rabbrividisce. È sola, la borsa a tracolla, un libro in mano, mille pensieri nella testa e un racconto da scrivere. Laura Kaempf-Carlino, 33 anni, Cadenazzo

Reisegeschichten.

59


F

Oubli

Aéroport de Genève-Cointrin. Il m’a mis à l’arrière. Comme d’habitude. On attend le train qui doit nous amener à Martigny. Je suis bien au chaud. Satisfait de moi aussi. J’ai rempli mon rôle une fois de plus et me réjouis maintenant de rentrer en Valais pour quelques jours en sa compagnie. Avant de repartir à l’aventure. Le train arrive à quai. Nous laissons descendre les voyageurs et tranquillement montons à bord du convoi pour nous installer bien confortablement dans un compartiment, près de la porte coulissante. J’aime bien le train. J’aime son confort, toujours bien calé sur le siège, juste derrière lui. Je le sens pourtant un peu agité aujourd’hui! Est-ce la perspective de revoir sa famille, ses amis, son pays? Va savoir! – Genève, Nyon, Morges, Lausanne … Les villes défilent et moi je glisse peu à peu … Juste avant Aigle, il se lève. Je suis surpris par son mouvement pas vraiment prévu au programme. Tellement surpris que je tombe et me retrouve coincé entre le dossier et la banquette. Dans son agitation, il ne se rend compte de rien et ne voilà-til pas qu’il m’oublie! Le train s’immobilise au quai. Il prend sa valise sans même me jeter un regard et se dirige vers la sortie du wagon en m’abandonnant lâchement sur le siège! Je me retrouve seul et commence à m’inquiéter. Il va tout de même s’apercevoir de son oubli avant le départ du convoi … – Attention à la fermeture automatique des portes … Eh non! Il ne revient pas me chercher! Mais que va-t-il faire sans moi? Et moi? Qui va s’occuper de moi? Je sais, vous allez me dire que je vais attirer des convoitises, car j’en vaux vraiment la peine, surtout en ce moment … mais je n’aimerais pas tomber dans les mains de n’importe qui! Et puis, je m’étais habitué à lui! Depuis le temps que nous vivons ensemble. – Voie 1, attention au départ … 60

Reisegeschichten.


Le train va repartir … Moi sans lui pour la suite du voyage … Mais quelle suite maintenant que je suis abandonné? Abandonné? Pas pour longtemps. Une charmante dame me prend dans ses mains … Elle se précipite vers la sortie: – Monsieur, Monsieur! Votre … Trop tard! Les portes couinent et se referment. Le train s’ébroue, se cabre et repart vers sa prochaine étape. La dame me regarde de tous les côtés tout en regagnant sa place. Que va-t-elle faire de moi? Elle me tripote un peu, gauchement. Et puis me pose sur le siège, à côté d’elle en gardant sa main droite sur moi, en protection. Elle pourrait me faire les poches, pour me connaître un peu ou savoir à qui j’appartiens mais, par pudeur je pense, elle ne le fait pas. Donc, maintenant, je voyage en nouvelle compagnie. Sa main est douce sur moi, un peu tremblante tout de même. Le train fait un peu plus de bruit. On enfile le quai de Bex. On va bientôt arriver à St-Maurice. Je vais retrouver mon Valais mais, cette fois, sans mon compagnon de toujours. Au fait, que va-t-il bien pouvoir faire sans moi? Je l’imagine et me prends à sourire. Il va être bien embêté, le pauvre, et partira rapidement à ma recherche, parce que sinon: galère assurée! Je possède tous ses papiers, sa carte de crédit, son argent, son billet de train … La totale quoi! C’est à l’entrée de St-Maurice que je change à nouveau de propriétaire … – Monsieur le contrôleur s’il vous plaît. Un passager a oublié … – Merci beaucoup Madame, je vais le mettre en sécurité jusqu’à notre terminus de Brigue … – Le monsieur est descendu à Aigle … – Ne vous inquiétez pas, je vais en informer immédiatement le chef de gare. Merci encore Madame pour votre obligeance. Je passe d’une main à l’autre. On m’installe confortablement et en toute sécurité dans une sacoche. Bien au chaud. Brigue! Destination imprévue. Je n’avais pas encore voyagé dans le Haut-Valais! Pour une inauguration mouvementée, c’en est une! À la gare terminus, on me tripote, m’ausculte et me range bien à l’abri. J’entends un responsable dire: Récits de voyage.

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– Le chef de gare d’Aigle nous a téléphoné. Le monsieur viendra le rechercher en fin de journée. Il a eu de la chance, vraiment. Quelques heures plus tard, mon propriétaire, tout penaud, arrive au guichet des objets trouvés. – Bonjour messieurs, je viens rechercher mon porte-monnaie qui est tombé de la poche de mon pantalon … Je m’en suis aperçu à Aigle et … – Oui, Monsieur, on vous attendait. On me sort du tiroir dans lequel on m’avait précautionneusement rangé. – On vous laisse contrôler s’il ne manque rien. Non, non, tout y est. Cartes d’identité, de crédit, de fidélité, billet de train, argent au centime près! Comme il est soulagé mon propriétaire! Il me déleste d’un beau billet bleu. – Pour le Noël des cheminots. Avec encore tous mes remerciements. Cette histoire est tirée de faits réels. Je réitère ici tous mes remerciements aux principaux antagonistes dont l’honnêteté a été à toute épreuve et qui ont permis cette fin heureuse.

Daniel Revaz, 62 ans, Hassi-Ameur, Algérie

62

Récits de voyage.


D

Eine Nacht in der Rottenküche Langsam wird es dunkel. Ruhig und verlassen steht der Küchenwagen auf einem kleinen Bahnhof an der Brüniglinie. Nicht weit davon entfernt herrscht jedoch bereits emsiges Treiben. Die Gleisbauer des Bahndienstes haben ihre Nachtschicht begonnen. Sie haben eine anstrengende Arbeit vor sich, muss doch bis zum ersten Zug frühmorgens ein ansehnliches Stück Gleis komplett erneuert werden. So wird es auch allmählich Zeit, dass ich mich zu meinem Arbeitsplatz, das heisst in den Küchenwagen, begebe. Als Rottenköchin habe ich die schöne und dankbare Aufgabe, für das leibliche Wohl «meiner Burschen» zu sorgen. Die strenge körperliche Arbeit verlangt entsprechende Nahrung – und Kalorien. Menüplan und Einkauf sind vor Dienstantritt bereits klar und getätigt, nun beginnt der Einsatz vor Ort. Dank einer guten Arbeitseinteilung bleibt mir immer wieder Zeit für Beobachtungen und persönliche Gedanken. Draussen fahren Züge vorbei oder halten an, hell erleuchtet, anfänglich auch noch recht gut besetzt, dann jedoch immer spärlicher. Im Bahnhof steigen weniger Leute aus und praktisch keine mehr ein. Ich beobachte sie gern und frage mich: Was denken sie? Was haben sie wohl noch vor? Sind sie zufrieden mit dem Tag? Haben sie vielleicht Schweres erlebt? Viele sehen müde aus, nach hartem Tagewerk, andere sind noch recht munter. Racconti di viaggio.

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Gruppen junger Menschen lachen und sind laut, Ältere hingegen kehren eher einzeln heim und sind ruhiger. Auch Familien mit kleinen Kindern sind auf dem Heimweg und sicher froh, wenn aus kleinen Bengelchen irgendwann schlafende Engelchen werden. Es geht nun auf Mitternacht zu, im Wagen habe ich die Tische gedeckt und bin auf den hungrigen Ansturm gefasst. So wird es denn auch plötzlich laut und lebendig um mich herum, wo in den letzten zwei Stunden lediglich Pfannengeschepper und Tellerklappern zu hören war. Jeder hat schnell seinen Platz eingenommen, wo auch seine bevorzugten Gewürze stehen. Denn die einen lieben ihre Mahlzeit pikant, andere eher mild. Das Essen verläuft recht zügig und meist auch ziemlich leise. Danach bleibt noch etwas Zeit für private Gespräche oder der Vorgesetzte gibt noch letzte Anweisungen für den zweiten Teil der Nachtschicht. Nach einer Dreiviertelstunde verlassen die Männer das gastliche Lokal und gehen zurück in die Nacht hinaus. Wieder alleine in meinem kleinen Reich, erledige ich den Abwasch. Wieder habe ich Zeit, zu beobachten und mir Gedanken zu machen. Es ist still geworden, es verkehren keine Züge mehr, nur noch hier und da ein Nachtschwärmer auf dem Heimweg und das entfernte Hämmern und Klopfen der Gleisarbeiten ist zu hören. Dank der zufriedenen Gesichter meiner Gäste beim Verlassen des Rottenwagens kann ich mit meiner Arbeit zufrieden sein – und begebe mich am frühen Morgen auf den Heimweg. Giovanna Santillo Nann, 63 , Kerns

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Racconti di viaggio.


F

À fond de train

Nous sommes à quai à la même seconde. Alors que je fais claquer mes talons en haut des escaliers, la trachée en feu, mon train annonce son arrivée dans un grincement à vous fissurer les molaires et m’asphyxie d’un grand remous d’air fleurant les freins en surchauffe. Ouverture des portes, les voyageurs se déversent au milieu de la cohorte des candidats au départ. Le stress me fait littéralement piaffer devant le distributeur de billets, et je frappe de mon index comme un pic-vert sur l’écran tactile. L’engin traite ma demande avec une nonchalance toute informatique. Destination Genève. Deuxième classe. Via quoi? Au plus court évidemment! Oui, ticket journalier. Demi-tarif, c’est ça. Vite, viiiiiiiiite. La machine rechigne devant ma coupure de 20 francs, l’avale pour la recracher avec répugnance, s’y reprend à trois fois avant de l’absorber enfin. Elle me restitue la monnaie pièce après pièce, comme défèquerait une chèvre constipée. «Veuillez patienter pendant l’impression de votre titre de transport». Dans ma panique, j’ai failli l’oublier celui-là, et me précipiter sans sésame dans le wagon dont les portes se referment déjà. Mon billet en main, je m’élance vers le train qui démarre en douceur vers ma destination. Sans moi … Et merde, merde!!! L’adrénaline retombe instantanément, laissant la place à un grand vide, un moment de désarroi complet, vite remplacé par une rage sourde. Je n’arriverai jamais à l’heure à mon rendez-vous, viens de perdre toute crédibilité auprès de mon client. Un horloger de luxe, ça ne plaisante pas sur la ponctualité. J’envisage Reisegeschichten.

un instant de prétexter le cas de force majeure, l’incident dont je serais l’infortunée victime, un arbre tombé sur les voies, par exemple. Mais je m’aperçois aussitôt que mon mensonge sera éventé. Un tel accroc dans la mécanique bien huilée des horaires CFF ferait à coup sûr la une du prochain flash infos … Je viens de perdre le contrat de l’année. Affolée je fais les cent pas, incapable de trouver une solution à cette impasse. Un coup d’œil à l’affichage m’apprend qu’un omnibus arrive dans quatre minutes. J’avais calculé mon horaire avec une marge de vingt minutes, les bureaux de Monsieur Valmont se trouvent à un quart d’heure de la gare. Au sprint, je peux peut-être encore rattraper le coup. Je me découvre des pulsions de délinquante, prête à arracher sa trottinette à un bambin une fois arrivée en gare de Genève, si ce forfait me permet de me refaire de quelques secondes sur mon retard. Au terme d’une attente interminable, mon train arrive enfin. Si l’on peut qualifier ainsi la sorte de rame de métro qui occupe les rails en lieu et place de l’InterCity à deux étages qui m’a échappé quelques minutes plus tôt. Je m’y installe avec le sentiment d’avoir troqué le destrier de Zorro contre l’improbable monture de d’Artagnan le jour de son arrivée à Paris. Au coup de sifflet du contrôleur, le convoi s’arrache à la gare à l’allure d’un gastropode arthritique. Le principal est toutefois de progresser vers mon but, et je vais pouvoir mettre à profit le temps du trajet pour affûter mes arguments et ainsi emporter la signature du contrat à Monsieur Valmont. Je prends place sur un siège constellé d’auréoles douteuses et sors de ma sacoche mon ordinateur portable.

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Une fois mes dossiers ouverts, j’ai beaucoup de difficulté à focaliser mon attention sur les chiffres devant moi. Hypnotisée par l’horloge sur mon écran qui égrène les minutes sans pitié, je mesure l’ampleur de mon retard au rythme poussif de mon véhicule. Alors que j’attends le coup d’accélérateur qui nous emmènera à notre allure de croisière, je sens le train ralentir pour finalement s’échouer dans une gare dont je ne connaissais même pas l’existence. Les portes s’ouvrent sur des voyageurs fantômes. Personne pour monter ou descendre, mais le conducteur reste consciencieusement à la station pendant d’interminables minutes. À côté de moi, un homme tonitrue dans son téléphone portable. – Ben oui je pars aujourd’hui, puisque je suis en vacances. Pourquoi j’attendrais demain? T’es con ou quoi? Je retourne à mes chiffres en me rongeant les ongles, incapable de fixer ma pensée sur le dossier Valmont. Ma carrière, jusque-là prometteuse, a été scellée au moment où j’ai mis les pieds dans ce wagon, pour prendre définitivement des allures de voie de garage, à l’image du destin de mon convoi. – Je suis dans le train, comment tu veux que j’y aille à l’aéroport? T’es con ou quoi? Dopée à l’adrénaline, je sursaute à ces mots et hésite à me planter les doigts dans les oreilles pour me soustraire à ce discours affligeant. Enfin notre convoi redémarre avec l’ardeur d’un âne en fin de vie. Je fixe à nouveau mon ordinateur tout en me maudissant de ne pas avoir pensé à l’option taxi, qui m’aurait certes ruinée, mais permis de sauver mon destin. Il est 8 h52 , Monsieur Valmont m’attend dans ses bureaux à 9 h. – Mais je vais à Genève! Tu crois que je le prends où, l’avion? T’es con ou quoi? Je me retourne, prête à déverser toute ma rage et ma frustration sur mon insupportable compagnon de voyage. C’est alors que notre train ralentit pour s’immobiliser en rase campagne. Pas même un spectre de gare à l’horizon, encore moins des voyageurs, juste quelques vaches qui ruminent en nous igno-

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Reisegeschichten.

rant ostensiblement, plus friandes du passage des express que de la progression laborieuse de notre omnibus. – Attends on s’est arrêté, je sais pas ce qui se passe. Purée, j’espère que je vais pas rater mon vol! J’ai envie de jeter mon ordinateur à terre, de le piétiner tout en déchiquetant ma veste avec mes dents, mais je reste figée sur mon siège, anéantie par l’impuissance. Les passagers ont interrompu la lecture de leur journal ou la musique dans leurs écouteurs et se regardent, interrogateurs. – Ben oui, si le train avance plus, j’y arrive comment à l’aéroport? T’es con ou … Une annonce dans le haut-parleur coupe la question à laquelle j’ai déjà répondu en mon for intérieur. «Pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous devons effectuer une halte imprévue. Notre train arrivera en gare de Genève avec cinq minutes de retard.» Deux touristes assises derrière moi se questionnent avec inquiétude. – Cosa succede? Hai capito? Mécaniquement, je leur traduis le contenu du message. Elles éclatent de rire, m’assurent qu’en Italie, ils font une annonce quand le train a cinq heures de retard. L’information ne me rassérène pas, il est 9 h02 et je n’ai pas le courage de téléphoner à Monsieur Valmont pour lui annoncer ma défection à notre rendez-vous. Pas nécessaire, d’ailleurs, puisque justement mon cellulaire sonne, en affichant le numéro de mon plus gros client. Accablée, je décroche. Mon interlocuteur, en proie à un stress majeur, me débite à toute vitesse. – Madame Presset? Ici Valmont. Je suis confus, mais un accident est survenu sur l’autoroute et me voilà pris dans un énorme embouteillage. J’aurai au bas mot trois quarts d’heure de retard pour notre rendez-vous, j’espère que vous voudrez bien me pardonner … En tout cas, cette fois je ne peux que vous donner entièrement raison: la voie des rails est nettement moins stressante que la route! Hélène Dormond, 41 ans, Prangins


D

Zugart

In Gedanken hatte ich mein Zimmer in Genf bereits eingerichtet, als mir mitgeteilt wurde, dass ich mich nicht fürs Studium an der Haute Ecole de Musique eignete. – Sie sind zu jung – diese euphemistische Begründung hallte in einem endlosen Echo in mir nach, während ich nun versuchte, mich auf meinem Sitz so unsichtbar wie möglich zu machen. Ich wusste nicht, wie ich diese dreistündige Rückfahrt überstehen sollte. Wie oft hatte ich von diesem Gang zum Bahnhof geträumt, wie oft hatte ich dabei das Konzert in Es-Dur von Weber gehört, hatte allen Fussgängern freundlich zugenickt und durch mein Strahlen der ganzen Welt verkündet, dass in diesem Augenblick mein neues Leben als Klarinettistin begann, mein neues Leben in dieser grossen Stadt, die ich so gerne kennenlernen und meine eigene nennen wollte. Dieser Traum, für den ich Stunde um Stunde Staccato- und Intonationsübungen gemacht hatte, für den ich über Monate hinweg jede Mittagspause und jedes Wochenende geopfert hatte, um meinen Atem, meine Finger und meine Zunge zu trainieren, für den ich bis zu den Tränen der Erschöpfung gekämpft hatte, war allein aufgrund von vier kargen Worten geplatzt. Der McDonalds-Geruch, das Laptop-Getippe, das Gekicher der drei jungen Frauen nebenan, all das schien mir in diesem Augenblick unerträglich. Selbst die ältere Dame, die sich an der Minibar einen Kaffee mit zwei Crèmes bestellte, wurde mir zu viel. Ich überlegte mir, ob ich den Wagen wechseln sollte, aber woanders hätte ich womöglich kein Viererabteil für mich alleine gefunden. Und ein Viererabteil mit einer fremden Person zu teilen, das war mir einfach zu gefährlich. Die Enttäuschung konnte jederzeit in Form von Tränen, Schluchzen oder Schimpftiraden aus mir herausbrechen. Ich warf dem Mann mit seinem Burger einen vernichtenden Blick zu. – Siehst du, es geht bereits los, warnte ich mich selbst und nahm mir fest vor, meine Wut nicht an irgendwelchen Menschen auszulassen, die es sich schliesslich auch nicht ausgesucht hatten, mit einem aktiven Vulkan im selben Zug zu sitzen. Récits de voyage. 67


Der Student hörte nicht auf, auf der Tastatur herumzuhämmern, die ältere Dame hörte nicht auf zu schlürfen und die jungen Frauen hörten nicht auf zu kichern. Sie kicherten über Leider-nein-Kandidaten bei Deutschland sucht den Superstar, kicherten über die «Ins» und «Outs» im Friday, kicherten über den Coop-BioRap, kicherten über alles und jeden. – Wo ist hier die Off-Taste, murmelte ich und steckte mir die Stöpsel in die Ohren. Das Konzert in Es-Dur begann mit einer feierlich beschwingten Orchesterintroduktion. Eine Minute und vierzig Sekunden würde es dauern, bis die Soloklarinette zum ersten Mal einsetzte. Ich kannte jede Note dieses Stückes auswendig. Monatelang hatte ich an jedem Ton gefeilt. Doch bevor die Klarinette eingesetzt hatte, schossen mir bereits die Tränen in die Augen. Ich hielt es nicht aus, wie sich die vertrauten Töne auf einmal so hämisch vor mir auftürmten. Ich stellte meinen iPod wieder aus. Hilflos wandte ich mich zum Fenster und beobachtete, wie mir die Tränen von der Nase auf das Schlüsselbein tropften und von dort aus auf die Brust rannen. Diese Tränen würden noch bis Zürich reichen. Nein, ich war nicht zu jung, ich war zu schlecht. –  Wie heisst du, fragte auf einmal eine Stimme neben mir. Eilig trocknete ich mein Gesicht und drehte mich um. Vor dem Abteil stand ein kleines, dunkelhaariges Mädchen mit grossen braunen Augen, ich schätzte es spontan auf acht oder neun Jahre. Das Mädchen trug eine lila Stoffhose und einen Pulli, wie ich auch mal einen hatte. Den mit den weissen und lila Streifen, der über Jahre hinweg immer mitgewachsen war … –  Ich heisse Paula, sagte ich, und du? –  Lia, und das ist Schnurri, sagte sie und deutete auf den kleinen Schäferhund, den sie an einem Ohr in der rechten Hand hielt. Kannst du uns helfen? –  Dein Hund heisst Schnurri, wiederholte ich ungläubig und musste beinahe lachen. Wie kann ich euch helfen? –  Komm mit, sagte sie, ich zeige dir etwas. Sie führte mich in den nächsten Wagen. Dort hatte sie in einem Abteil einen beachtlichen Becherturm gebaut, der in seiner Höhe bereits bis zu den Sitzlehnen reichte und offenbar während ihrer Abwesenheit von einem älteren Ehepaar betreut wurde. Der Turm hatte einen runden Grundriss und erinnerte mich ein bisschen an das Kolosseum. –  Das hast du ja toll gemacht, lobte ich. –  Es ist noch nicht fertig, antwortete sie und setzte ihren Hund auf einen der Sitze, Schnurri schaut nur zu. Hilfst du mir jetzt? Auf einem anderen Sitz lag eine ganze Packung mit Plastikbechern. –  Mein Papa arbeitet im Speisewagen, sagte Lia, die meine Gedanken gelesen 68

Récits de voyage.


hatte. Ich bin heute bei ihm. Also komm, wir bauen weiter. Du musst immer aufpassen, dass der Turm nicht umkippt. Ehe ich mich versah, wurde ich also zur Gehilfin der kleinen Künstlerin. Ich konnte gar nicht Nein sagen, irgendetwas an diesem Kind zog mich magisch an. Vielleicht war es ihre Kreativität, vielleicht auch ihr Pulli oder ihre Rehaugen. Ich war für die Fensterseite zuständig und Lia für die Gangseite. Dabei musste ich so ruhig wie möglich auf einem Sitz kauern und meine Arme strecken, bis es wehtat, wenn ich an der gegenüberliegenden Seite baute. –  Wie bist du auf diese Idee gekommen, wollte ich wissen. –  Das ist Zugart, antwortete Lia. –  Was ist Zugart? –  Habe ich selbst erfunden. Das ist so etwas wie Landart, aber eben im Zug. –  Woher kennst du Landart? –  Von meiner Tante. Ich will, dass der Turm bis zur Decke reicht. –  Da hast du dir aber etwas Grosses vorgenommen. –  Deshalb habe ich dich ja geholt. Der Turm wuchs schnell und bald schon stiess Lia an ihre Grenzen, da er ihre Körpergrösse überstieg. –  Hol doch noch ein paar Becher aus dem Speisewagen, ordnete ich an, und kurz darauf kam das Mädchen mit einer weiteren Packung Becher und den drei kichernden jungen Frauen zurück. –  Sie helfen auch, erklärte Lia. –  Lago mio, sagte ich. –  Boah, der ist ja echt hoch, kicherte eine der Frauen. –  Krass, kicherte die andere. In dem Moment machte der Zug eine Kurve und das Kolosseum wandelte sich zum Turm von Pisa. Die drei Frauen stiessen schrille Schreie aus, aber blitzartig verteilten sie sich um das Kunstwerk, und gemeinsam schafften wir es, den Einsturz zu verhindern. –  Na, ihr seid ja gerade im richtigen Augenblick gekommen, sagte ich und fand die drei auf einmal gar nicht mehr so blöd. Von dem Gekreische angelockt, gewannen wir eine ganze Schar an Zuschauern, die alle anerkennende «Ohs» und «Ahs» von sich gaben, sobald sie den schiefen Turm erblickten. Unter ihnen waren auch das ältere Ehepaar, der HamburgerMann und sogar die Kaffee-Crème-Dame. –  Kommt schauen, rief sie durch den Zug. So waren dann auch alle dabei, als wir zu fünft weiterbauten, jeder von einer anderen Seite. Lia reichte uns die Becher. Die drei jungen Frauen stellten sich erstaunlicherweise ganz geschickt an – und so wuchs der Turm weiter bis zum Gepäckfach. Racconti di viaggio.

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Je näher wir der Decke kamen, desto aufgeregter wurde das Geschehen vom Publikum kommentiert. Mit dem letzten Becher löste ich einen solchen Beifallssturm aus, dass mir wieder eine Träne kam. Das war ein unglaublicher Tag! Die Menge klatschte und lachte und jeder wollte uns fotografieren. Bei der nächsten Kurve wankte der Turm wieder ganz bedenklich und ich sah Dutzende Hände, die ihn stützen wollten – aber dieses Mal gelang es nicht. Der Turm stürzte in sich zusammen, und die Becher verteilten sich überall auf den Sitzen und auf dem Boden. Einen Augenblick lang herrschte Stille, dann brach der Hamburger-Mann in schallendes Gelächter aus und mit ihm die Kaffee-Crème-Dame und das ganze Publikum. Auch ich musste so sehr lachen, dass ich das Gefühl hatte, dieses Lachen würde noch bis Zürich reichen. –  Das war eine tolle Idee, sagte ich zu Lia. –  Du bist meine beste Freundin vom ganzen Zug, sagte sie.

Annalisa Hartmann, 23 , Uster

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Racconti di viaggio.


F

L’aiguilleur déraille

Le train file à travers la campagne, devant les troupeaux de vaches impassibles au passage du bolide. Il serpente entre les hameaux, plonge dans un tunnel où il disparaît tout entier, émerge du coteau pour dévoiler aux yeux ébaubis des voyageurs l’éclat du lac et sa splendeur. Après un arrêt en ville, le voilà qui bifurque direction la forêt. Une grande ligne droite s’offre à lui, comme une invitation à une pointe de vitesse. L’aiguille fait le tour du compteur et les wagons frémissent, grisés par l’accélération. Cette petite locomotive tient rudement bien la charge. Un bijou de puissance et de précision. Léger ralentissement à l’approche du virage, à peine un fléchissement grâce au mouvement latéral qui soulève les cœurs, un paysage qui tangue et vacille avant que la prochaine localité n’impose un train plus raisonnable. D’autres convois s’ébranlent d’autres gares, sillonnent la même plaine en sens inverse ou en diagonale. Ils se croisent ou se dépassent, dessinant comme des lettres éphémères ou des figures géométriques. Toujours plus de monde s’agglutine dans les gares. Il faut augmenter la cadence et l’allure pour absorber toute cette demande, avaler tous ces pendulaires. Les lettres éphémères deviennent des mots entiers, chaotiques et dyslexiques à souhait, mais où l’on pourrait malgré tout deviner comme un message de saturation. Sauf qu’on n’a pas le temps. Il faut assurer les liaisons, garantir les correspondances, tenir le rythme. Car en Suisse les trains partent et arrivent à l’heure. Ponctualité et précision, l’aiguilleur a ça dans le sang. Les passagers n’ont le temps de rien voir venir. Le mécanicien peut-être, sûrement, mais pris au dépourvu, il parvient tout juste à actionner le frein d’urgence quelques secondes avant la collision. Son collègue d’en face a l’air aussi éberlué que lui. Une telle erreur d’aiguillage ne se produit normalement qu’en Reisegeschichten.

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théorie. Dans un choc d’une violence inouïe et un vacarme d’enfer, les deux visages maintenant épouvantés se fracassent l’un contre l’autre, tandis que les deux locomotives s’encastrent. Sous la pression, le rail se tord, les wagons giclent dans tous les sens comme des pop-corns dans l’huile bouillante, et les passagers brusquement arrachés à leur indolence sont projetés contre les vitres et les parois avant d’avoir compris ce qui leur arrivait. Des débris et des carcasses humaines démantibulées sont propulsés à travers les champs à une distance phénoménale. Les roues des wagons sur le toit tournent longtemps dans le vide. Les secours dépêchés sur place ne peuvent que constater qu’il n’y a plus âme à sauver. Les pompiers s’activent sur le terrain du sinistre et même l’armée a été appelée en renfort. Malgré tous leurs efforts, il paraît évident que la circulation sera interrompue longtemps sur ce tronçon. Pimpon. Bien sûr, ce déploiement d’uniformes arrive comme la raquette après la balle. Il ne sert qu’à donner une illusion de réaction, ce qui est déjà mieux que rien. Le plus insoutenable est peut-être d’admettre son impuissance, alors qu’on aimerait tant, dans un moment pareil, déployer sa bravoure. Rendu sur place, l’aiguilleur groggy par les conséquences de sa négligence contemple la scène incrédule. Le décompte macabre, l’ampleur des dégâts lui donnent le tournis. Il ne comprend pas son erreur, relit vainement la marche à suivre, mais les lignes dansent devant ses yeux hagards, et son esprit n’est plus en mesure de rien analyser. L’étendue du désastre le laisse sans voix, soulève sous ses cheveux une bourrasque de questions sans réponse qui culminent dans cette interrogation fondamentale: comment l’annoncer à sa femme? Cette perspective affolante qui cristallise toute l’angoisse du moment peut paraître décalée; elle a le mérite de ramener le drame à une échelle humaine, de lui éviter de trop penser à toutes ces vies brisées dans leur élan, à toutes ces familles endeuillées, au poids de cette responsabilité qui ne peut que le broyer sans rien amener de positif. Olga, commence-t-il mentalement et ce seul prénom lui coûte déjà un effort incommensurable, aller plus loin tient de 72

Reisegeschichten.


l’héroïsme. Le regard piteux, la lippe tremblante, il s’aventure malgré tout plus avant dans les sables mouvants. Olga, j’ai fait une énorme connerie, articule-t-il dans sa tête et le regard sombre de l’intéressée se matérialise dans sa pensée, cruellement inquisiteur, d’une dureté impitoyable. Juste une seconde d’inattention, non plutôt une distraction passagère, il ne sait plus, il s’embrouille, ne garde que la conscience diffuse que la faute est moins grave que le résultat, malgré tous les reproches justifiés qu’il ne va pas manquer d’essuyer. Et toujours ce regard noir qui lui pèse et l’empêche d’aller au bout de son aveu. Finalement, son air lamentable parlera de lui-même: – Purée la tronche que tu tires! Qu’est-ce qui t’est arrivé? Tu t’es fait virer? Incapable d’articuler le moindre son, il la prend par la main et l’entraîne dans la chambre à coucher. Des éléments épars, tordus, désarticulés jonchent le tapis. Il y en a dans tous les recoins, même sous l’armoire et jusque sur la table de nuit. Des vaches en plastique renversées et des soldats de plomb disséminés partout sur ce champ de bataille. Un vrai carnage. Le train électrique du petit est en miettes parce que son père n’a pas été fichu d’attendre Noël pour l’essayer, ni de lire correctement le mode d’emploi. Un train plus vrai que nature avec des tas de petits passagers bien calés sur leurs sièges. – T’es un sacré enfoiré, soupire Olga et dans ce verdict implacable passe comme une lueur de clémence. Il ne te reste plus qu’à foncer en racheter un chez Manor avec l’argent des vacances. Et tant pis pour le ski. Grouille-toi, ça ferme dans 45 minutes chrono. Tu devrais juste y arriver. Parce qu’en Suisse, les trains partent et arrivent toujours à l’heure, n’estce pas?

Sabine Dormond, 45 ans, Montreux

Récits de voyage.

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D

Milano Centrale – Genova Principe Auf Gleis 18 wartete der Zug, der mich nach Genua bringen sollte. Ich stieg in einen der hinteren Wagen ein. Drinnen war es ziemlich dunkel. Ich fand ein Abteil, in dem nur eine Person sass. Auf mein Buon giorno! sagte sie Hello! – eine Amerikanerin. Als der Zug den Bahnhof verliess, sah ich sie besser: Sie war blond, gut gebaut und hatte ein intelligentes Gesicht. Sie fragte mich nach meinem Namen und meinem Reiseziel. Auf meine Antwort stellte sie sich als Lesley vor und sagte, sie fahre über Genua nach Barcelona, sie sei New Yorkerin und studiere in Dublin Literatur, denn sie möchte Filmregisseurin werden. Wir tauschten die Namen von Schriftstellern aus: Faulkner, Hemingway, Joyce, Proust, Céline u. a. Als ich sagte, auch Genua habe einen Nobelpreisträger – Montale –, verzog sie ihr Gesicht, als würde sie denken: Den müsste ich eigentlich kennen. Als sie schwieg, fiel mir nichts anderes ein, als Barcelona mit Genua zu vergleichen. In beiden Städten gebe es ein Kolumbusdenkmal. Das in Barcelona sei eindrücklicher und grösser und stehe auf einem schöneren Platz als das in Genua. Beide Städte seien Hafenstädte; der Hafen von Genua stecke in einer Krise usw. Es war sehr heiss an diesem 15 . August. Die Sonne brannte unbarmherzig. Die Landschaft flitzte wie auf einer Kinoleinwand vorbei: karge braune Wiesen mit ausgedörrten Bäumen, Reisfelder, der Po und seine kleinen Brüder, ab und zu ein verschlafener Bahnhof, dahinter ausgetrocknete Hügel. Ob der Himmel bewölkt war, weiss ich nicht mehr. Der Zug hielt in Genova Principe. Wir stiegen aus, gingen durch die Unterführung und fuhren mit der Rolltreppe nach oben. In der Bar wartete mein Freund. Als er uns sah, streckte er die Arme aus und sagte: Ich kann kein Englisch! Lesley hatte noch eine halbe Stunde Zeit und liess sich zu einem Bier einladen, das sie schnell, sehr schnell trank, dann zu einem zweiten. Mein Freund machte 74

Récits de voyage.


Fotos von uns beiden. Vor ihrer Abfahrt tauschten wir die Adressen und äusserten dabei die Hoffnung, uns wiederzusehen. Ich kannte Genua schon von früheren Besuchen. Mein Freund und ich flanierten durch die Altstadt, sahen Kirchen und Paläste an, besuchten Museen; er kannte sich gut aus, und so konnte er immer wieder auf Schönes, Typisches oder Verborgenes hinweisen. Häufig trafen wir Freunde, das heisst, wir gingen in Lokale und plauderten, nicht geringe Mengen Rotwein, Brandy und Grappa trinkend. Manchmal dachte ich an Lesley. Ich schickte ihr eine Postkarte mit dem Bild der Kathedrale San Lorenzo. Nach zwei Tagen fuhr ich in die Schweiz zurück. Es war heiss wie auf der Hinfahrt. Ich fand ein freies Abteil, öffnete ein wenig das Fenster und zog den Rollladen herunter. Ich las in einem Roman und wurde bis Mailand von niemandem gestört. Während der Lektüre dachte ich ab und zu an Lesley. Ich hatte das undeutliche Gefühl, sie von irgendwoher zu kennen. Wenn mich diese Vorstellung zu sehr ablenkte, wandte ich mich wieder der Lektüre zu. In Mailand stieg ich um in den Zug nach Zürich. Das Abteil teilte ich mit zwei Brüdern, Süditalienern. Sie fuhren nach Schaffhausen. Die beiden hatten zwei grosse Korbflaschen Chianti bei sich, becherten und gaben mir ein Glas, das sie immer wieder nachfüllten. Ich sprach nur selten so gut Italienisch wie dieses Mal. In Zürich war eine Korbflasche leer. Ich stieg aus, fuhr nach Hause und schlief meinen Rausch aus. Am anderen Morgen entleerte ich meine Reisetasche. Ich entnahm dem Fotoapparat den Film und ging ins nächstgelegene Fotogeschäft, um ihn entwickeln und Kopien anfertigen zu lassen. Am frühen Nachmittag konnte ich ihn bereits abholen. Noch im Geschäft sah ich mir die Kopien an. Jetzt wurde mir klar: Ich hatte Lesley in einem Film gesehen. Nun war alles einfach: Ich ging zur grössten schweizerischen Tageszeitung und fragte nach dem Archiv. Ich zeigte einem Angestellten die drei Fotos von Lesley. Der Mann runzelte die Stirn, dann hellte sich sein Gesicht auf. Und jetzt fiel auch mir ein, an wen mich Lesley erinnert hatte: an Tracy aus «Manhattan». Der Mann zeigte mir zwei Fotos der gesuchten Schauspielerin. Ich verglich sie mit meinen. Die Gesichtszüge glichen sich, auch die Zahnstellung. Ihr Inkognito war gelüftet: Ich war mit Hemingways Enkelin nach Genua gefahren. Peter M. Walter, 69 , La Chaux-de-Fonds

Racconti di viaggio.

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S5 nach Istanbul

Wenn Blicke töten könnten, dachte Fritz Schlatter, dann wollte er eine Katze sein. Er bräuchte mindestens sieben Leben, um frühmorgens die Durchquerung des ganzen Zuges zu überstehen. Jedes Mal war er froh, den Führerstand zu erreichen, den Vierkantschlüssel zu drehen und all die Murrköpfe hinter sich zu lassen. Der Anblick seines Lokführersessels erfüllte ihn noch heute mit Stolz. Er machte es sich bequem und drückte den Knopf für die automatische Ansage. «Werte Fahrgäste. Wir begrüssen Sie in der S 5 nach Ins, Kerzers …» Längst hatte er diese Stimme die «Scheinheilige» genannt – niemand konnte zu jeder Tageszeit so nett und so höflich und so korrekt sein. Beim Klang dieser Stimme zuckte seine Hand manchmal verdächtig in Richtung Mikrofonknopf und er verfasste ganze Ansagen in seinem Kopf: «Verehrte Fahrgäste, werte Miesepeter. Kennen Sie den Witz vom anarchistischen Kondukteur?» Genüsslich würde er den Witz erzählen und alle würden herzlich lachen. Sie würden … Aber er drückte den Knopf nur im Notfall. Es war ihm untersagt, die Strecke selbst anzukündigen, obwohl er sie bestimmt besser kannte als diese Scheinheilige! «Bern Bümpliz Nord.» 07 Uhr 12 . Das war der erste Halt nach Bern. Bereits hier raubte der Alltag jeglichen Lokführerstolz. Seit 34 Jahren fuhr er mit der S5 von Bern nach Neuenburg. Oder «Neuchâtel», wie er manchmal für sich sagte, um sich ein wenig interessanter zu fühlen, «Neuchâtel» mit einem kleinen Hausdach auf dem «a». Er fuhr in die Romandie, das war fast wie Ferien in Frankreich. Die Sprache, die mediterranen Dächer am Hang und der See, der bei stürmischem Wetter dem Atlantik nicht unähnlich sah … Viele seiner Freunde wussten nicht einmal, dass Neuchâtel nicht zweisprachig war wie Biel, sondern richtig französisch. Zu gross war der Röschtigraben zwischen Gampelen und Marin-Epagnier – oder, wie er manchmal sinnierte – vielleicht auch der Gedankengraben in den Berner Köpfen.

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Racconti di viaggio.


Aber davon erzählte er niemandem. Lieber liess er den Leuten das Bild, das sie von ihm hatten: der Schlatter Fritz, der seit mehr als drei Jahrzehnten dieselbe Strecke fährt und sich für nichts anderes interessiert als Schienen und Züge. Die Leute mochten ihn so; Fritz Schlatter war ein steter Wert in einer unsteten Welt. «Bern Brünnen Westside.» «Westside». Dieser Bahnhof war neu. Fritz Schlatter fühlte sich alt. Er hatte seiner Schwester davon erzählt, sie hatte ihm geraten: «Geh doch mal ins Kino oder besuche das Wellnessbad, Fritz. Es muss ja nicht gleich die Wasserrutschbahn sein!» Aber das hätte ihn nicht verjüngt. Es waren nicht die Warenhäuser, die ihm fehlten. «Ferenbalm-Gurbrü.» «Gurbrü» … Das «ü» klang so türkisch, wie «Görüşmek üzere!» – «Bis bald!». Es klang nach Basar, nach Muezzins und der SüleymaniyeMoschee auf dem dritten Hügel Istanbuls, wo die schöne Roxelane begraben lag, die Hauptfrau des Sultans. Fritz Schlatter war noch nie in der Türkei gewesen. «Warum denn in die Ferne schweifen?», pflegte seine Schwester zu sagen. «Die Lenk liegt doch so nah!» Doch er wollte nicht an die Lenk verreisen, und nein, auch nicht nach Grindelwald oder Sumiswald oder Iseltwald … Er sehnte sich nach Istanbul! «Kerzers.» 07 Uhr 31. Spätestens hier kam der Nebel. Über der Süleymaniye-Moschee ging bald die Sonne auf. Aber Fritz Schlatter fuhr in die falsche Richtung, westwärts, und er konnte nicht abdrehen. Wegen der Schienen. «Ins.» Hübsch die Hügel, der Mont Vully und der Jolimont. Doch darauf standen keine Moscheen. Von oben herab sah man auf die drei Seen, den Jura, bei schönem Wetter sogar auf die Alpen, aber nicht nach Istanbul, auch nicht nach Odessa, Moskau, Peking, Wladiwostok … Dorthin müsste man fahren. Aber man konnte nicht. Die Schienen. Der Fahrplan. «Zihlbrücke. Halt auf Verlangen.» Steigt jemand aus? Jemand ein? Das war die grosse Frage dieser Strecke. Fritz Schlatter hatte gehört, die Busse in Istanbul kämen ohne fixe Haltestellen aus. Sie hupten um Kundschaft, und wer einsteigen wollte, stellte sich wie ein Anhalter an den Strassenrand. Fahrpläne existierten nicht. Auch keine Schienen. Nicht einmal die Scheinheilige. Niemand stieg bei der Haltestelle Zihlbrücke ein, niemand aus. Fritz Schlatter überquerte den Kanal. Wie die Brücke am Bosporus. Er drückte den blauen Knopf – blau wie der Morgenhimmel über Istanbul – der

Reisegeschichten.

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Zug verliess die Schienen, hob leicht ab, wendete, schwebte über Stock und Stein ostwärts, der aufgehenden Sonne entgegen. Der Scheinheiligen ging vor Verblüffung die Luft aus. Die Passagiere drängten an die Fenster, der Zug überquerte den Ofenpass nach Italien. Die Leute wurden redselig. Fritz Schlatter verkündete bald: «Nächster Halt Ljubljana, Stadt der Drachen.» Der Zug jubelte. Im Hinterland Kroatiens stand eine Frau neben einer Ruine, sie hob den Daumen in Richtung Süden. Der Zug hielt. Istanbul konnte warten, es war nicht die Endstation und ohne Endstation gab es auch keine Umwege. Auf der Alten Brücke in Mostar stieg die Anhalterin aus und ein Liebespaar ein, die schwarzen Berge Montenegros waren zauberhaft, ein Halt in der Hauptstadt Bulgariens lohnte sich allein des Namens wegen. «Sofia», flüsterte Fritz Schlatter. Die Fahrgäste lauschten wie die Kinder. An der Grenze zur Türkei war weder ein Pass vonnöten noch ein Fahrschein, denn der Zug fuhr weit abseits der Schienen, und solange auch nur ein halber Sitz frei war, durfte jede Frau, jeder Mann und jedes Kind umsonst einsteigen. Fritz Schlatter war lebendiger denn je, Istanbul rückte in Sichtweite, er glaubte, die vier Minarette der Süleymaniye-Moschee auszumachen und verlangsamte den Zug. Sie hatten Zeit. Wer keinem Fahrplan folgte, kannte auch keine Verspätung. Fritz Schlatter räusperte sich und setzte an zur feierlichen Ansage. Doch dann versagte ihm die Stimme. «Nous arrivons à Neuchâtel.» Gleis 1, 07 Uhr 58. Verspätung: eine Minute. Die Scheinheilige sprach Französisch. Fritz Schlatter seufzte. Immerhin den Röschtigraben hatte er überquert.

Michael Huber, 25 , Neuchâtel

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Reisegeschichten.


F

Le Train

Le paysage file à côté de nous. La campagne s’enfile dans l’hiver naissant, Emmenant le silence des visages mous. Le train qui se balance, et qui rythme le temps. Le temps … Un homme déjà vieux, D’on ne sait quel milieu, A sorti son journal, Se nourrit de banal. Et à côté de lui, Une fille endormie Rêve à la destinée. La destinée … Le temps est suspendu comme au-dessus des rails. La vie s’est-elle perdue, comme se perdent les détails? Les forêts et les prés, rejetés en arrière, Et puis les gens tout près, alignés sur les quais, Et puis d’autres forêts, et puis d’autres rivières, Et des salles d’attente, des gens vont se quitter. Se quitter … Imperceptiblement, comme ferait un enfant, La fille s’est appuyée Sur la veste râpée Du vieil homme étonné. Ce geste familier Récits de voyage.

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Et comme abandonné. Abandonné … Le temps est suspendu comme au-dessus des rails. La vie est-elle revenue, comme reviennent les détails? Les détails … Et puis, la grande ville est venue jusqu’à nous. Et le rythme tranquille a dû marquer le coup Enlevant le silence des visages mous. On a rompu la danse, on va tuer le temps! Le temps … Et l’homme déjà vieux, D’on ne sait quel milieu, A plié son journal, D’un geste machinal. Et il a réveillé Lentement sa voisine. La fille lui a souri Et il s’en est allé. S’en est allé … Le temps s’est arrêté comme au-dessus des rails. La vie s’est étonnée comme étonnent les détails. Les détails … Le paysage file à côté de nous. La campagne s’enfile dans l’hiver naissant, Emmenant le silence des visages mous. Le train qui se balance, et qui rythme le temps. Le temps … Serge Heughebaert, 69 ans, Mont-sur-Rolle

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Récits de voyage.


I

La parata

–  Io scalavo le montagne, quando voi non eravate ancora nate! Da oltre quarant’anni Landi – dopo qualche tolla di olio – ripeteva di quando in inverno, entrando in Ticino dal Gottardo, la terra tremava sotto il suo peso e, finalmente, dopo più di 300 chilometri poteva far riposare i suoi 11  968 cavalli. Già, avete capito bene, 11  968 cavalli. Ogni volta che la sento mi domando se davvero la sua vita è stata così avventurosa come dice. Se non mente quando racconta di aver trasportato regine, principi, capi di stato, banchieri e soldati. Era stata la locomotiva più forte del mondo, questo è certo. Già me la immagino entrare alla stazione di Zurigo, puntuale come un orologio svizzero e fiera come un generale a capo delle sue truppe durante una parata, prendersi lo sguardo ammirato di tutti. –  Tu, e noi altri invece cosa pensi che si faceva? Si prendeva l’ascensore? Le risponde la vecchia Churchill Pfeil, ancora elegantissima nella sua carrozzeria tutta rossa. Anche lei come Landi ha viaggiato per tutta la Svizzera. Mi ha raccontato di laghi verdissimi, alpi con le cime innevate, incantevoli paesaggi, distese di prati verdi, mucche e cani San Bernardo. Oggi in occasione del 135esimo anniversario del San Gottardo sfileremo tutte quante. Certo, gli occhi saranno puntati tutti su di loro: potenti, eleganti, affascinanti macchine di un tempo andato. Ma anch’io potrei raccontarne di storie. Storie ordinarie forse. Storie di lavoratori, che io, modestia a parte, tutte le mattine faccio arrivare in orario evitando loro lunghe e interminabili colonne in autostrada, soli nelle proprie automobili. –  Ehi Landi, lo sai che quest’anno è stata invitata una locomotiva che raggiunge i 700 km/h? Una fragorosa risata: 700 km/h? Ma non farmi ridere Pfeil. Anche se fosse vero la sfiderei a trainare cento vagoni! –  Ma dai, Landi, non vorrai farci credere che hai trainato cento vagoni? –  Cento forse no, ma credimi: ottanta tutti! –  E smettila!

Racconti di viaggio.

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È divertente vedere litigare queste vecchie signore, aiuta a smorzare la tensione per la giornata. Tra poco arrivano gli operai e finiranno di truccarci. A un tratto il grosso portone si spalanca. Non credevo arrivassero così presto! La luce forte del mattino fa scappare via l’oscurità. Per un attimo sono costretta a chiudere i fanali, la luce mi fa bruciare le lampadine. Poi li riapro: trainata da una grossa motrice cargo di colore blu, ecco arrivare l’ospite d’onore. Me n’ero quasi scordata. È una locomotiva svizzera completamente ecologica. Le linee affusolate, la fanaleria sottile che ricorda vagamente il viso di una locomotiva cinese e la verniciatura fumo di Londra la rendono elegantissima. –  Signore buongiorno, Mesdames bonjour, Meine Damen guten Tag, Ladies good morning! Mi chiamo Helvetia-Eco. Je m’app… Mamma mia, allora è vero che sa quattro lingue… Dicono inoltre sia capace di trasformare la luce del sole in energia e di recuperare quella impiegata per farla muovere. Si vocifera pure che sia passata sotto la galleria della Manica. Sembra molto educata. Le altre locomotive l’hanno dipinta come una prima donna. Staremo a vedere… Nel frattempo il portone si richiude. –  Puoi parlare in italiano! Ringhia Landi. –  Devi essere Landi, giusto? Risponde Helvetia, scatenando l’ilarità di noi altre. –  Be’… davvero io… sì, sono io! –  Sono molto onorata di conoscerti. Ho sentito delle storie incredibili sul tuo conto! –  Ah sì? Effettivamente… Devi sapere che io scalavo le montagne quando voi non eravate ancora nate… Ci risiamo con la solita storia… Ecco, arrivano gli operai. A proposito, quest’anno le bandiere con i cantoni sono toccate a me. La Landi ha lo sponsor di una nota compagnia telefonica, mentre la signora Pfeil è stata imbottita di roba da mangiare e di bottiglie di vino: sembra un vagone ristorante! Tutte abbiamo in bella vista una specie di carta d’identità sulla quale sono riportati i nostri dati: anno di nascita, esercizio, peso, potenza e velocità massima. Che ore sono? L’orologio Mondaine segna le 9.57 e 56 secondi. Tra breve la lancetta rossa si poserà sulle dodici e dopo un attimo la lancetta dei minuti arriverà, con uno scatto preciso, a 58! Mamma mia manca pochissimo! Quest’anno sono in coda al corteo, proprio come l’anno scorso e l’anno prima… All’improvviso il portone si spalanca nuovamente. I macchinisti entrano e prendono posto. Landi chiacchiera bellamente con Helvetia-Eco, e non si accorgono di nulla. Poi mi decido: –  Ehi, signore, silenzio! È ora! Oscar Matti, 39 anni, Chiasso

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Racconti di viaggio.


D

Spontan Schweiz Fröstelnd stand ich am Bahnhof. Es war dunkel und die Luft war eiskalt. Ich durchstöberte mein blaues Täschchen. Ist wirklich alles eingepackt? Als meine Finger zwei Würfel und mein GA ertasteten, beruhigte ich mich: Das Wichtigste hatte ich dabei. Ungeduldig sah ich auf die Uhr. Wann würde der Zug endlich kommen? Der Mann in meiner Nähe war mir nicht ganz geheuer. Es war wahrscheinlich Zufall, aber er kam immer näher. Da hörte ich ein vertrautes Rattern und hinter mir fuhr der Zug mit lautem Getöse ein. Viele Leute stiegen aus. Ich grub mich durch die Menschenmasse. Da, dort sassen sie! Marcel und Simone winkten mir lachend zu. Ich umarmte die beiden. Sie erzählten mir, wie sehr sie sich auf heute freuten. Auch ich konnte unsere kleine spontane Schweizreise kaum erwarten. Erste Destination: Hauptbahnhof Zürich. Wir kämpften uns zur riesigen Anzeigetafel im Bahnhof vor. Die Würfel hatten wir schon im Zug geworfen. Eine Fünf und eine Vier: Unser nächster Zug fuhr auf Gleis neun. Wir suchten uns ein bequemes Abteil mit viel Platz für Würfel- und Kartenspiele. Irgendwie mussten wir uns ja die lange Zeit vertreiben. Zweite Destination: Lausanne. Obwohl wir Spass hatten, wurde es uns mit der Zeit langweilig. Das frühe Aufstehen machte sich mit schleichender Müdigkeit bemerkbar. Plötzlich rief Marcel aus, dass die Würfel entscheiden würden: Eine gerade Zahl bedeutete Sitzenbleiben, eine ungerade Aussteigen. Erst bei der zweiten Haltestelle hatte Marcel, der unbedingt den Zug verlassen wollte, Glück. Wir sprangen aus dem Zug und liefen aus dem Bahnhof heraus, in die Stadt hinein, in der noch keiner von uns gewesen war: Biel. Wir beschlossen, als Erstes den See zu suchen. Erfolglos streiften wir zwischen den Häusern herum. In einem Laden fanden wir coole T-Shirts als Andenken. Den See jedoch fanden wir trotz grösster Anstrengungen nicht. Also gaben wir auf und suchten unseren Weg zurück zum Bahnhof. Marcel bestand darauf, dass wir diesmal mitten im Bahnhof würfeln würden. Simone und ich jagten dem einen Würfel nach, Marcel verfolgte den anderen. Quer durch die Halle riefen wir uns die Zahlen zu und rannten aufgeregt zur Anzeigetafel. Im Zug mussten wir noch lange über die komischen Gesichter der Passanten lachen. Dritte Destination: Bern. Reisegeschichten.

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Der Hunger trieb uns in schnellem Tempo aus dem Zug. Auf der Suche nach einer Möglichkeit für ein leckeres Mittagessen liefen wir durch die schönen Gassen, bis wir uns schliesslich auf dem Bundeshausplatz befanden. Marcel wollte unbedingt ins Bundeshaus, er hatte es noch nie von innen gesehen. Aber Simone und ich waren schon mal mit der Klasse dort gewesen und liessen uns erst nach vielen Argumenten überreden. Müde und hungrig kamen wir aus dem Bundeshaus hinaus, nachdem Marcel uns durch möglichst viele Räume gescheucht hatte. Wir wussten nichts mehr in Bern anzufangen und machten uns auf den Rückweg zum Bahnhof. Dort kam Marcel auf die seiner Meinung nach geniale Idee, die Treppe hinunterzuwürfeln. In hohem Bogen warf er die Würfel. Sie hüpften die Treppe hinunter, wobei sie eine beträchtliche Geschwindigkeit und Höhe erreichten. Zum Glück wurde keiner der Reisenden von den Würfeln getroffen! Ich konnte es mir vorstellen: «He! Was machst du da?» «Entschuldigen Sie, aber ich habe nur meine Würfel in Ihrer Kapuze verloren!» In der Zwischenzeit waren die beiden Würfel in entgegengesetzte Richtungen durch die halbe Halle gepurzelt. So teilten wir uns auf und jagten zwischen den Leuten unseren zwei Würfeln nach. Keiner der Reisenden kannte uns, deshalb war die Peinlichkeit schnell wieder verflogen. Nachdem wir uns wieder zusammengefunden hatten, machten wir uns mit einem Umweg, über den wir endlich zum Mittagessen kamen, auf den Weg zum Gleis. Vierte Destination: Thun. Mit vollem Magen und neuer Energie hüpften wir aus dem Zug. Wir liefen los und konnten uns nicht entscheiden. Als ich schliesslich von weitem eine Burg ausmachen konnte, redete ich so lange auf die beiden anderen ein, bis sie endlich einwilligten, den langen Treppenaufstieg zu wagen. Oben angekommen, staunten wir über die vielen kleinen Brücken, die Altstadt und die Aussicht. Wir schlenderten in das Schloss Thun. Als Erstes fiel unser Blick auf die Fotowand. Wir steckten unsere Köpfe durch die dafür vorgesehenen Löcher und schossen ein Bild nach dem anderen. Nach grossem Gelächter machten wir uns auf Erkundungstour durch den kleinen Vorhof. Fast wären wir auf einem Hochzeitsfoto gelandet, das hundert Meter weiter geknipst wurde. Das hätte komisch ausgesehen: vorne das posierende, glückliche Brautpaar und im Hintergrund drei fremde, neugierige Köpfe. Als der Speicherplatz der Kamera voll war, stolperten wir wieder die Treppe hinunter, auf der Suche nach der nächsten Destination. Die Würfel purzelten übereinander und verrieten uns unser nächstes Ziel: Brig. Doch es war schon drei Uhr und nun noch ins Wallis zu fahren, würde problematisch sein für den Heimweg. Also würfelten wir weiter. Fünfte Destination: Interlaken. 84

Reisegeschichten.


Marcel erzählte uns von der Brünigbahn, die uns nach Luzern an die Messe bringen könnte. Wir fanden dies eine gute Idee und warteten ungeduldig, bis wir umsteigen konnten. Allerdings vergass Marcel, wo wir umsteigen mussten: Interlaken Ost oder Interlaken West? In Interlaken West stiegen wir aus und suchten auf dem Fahrplan irgendein Anzeichen von Brünigbahn oder Luzern. Nachdem wir den Bildschirm überflogen hatten, kamen wir zu dem Schluss, dass dies der falsche Bahnhof war. Simone gab das Kommando: «Alle zurück in den Zug!» Natürlich erwischten wir wieder genau den gleichen Waggon wie vorher und setzten uns auch noch an den genau gleichen Platz, mit den genau gleichen Leuten uns gegenüber im Viererabteil. Die zwei jungen Nonnen schauten uns gleichermassen verwirrt wie auch amüsiert an. Nur ein kleines bisschen peinlich berührt setzten wir uns hin und diskutierten über unsere Reise. Ein paar Minuten später fuhr der Zug in Interlaken Ost ein und wir wechselten endgültig den Zug, um über den Brünigpass zu tuckern. Sechste Destination: Luzern. Im Schneckentempo schlich die Bahn über den Pass mit den wunderschönen Landschaften. Wir spielten die ganze Zeit Karrierepoker und unterhielten den halben Zug mit unserem Gelächter – und Gezanke! Trotzdem kamen wir immer noch als Freunde in Luzern an und sprangen voller Tatendrang aus dem Zug. Mit einem Abstecher über die berühmte Brücke kamen wir auf die Minute genau beim Treffpunkt an, wo Marcel sich mit seiner grossen Schwester verabredet hatte. Es war Chilbi! Zusammen schlenderten wir an den Ständen und Achterbahnen vorbei, bis wir ein besonders mörderisches Exemplar fanden. Simone und Marcels Schwester kniffen, weshalb nur Marcel und ich uns in die lange Schlange stellten. Nach einer gefühlten halben Stunde schmissen wir uns in die Sitze und machten uns startklar. Unsere Sitze hoben sich in die Luft, machten Überschläge und sausten umeinander, bis uns speiübel wurde. Mit sich drehendem Kopf und rumorendem Magen machten wir uns wieder einmal auf Essenssuche. Wir fanden einen Mah-Meh-Stand und freuten uns über das leckere Nachtessen, das wir am See einnahmen. Es war schon dunkel und überall blinkten Lichter. Achterbahnmusik dudelte im Hintergrund. Es war der absolute Hammer. Danach eilten wir zum Bahnhof, um unseren nächsten Zug nicht zu verpassen. Müde und glücklich sassen wir im Zug. Simone hörte Musik, Marcel und ich dösten vor uns hin und ich denke, dass alle drei den Erinnerungen an den Tag nachhingen und in Gedanken schon neue Pläne für eine weitere Tour der etwas anderen Art schmiedeten. In etwa einer Stunde würden wir in Ziegelbrücke ankommen. Siebte Destination: Zuhause. Ivanca Kümin, 15 , Niederurnen

Récits de voyage.

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F

Images furtives

Croyez-vous aux coïncidences? Moi pas, je crois aux signes qui ponctuent l’existence. 23 août 2012, 7h29, TGV Lyria Berne–Paris 9284 . Retour chez mes parents pour quelques jours de vacances. En montant dans le train, je me remémore la dernière fois que j’ai parcouru ce trajet début mai. Circonstances moins heureuses puisqu’il s’agissait de me rendre à l’enterrement de ma grandmère. Il me semble que tout cela est déjà loin, derrière moi, et que depuis, la vie a repris le dessus. Les paysages, les visions défilent; les gares, les villages se succèdent; les bruits sont réguliers, la mécanique bien huilée. En ce jeudi matin, nous sommes bien peu nombreux à rejoindre la capitale française. Les rares passagers chuchotent, sirotent un café, feuillètent le journal. De mon côté, je lis, je réfléchis, je somnole, et le temps passe. Gare de Pontarlier. Le quai est quasiment désert en cette fraîche matinée d’été. Le train accueille pourtant quelques nouveaux venus. Une dame déjà âgée fait ainsi son entrée dans le wagon, la démarche chancelante, le regard inquiet. Elle avance dans l’allée, son billet à la main, à la recherche de la place qui lui a été attribuée à la réservation. Je ne la vois pas tout de suite, plongée dans mes pensées, dans un demi-sommeil même. C’est alors que j’entends sa voix me demandant de me lever pour qu’elle puisse s’asseoir à la fenêtre. Je me retourne, lui faisant face pour la première fois. Et immédiatement, irrépressiblement, les larmes me montent aux yeux, ma gorge se serre: cette dame aux cheveux de neige, frêle, un peu voûtée, c’est elle, c’est ma grand-mère, elle lui ressemble tellement. Les souvenirs rejaillissent aussitôt, images furtives du passé, d’un temps qui n’est plus. Me levant pour lui libérer le passage, je tente de dissimuler au mieux ces larmes qui s’insinuent dans mes vacances. Je croyais tout cela bien enfoui, pensais avoir réussi, tant bien que mal, à panser la plaie. Je me rends compte malgré moi qu’il n’en est rien, que ma peine est encore bien présente. Hasard, coïncidence, signe, le wagon est presque vide, et c’est bien à côté de moi qu’elle prend place. Ayant réussi à me contenir, je la regarde et 86

Récits de voyage.


constate, à ses gestes rapides, à sa respiration saccadée, que ce trajet l’angoisse. Je repense à ma grand-mère. À cet âge, dans une vie bien réglée, prendre le train relève sans doute de l’aventure. Pour la mettre à l’aise, j’entame la discussion, désireuse d’en savoir un peu plus sur elle, sur son voyage, sur sa vie. Et on ne peut pas dire qu’elle soit avare de paroles! En peu de temps, j’apprends ainsi qu’à 87 ans, elle vit à Granville, en Normandie, depuis sa naissance, qu’elle vient chaque été en vacances chez son fils à Pontarlier, qu’elle doit retrouver une voisine dans le train à la gare de Dijon. De fil en aiguille, je lui parle de ma vie à Berne, du peu que je sais de la Normandie, d’une amie originaire de la région. Une phrase après l’autre, nous nous rendons compte que nous avons une connaissance commune, le père de cette amie qui m’est si chère. C’est tellement étrange pour moi. Ma vie en France, c’était avant, il y a déjà longtemps … Le vert du Jura laisse place au jaune des champs de céréales, les montagnes deviennent des collines, puis des plaines. Le trajet continue, notre discussion se poursuit. Le soleil monte et il commence à faire chaud dans le wagon. La vieille dame a soif et, jamais prise au dépourvu, sort de son sac une bouteille d’eau accompagnée d’une timbale en métal gravé. La gravure représente une figure qui m’est familière, Notre-Dame de Lourdes. De nouveau, je suis interdite, bouleversée. Et pour cause, cette petite timbale, c’est la même qu’avait ma grand-mère, fidèle parmi les fidèles à la grotte de Lourdes. De nouveau, le passé me revient et les larmes avec. Je déglutis péniblement. Curieuse, connaissant la réponse déjà, je demande pourtant à ma compagne si elle se rend régulièrement dans cette station pyrénéenne. Évidemment. Après tout cela, comment aurait-il pu d’ailleurs en être autrement? Décontenancée maintenant, je reprends mon livre, mais les mots fuient sous mes yeux, mon cerveau les lit sans les comprendre. En prenant le train ce matin-là, je ne m’attendais pas à une telle rencontre, ni à de telles émotions. Je n’aurais pas imaginé que le souvenir de ma grand-mère était si proche, à fleur de peau. J’ai compris que ce que j’avais tenté d’oublier, d’effacer presque, était simplement là et qu’il fallait du temps pour pouvoir l’envisager avec plus de sérénité. 12h18, le train entre en gare de Paris. Je laisse ma compagne de voyage aux bons soins de sa voisine qu’elle a fini par retrouver à bord. J’ai maintenant un peu de mal à la quitter après ces quelques heures passées ensemble. En descendant – hasard, coïncidence, signe ultime? –, je m’aperçois dans un demi-sourire que rien de tout cela n’aurait dû avoir lieu: j’ai voyagé en voiture 5 et mon billet indiquait voiture 6. Marie Béchu, 30 ans, Jegenstorf

Racconti di viaggio.

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D

Noch einmal…

Die Tageszeitung vom 24 . Juni 2026 liegt vor mir. Bequem sitze ich in meinem Zugabteil. Ich bin aufgeregt, denn heute Morgen, nach dem Frühstück, bin ich aus dem Altersheim «ausgerissen». Sicher werden sie mich nun schon vermissen, mich suchen, da ich nicht zum Mittagessen erschienen bin. Frau Alvarez, die mir den üblichen Klatsch erzählen wollte, Köbi mit seinen Witzen, das Personal. Sie werden im Zimmer mein Kärtchen mit der Nachricht finden, dass ich unterwegs sein werde, und erfahren, dass ich weder heute noch morgen geschweige denn übermorgen zurückkehren werde. Nun mache ich das, was ich mir nochmals wünschte und mir niemand mehr zutraute: eine Reise in den Süden. Mir fällt ein Aufsatz ein vom Schriftsteller Peter Bichsel. Wir hatten ihn damals gelesen, in einer Schreibwerkstatt. Wann war das nur? So um das Jahr 2010 muss das gewesen sein. Ja, die Zeit vergeht, die Erinnerung setzt ein. Damals schrieb Peter Bichsel von seiner Bahnfahrt, von Gossau, Eisenach, Salerno, Samarkand, Salamanca, Santa Cruz. Aber ich will weder ins östliche Gossau noch ins lutherische Mittelalter nach Eisenach fahren, ich will in den Süden. So bin ich heute Morgen in den Zug gestiegen, meine Knochen sind inzwischen zwar älter, doch mein Gang ist beschwingt und der Kopf voller Ideen. Meine Hand fährt in die Innentasche meines Sakkos. Die Tickets, ich fühle sie. Meine Hand zittert ein wenig, aber ich halte die Papiere fest. Ziehe das Reiseetui heraus. Die Buchungsanzeige lautet auf meinen Namen, Destination Florenz. Das Richtige für einen Senioren wie mich. Süden, Wärme, Kunst, Wein, feines Essen und gemütlich von Weingut zu 88

Racconti di viaggio.


Weingut unterwegs sein. «Doch, doch», hatte die Dame im Reisebüro gesagt, «diese Reise können Sie gut unternehmen. Die Temperaturen sind angenehm, das Wetter stabil, die Weingüter bereit.» Ich habe Ja gesagt, mein Sparguthaben geplündert. Nun freue ich mich auf Köstlichkeiten auf dem Teller, im Glas, den blauen Himmel, die Fröhlichkeit der Menschen. Sogar die Wanderschuhe habe ich dabei. Ich blättere in den Reiseunterlagen. Noch einmal in die Toscana, alte Orte besuchen. Bilder ziehen vorbei, Bilder aus jungen Tagen, Bilder mit lachenden Menschen – und wir mittendrin. An meiner Seite meine Liebe, Evangelina, was haben wir damals genossen. Mit der Vespa durch Florenz gebraust. Hand in Hand durch milde Abende gebummelt, die Pracht in den Uffizien genossen, den pastellfarbenen Dom bewundert, dem Arno vom Ponte Vecchio zugeschaut, Küsse vor Santa Croce ausgetauscht und durch Weingüter gewandert. Lange habe ich gebraucht, bis ich den Mut gefunden habe, nochmals in diesen Landstrich zu reisen. Vor einigen Jahren schon hat mich Evangelina verlassen. Sicher begleitet sie mich nun auf meiner Reise, freut sich mit mir aus der Ewigkeit. Ein tiefer Seufzer entfährt mir. «Ist Ihnen nicht gut?», fragt mich der Kondukteur. «Doch, doch», lächle ich und reiche ihm das Ticket. «Glauben Sie mir, wenn ich Ihnen sage, dass ich heute aus dem Altersheim ausgerissen bin?», frage ich ihn. Der Kondukteur lacht. «Nein, das glaube ich nicht. Auf jeden Fall liegt keine Vermisstenanzeige vor. Wir sind kurz vor der Grenze. Ich wünsche Ihnen eine gute Weiterreise.» «Mille Grazie», sage ich noch und dann gleiten meine Gedanken wieder in die Vergangenheit. Doch gestern ist vorbei, ich bin heute unterwegs. Toscana, ich komme …

Rolf Schneider, 56 , Winterthur

Reisegeschichten.

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D

Sehnsucht ist die unerf端llte Suche der Seele, welche zu Reisen bewegt.

Michaela B端hler, 36 , Dussnang

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Reisegeschichten.


RĂŠcits de voyage.

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Batja Guggenheim-Ami reist viel – und kennt nicht nur die Sehnsucht nach der Ferne, sondern auch die nach dem Zuhause. Ds Lied vom Adi Halter handlet vom Platzgrangu im Zug. Si Lieblingsplatz isch im zwöite Wage, ir Wagemitti, ufdr lingge Fänschtersite.

→ Seite 21

Ulrich Gygi hatte bei 300 Stundenkilometern im Cockpit des Shinkansen sein schönstes Reiseerlebnis.

→ Seite 5

→ Seite 11


Stefan Niederer war noch nie in Indien, bereist aber seit 25 Jahren als SBB LokfĂźhrer die Schweiz.

→ Seite 16


Heidrun West’s favourite drinks are: English tea in the morning, coffee in the afternoon and red wine in the evening.

→ Page 12

Andreas Meyer liebt die Aussicht auf die Weinberge nach dem Tunnel von Puidoux.

→ Seite 5

Carine-Laure Desguin aime les gares où les gens se croisent, se rencontrent, se parlent.

→ Page 34


Philippe Lamon a une valise brune. Par chance, personne ne la lui a encore volĂŠe.

→ Page 18


Françoise Hostettler n’a encore jamais essayé de tirer le frein d’urgence.

→ Page 27


Stefano Floccari nel suo testo riflette un’immagine colorata delle FFS .

→ Pagina 22

Peter Fellinger wohnt an der Neubaustrecke «Bahn 2000 ».

→ Seite 28


Thomas Zwygart mag am Zugreisen das Nichtstillstehen, das Wechseln von Orten und Stimmungen.

→ Seite 30

Otto Gafners «verhinderten Kondukteur» gab es wirklich. Es war sein Vater, der diese Geschichte zu einer Zeit erlebte, als es beim Eisenbahnfahren noch eine Spur gemächlicher zuging.

→ Seite 24

Ekkehard Guggenbühler ist fast 20 Jahre lang gependelt und hat dabei so manche Freundschaft geschlossen.

→ Seite 36


Simone Paris non di rado sfida la sorte. I viaggi sono sinonimo d’avventura per lui.

→ Pagina 31


Roland Saladin trinkt sein Wasser ohne Kohlensäure und Whisky am liebsten torfig-rauchig.

→ Seite 39

Susann Hjort Bartsch Jost è una giramondo e parla sette lingue.

→ Pagina 38


Désirée Lauper s’est finalement préparé un potage à la courge.

→ Page 41


Laura Kaempf-Carlino ama viaggiare guardando dal finestrino o immersa in un bel libro o in una discussione.

→ Pagina 57


Franz Wyrsch war 45 Jahre lang als Bahnhofsvorstand bei der SBB tätig und ist heute im 52 . Ehejahr mit seiner damaligen Zugbekanntschaft glücklich verheiratet.

→ Seite 44

Daniel Revaz n’a jamais eu l’occasion de trouver un porte-monnaie perdu.

→ Page 60


Giovanna Santillo Nann kochte in ihrer Rottenküche am liebsten Obwaldner Älplermagronen und reichte dazu Apfelschnitze.

→ Seite 63

Michael Huber war bereits in Istanbul – und zwar mit dem Fahrrad.

→ Seite 76


Hélène Dormond est la sœur de Sabine Dormond. Son récit est en partie vrai.

→ Page 65

Annalisa Hartmann hat sich selbst nie um die Aufnahme an einer Musikhochschule beworben, stattdessen studiert sie Germanistik.

→ Seite 67


Peter M. Walter schätzt unter den amerikanischen Regisseuren vor allem Woody Allen.

→ Seite 74

Sabine Dormond est la sœur d’Hélène Dormond. Son récit est entièrement inventé.

→ Page 71


Oscar Matti è un vero fan dei treni. Già da bambino era affascinato dalle enormi composizioni e conservava i biglietti per giocare «al controllore» con gli amici.

→ Pagina 81


Ivanca Kümin würfelt normalerweise nicht um Entscheidungen.

→ Seite 83


Rolf Schneider war zwar schon einmal in der Toskana, jedoch noch nie in Florenz. Seine Geschichte ist frei erfunden.

→ Seite 88

Serge Heughebaert est convaincu que les enchantements sont aussi indispensables qu’un toit et une table. C’est pour ça qu’il écrit, entre autres, des chansons.

→ Page 79

Marie Béchu n’a plus de contact avec la femme de son récit.

→ Page 86


Michaela Bühler sehnt sich «nach innerem Frieden und äusserem Funkeln».

→ Seite 90


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Impressum Herausgeber

SBB AG Hochschulstrasse 6 3000 Bern 65, Schweiz Danksagung

Wir danken allen, die zu dieser Publikation beigetragen haben.

Édité par

CFF SA Hochschulstrasse 6 3000 Berne 65, Suisse Remerciements

Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la présente publication.

Editore

FFS SA Hochschulstrasse 6 3000 Berna 65, Svizzera Ringraziamenti

Ringraziamo tutti coloro che hanno contribuito alla presente pubblicazione.


Drei Teenager würfeln sich von einem Ort zum nächsten, eine junge Frau träumt sich in den Orient-Express, ein Italiener erinnert sich farbenfroh an seine erste Reise mit der SBB , und eine filmreife Begegnung im Zug lässt einen Hauch von Hollywood durch die Schweiz wehen. Trois jeunes se déplacent d’un lieu à un autre au hasard. Une jeune femme rêve d’Orient-Express. Un Italien garde un souvenir haut en couleur de son premier voyage avec les CFF. Une rencontre cinématographique à bord d’un train donne un zeste d’ambiance hollywoodienne à la Suisse. Tre adolescenti lanciano i dadi per decidere la prossima destinazione, una giovane donna sogna l’Orient Express, un italiano ricorda con colori vivaci il suo primo viaggio con le FFS e un incontro da film porta in Svizzera una ventata hollywoodiana.

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Reisegeschichten 2012