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Le Palais provincial sous l’occupation allemande pendant la première guerre mondiale. (Coll. Christophe Liégeois).

D’un monde à l’autre, un palais en mutation D'épiscopal...

Lorsque l’évêque Thomas Strickland lance la construction du palais en 1728, son objectif est clair : il veut construire une demeure épiscopale digne de ce nom. Tout au long de la période autrichienne, les évêques résident dans le palais. Lorsque Namur passe sous domination française en 1795, la France est en pleine Révolution, marquée par un anticléricalisme radical. Arrivés à Namur, les Français saisissent la plupart des biens du clergé : le palais épiscopal est confisqué et des officiers français s'y installent. L'évêque de l'époque, Albert-Louis, comte de Lichtervelde, fait preuve de résistance et ne quitte pas le palais pour autant : pendant plusieurs mois, il est forcé de recevoir des Français à sa table, avant de devoir quitter les lieux, définitivement. Thomas Stirckland, évêque de Namur de 1727 à 1740

Goswin de Stassart (1780 – 1834) est le premier gouverneur de la province de Namur après l’indépendance.

Nommé en 1803, le nouvel évêque de Namur, Monseigneur Pisani, installe,

en 1804, sa résidence dans l'ancien refuge de l'abbaye de Malonne, qui demeure encore aujourd’hui le siège de l’évêché. Le palais n'est désormais plus épiscopal.

.. À provincial

Une fois le palais devenu propriété de l’État français, l'occupant y installe le siège de l'administration civile du département de Sambre-et-Meuse (dont Namur est le chef-lieu). Gilles Emmanuel Perès, nommé préfet, y réside vraisemblablement de 1799 à 1814. En 1803, il y reçoit d’ailleurs Napoléon et Joséphine de Beauharnais. Après la défaite de Waterloo en 1815, le préfet quitte les lieux. Il est remplacé par un gouverneur et une partie du département de Sambre-et-Meuse devient la Province de Namur. Dès ce moment, et jusque 1830, le palais devient la résidence du Gouverneur de la Province de Namur, Jean-Baptiste Omalius d'Halloy.

L’actuel « salon royal » dont les murs sont recouverts de 6 portraits de souverains et de princes de Belgique, était à l’origine, la chambre à coucher de l’évêque. (©Photopresse)

Dès l'indépendance de la Belgique, le bâtiment devient le siège des institutions provinciales et accueille les Gouverneurs de l’État belge. En 1937, l’État construit une aile administrative homogène, inspirée du projet initial du palais. Afin d'agrandir l'espace de travail, la Province rachète en 1971 l'hôtel de Propper, à l’angle de la rue du collège et de la rue Saintraint. Relié au palais par une passerelle, cet hôtel est le siège de travail de la Députation permanente du Conseil provincial appelée désormais le Collège provincial de la Province de Namur.

Le Palais provincial de Namur, son histoire  

Panneaux réalisés à l'occasion des Journées du Patrimoine, édition 2015

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