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CHAPITRE XI. A TRAVERS LES FORÊTS VIERGES.

Le départ. — Installé dans la maloca de Joao j’essayais d’arranger une troupe sûre pour pousser cette fois jusqu’aux Ouayanas, jusqu’à la côte. Et je passais mon temps à faire mes malles, à les refaire, à les réduire au plus petit volume possible. Chaque fois qu’on se livre aux préparatifs toujours minutieux d’une nouvelle expédition, cette pensée, quelque peu amère, quoi qu’en disent les esprits forts, vous prend à la gorge. Se donner tant de mal pour arriver à mourir peutêtre dans quelques jours, obscurément assassiné, abandonné dans le désert, noyé au passage de quelque cataracte ! Dans l’action on est fort, mais dans le repos on est triste : la sensation de l’exil, l’ennui de la maladie, le dégoût de la vie sauvage m’accablent. Mais voici que je reçois enfin une lettre impatiemment attendue. Grâce à Dieu! mon malheur passe mon espérance.

Ceux qui m’ont envoyé m’abandonnent, me désavouent, me condamnent (I). Maracachite 28 octobre 1884.

« Mon cher ami, « Je reviens de faire une première campagne sur ma route du haut rio Branco à Cayenne. J'ai poussé jusqu’aux régions qui avoisinent les sources de l’Essequibo.

La France équinoxiale. Voyage à travers les Guyanes et l'Amazonie. 2  

Coudreau, Henri A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. C...

La France équinoxiale. Voyage à travers les Guyanes et l'Amazonie. 2  

Coudreau, Henri A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des Antilles. C...

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