Page 86

467

Tableau n° 19 DUREE DU SEJOUR DES EMIGRANTS DANS LES DEPOTS DE CALCUTTA DE 1873 - 74 A 1884 - 85 Moyennes, toutes agences Minimum Maximum 1873 - 74 1874 - 75 1875 - 76 1876 - 77 1877 - 78 1878 - 79 1879 - 80 1880 - 81 1881 - 82 1882 - 83 1883 - 84 1884 - 85

13 12 19

43 29 66 29

9 8 8 13 17 17 4 8

47 62 33 55 47 58 53 42

Durées, agence française Minimum Maximum Moyenne 5 16 n. d. 2 1 1 1 1 1 1 1 1

73 65 75 146 156 129 149 175 194 86 65

14 19 29 36 38 33 42 40 52 34 24

En jours. Source : Calcutta Emg Report, années citées.

La durée du séjour des émigrants dans les dépôts de Calcutta varie considérablement selon les agences et les années. Les moyennes se situent entre une semaine et deux mois, avec une médiane que l'on peut grossièrement approximer aux alentours d'un mois. On note d'autre part une assez nette tendance à l'élévation de la durée des séjours dans le dépôt de l'agence française, au moins jusqu'en 1882-83, tendance qui ne semble pas se retrouver aussi évidemment pour les autres agences ; cela traduirait-il une vigilance plus grande des autorités britanniques de ce port ? Si l'on se penche maintenant sur les durées des séjours individuels, on constate que leur amplitude est évidemment beaucoup plus grande ; les moins chanceux (ou les plus ?) ne font que passer quelques heures seulement dans les dépôts, tandis qu'à l'autre extrémité, des durées de plus de deux mois ne sont pas rares, le record étant même supérieur à un semestre (194 jours) pour l'agence française. Il semble que les coolies apprécient de rester pendant un certain temps au dépôt avant de s'embarquer, parce que, généralement arrivés là poussés par la faim et en mauvais état physique, ils y sont correctement nourris (au moins pour ce qui concerne la quantité) et reprennent des forces qui leur seront indispensables par la suite180 ; mais à condition toutefois que leur séjour ne dure pas trop longtemps181. Un bon connaisseur des problèmes d'émigration estime à six semaines le temps à partir duquel les problèmes commencent à apparaître ; au-delà, l'ennui gagne, la patience des engagés 180. ANOM, Géné. 117/1008, Lamouroux à M. Col., 6 mars 1874. 181. ANOM, Gua. 135/1174, dossier Chetah, rapport médical du Dr Défaut, 1875 : beaucoup de coolies de ce convoi attendaient au dépôt depuis près de trois mois ; ils le considéraient "comme une cage dorée", mais ils en avaient assez et souhaitaient partir.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

Profile for scduag
Advertisement