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tions dans l'arrière-pays, et le gouverneur de Pondichéry n'avait pas tardé à demander leur suppression au ministère158. Transmise à Londres cette requête reçoit assez rapidement une réponse positive du gouvernement britannique159, confirmée formellement un an plus tard pour surmonter l'obstruction de l'administration des présidences concernées en Inde160. Désormais, les recruteurs français pourront opérer librement dans toutes les parties du souscontinent ouvertes à l'émigration. Bien que cette décision concerne en principe toutes les agences, seules, en pratique, celles de Pondichéry et Karikal sont en mesure d'étendre immédiatement leurs aires de recrutement pour pouvoir en profiter, et elles en profitent effectivement161 ; les autres, qui connaissaient déjà les pires difficultés pour conduire leurs opérations dans un petit périmètre avant, en éprouvent encore plus dans un grand après.

c) Mode de fonctionnement des deux agences Les deux agences d'émigration de Pondichéry et Karikal fonctionnent très différemment selon qu'elles recrutent pour la Réunion ou pour les colonies américaines. A peu près totalement libres de leurs opérations pour la première, elles sont au contraire marginalisées pour les secondes. Un conflit s'étant élevé entre un capitaine de navire d'émigrants pour la Réunion et l'agence de Pondichéry au sujet du "prix" des coolies, l'affaire est portée devant le ministère qui, à son tour, se tourne vers le gouverneur pour savoir si, comme le demande le plaignant, il est possible à l'administration d'imposer d'autorité le remboursement réclamé. "Je ne pense pas que nous puissions intervenir pour modifier les effets d'un contrat débattu librement en dehors de notre participation, répond sans hésiter le gouverneur. Les opérations de recrutement et de transport des coolies indiens pour la Réunion sont affaire purement commerciales et aléatoires. L'administration intervient seulement pour accréditer l'agent d'émigration auprès des autorités anglaises. Contrairement à ce qui se pratique pour les Antilles, les conditions sont librement débattues entre l'agent et les maisons de commerce de la Réunion autorisées … par le Gouvernement de cette colonie … Nous nous occupons seulement de nous assurer que toutes les conditions exigées par les règlements ont été remplies, et l'Administration reste absolument

158. ANOM, Inde 467/608, liasse "Correspondance", Bontemps à M. Col., 18 mars 1863. 159. Arch. Dipl., ADP, Inde 3, M. Col. à MAE, 28 avril 1863, et ambassade de France à Londres au même, 1er octobre 1863. L'accord britannique lui-même se trouve dans PRO, FO 27/2283, FO à ambassade de France, 4 août 1863. 160. Plainte à ce sujet du gouverneur Bontemps, dans ANOM, Inde 467/608, liasse "Réglementation", lettre au ministre du 31 mars 1864 ; et nouvelle réponse britannique dans Arch. Dipl., ADP, Inde 3, FO à ambassade de France, 6 août 1864, qui confirme sa lettre de l'année précédente. 161. ANOM, Géné. 137/1182, Bontemps à M. Col., 26 mai 1864.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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