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tous pour la Réunion, dans la seule année 1861137, représentant alors 31 % des départs par ce port, toutes destinations confondues. Pourtant, après ce brillant démarrage, la vague retombe brutalement. On ne compte plus que 1.076 départs en moyenne annuelle sur les trois campagnes suivantes, et le nombre total d'émigrants partis par l'intermédiaire de l'agence française de Calcutta n'est finalement que de 10.235 entre 1861 et 1864138. C'est, en effet, que, très vite, les planteurs de la Réunion commencent à se plaindre de la "mauvaise qualité" des immigrants en provenance du Bengale139, puis déclarent ne plus vouloir en recevoir davantage140. A partir de 1865, Lamouroux demeure toujours agent français d'émigration à Calcutta en titre, mais il n'expédie plus un seul convoi.

2.3. Pondichéry – Karikal, pivot de l'émigration vers les colonies françaises La politique suivie au début des années 1860, consistant à multiplier les centres de recrutement pour "ratisser large", débouche donc très vite sur un échec. Sur les sept agences créées immédiatement après la Convention, seules celles de Pondichéry et de Karikal continuent de fonctionner sans interruption jusqu'à la cessation définitive de l'émigration, un quart de siècle plus tard.

a) Une position dominante et incontournable Bien qu'il soit un moment question de les fusionner en une seule avec deux dépôts séparés, deux agences juridiquement distinctes sont finalement créées en 1862, une dans chacun des deux comptoirs. Elles sont autonomes pour ce qui concerne les recrutements, par contre elles fonctionnent en tandem pour les expéditions, sous la coordination du gouverneur des

137. C'est le chiffre de source française, reproduis dans ANOM, Géné. 122/1078, "Etat des mouvements de l'émigration indienne depuis 1854" ; le chiffre anglais, cité par Rapport Grierson, 3e partie, p. 10, est plus modeste puisqu'il ne fait état que de 5.333 départs pendant la campagne 1861-62. 138. Chiffres de source française ; le chiffre total anglais est de 8.115 de 1861-62 à 1864-65, soit 8.500 environ sur l'ensemble de la période. Pour sa part, Lamouroux fait état de "plus de 10.000 engagés" dans ANOM, Géné. 117/1008, lettre à M. Col., 8 novembre 1872. 139. ANOM, Inde 466/601, liasse "Articles de journaux", coupures et extraits du Journal du Commerce, 15 juin et 7 juillet 1861 : trop de malades du choléra, auxquels il faut payer une quarantaine, trop de femmes, d'enfants et de vieillards, trop de "non-valeurs". 140. Ibid, d'Ubraye à M. Col., 8 août 1861 ; ANOM, Géné. 137/1178, rapport du directeur des Colonies au ministre sur la création d'une agence d'émigration à Madras, 18 août 1862 ; Inde 467/608, liasse "Renseignements statistiques", Bontemps à M. Col., 1er août 1864 ; Géné. 125/1094, M. Col. à MAE, 15 juin 1865 ; Géné. 122/1078, note de la direction des Colonies au ministre faisant l'historique des agences depuis leur création, 31 juillet 1872 : celle de Calcutta "n'a fourni que des contingents déplorables".

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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