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En fait, nous allons le voir, la plupart d'entre eux n'occupent le poste que pendant quelques mois. Seuls Lamouroux à Calcutta, jusqu'en 1876106, et Erny à Pondichéry, jusqu'en 1879 au moins107, demeurent en fonctions suffisamment longtemps pour laisser des traces de leur activité dans les archives ; à leur mort, ils sont remplacés respectivement par les Charriol108 et Alfred Erny, fils du précédent109. A Karikal enfin, la direction de l'agence semble avoir subi d'assez fréquents changements, mais nous ne savons pratiquement rien sur ses responsables successifs en dehors de leurs noms110.

2.2. Echecs et créations avortées (1862 - 1865) Au moment où est signée la Convention, les illusions sur ses résultats potentiels sont considérables, tant à Pondichéry qu'à Paris. Les chiffres les plus irréalistes circulent. Une estimation dont on se demande bien sur quoi elle repose laisse entrevoir comme vraisemblable un recrutement d'environ 25.000 émigrants par an "dès les premières années" : 6.000 par Calcutta, 5.000 par Bombay, 4.000 à 6.000 par Pondichéry + Karikal, 3.000 à Yanaon, 2.000 à 4.000 par Madras, 2.000 à 3.000 par Mahé111 ; bien qu'elle suscite çà et là interrogations et scepticisme, elle n'est pas moins reprise comme hypothèse de travail par le ministère pour la création des agences112.

106. Année de sa mort, survenue le 14 mai ; ANOM, Géné. 117/1008, consul de France à Calcutta à M. Col., 16 mai 1876. 107. Dernière mention de son existence dans Arch. Dipl., ADP, Inde 4, liasse "Coolies-Inde 1879", M. Col. à MAE, 10 juin 1879. 108. Entre le décès de Lamouroux, en 1876, et la fermeture de l'agence, à la fin des années 1890, tous les agents français d'émigration de Calcutta sont membres de la famille Charriol, une maison bordelaise installée au Bengale. Félix Charriol, agréé par le gouvernement britannique en octobre 1876, demeure agent en tire jusqu'en septembre 1880, mais il doit rentrer en France en juin 1878, et c'est alors son adjoint E. Quillet qui dirige effectivement l'agence. Puis Emile Charriol, frère du précédent, prend officiellement sa succession à/c septembre 1880, mais, très malade, il doit renter à son tour en France en février 1883, laissant la direction effective de l'agence à son autre frère, Pierre Charriol ; celui-ci devient agent d'émigration en titre en mars 1886. Les noms des différents agents et les changements survenus à la tête des agences sont donnés chaque année dans les Calcutta Emg Report, 1873-74 et suiv. Nous avons complété avec diverses informations provenant de la correspondance de l'agence, conservée dans ANOM, Géné. 117/1008, passim. 109. Il est cité en tant que tel en 1882 et 1884, mais nous ne savons pas quand il a pris ses fonctions ; CG Gpe, SO 1882, p. 717-718, et SO 1884, p. 254. Antérieurement, il avait été nommé agent d'émigration à Karikal en 1879 ; Arch. Dipl., ADP, Inde 4, liasse "Coolies-Inde, 1879", M. Col. à MAE, 10 juin 1879. 110. Hecquet père de 1862 à ?, puis plus rien jusqu'en 1879, où nous apprenons le remplacement de Thêtard, compromis dans une affaire de contrebande, par Alfred Erny, puis mention d'un Hecquet, probablement fils du précédent, en 1884 ; mêmes références que note précédente. 111. ANOM, Géné. 125/1092, M. Col. à gouverneurs Antilles, Guyane et Réunion, 4 juin 1861, qui fait état d'informations reçues de Pondichéry ; Inde 466/601, liasse "Application", d'Ubraye à M Col., 8 aout 1861. 112. ANOM, Géné. 125/1092, rapport du directeur des Colonies au ministre sur les problèmes posés par l'exécution de la Convention, 17 janvier 1862.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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