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d) Le choix des agents d'émigration Une fois que tout est bien "calé" et que tous les problèmes posés par la création des agences ont été réglés, au moins sur le papier, il ne reste plus qu'à nommer ceux qui seront chargés de les diriger. Les candidatures affluent99. La Société d'Emigration de Pondichéry, qui n'a plus que quelques mois d'existence devant elle, essaie de survivre en proposant les noms de ses associés pour prendre la direction des cinq agences prévues dans les comptoirs et à Madras100. La Compagnie Générale Transatlantique, dont le monopole du transport des Indiens vers les colonies d'Amérique court jusqu'à la fin de la campagne d'émigration 1861-62101, tente de placer ses propres représentants dans les comptoirs à la tête des futures agences qui doivent y être établies102, ce qui lui permettrait à la fois d'étendre ses opérations à la Réunion et d'intégrer à son profit la totalité de la filière recrutement-transport ; mais le ministère met brutalement fin à ses prétentions103. La plupart des candidatures proviennent de maisons de commerce ou de négociants individuels, français le plus souvent104, installés dans les ports de l'Inde. Elles bénéficient des appuis les plus divers en France105, mais les seules opinions qui comptent vraiment sont celles du gouverneur de Pondichéry pour les agences du Deccan et du consul de France à Calcutta pour l'agence du Bengale, et le ministère se contente finalement de ratifier leurs propositions. Sont donc nommés agents français d'émigration en mars 1862 : à Pondichéry, Eaton Erny, négociant dans cette ville, ancien associé de la Société d'Emigration, proposé par elle ; à Karikal, Hecquet père, négociant dans cette ville, ancien associé de la même société et proposé par elle ; à Yanaon, Quillet, négociant à Calcutta, qui l'emporte face au candidat de la Société d'Emigration ; à Mahé, Châtelier, négociant dans cette ville, proposé par la Société d'Emigration bien qu'il n'est jamais fait partie de ses associés ; et à Calcutta, Fortuné Lamouroux, négociant dans ce port. Enfin, en août de la même année, l'agence de Madras est confiée à Louis le Mesle, négociant dans cette ville, qui l'emporte face au candidat de la Société d'Emigration.

99. Sur tout ce qui suit, voir les nombreux dossiers réunis dans ANOM, Géné. 137/1176, passim. 100. Ibid, état récapitulatif final des "candidatures aux agences d'émigration des ports de l'Inde", 1862. 101. Supra, chap. V. 102. ANOM, Géné. 137/1176, état récapitulatif des candidatures, 1862. 103. Ibid, dossier "CGM", en marge de sa déclaration de candidature pour l'agence de Yanaon, cette note manuscrite du directeur des Colonies : "Une compagnie ne peut pas être une agence de recrutement". 104. Mais on trouve également quelques Anglais et deux maisons indiennes de Bombay. 105. Sénateurs, membres du Corps Législatif, généraux, notables divers, chambres de commerce, maisons de commerce plus ou moins connues, etc ; leurs lettres de recommandation sont conservées dans les dossiers.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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