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préjugés"172 ; "I have taken off my caste and left it with the Port officer", répond "insolemment" un paria à un brahmane qui lui reprochait de l'avoir bousculé173. Quand ils arrivent aux Antilles, la plupart d'entre eux sont déjà suffisamment déculturés et suffisamment séparés de leurs repères "traditionnels" pour pouvoir s'intégrer sans trop de difficultés dans le monde de l'habitation174.

c) La routine et l'ennui C'est bien long, trois mois à regarder la mer et écouter le clapot des vagues contre la coque ! Pour les médecins-accompagnateurs des convois, maintenir les passagers occupés le plus longtemps possible constitue un moyen essentiel de préserver le "bon ordre" à bord. Pour cela, ils ne peuvent guère compter que sur la routine du bord. Toutes les journées comprises entre le moment de l'embarquement et celui du débarquement se déroulent de la même façon, et sensiblement selon un modèle commun à tous les convois175. La journée débute entre 5 et 6 heures, selon la latitude et le navire, avec le nettoyage du pont par l'équipage et la section des émigrants de service pour la semaine. Pendant ce temps ou peu après, les autres passagers se lèvent, rangent leurs affaires dans l'entrepont, puis montent, les hommes sur le pont, les femmes et les enfants sur la dunette. Entre 7 et 8 heures, toilette, les adultes à l'eau de mer, les enfants, en principe, à l'eau douce. De 8 à 9 heures, soins médicaux aux passagers non hospitalisés. A 9 heures, premier repas de la journée. A partir de 10 heures, les émigrants sont libres d'aller et de venir pendant environ six heures, mais à l'intérieur d'un périmètre restreint, les hommes sur le pont principal, là où ils peuvent trouver de la place176, les femmes et les enfants sur la dunette ; pour tous, interdiction de redescendre dans l'entrepont. D'ailleurs, c'est généralement au cours de cette période de la journée qu'il est nettoyé et éventuellement blanchi à la chaux par la section de semaine. De 16 à 17 heures, second repas de la journée, suivi pendant encore trois ou quatre heures d'une nouvelle période de temps libre sur le pont ou la dunette. Vers 19 h - 19 h 30, coucher des enfants, éventuellement nouvelle visite médicale et distribution additionnelle de médicaments aux passagers non hospitalisés, si nécessaire. Enfin, vers 20 ou 21 heures, selon le temps, la latitude et le na-

172. Dr Bellamy, sur le second Essex. 173. Cité par H. TINKER, New system, p. 155. 174. Ce qui précède s'inspire librement des développements de SINGARAVELOU, Indiens de la Caraïbe, t. I, p. 107. 175. Divers exemples de journées-types dans les rapports des médecins-accompagnateurs des Théréza, Indus, John Scott, Knight Companion. Voir également K. O. LAURENCE, Question of labour, p. 8889. 176. Et nous savons que, sur certains navires, cette place est rare tellement le pont est encombré d'installation et objets divers ; supra, chap. XI.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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