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573 ci par les rapports des médecins-accompagnateurs des convois. Se basant sur des dizaines de dossiers de bâtiments chargés d'émigrants pour les colonies anglaises, Hugh Tinker a pu réaliser un plan de coupe montrant l'aménagement-type d'un coolie ship standard dans les années 1880 ; nous le reproduisons planche n° 2. Tous les navires d'émigrants transportant des Indiens vers la Caraïbe sont divisés en trois niveaux. 1. Au plus bas, sous la ligne de flottaison, la cale. Les rapports médicaux n'en parlent généralement pas, ou sinon très peu, parce qu'il n'y a effectivement pas grand chose à en dire. C'est là que sont placés, répartis entre plusieurs magasins distincts, le chargement commercial, les réserves d'eau et de vivres et tout le matériel nécessaire pour faire face à toutes sortes de situation au cours du voyage (pièces de mâture, voiles et toiles de remplacement, cordages, planches et pièces de bois de toutes natures, ferrements, outils les plus divers, etc.). 2. L'entrepont, d'une hauteur de 1,90 à 2,20 m le plus souvent, occupe le second niveau sur toute la longueur et toute la largeur du navire. Il est normalement entièrement réservé au logement des passagers et doit être "dégagé et libre de tout ce qui serait de nature à gêner la circulation de l'air". Cette disposition semble généralement respectée, mais il peut cependant arriver que, sur certains navires mal conçus et/ou manquant d'espace d'entreposage, l'entrepont soit encombré par divers magasins, pour les voiles de rechange, pour les vivres de l'équipage, etc. ; ainsi par exemple, sur l'Indus. Autre disposition réglementaire très strictement observée : la séparation rigoureuse entre les sexes, qui sont logés dans des compartiments distincts ; celui des hommes se situe généralement à l'avant du navire et celui des femmes et des enfants à l'arrière. Sur quelques bâtiments de grandes dimensions et de construction récente (Lee, Jura, Hereford), on trouve parfois un compartiment spécial pour les couples mariés, mais le manque d'espace oblige souvent à les placer avec les femmes, comme sur le Médusa, et parfois même à les séparer, comme sur l'Indus, où cela soulève les protestations des intéressés. L'entrepont est le principal lieu de vie des passagers, qui y passent au minimum dix à douze heures par jour en temps normal, et éventuellement beaucoup plus, parfois même plusieurs jours de suite sans sortir, en cas de mauvais temps. Aussi les textes réglementaires attachent-ils une grande importance à son entretien ; il doit être "parfaitement étanche … et blanchi à la chaux", et "ce blanchissage sera entretenu pendant toute la durée du voyage et renouvelé toutes les fois qu'il y aura lieu" 40. En général, ces dispositions semblent correctement respectées. Sur les 18 navires pour lesquels nous sommes renseignés, nous n'en connaissons

40. Art. 44 de l'arrêté pondichérien du 3 juillet 1862.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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