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571 la fin de l'émigration par les deux comptoirs34, les exceptions demeurant peu nombreuses et dépassant rarement les 500 équivalents-adulte35 ; dans ces conditions, il n'est pas besoin d'employer des navires de plus de 1.000 tx. Aucune disposition réglementaire comparable n'existe pour limiter le nombre d'émigrants par convoi au départ des ports de l'Inde anglaise, mais les mêmes causes y produisent les mêmes effets pour aboutir finalement à une limitation de fait qui semble se situer autour des 500 à 550 équivalents-adulte pour la plupart des bâtiments à Calcutta dans les années 188036 ; ici aussi, il n'est donc pas nécessaire de dépasser une certaine limite, comprise entre 1.200 et 1.500 tx. A l'échelle de la marine à voile, le transport des émigrants indiens en Guadeloupe s'effectue donc le plus souvent par des navires de tonnages moyens à moyens-supérieurs ; mais au début du XXe siècle, on verra des coolie ships de 2.000 tx et plus pouvant transporter jusqu'à 800 et 1.000 émigrants en une seule fois vers les West Indies et Surinam37. Pour en terminer avec cette présentation générale des navires d'émigrants, deux mots sur les équipages qui les montent. Nous sommes très mal renseignés à leur sujet. Sur la dizaine de cas pour lesquels nous disposons de quelque information, leur importance varie entre 20 et 50 hommes, officiers compris, avec une concentration particulière autour des 40 à 45 ; on ne distingue pas de tendance visible à la diminution du nombre d'hommes par tonneau avec l'élévation du tonnage. Tous les officiers sont des Européens. Parmi les hommes d'équipage, la très grosse majorité sont des Indiens ("lascars"), mais on rencontre également quelques Européens et Petits-Blancs créoles des Mascareignes, ainsi que, sur le Jumma, un Chinois.

c) L'aménagement C'est un point sur lequel les textes réglementaires38 ne comportent qu'un minimum de dispositions d'ordre public39, laissant aux armateurs et aux capitaines une très grande latitude dans l'organisation spatiale des navires. Nous sommes relativement bien renseignés sur celle34. Le Sussex pourrait embarquer jusqu'à 600 émigrants, note en 1868 le médecinaccompagnateur du convoi, mais il est limité à 450 "d'après les conventions internationales récentes". En fait, le Dr Brassac fait une confusion ; il n'y a rien de tel dans la Convention de 1861. 35. Le tableau n° 27 ne révèle que deux cas, le Médusa (500 équiv. ad.) et le Boyne (544). Les raisons de ces deux exceptions nous échappent ; pour le dernier tout au moins, on peut penser que c'est parce qu'il s'agit d'un gros bateau (1.337 tx) dont la capacité aurait été très largement et très coûteusement sous-utilisée avec 450 "adultes" seulement. 36. Calcutta Emg Reports. 37. K. O. LAURENCE, Question of labour, p. 83 et P. EMMER, Coolie ship, p. 416-417 ; le plus gros de tous ceux arrivés au Surinam (le Dewa, en 1916) jauge 2.340 tx. 38. Art. 38 à 45 de l'arrêté pondichérien du 3 juillet 1862 ; art. 46 de l'Act XIII, 1864. 39. Séparation entre les espaces réservés à l'équipage et ceux attribués aux passagers, séparation entre hommes et femmes, dimensions et espace minima par passager, existence et emplacement de certains équipements, etc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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