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dent celles-ci 46. Sur certaines agences, celle de la France à Calcutta notamment, l'agent d'émigration est assisté d'un adjoint, lui-même également toujours européen, mais cela ne semble pas être un cas général. Le reste du personnel est indien. A l'exception d'un commis ou deux pour les écritures et les relations avec l'administration locale, du ou des cuisinier(s) et d'un infirmier, il se compose presque uniquement de gardiens et de surveillants, souvent d'anciens soldats de l'Armée des Indes démobilisés, qui maintiennent un semblant d'ordre et de propreté dans le dépôt, empêchent les engagés de sortir librement, les accompagnent quand ils ont absolument quelque chose à faire en ville, et les convoient en rangs serrés jusqu'au port au moment de l'embarquement.

b) Les dépôts situés dans les ports d'embarquement constituent le point de convergence de filières de recrutement remontant très loin dans l'arrière-pays, jusqu'à Delhi et au Pendjab, à 2.000 km en amont sur le Gange, pour les agences de Calcutta, et dans toute la moitié méridionale de la péninsule du Deccan pour celles de la Côte de Coromandel. Pour "approvisionner" ces filières, chaque agence s'appuie sur tout un réseau de sous-agences et de sous-dépôts situés dans les principales villes "up country", où les candidats au départ sont hébergés provisoirement en attendant d'être conduits au port pour embarquer47. Nous n'avons malheureusement aucune information sur les sous-agences dépendant de Pondichéry et Karikal ; nous n'en connaissons qu'indirectement l'existence48, et sans savoir où elles se situent exactement. Par contre, les réseaux aboutissant aux dépôts de Calcutta sont relativement bien connus grâce aux comptes rendus des tournées effectuées au début des années 1880 par deux fonctionnaires du gouvernement de l'Inde, successivement le major Pitcher dans les North Western Provinces et l'Oudh49 et sir George Grierson au Bihar50. On compte ainsi une trentaine au moins de sous-agences réparties tout au long de la plaine indogangétique entre Patna et Delhi, dont neuf dépendant de l'agence française ; sept d'entre elles se situent au Bihar, huit dans l'Oudh et les quinze autres dans les NWP, mais le nombre réel des sous-dépôts est très probablement supérieur à ces divers chiffres, car tous les établissements ne sont manifestement pas cités51. 46. A Calcutta, Lamouroux et Charriol dirigent successivement l'agence française, et Van Cutsem celle établie par les Pays-Bas pour Surinam. 47. Rapport Pitcher, p. 142 ; Rapport Grierson, 1ère partie, p. 7. 48. Il y est fait de brèves allusions dans l'arrêté gubernatorial du 3 juillet 1862, ainsi que dans le rapport de 1877 de l'agent consulaire britannique à Karikal, reproduit dans PRO, FO 881/3627, p. 148153. 49. Rapport Pitcher, p. 201-248, journal de route. 50. Rapport Grierson, 2e partie ("Diary"), passim. 51. Ainsi, selon ces deux rapports, l'agence de Trinidad ne disposerait que de seulement trois sous-agences dans tout le nord de l'Inde et celle de Maurice d'une seule, alors que ces deux îles constituent pourtant alors respectivement les seconde et troisième principales destinations d'émigration depuis Calcutta, réunissant ensemble 30 % des départs entre 1874 et 1883. Mais inversement, Fidji, qui ne reçoit à peine que 1 % des émigrants par Calcutta pendant la même période, posséderait quatre sous-

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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