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b) Les origines régionales L'Inde est vaste et l'arrière-pays des ports d'embarquement étendu ; c'est dire que le niveau sub-continental n'est certainement pas le plus adéquat pour apprécier précisément les origines géographiques des émigrants. Pour approcher de plus près la réalité du phénomène, plaçons-nous maintenant à l'échelle des différentes régions et provinces qui composent l'espace indien. Pour ce faire, nous ne disposons malheureusement pas d'une source unique et homogène, analogue à celle utilisée précédemment pour les ports de départ des convois. Tout ce que nous savons ici provient d'informations disparates, non immédiatement comparables entre elles quant à leur contenu et leur étendue, et impossibles à agréger en un résultat d'ensemble sans les avoir soumises préalablement au filtre de diverses suppositions et extrapolations. Les chiffres que nous serons finalement amenés à retenir à l'issue de cette reconstitution ne forment donc pas une certitude, mais seulement une probabilité. A l'unité près, ou même à la centaine près, il est absolument impossible de savoir de quelles régions ou provinces proviennent exactement tous les immigrants indiens en Guadeloupe. Dans les développements qui suivent, nous commencerons d'abord par préciser les origines provinciales de ces émigrants317 à l'intérieur de chacune des deux macro-régions indiennes, la péninsule du Deccan d'une part et la plaine indo-gangétique de l'autre. Puis dans un deuxième temps, nous essaierons d'agréger les chiffres ainsi dégagés en un ensemble unique de résultats.

1. Origines régionales des émigrants partis par Pondichéry et Karikal Elles sont données par districts dans les Madras Emigration Reports, mais seulement pour les trois campagnes 1881-82 à 1883-84 et pour toutes les colonies françaises ensemble, sans qu'il soit possible d'individualiser la Guadeloupe par rapport aux autres318. Comme on pouvait le prévoir, l'immense majorité de ces émigrants sont originaires de la présidence de Madras ; sur les 6.105 engagés partis par les deux comptoirs français au cours de ces trois années, 5.172 (soit 93,6 %) proviennent de celle-ci. Mais cette province, constituée de morceaux disparates rassemblés artificiellement en une entité administrative unique au hasard des conquêtes britanniques, n'est homogène ni sur le plan géographique, ni sur le plan

317. Quelles soient par provinces ou par districts, toutes les origines dont il est question dans les développements qui suivent font référence aux lieux de naissance. 318. IOR, P 1862, p. 1195-1220, pour 1881-82 ; P 2058, p. 1443-1469, pour 1882-83 ; P 2278, p. 761793, pour 1883-84. Aucun départ depuis les deux comptoirs en 1884-85.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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