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1877-78 à 1884-85, il reste en moyenne à la fin de chaque année, pour l'ensemble des dépôts, 2,1 % du nombre total de recrues entrées depuis le début de celle-ci ; à Pondichéry et Karikal, 0,5 % pour les deux dépôts ensemble en 1882-83 + 1883-84. La question se pose donc du devenir de ces gens en attendant l'ouverture de la prochaine campagne d'émigration, environ cinq mois plus tard. Nous sommes mal renseignés sur ce point, mais la réponse semble varier d'une agence à l'autre. A Pondichéry et Karikal, où le nombre de cas connus est extrêmement faible (13 sur les deux années précitées), les intéressés sont renvoyés dans leurs foyers301, mais comment, et qui paye ? A Calcutta, la majeure partie (un peu plus de 40 %) des engagés restant dans tous les dépôts à la fin des campagnes 1877-78 à 1884-85 sont transférés à une autre agence recrutant pour des destinations vers lesquelles l'émigration reste ouverte302, et 10 à 15 %, selon les agences et les années, sont conservés sur place, sans doute pour des travaux d'entretien et comme volant immédiatement disponible pour "réamorcer la pompe" très rapidement au début de la campagne suivante. Tous les autres sont "rendus" aux sous-agents d'émigration par l'intermédiaire desquels ils ont été recrutés303. En général, ces derniers n'aiment pas trop que les agences leur renvoient des engagés, soit qu'ils aient été refusés à la visite médicale, soit qu'ils n'aient pu être embarqués, car dans ce cas toutes les dépenses effectuées pour les recruter sont perdues pour eux304 ; il est très probable qu'ils refusent alors de devoir supporter en outre le coût de leur rapatriement "up country", abandonnant à leur sort les ex-futurs émigrants, "who joined the great floating element among Calcutta's population"305.

4. LES RESULTATS DU RECRUTEMENT : TABLEAU STATISTIQUE D'ENSEMBLE DE L'EMIGRATION INDIENNE VERS LA GUADELOUPE Pour en terminer avec ces développements sur la partie centrale de la filière migratoire indo-guadeloupéenne, essayons maintenant de dresser un bilan statistique d'ensemble de ce flux de population. De 1854 à 1888, 44.553 émigrants ont quitté l'Inde pour la Guadeloupe306. Qui sont-ils ? De quelles régions viennent-ils, quelles sont leurs origines sociales, à quoi res-

301. Madras Emg Report, 1882-83 et 1883-84. 302. Voir supra, p. 475-476. 303. ANOM, Géné. 117/1008, Charriol à M. Col., 19 janvier 1877. 304. Plainte de l'un d'eux à ce sujet dans Rapport Pitcher, p. 230. 305. H. TINKER, New system, p. 139. 306. Chiffre calculé à partir du poste "Passagers embarqués" du tableau n° 27, p. 522 et suiv. ; le Sigisbert Cézard est compris dans ce total. Pour les trois convois dont le nombre d'embarqués n'est pas connu, nous avons utilisé celui des passagers débarqués, accru de 2,69 % pour tenir compte de la mortalité en cours de route (= Taux moyen de mortalité sur les convois à destination de la Guadeloupe sur l'ensemble de la période d'immigration).

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

L'immigration indienne en Guadeloupe (1848-1923). Partie 2  

Auteur . Christian Schnakenbourg. Document de la bibliothèque numérique Manioc.

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