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MANUEL

DES CULTURES TROPICALES.

Moka (1) et le cale Bourbon n'entrent dans nos importations que dans une proportion absolument minime; néanmoins le vendeur au détail, forcé de compter avec les habitudes du consommateur, lui offre un mélange de trois cafés, de nuance différente; il assortit de son mieux le ton jaune clair, jouant le Moka; le ton gris ardoise argenté, jouant le Martinique, et le vert plus ou moins tendre, jouant le Bourbon. Les provenances appelées, dans chaque région de la France, à jouer le rôle des absents, sont variables et sont assez difficiles à déterminer. A défaut de données précises, voici quelques renseignements assez approximativement exacts : Les négociants en café, qui vendent le café torréfié et moulu (2) en boîtes, achètent les diverses provenances d'Haïti et quelques cafés de la côte de l'Inde. L'épicier parisien varie ses provenances d'après sa clientèle; la clientèle riche et la clientèle bourgeoise achètent les C. Guadeloupe, C. Porto-Rico, C. Bourbon, les cafés de choix d'Haïti et des Indes anglaises, hollandaises et espagnoles (3); la clientèle ouvrière consomme les C. Haïti inférieurs et le C. Rio. La consommation des établissements de café, a pour base le G. Haïti, mélangé au C. Malabar et au C. Manille. Le nord de la France affectionne, dans les grandes villes, à Lille principalement, le Haïti; la consommation des ouvriers mineurs donne la préférence au C. Rio. Le Midi consomme, dans la zone de Bordeaux, les C. du Centre-Amérique, vendus sous la désignation de Costa-Rica; les cafés de la Colombie et du Vénézuéla, vendus quelquefois sous

(1) Des cafés dits Moka nous arrivent en à-dire par des steamers qui font escale à partie de leur chargement dans l'Inde. Il Rouge, et plus tard dans ceux de Londres,

grande partie par la voie anglaise, c'estAden, après avoir opéré la plus grande se produit dans les entrepôts de la mer des substitutions qui nous rendent assez

incrédule sur l'authenticité de la plupart des Mokas. (2) A Paris, on applique plus spécialement l'épithète de torréfié au café enrobé de sucre dans une proportion variable. En province, principalement dans la région de l'Ouest, ce café, ainsi additionné d'une matière étrangère, moins chère que le café, inutile du reste à sa bonne qualité et à sa conservation, porte le nom de C. de Chartres. (3) Les cafés des Indes, le café Manille en particulier, fournissent une infusion blonde qui donne au café au lait une teinte claire, tandis que les cafés Haïti et le café Ilrésil donnent au mélange avec le lait une teinte grisâtre.

Manuel pratique des cultures tropicales et des plantations des pays chauds. T. 2, 1ère partie  

Auteur. Raoul, E. F. A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique de manioc. Université des Antilles et de la Guyane, service commu...

Manuel pratique des cultures tropicales et des plantations des pays chauds. T. 2, 1ère partie  

Auteur. Raoul, E. F. A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique de manioc. Université des Antilles et de la Guyane, service commu...

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