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— 50 — dit, en avait éloigné ceux qui avaient commencé à s'y transporter avant les hostilités dont nous avons tracé le cours (1). De Clieu avait senti le tort que valait, aux habitants de la Guadeloupe, l'envahissement du commerce de la Martinique, et, appelé dans cette dernière colonie, par ses fonctions de lieutenant au gouvernement général des îles du Vent, il cherchait à y parer. Il engageait les négociants métropolitains à établir des relations suivies avec la Guadeloupe, lorsque, dans la nuit du 19 au 20 septembre 1751, toutes nos Antilles du Vent se virent ravagées par un ouragan des plus furieux. La Guadeloupe, déjà si malheureuse, se trouva la plus affligée, et, grâce aux soins de son gouverneur, qui, dès que le calme se fut rétabli, s'y était immédiatement transporté avec des vivres, elle se vit, par les secoursqu'y firent ensuite passer Hurson et de Bompar, en position d'attendre ceux qu'on lui expédia de France, dans les premiers mois de 1752. Cependant, comme il arrive toujours après ces fléaux, cette colonie, particulièrement, se vil en proie aux craintes que suggèrent, pour l'avenir, les dégâts occasionés par le vent. Ces craintes entraînèrent des plaintes, des insurrections dans les ateliers, des discussions fort graves entre les propriétaires et des provocations qui donnèrent lieu à des duels tellement déplo-

(1) De Clieu, dans sa lettre au ministre, pour lui faire ressortir le malaise que les commissionnaires procuraient aux colonies, lui disait : « Le commerçant, Monseigneur, se plaint que ses voyages sont infruc» tu eux, et souvent qu'ils lui donnent de la perle, et il a raison ; mais, » sans en chercher ailleurs la vraie cause efficiente, qu'il fasse attention » qu'à la Guadeloupe, huit à neuf millions de faux frais sont à imputer, » chaque année, sur les prolits de l'échange dos denrées de la colonie » avec les comestibles et les marchandises apportées de France, et nous » trouverons également, là, la véritable raison de l'indigence de l'habi» tant et du dérangement du commerce. Ce capital , à peu près le cin» quième du total de celui des colonies, en pure perte pour le négociant, » ainsi que pour l'habitant, tourne au seul avantage du commission» naire, qui n'entre pour rien dans les peines de l'un , ni dans les ris» ques de l'autre. » (Cartons Guadeloupe, 1751, Archives de la marine.)

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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