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— 49 — poste, depuis la fin de 1750, les colons avaient eu, à cette date, à lutter contre un autre genre de malaise, qui diminuait considérablement leurs ressources. Ce malaise, général dans toutes nos colonies, atteignait le propriétaire et le commerce, et ne profitait qu'aux seuls commissionnaires, sortes d'agents qui servaient d'intermédiaires entre le fabricant et le planteur, entre le vendeur et l'acheteur, qui recevaient des deux mains, calculaient le produit de la main gauche en recevant de la main droite, et savaient peutêtre adroitement faire suer les primes qu'ils s'appliquaient sur les denrées qu'ils échangeaient avec leurs commettants. A la Martinique, l' habitant avait la facilité du commerce direct avec les métropolitains, mais les commissionnaires avaient compris que des avances faites par eux aux planteurs placeraient ceux-ci sous leur joug. De cet état de choses qui procurait aux colons de l'argent , avaient surgi bien des haines, bien des ruines , bien des faux-fuyants, pour arriver à secouer ces fers , d'autant plus pesants, qu'on se voyait astreint à l'exigence de celui qui, pour arriver à ses fins, avait employé la politesse, la flatterie, et souvent s'était laissé aller à l'adulation et à la bassesse. Le négoce qui ne s'appuie pas sur la réciprocité dans les relations, qui ne prise ses bénéfices qu'autant que l'espace de temps qu'il aura mis à les acquérir sera court, qui, en un mot, par cela seul que la loi protège les propriétés coloniales, ne fait des avances qu'en vue d'accaparer des revenus sur lesquels il espère toujours se refaire, devient ruineux et pour celui qui prête et pour celui qui emprunte. Aussi déjà quelques hommes sages avaient-ils mis le doigt sur celte plaie. Mais si, à la Martinique, les habitants prudents pouvaient se passer de ces sangsues, qui puisaient aux veines du commerce et du planteur, à la Guadeloupe, ils se trouvaient en avoir un besoin des plus impérieux. Ce besoin était tel, que, malgré tous les efforts de Clieu pour attirer le commerce direct de la métropole dans celte île, la guerre, comme nous l'avons

HIST. GÉN. DES ANT.

V.

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Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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