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— 40 — naux ouverts à Saint-Domingue , les roules entreprises à la Martinique, les assainissements opérés à la Guadeloupe ; puis enfin les privilèges de concessions gratuitement donnés à ceux que l'espoir d'une fortune prompte amenait dans nos Antilles. Mais ces distinctions flatteuses, qui

honorent l'homme qui donne tous ses soins à la culture de son champ, mars ces gratifications, qui provoquent l'intérêt et qui établissent une émulation d'où surgissent souvent des lumières efficaces, n'avaient point été pratiquées, et le colon ne faisait reposer sa fortune que dans le nombre de ses nègres. Certes, tranchons le mot, la France, alors, avait peut-Cire compris l'encouragement à porter aux cultures coloniales, dans cette exception qui faisait de l'homme un instrument, une charrue active , agissant d'elle-même, et dont les rouages n'étaient point soumis à la maladresse d'un laboureur ou à la lenteur des bestiaux. L'esclavage allait à la fertilité d'un sol que l'esclave labourait, cultivait, fumait, sarclait, et dont encore il récollait etfabriquait lesproduils. L'agriculture, pour nos colonies, se résumait donc dans l'esclavage, et sa prospérité, son développement, dépendaient du plus ou du moins d'esclaves attachés à une exploitation. Système humain, si nous prenons le mot dans sa véritable acception, système pervers, si nous voulons y appliquer une épithète qui ressorte de l'humanité. Mais, quoi qu'il en soit, l'esclavage, ainsi établi dans nos Antilles, était devenu une ressource énorme pour le métropolitain, qui, comme nous l'avons vu , repoussait tout projet de colonisation par des blancs d'Europe , par des hommes libres, dont il ne pouvait faire une marchandise à son profit. L'esclavage pouvait-il Cire également une ressource pour le colon? l'esclavage^ dans lequel encore le colon croit voir sa richesse, pouvait-il constituer une richesse véritable, une fortune solide? Ce qui se passe aujourd'hui à la Martinique et à la Guadeloupe , où des propriétés, rapportant encore des revenus considérables, ne se vendent plus, mieux que nous ne pourrions le

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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