Page 332

— 322 — moment présent, une multitude de questions plus opportunes demandent à Cire classées, nous suivrons à la Martinique le marquis de Fénélon , qui, parti de brest sur le vaisseau le Royal-Louis, avait mouillé, le 11 juin 17G3, dans la rade de Sainte-Lucie, avec une escadre commandée par Beaussier.

La prise de possession de Sainte-Lucie, où il ne se trouvait que cent hommes de garnison, ne pouvait offrir de graves difficultés; néanmoins Jumiihac, auquel le roi avait confié le gouvernement de celle lie, sous les ordres du marquis de Fénélon, ne trouva pas, de la part du capitaine anglais qui la commandait, cette urbanité franche et avenante, sur laquelle il avait compté. Les Anglais, généralement, avaient blâmé leur gouvernement, et voyaient avec peine une restitution qui blessait leurs idées envahissantes. Le marquis de Fénélon, supposant alors que la prise de possession de la Martinique offrirait de plus grandes difficultés, dépêcha vers Rufane, le 13 juin 1763, lu frégate la Thélis, qui, le même jour, mouilla en rade de SaintPierre Martinique. Rufane, surpris de savoir dans ses eaux une escadre française, se calma cependant, dés que le chevalier de Saint-Mauris et le Mercier de la Rivière, le premier, colonel du régiment royal-marine, et le second, intendant, descendus de la Thétis, cl porteurs de paroles conciliantes, vinrent, en quelque sorte, le complimenter, lui remettant toutefois les paquels dont ils étaient chargés. Ces paquets confirmaient ce que déjà la renommée avait appris : Rufane avait l'ordre de plier bagage -, mais, comme sa cour ne lui avait encore officiellement rien fait parvenir, il se plaçait dans son droit, et refusait d'accomplir ce que contenait le duplicata dont il avait pris connaissance, et qu'il n'avait pu méconnaître, car il portail la signature du roi d'Angleterre. Dès lors, la prise de possession de la Martinique, que le marquis de Fénélon n'avait pas imaginé pouvoir être retardée, devint une négociation importante et délicate-, importante par la circonstance de l'hivernage qui approchait et la destination de l'escadre qui avait à se rendre à Saint-Domingue-, délicate, par

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Profile for scduag
Advertisement