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— 318 — » que j'ai (honneur de vous remettre ici. Un de ses fils, qu'il a » envoyé à Paris, me le remit hier matin. Sa proposition, Mon» sieur le duc, me parait très-susceptible d'être écoulée, par » rapport au déficit considérable de nègres à la Martinique. Le » commerce national mérite assurément toutes les préférences » pour la traite des nègres, mais peut-il vous procurer, Mon» sieur le duc, la quantité qu'il vous en faut pour remplacer le » vide où nous nous trouvons? M. de Ponthieu n'a point spé» cifié la quantité qu'il propose d'importer à la Martinique, » mais je sais qu'il est en état de vous en faire passer de deux » dans le commerce, depuis quelques années en Angleterre, se voyant™ » état de fournir tout do suite une quantité considérable de nègres, propo» sent à la cour de France l'affaire, et sollicitent la permission d'introduire » la quantité de nègres qu'on jugera à propos d'accorder pendant deux ou » trois années. Quand le commerce de France sera établi sur la côte de « Guinée, il se peut bien qu'il pourra suffire aux besoins des habitants » des colonies, quoique très imparfaitement. Mais il s'agit aujourd'hui » de faire un remplacement de quarante mille nègres de déficit, ce qui » est absolument impossible aux négociants de Franco, c'est bien cor» tain. C'est précisément ce remplacement qui est si essentiel ; car si, » comme il est dit, le commerce de France peut à peine entretenir les » colonies, et si l'on n'a recours aux étrangers, ce vide de quarante » mille nègres existera toujours. Il n'est pas douteux qu'il serait plus » avantageux, pour la France, que ses propres négociants fournissent » à ses colonies ce qu'il leur faut, soit en nègres, soit en vivres, etc » Mais comme la situation du commerce de ses négociants ne leur per» met pas de fournir tout, il vaut mieux payer aux étrangers les nègres » que de laisser les terres incultes, faute de nègres. » Ces nègres étant payés en sucres ou autres denrées du pays, l'é» change est évidemment profitable à la France; au contraire, si la per» mission n'est point donnée, ces nègres, qui iraient à la Martinique, » ne seront pas moins vendus aux îles anglaises; où ils cultiveront les » terres des îles neutres, et, par ce moyen, porteront un plus grand » préjudice aux Français, et un plus grand profit aux Anglais, que celui » qu'ils recevraient en les vendant aux Français. » Quand le remplacement du vide de quarante mille nègres à la Marti» que, et de cinquante mille à Saint-Domingue sera fait, il sera de l'inté» rêt de la France de ne plus donner de permissions.» (Cartons Martinique, année 1763, Archives de la marine.)

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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