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— 310 — car, à ces deux îles, se rattachent trop les idées, les mœurs et les coutumes de la France, pour qu'elles cessent jamais d'être la France des Antilles, la Dominique, Saint-Vincent, Tobago, la Grenade et les Grenadins restaient à l'Angleterre. Ces cessions parurent un équivalent à la restitution de Belle-Isle, que Minorque, rendue à l'Angleterre, ne pouvait compenser, vu qu'elle nous rendait Gorée, sur les côtes d'Afrique. Certes, en présence de ces faits, faits consignés dans l'histoire, la France pouvait se féliciter d'avoir eu à son service de nobles bras qui, loin d'elle, sans son appui, avaient conquis des terres en Amérique, terres qui lui servaient de monnaie pour solder ses comptes avec l'Angleterre. Mais les colons ne pouvaient pas, sans frémir , jeter sur le passé leurs yeux que l'avenir effrayait. Quoi qu'il en soit, à ce prix, la paix avait été signée pour ce qui concernait notre territoire en Amérique, restreint encore, vers un autre point, aux deux îles de Saint-Pierre et de Miquelon, que l'Angleterre cédait en toute propriété à la France, lui intimant la défense d'y élever des fortifications. Ces deux îles devaient servir de refuge à nos pécheurs, que l'Angleterre aurait désiré éloigner pour toujours du banc de Terre-Neuve ; mais comme, sans pudeur, la France ne pouvait léser cette clause, à laquelle Louis XIV avait attaché tant de prix lors de la paix d'Utrecht, clause qui, lésée, aurait été d'autant plus humiliante, que Ternay avait, dans celte guerre, comme nous le savons, planté notre drapeau sur ce point, objet de si longues contestations, nos droits à la pèche furent avantageusement réglés. Ces droits inquiétaient l'Angleterre, et il fut stipulé que les Français ne pourraient les exercer dans le golfe de Saint Laurent, qu'à la distance de trois lieues, sur les côtes qui désormais lui appartenaient. C'était faire une loi bien dure à ceux qui naguère avaient un pouvoir souverain sur ces mers ; mais l'Angleterre, à cet endroit, devait se montrer d'autant plus chatouilleuse, que nous savons les calculs faits par ses pécheurs, lors de sa rupture avec l'Espagne, à laquelle la pèche de la morue était définitivement interdite.

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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