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— 305 — A cette époque de trouble, à cette période de désastres, période humiliante, allait donc en succéder une nouvelle. La Guadeloupe, et la Martinique, allaient-elles être sacrifiées au besoin de repos qu'on ressentait en Europe? Nos autres colonies des Antilles, moins importantes, allaient-elles être livrées en holocauste? le Canada redeviendrait il une terre française? C'était au milieu de toutes les agitations que l'attente procurait aux colons français des Antilles, que l'Angleterre, qui avait fait sa part si large, profilait de son droit. Sept années de guerre avaient démuni nos lies de nègres, avaient aggloméré des masses de productions dans les magasins des habitants; les Anglais, en portant des nègres à nos colonies, en encombrant nos ports de cette denrée, aujourd'hui mise à l'index par eux, accomplissaient un des besoins de leur gloutonnerie : celui de commencer par avaler ce qu'ils peuvent facilement saisir. Si les conditions de la paix leur faisaient l'obligation de nous restituer nos colonies, ils mettaient à honneur qu'elles fussent au moins dégarnies des denrées qu'ils s'appliquaient en payement des avances faites à nos colons. Certes, le droit du vainqueur aurait pu les porter à se montrer plus exigeants; mais alors des craintes, cette fois sérieuses, leur faisaient redouter tes complots surpris à la Martinique. L'ennui de voir peser sur eux les chaînes d'un despotisme étranger et humiliant avait entraîné nos colons de la Martinique dans des projets de révolte. Les postes anglais avaient été redoublés, des précautions plus grandes avaient été prises (1). Mais ces précautions étaient désormais inutiles; la France n'avait pu oublier les prouesses de ses fils d'Amérique; la France n'avait pu méconnaître la nationalité des Français d'outre-mer. La Martinique, la Guadeloupe, allaient redevenir françaises; l'Anglais, avec regret, allait quitter ces plages souillées par son drapeau; la France allait, de nouveau, confier à ses enfants son avenir colonial, si gravement compromis; mais la France avait été obligée de souscrire à des sacrifices, qui du moins pouvaient faire supf) Gazettes, 1762 et 1763. HIST.

GÉN. DES ANT. V.

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Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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