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— 299 — de son église pour le culte anglican, avait imité la conduite des dominicains de la Martinique, demandaient une surveillance active. Celte surveillance nécessitait un déploiement considérable de forces ; mais les Anglais, se voyant sans cesse inquiétés par des corsaires français, avaient conçu d'autres projets. Pouvant surveiller Saint-Domingue sur les deux flancs, à présent qu'ils avaient la Havane, pour rendre celle surveillance plus efficace et ôter toute ressource â nos corsaires, quelles que fussent les craintes que leur suggéraient les populations de Cuba, de la Martinique et de nos autres colonies conquises, les Anglais, qui n'avaient point oublié l'épisode de Saint-Louis, épisode qui. dans la guerre précédente, comme nous le savons, avait valu des félicitations à Knowles, n'avaient pas encore perdu l'espoir de planter leur drapeau sur un des postes de notre plus importante colonie. En présence des succès qui, sur tous les points, avaient couronné les armes anglaises, nous pouvons juger quelle devait être la préoccupation des pouvoirs de Saint-Domingue. Les troubles en outre, suscités dans l'intérieur de cette colonie par ses nègres, avaient nécessité, comme nous l'avons dit, quelques mesures; les habitants néanmoins, rassurés par l'arrivée de Blenac, avaient repris courage à la vue des secours que la France leur envoyait. Ces secours, commandés par le vicomte de Belzunce, consistaient en cinq mille cinq cents hommes de troupes et en munitions de guerre; mais les maladies ayant, dès le 12 avril, réduit les soldats venus de France au nombre de trois mille six cent quatrevingt-deux hommes, Belzunce, qui avait eu le temps de parcourir les postes à défendre, demandait que des nègres et des mulâtres fussent enrégimentés, afin de remplacer les soldats que la mort ou les maladies nous enlevaient chaque jour. Cette ressource, que les Anglais ont su si avantageusement se n'offrait pas , pour Saint-Domingue , des chances

ménager,

heureuses de défense. Les mulâtres étaient peu disposés à prêter leur concours, et les nègres, généralement enclins à l' insubordination, pourraient, plus lard, mésuscr des armes qu'on se ver-

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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