Page 300

— 290 — nes-anglaises ; contre-danses après lesquelles néanmoins chacun finit par rentrer à sa place. Espérons enfin qu'un jour le Portugal comprendra que l'alliance anglaise est pour lui le Minautore ; puis espérons encore que les grands peuples comprendront que l'existence de petits peuples près d'eux est une anomalie qui les ruine, sans enrichir ceux qui les exploitent. Mais tandis que, dans le Portugal, les Anglais étaient aux prises avec les troupes françaises aux ordres du princede Beauveau, des mécontentements se faisaient jour à Londres, malgré les succès de l'escadre de Rodney et des troupes de Monckton. Toute la nation anglaise n'avait pas approuvé le gouvernement de s'être brouillé avec l'Espagne. Quelques négociants voyaient surtout avec peine l'interruption du commerce, et regrettaient le temps où, maîtres paisibles du commerce de Lisbonne, ils échangeaient leurs marchandises contre les lingots du Brésil. Puis enfin le peuple, obéré par les subsides de Prusse, où la guerre se continuait , obéré par les nouvelles dépenses du Portugal, par celles obligées pour l'escadre de Pocok, se plaignait hautement. Des calculs, venant à l'appui de ces plaintes, apprenaient à la nation entière ses pertes: le seul poisson salé, dont la non-vente ruinait les harangers et les pêcheurs, allait provoquer dans les recettes de ces derniers un déficit de quatre cent trente-six mille sept cent dix-huit livres sterlings (l).

(1) Ce calcul était présenté ainsi qu'il suit : « Il y a cent trente jours maigres en Espagne; supposant que chaque » famille ne consomme que quatre onces de poisson salé par chacun île « ces jours, ce qui ferait, l'un portant l'autre, environ une once par cha» que personne, voilà, en comptant un million et demi de familles, su » millions d'onces de poisson; ce qui fait trois mille sept cent cite » quante quintaux par jour, et pour les cent trente jours maigres de » l'année , quatre cent quatre-vingt-sept mille cinq cents quintaux, les» quels, sur le pied de cinq piastres chacun, prix courant pour les étran» gers, font deux millions quatre cent trente-sept mille cinq cents plas» très, ou quatre cent trente six mille sept cent dix-huit livres ster» lings. » (Fastes de la Grande-Bretagne, vol. II, page 367.)

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Profile for scduag
Advertisement