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— 253 — Les huileries du fort ,

que l'on avait pu réparer à me-

sure que les boulets anglais les dégradaient, ne pouvaient plus l'être, faute de matériaux. Les soldats, harassés de fatigues, et ayant à se garer nuit et jour d'une surprise facile à tenter sur un mur de huit à neuf pieds de haut, sans fossés, palissades ni fraises, se refusaient aux travaux les plus indispensables, (à s deux raisons avaient motivé, de la part de Lignery, une dépèche au général; mais l'annonce de la capitulation du Lamentin, celle du départ de le Yassor de Latouche pour Saint-Pierre , et plus que cela encore, le rapport d'une négresse, disant que les Anglais avaient juré d'exterminer tous les Flibustiers renfermés dans le fort, jetèrent la consternation parmi les plus intrépides. Abandonnés des leurs, ne prévoyant aucun secours, les désertions aussi commencèrent au fort, mais de Lignery, décidé à se défendre jusqu'à la dernière extrémité, ranima le courage des troupes par l'arrivée prochaine des secour s annoncés de France, et le 1er février, alors peut-être que les Anglais s'attendaient à voir tomber ces murs sous leurs buulets, ou à recevoir un parlementaire, le feu recommença plus vif que jamais, et continua toute la journée. Cependant, une tentative faite, dans cette journée, par deux bâtiments légers, pour reconnaître la passe du Lamentin, et des bouées, laissées par eux, donnèrent à penser à de Lignery que les projets de nos ennemis étaient de le cerner par mer. Sa préoccupation devint encore plus grande, lorsque, le 2 février, une nouvelle batterie, placée sur le morne la Carrière, battit en brèche l'hôpital et les casemates, seules retraites qu'avaient les blessés. Pour parer à ce nouvel incident, il fallait former des plaies-formes, transporter des canons, des mortiers, et avoir assez de monde pour les servir. Or, il n'existait plus de matériaux au fort; depuis le commencement du siège, trente-etuu canons avaient crevé, vingt-trois affûts avaient été brisés par les boulets ennemis, cinquante-quatre milliers de poudre avaient été consommés, et la mort, la désertion et les maladies ne laissaient plus sur pieds qu'une trentaine de soldais.

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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