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— 226 — centrés sur sa marine. Moins inquiétée depuis la mort du célèbre Thurot (1), son commerce avait pu se refaire de ses perles, mieux mûrir ses plans, et, malgré l'effet produit sur les fonds, par la guerre avec l'Espagne, toute l'Angleterre comptait sur les opérations que ses escadres d'Amérique étaient chargées d'exécuter. Nous savons que Douglas avait cinglé vers les Antilles-, nous savons qu'à la Guadeloupe, les Anglais faisaient des préparatifs; nous savons que les secours qu'on avait annoncés à la Martinique y étaient toujours attendus, et nous savons enfin que c'était surtout contre celle colonie que devaient se diriger tous les efforts de nos ennemis. Le Vassor de Latouche, installé, comme nous l'avons dit, dans son gouvernement, s'était assuré du zèle de tous les colons de la Martinique. Il allait donc se trouver, en 1762, en (1) Thurot s'était acquis, dans celte guerre, une réputation telle, que les Anglais ne te comparaient qu'à Jean-Bart. Ayant, jeune encore, embrassé la profession de marin, il fut fait prisonnier en Angleterre dans la précédente guerre ; il fut repris en même temps que le maréchal de Belle-lsle, et, n'ayant pu repasser en France avec lui, il se saisit d'un canot, et, seul, il arriva à Calais. Sa hardiesse et sa bravoure sont bientôt connues ; on le cite comme un des plus habiles marins côtiers de la France, et Thurot, revêtu de la confiance des armateurs, s'illustre par des coups hardis ; le ministère, lui-même, étonné de ses succès, lui confia une frégate, mais, rencontré par trois vaisseaux anglais, Thurot, après une lutte acharnée, mourut, criblé de blessures, sur son pont. Malgré son désastre, dit un auteur contemporain, la cour regretta Thurot.EU® sentait le besoin qu'elle avait de pareils hommes, pour le salut et l'approvisionnement des colonies qui lui restaient : dans l'impuissance on l' on était désormais de les soutenir par des escadres du roi, on implorait le secours du commerce; mais il avait si peu de confiance dans les officiers de Sa Majesté, que M. de la Touche Tréville, capitaine de vaisseau, s'étant mis à la tète d'une compagnie de financiers de Paris, à laquelle le roi donnait de ses bâtiments à des conditions très avantageuses, les négociants de Bordeaux refusèrent do s'y intéresser, sous prétexte que l'expédition devait être conduite par des officiers de la marine royale. Ils dirent qu'ils faisaient plus de cas des Canon, des Dolabaratz, des Cornic (célèbres corsaires d'alors), que des la Clue, des Duquesne et des Conflans.

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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