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— 175 — vais exemple qu'ils leur donnaient d'une coupable inaction, se vit borné à des attaques qui se réduisaient à lancer quelques bombes et à échanger quelques coups de canon avec les postes anglais (1). Certes, quels que fussent les avantages qu'avaient obtenus les Anglais, ce n'était pas sans de graves préoccupations qu'ils considéraient l'excentricité de leur position. Retranchés dans des mornes inabordables, les colons paraissaient décidés à braver leurs menaces. Leur flegmatique insouciance, à la vue des ravages que la flamme exerçait dans les campagnes, étonnait les Anglais; et, forcés de diviser leurs troupes, ils comprenaient tout re qu'ils avaient à redouter, s'il venait un renfort de la Martinique. De leur côté, les colons, encouragés par cet espoir, s'excitaient à une défense des plus vigoureuses; mais, fatigués des suites de la guerre, mais, divisés sur les moyens à employer pour repousser l'ennemi, leurs chefs ne s'entendant plus, et leurs divisions étant fomentées par les moines, qui poussaient à une capitulation, ils se lassaient déjà d'attendre vainement un secours de la Martinique, lorsque, le 1er avril 1759 , après deux mois d'énergique résistance de la part des colons, de combats journaliers, (1) L'inaction de Nadau fut si grande durant ce siège, que les mauvais plaisants de la Guadeloupe firent ces vers, que nous transcrivons sans commentaires : Palmistes sont communs, là-haut dans vos réduits ; Leurs choux, disait Opson, passent pour de bons fruits. Envoyez-nous, Nadau, ce légume sauvage, Et recevez des choux de votre jardinage : Un échange de choux, Opson, badinez-vous? Nadau ne saura pas vous rendre choux pour choux. (Extrait d'un vieux manuscrit du temps.) Le manuscrit duquel nous extrayons ces vers, fait ici allusion au jardin de Nadau. Opson s'était installé dans la maison qu'occupait Nadau, maison qui lui appartenait, et dans laquelle se trouvaient toutes les commodités de la vie. On sait que le palmiste porto à sa crête un légume d'un goût exquis, dont la cuisine coloniale lire le parti le meilleur; légume que les cuisiniers des colonies servent, sous des formes diverses, sur les tables créoles.

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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