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— 7 — à une politique concentrée, qui croit ne voir la puissance de la nation que dans les questions continentales, tandis que. sur nos côtes, l'immensité d'un horizon que rien ne borne, semble nous appeler à des destinées lointaines, les colonies doivent nécessairement s'en ressentir. Avant d'en arriver à percer ce voile, derrière lequel se cachent tant de hontes, tant de regrets, avant de tracer cette période, que l'histoire voudrait en vain ne pas qualifier d'époque ignominieuse, nous reporterons nos regards vers les Antilles, où la paix avait ramené sinon l'abondance , du moins la tranquillité, le repos, le travail, qui permettent aux colons de se livrer, sans crainte, à leurs exploitations, sans cesse menacées par d'autres fléaux attachés au climat sous lequel ils vivent et à la nature de leurs propriétés exceptionnelles. Si du moins, dans celte guerre, les colons s'étaient vus contraints à jouer un rôle passif, nous avons pu juger, parce que nous avons rapporté, quelle fut l'énergie partielle qu'ils déployèrent dans leurs défenses partielles ; mais dans l'attaque des ennemis de la France ne s'étaient pas restreints leurs maux, ils avaient eu à souffrir de la disette, des privations qu'elle entraîne et des suites d'un agiotage qui, monopolisé par les chefs qui les gouvernaient, avait enfin, comme nous l'avons dit, attiré les soupçons de la cour. De Caylus, gouverneur-général des îles du Yent, dans le bienfait d'une paix que tout le monde, aux îles, attendait avec impatience, n'avait pu voir que sa ruine. Ses relations avec l'étranger, déjà si activement surveillées vers la fin de la guerre, devaient se voir tellement gênées après la paix, qu'il devait être porté à de tristes réflexions, par suite du vide qui régnait dans sa caisse, vide que ses profusions avaient hâté. Peut-être alors projetait-il de nouveaux souterrains, pour continuer ses spéculations, quand l'éclat des joies auxquelles se livraient les colons du Marin vint frapper ses oreilles, et le mena à sérieusement approfondir tout ce que sa position renfermait d'excentricités et de dangers. Le 17 mars 1748, comme nous l'avons dit, était débarqué, au

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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