Page 16

6

L'Angleterre avait compris le tort que lui portaient ces hommes que rien ne décourageait ; l'Angleterre nous avait donc fait la guerre pour développer son commerce, pour protéger ses colonies, pour écraser notre marine, et, profitant de l'incurie de notre dernier ministère, elle venait de voir ses efforts couronnés dans celte guerre que nous avions entreprise contre elle, pour défendre, en partie, les intérêts de l'Espagne. Cependant alors, comme aujourd'hui encore, l'Angleterre redoutait cet élan spontané qui peut surgir en France et créer une marine qui, subitement, rivaliserait avec la sienne, et elle dut se féliciter de la disgrâce de Maurepas, dont l'activité, dans cette dernière guerre , avait suppléé aux forces navales, et dont l'expérience, au moins, aurait pu nuireauxconceptionsenvahissantes de notre rivale. Sorti du ministère en mars 1749, Maurepas fut remplacé par Louis-Antoine de Rouillé, comte de Joui. Le changement d'un ministre de la marine, comme nous pouvons facilement le concevoir, était chose qui intéressait directement les colons , et si, d'abord, ils s'étaient alarmés à celte nouvelle , ils purent se féliciter des moyens que Rouillé proposait pour replacer cette arme dans une position convenable. Issu d'une ancienne famille de robe, ce nouveau ministre qui lui-même avait occupé une charge au parlement de Paris, qui ensuite avait été intendant du commerce, directeur de la librairie, conseiller d'Etat, puis enfin commissaire près la compagnie des Indes, avait surtout, dans cette dernière place, conçu l'importance de la marine, et, d'emblée, il y donna tous ses soins. Sous ses auspices, une académie royale de marine fut instituée à Brest; des voyages scientifiques furent faits ; des Mémoires furent consultés; mais, se contentant de vaines promesses qu'il ne réalisa point, le matériel maritime fut négligé, et le Conseil du roi n'embrassant point ses vues, les constructions projetées ne furent point entreprises, et la marine resta stationnaire. Quand la marine est oubliée en France, quand les idées maritimes font place, chez nous, à d'autres idées, à d'autres besoins,

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Profile for scduag
Advertisement