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Chacun avait senti ce qu'avait d'odieux la conduite de nos rivaux, chacun, se modelant sur le roi, avait opposé sa modération à la rapacité de l'Angleterre; mais, dès que les entraves fort peu connue. Nous l'extrayons de l'ouvrage de M. le comte de Mauny : Essai sur l'Administration des Colonies, page 49. « Toute l'Europe sait que le roi d'Angleterre a été, en 1754, l'agresseur des possessions du roi dans l'Amérique septentrionale, et qu'au mois de juin de l'année dernière, la marine anglaise, au mépris des droits des gens et de la foi des traités, a commencé à exercer, contre les vaisseaux de Sa Majesté et contre la navigation et le commerce de ses sujets, les hostilités les plus violentes. » Le roi, justement offensé de cette infidélité et de l'insulte faite à son pavillon, n'a suspendu pendant huit mois les effets de son ressentiment et ce qu'il devait à sa couronne, que par la crainte d'exposer l'Europe aux malheurs d'une nouvelle guerre. n'a d'abord opposé H C'est dans une vue si salutaire que la France aux procédés injurieux de l'Angleterre que la conduite la plus modérée. » Tandis que la marine anglaise enlevait, par les violences les plus odieuses, et quelquefois par les plus lâches artifices, les vaisseaux français qui naviguaient avec confiance sous la sauvegarde de la foi publique, Sa Majesté renvoyait en Angleterre une frégate dont la marine française s'était emparée, et les bâtiments anglais continuèrent tranquillement leur commerce dans les ports de France. » Tandis qu'on traitait avec la plus grande dureté, dans les îles Britanniques, les soldats et les matelots français, et qu'on franchissait, à leur égard, les bornes que la loi naturelle et l'humanité ont prescrites aux droits mêmes les plus rigoureux de la guerre, les Anglais voyageaient et habitaient librement la France, sous la protection des égards que les peuples civilisés se doivent réciproquement. » Tandis que les ministres anglais , sous l'apparence de la bonne foi, en imposaient à l'ambassadeur du roi par de fausses protestations, on exécutait déjà, dans toutes les parties de l'Amérique septentrionale des ordres directement contraires aux assurances trompeuses qu'ils donnaient d'une prochaine conciliation. » Tandis que la cour de Londres épuisait l'art de l'intrigue et les subsides de l'Angleterre pour soulever les autres puissances contre la cour de France, le roi ne leur demandait pas même les secours que des garanties ou des traités définitifs l'autorisaient à exiger, et ne leur conseillait que des mesures convenables à leur repos et à leur sûreté. » Telle a été la conduite des deux nations. Le contraste frappant de leurs procédés doit convaincre toute l'Europe des vues de jalousie,

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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