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border le vase, et usèrent la patience que le roi, ses ministres et la France avaient opposée à ses brigandages sans nom. Fox (lord Holland) et Rouillé se trouvaient en présence. Le premier cherchait encore à pallier les crimes de l'Angleterre, et comme le second, en dernière analyse, venait de poser son ultimatum et redemandait toutes les prises faites par les Anglais, ou, ainsi que le consul romain, laissait à entendre qu'un refus serait une déclaration de guerre, notre ambassadeur, le comte de Mirepoix, ennuyé des ambiguïtés el des longueurs du cabinet anglais, se retira de Londres, et la guerre fut déclarée à la France par l'Angleterre, le 18 mai 1756. Le jeu de l'Angleterre était habile dans cette circonstance. Malgré la modération de notre gouvernement, l'Angleterre l'avait tellement noirci aux yeux de l'Europe, qu'on avait cru à la déloyauté de la France. L'Angleterre avait annoncé la prochaine publication des preuves les plus authentiques d'hostilités commencées parla France en temps de paix. Ces preuves ne pouvant être fournies, elle se faisait justice en nous déclarant la guerre. Elle se couvrait, aux yeux de l'Europe, de ses brigandages, de ses mensonges, par sa hardiesse, sa jactance, et par ce qu'elle appelait son droit ; son droit, que nous avons prouvé être la trahison et la piraterie. Le 9 juin, à son tour, la France répondit à cet appel (1);

rivage; à peine y furent-ils rassemblés, que les Anglais répètent et multiplient les signaux de danger. L'Amirauté de Calais donne ses ordres, et elle envoie en diligence secourir ces infortunés, au devant desquels on n'aurait pas moins été, quand même ils auraient eu leur pavillon. Une barque, avec deux pilotes et douze matelots, se vend à la frégate, qui les appelait ; cette frégate était anglaise et elle n'était menacée d'aucun des dangers qu'elle feignait de craindre; son pavillon, ses cris , ses signaux étaient autant de perfidies pour attirer les Français à son bord ; les Anglais s'en saisirent, les firent prisonniers, et les amenèrent en Angleterre. (1) Nous transcrivons ici l'ordonnance du roi portant déclaration de guerre contre l'Angleterre. Cette pièce curieuse et qui répond aux accusations de l'Angleterre, mieux que nous ne pourrions le faire, est

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

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