Page 111

101

frontières, avait transmis à ceux qui les commandaient des ordres qui ne laissaient plus aucun doute sur les inlentions du gouvernement français. Les Anglais, de leur côté, ayant enfin saisi l'intention que la France manifestait, non-seulement de réprimer leurs envahissements, mais encore de rendre les communications, entre ses deux colonies, aussi faciles que possibles, et de maintenir son commerce intact avec les sauvages, portèrent des plaintes à la cour de France. Les négociations recommencèrent un moment, sans résultat; et, dans nos possessions de l'Amérique, les hostilités reprirent leur cours habituel. En 1753, les Miamis, nation sauvage, jadis notre alliée, et depuis peu gagnée par les Anglais, tournèrent leurs armes contre eux. De nouvelles scènes de carnage ensanglantèrent ces contrées. Les communications, interrompues sur les fleuves, laissaient souvent nos chasseurs en péril, exposés à la furie des sauvages , que l'eau-de-vie des Anglais mettait en fureur.

Nos officiers, ayant, dans

tous les pos-

tes, et principalement à celui du Détroit, à se garer contre les Anglais, se virent souvent dans l'obligation de combattre un contre cinq ; et partout, cependant, malgré leur infériorité, ils apprirent à nos rivaux ce qu'il leur faudrait de persistance pour écraser les efforts de nos colons. En 1754, les Anglais, plus insolents que jamais, retranchés, au nombre de cinq cents, dans un fort situé sur nos terres, sont attaqués par les Canadiens, sous les ordres de Le Mercier et de Villiers ; neuf canons , braqués sur nos colons, semblaient leur annoncer une mort certaine et une défaite prévue d'avance, mais, refoulés dans leurs palissades, les Anglais capitulent, après une résistance opiniâtre. Cette collision devient le signal d'une guerre d'embuscade, de combats partiels et journaliers, dans lesquels chaque peuple, envenimé par la haine, dirigé par l'intérêt, animé par l'esprit patriotique, déployé le courage et l'habileté du partisan. Les postes, renforcés, sont l'objet d une surveillance active ; les côtes,

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Histoire générale des Antilles. T. 5 et 2 de la deuxième série.(1-1)  

Auteur. Dessalles, A. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Université des Antilles et de la Guyane, Service commun de...

Profile for scduag
Advertisement